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title: "Or : les banques centrales achètent 289 tonnes au T2, le pire semestre depuis 2022"
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description: "Les banques centrales ont acheté 289 tonnes d'or au deuxième trimestre 2026, mais le semestre reste le plus faible depuis 2022. Ce que cela change."
keywords: ["achats d'or banques centrales 2026", World Gold Council T2 2026, "cours de l'or août 2026", "réserves d'or Pologne", "réserves d'or Chine", "demande mondiale d'or 2026", fiscalité or physique France, taxe forfaitaire métaux précieux, "investir dans l'or 2026", "réserves d'or Banque de France"]
tags: [or, banques-centrales, world-gold-council, metaux-precieux, pologne, chine, reserves-de-change, etf-or, banque-de-france, epargne]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/or-les-banques-centrales-achetent-289-tonnes-au-t2-le-pire-semestre-depuis-2022"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-08-02T06:11:54.704Z"
updatedAt: "2026-08-02T06:11:54.720Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Or : les banques centrales achètent 289 tonnes au T2, le pire semestre depuis 2022

> Les banques centrales ont acheté 289 tonnes d'or au deuxième trimestre 2026. Mais le World Gold Council a révisé le premier trimestre de 244 à 57 tonnes : à 345 tonnes, le semestre est le plus faible depuis 2022. Le cours reste 27 % sous son record de janvier.

Les banques centrales ont acquis 289 tonnes d'or nettes au deuxième trimestre 2026, selon le rapport _Gold Demand Trends_ publié le 30 juillet par le World Gold Council. Le chiffre a nourri une vague de titres évoquant un record. Les données du même rapport disent autre chose : sur l'ensemble du premier semestre, les achats officiels plafonnent à 345 tonnes, le plus faible début d'année depuis 2022 et ses 241 tonnes.

L'écart tient à un trimestre. L'organisation professionnelle a révisé à la baisse son estimation des trois premiers mois de l'année, ramenée de 244 tonnes à **57 tonnes**. Cette correction de près de 190 tonnes transforme la lecture de l'exercice : ce que le marché a pris pour une accélération est d'abord un rattrapage après un trou d'air.

## Cinq fois le trimestre précédent, loin du vrai record

Le rebond est réel. À 289 tonnes, la période d'avril à juin représente cinq fois le volume révisé du trimestre précédent et dépasse de 62 % les 178 tonnes acquises un an plus tôt. Sur le semestre, la moyenne ressort néanmoins à 172 tonnes par trimestre, en dessous du rythme observé depuis quatre ans.

Le mot record ne résiste pas à la série longue. Le plus gros trimestre d'achats officiels jamais enregistré par le World Gold Council depuis 2000 reste le troisième trimestre 2022, avec **399,3 tonnes**, un niveau que le sommet antérieur, atteint en 2018, situait déjà bien plus bas. Les 289 tonnes du printemps 2026 restent inférieures de plus de 100 tonnes à cette référence.

## La Pologne devant la Chine, la Russie vendeuse

La Banque nationale de Pologne signe le plus gros achat du trimestre avec **51 tonnes**, portant ses réserves à 632 tonnes fin juin. Varsovie affiche une cible de 700 tonnes et a déjà absorbé 82 tonnes depuis janvier. La banque centrale chinoise suit avec 33 tonnes, sa plus forte progression trimestrielle depuis fin 2023, pour un stock déclaré de 2 346 tonnes.

Derrière ces deux acheteurs, la liste reste courte : l'Ouzbékistan ajoute 16 tonnes, le Kazakhstan 15 tonnes, la Jordanie et la République tchèque 6 tonnes chacune. Du côté des cessions, la Banque de Russie allège ses avoirs de 22 tonnes, la Turquie de 4 tonnes, la Bundesbank d'une tonne.

La concentration mérite attention. Deux institutions représentent à elles seules 84 des 289 tonnes nettes du trimestre. Un changement de doctrine à Varsovie ou à Pékin pèserait davantage sur le marché que l'humeur des investisseurs particuliers.

## Un cours qui ne suit pas la demande officielle

Le prix, lui, a reculé. La moyenne LBMA du deuxième trimestre s'établit à **4 506,29 dollars l'once**, en repli de 8 % sur le trimestre précédent malgré une progression de 37 % sur un an. Le 31 juillet, le métal s'échangeait autour de 4 110 dollars, soit environ 27 % sous le record de fin janvier, proche de 5 600 dollars.

La ventilation de la demande explique ce décrochage apparent. Le total est resté stable sur un an à **1 269 tonnes** au deuxième trimestre, les achats officiels compensant le repli des autres postes. La bijouterie a chuté de 17 % à 278 tonnes, son plus bas trimestriel depuis la pandémie. Les fonds indiciels adossés au métal ont enregistré 45 tonnes de sorties nettes, alors que le semestre reste positif de 18 tonnes.

Louise Street, analyste senior des marchés au World Gold Council, résume la séquence : « le rallye du début d'année s'est inversé au deuxième trimestre, les prix se consolidant après leur correction depuis les records ».

## Ce que les particuliers ont fait, eux

Le comportement du détenteur physique diverge de celui du gérant de fonds. L'investissement en lingots et pièces a atteint **307 tonnes** au deuxième trimestre, en recul de 3 % seulement sur un an, et demeure supérieur de 21 % à son niveau du premier semestre 2025. Là où les fonds indiciels ont vendu dans la baisse, le particulier a maintenu ses achats.

