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title: "Pétrole : plus forte hausse sur deux jours depuis quatre mois sur fond de combats entre les États-Unis et l'Iran"
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description: "Le Brent bondit de 3,5 % le 13 juillet, sa plus forte hausse sur deux jours en quatre mois, après la reprise des combats États-Unis Iran près d'Ormuz."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-14T09:29:39.253Z"
updatedAt: "2026-07-14T09:29:39.272Z"
readingTimeMinutes: 5
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# Pétrole : plus forte hausse sur deux jours depuis quatre mois sur fond de combats entre les États-Unis et l'Iran

> Le baril de Brent a bondi de plus de 3,5 % le 13 juillet, signant sa plus forte progression sur deux séances depuis quatre mois. La reprise des frappes américaines sur l'Iran et la menace d'un blocus du détroit d'Ormuz ravivent la crainte d'une pénurie d'offre.

## Une flambée déclenchée par la reprise des combats

Le prix du pétrole a connu sa plus forte hausse sur deux séances depuis quatre mois, alimentée par la reprise des affrontements militaires entre les États-Unis et l'Iran autour du détroit d'Ormuz. Le lundi 13 juillet 2026, le baril de Brent, référence internationale, a progressé de **3,51 % pour atteindre 78,68 dollars**, tandis que le brut américain WTI gagnait 3,47 % à 73,89 dollars, selon les données de marché relayées par Reuters. En séance, certains contrats ont brièvement grimpé de près de 8 % après l'annonce d'un rétablissement du blocus, portant le Brent au-dessus de 82 dollars, son plus haut niveau depuis environ un mois.

Cette envolée met fin à la détente observée depuis la mi-juin, lorsque le baril était revenu à ses niveaux d'avant-guerre. Le regain de tension efface une partie de ce repli et ramène les cours à leur point le plus élevé depuis le 22 juin.

## Le cessez-le-feu de juin a volé en éclats

À l'origine du choc, la **rupture du cessez-le-feu** conclu le 17 juin. Le président américain Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian avaient signé ce jour-là un protocole d'accord destiné à mettre fin à la guerre et à lever les blocages du détroit. Trump a notifié au Congrès la reprise d'une action militaire qualifiée de « limitée » contre l'Iran.

Le commandement central américain (CENTCOM) a mené dimanche des dizaines de frappes visant à dégrader la capacité iranienne à attaquer les navires. Téhéran a répliqué par une vague de tirs de missiles et de drones contre plusieurs pays de la région, parmi lesquels les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Oman et Bahreïn. L'Iran affirme de son côté avoir touché deux pétroliers dans le détroit d'Ormuz.

## Un blocus et un péage de 20 % dans le détroit

Le facteur qui a le plus pesé sur les cours fut l'annonce par Donald Trump d'un rétablissement du blocus naval des ports iraniens, assorti d'une proposition inédite : offrir une protection aux navires transitant par le détroit d'Ormuz en échange d'un prélèvement de **20 % sur la valeur des cargaisons**. Cette taxe a immédiatement suscité la controverse.

> « 20 %, c'est bien sûr trop. Nous serons justes », a réagi le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

Le détroit d'Ormuz constitue le point de passage d'environ un cinquième de l'offre mondiale de pétrole. Toute perturbation prolongée de ce goulet d'étranglement se répercute mécaniquement sur les prix.

## Le trafic maritime réduit à un filet

Les données de la société d'analyse Kpler illustrent l'ampleur du blocage. **Six navires seulement** ont franchi le détroit le dimanche 12 juillet, un plancher sur cinq semaines, contre 18 à 22 traversées quotidiennes plus tôt dans le mois et environ 130 avant le début du conflit fin février.

Chez ING, les stratégistes Warren Patterson et Ewa Manthey soulignent que « l'escalade a réduit à un filet les navires transitant par le détroit, ravivant les inquiétudes sur la tension de l'offre pétrolière au troisième trimestre ». Les analystes d'ANZ notent pour leur part que « les espoirs d'une résolution relativement rapide des récentes escarmouches sont désormais mis en doute après l'escalade du week-end ».

## Une offre mondiale encore fragilisée

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) rappelle que l'offre pétrolière mondiale a rebondi de 4,1 millions de barils par jour en juin après l'accord intérimaire, mais qu'elle demeure inférieure de 9,4 millions de barils par jour à son niveau d'avant-conflit. Cette marge de sécurité amoindrie explique la nervosité des marchés face au moindre signe de rupture.

Les avis divergent toutefois sur la durée de la flambée. Fabien Yip, analyste chez IG, estime que « à court terme, la prime de risque devrait soutenir les prix, même si une répétition du pic précédent paraît peu probable ». Mukesh Sahdev, du cabinet XAnalysts, anticipe un baril évoluant dans le haut de la fourchette des 70 dollars pour août et septembre, avec « des pics et des creux ponctuels en dehors de cette zone ».

## Quelles conséquences pour l'épargnant français

Une hausse durable du baril alimente l'inflation importée et pèse sur le pouvoir d'achat des ménages, notamment via le carburant et le chauffage. Pour l'investisseur, la remontée des cours profite aux valeurs pétrolières et parapétrolières cotées à Paris, tout en fragilisant les secteurs sensibles au coût de l'énergie comme les transports, la chimie ou l'industrie lourde.

Sur le plan patrimonial, un choc énergétique prolongé peut inciter à réexaminer la diversification de son allocation, notamment l'exposition aux matières premières et aux actifs réels susceptibles de jouer un rôle de couverture contre l'inflation. La volatilité des marchés obligataires, sensible aux anticipations d'inflation, mérite également une attention particulière dans ce contexte.

## Ce qu'il faut surveiller

Trois paramètres domineront les prochaines séances : l'évolution effective du trafic dans le détroit d'Ormuz, la réponse de l'OPEP et de ses alliés à la nouvelle donne, et la portée réelle du blocus américain. La révocation par Washington de la dérogation temporaire aux sanctions sur le pétrole iranien, effective à compter du 17 juillet, constitue une échéance à part entière pour le marché.