Le marché de gré à gré confirme cette résistance avec 327 tonnes sur le trimestre et 571 tonnes sur le semestre. Au total, la demande semestrielle progresse de 2 % à 2 522 tonnes, pour une valeur de **380 milliards de dollars**. L'offre suit sans tension : 966 tonnes extraites au deuxième trimestre, en hausse de 2 %, contre 326 tonnes de recyclage, en baisse de 6 %.

## Les implications pour l'épargnant français

La France occupe le quatrième rang mondial des détenteurs souverains avec **2 437 tonnes**, un stock inchangé depuis des années et désormais conservé en totalité sous le siège parisien de la Banque de France. L'institution n'achète ni ne vend : la dynamique décrite par le rapport concerne d'autres capitales.

Pour un particulier, trois paramètres comptent davantage que les tonnages officiels. Le premier est fiscal. L'or d'investissement, à savoir les lingots titrant au moins 995 millièmes et les pièces reconnues, échappe à la TVA à l'achat et ne donne lieu à aucune imposition pendant la détention. À la revente s'applique la taxe forfaitaire sur les métaux précieux, fixée à 11,5 % dès le premier euro, sauf option pour le régime des cessions de biens meubles taxé à 37,6 % depuis la hausse des prélèvements sociaux du 1er janvier 2026, assorti d'un abattement de 5 % par an à partir de la troisième année et d'une exonération totale au bout de 22 ans.

Le deuxième paramètre est le coût d'opportunité. Le Livret A rémunère 1,70 % depuis le 1er août et le métal ne verse aucun revenu. Tant que les taux réels restent positifs, l'or doit compter sur la seule appréciation de son cours pour rivaliser avec une épargne liquide et garantie.

Le troisième est la volatilité. Un actif qui affichait encore 95 % de gain sur douze mois fin janvier, avant d'en abandonner plus du quart en six mois, ne se comporte pas comme une réserve de trésorerie. La fourchette traditionnellement retenue en gestion de patrimoine, entre 5 % et 10 % d'une allocation diversifiée, découle de cette amplitude et non d'une conviction sur le sens du marché.

## Ce qu'il faut surveiller

Trois éléments détermineront la suite. L'enquête annuelle du World Gold Council auprès des gestionnaires de réserves officielles montre que 89 % des répondants anticipent une hausse des réserves mondiales d'or sur douze mois et que 45 % comptent augmenter les leurs, une proportion inédite. Cette intention devra se traduire en tonnages dès le troisième trimestre pour valider le rebond.

La trajectoire des taux constitue le deuxième facteur. La Réserve fédérale a maintenu son objectif entre 3,50 % et 3,75 % le 29 juillet, avec trois voix dissidentes réclamant une hausse. Un durcissement supplémentaire pèserait mécaniquement sur un actif dépourvu de rendement.

Reste la fiabilité des statistiques. L'organisation intègre à ses estimations une part d'achats officiels non déclarés, ce qui explique l'ampleur de la correction appliquée au premier trimestre. Les 289 tonnes annoncées pour le printemps pourraient à leur tour être ajustées lors de la publication suivante, attendue à l'automne. Un investisseur qui bâtit une conviction sur un seul trimestre de données prend le risque de la voir révisée avant d'avoir agi.

### Sources

-   [World Gold Council, Gold Demand Trends Q2 2026, 30 juillet 2026](https://www.gold.org/goldhub/research/gold-demand-trends/gold-demand-trends-q2-2026)
-   [World Gold Council, chapitre « Central Banks », Q2 2026](https://www.gold.org/goldhub/research/gold-demand-trends/gold-demand-trends-q2-2026/central-banks)
-   [World Gold Council, communiqué de presse du 30 juillet 2026](https://www.gold.org/news-and-events/press-releases/gold-market-shows-resilience-price-momentum-cools-q2)
-   [World Gold Council, Gold Demand Trends Q3 2022, chapitre « Central Banks »](https://www.gold.org/goldhub/research/gold-demand-trends/gold-demand-trends-q3-2022/central-banks)
-   [World Gold Council, Gold Demand Trends Q1 2026, chapitre « Central Banks »](https://www.gold.org/goldhub/research/gold-demand-trends/gold-demand-trends-q1-2026/central-banks)
-   [The National, « Central banks' gold buying hits record in Q2 », 30 juillet 2026](https://www.thenationalnews.com/business/markets/2026/07/30/central-banks-gold-buying-hits-record-in-q2-as-geopolitical-risks-persist/)
-   [Business Standard, « Global gold demand flat at 1,269 tonnes in June quarter »](https://www.business-standard.com/markets/commodities/global-gold-demand-flat-at-1-269-tonnes-in-june-quarter-says-wgc-126073000609_1.html)
-   [Banque de France, gestion des réserves d'or](https://www.banque-france.fr/en/monetary-strategy/markets/management-gold-reserves)
-   [AuCOFFRE, fiscalité des métaux précieux en France](https://www.aucoffre.com/academie/comment-sont-taxes-metaux-precieux/)
-   [CNBC, décision de la Réserve fédérale du 29 juillet 2026](https://www.cnbc.com/2026/07/29/fed-rate-decision-july-2026.html)
