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title: "Opep+ : quotas gelés en novembre, les sept pays pompent 6 millions de barils sous leur plafond"
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description: "L'Opep+ maintient en novembre un plafond de 31,01 millions de barils par jour. Ses sept pays en ont produit 25 millions en août. Brent à 102,25 dollars."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-10-04T18:06:20.967Z"
updatedAt: "2026-10-04T18:06:21.012Z"
readingTimeMinutes: 6
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# Opep+ : quotas gelés en novembre, les sept pays pompent 6 millions de barils sous leur plafond

> Les sept pays clés de l'Opep+ ont reconduit dimanche pour novembre leurs objectifs de septembre, soit 31,01 millions de barils par jour. Ils en ont extrait environ 25 millions en août, selon les données de l'Opep. Le Brent a fini la semaine à 102,25 dollars.

Les sept pays au cœur de l'**Opep+** (l'alliance qui réunit l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et plusieurs producteurs extérieurs, dont la Russie) ont décidé dimanche 4 octobre de reconduire en novembre leurs objectifs de production de septembre. L'Arabie saoudite, la Russie, l'Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l'Algérie et Oman ont tenu leur réunion en visioconférence et choisi de « maintenir pour novembre 2026 la production requise de septembre 2026 », selon le communiqué du secrétariat de l'Opep à Vienne.

Le plafond cumulé des sept pays reste fixé à **31,01 millions de barils par jour** (b/j). Il dépasse largement leur production réelle : ces pays ont extrait environ 25 millions de b/j en août, selon les données de l'Opep citées par Reuters, soit un écart d'environ 6 millions de b/j. Le **Brent**, le pétrole de référence de la mer du Nord, a terminé la semaine à 102,25 dollars le baril vendredi. Avant le début de la guerre avec l'Iran, fin février, il valait environ 73 dollars.

## Les objectifs de novembre pays par pays

Le tableau publié par l'Opep fixe les objectifs suivants pour novembre, en milliers de barils par jour :

-   **Arabie saoudite** : 10 478
-   **Russie** : 9 949
-   Irak : 4 431
-   Koweït : 2 676
-   Kazakhstan : 1 628
-   Algérie : 1 007
-   Oman : 841

Riyad et Moscou représentent à eux deux 65,9 % du total. Les chiffres reprennent à l'identique ceux de septembre et d'octobre : lors de sa réunion du 6 septembre, le groupe avait déjà reconduit pour octobre le niveau de septembre.

## Les hausses de quotas votées en 2026 et la production d'août

Le groupe a relevé ses objectifs pendant la majeure partie de 2026, après plusieurs années de réductions. Le 2 août, les sept pays ont approuvé une dernière hausse d'environ 188 000 b/j pour septembre. Elle achevait le retour sur le marché d'une réduction volontaire de 1,65 million de b/j décidée en 2023, selon CNBC et l'Oil & Gas Journal. Une autre réduction d'environ 2 millions de b/j, datant de 2022, reste en vigueur pour la plupart des membres jusqu'à la fin de l'année.

Les volumes réels n'ont pas suivi ces hausses. Les producteurs du Golfe exportent entre 60 % et 80 % de leurs volumes habituels depuis plusieurs mois, selon Reuters, en raison des perturbations du trafic dans le **détroit d'Ormuz**, le passage maritime qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman. La production des sept pays a progressé de 630 000 b/j entre juillet et août. Elle reste inférieure d'environ 5 millions de b/j à son niveau de février, avant la guerre.

## La réunion du comité de suivi

Le **comité ministériel conjoint de suivi** (JMMC), qui contrôle l'application des accords sans fixer la politique de production, a tenu le même jour sa 68e réunion. Il réunit l'Arabie saoudite, la Russie, l'Irak, le Koweït, le Kazakhstan, le Nigeria, l'Algérie et le Venezuela. Dans son communiqué, le comité insiste sur la sécurité des routes maritimes et se dit préoccupé par les attaques contre les infrastructures énergétiques. Il écrit que la remise en état complète des installations endommagées « coûte cher et prend beaucoup de temps » et réduit l'offre disponible.

Alexander Novak, vice-Premier ministre russe, a indiqué après la réunion que le comité considérait le marché mondial comme toujours volatil et tendu, faute d'une offre suffisante, selon Reuters. La guerre retarde l'examen des capacités de production des membres, dont le résultat doit servir à répartir les quotas de 2027, selon des sources du secteur citées par l'agence. Ces sources estiment peu probable tout changement de la politique de production avant 2027.

## Le point de vue d'UBS et les stocks d'urgence du G7

Pour Giovanni Staunovo, analyste chez **UBS**, le maintien des quotas était attendu. « Le groupe des sept a laissé ses plafonds de production inchangés, conformément aux attentes du marché. Cela dit, malgré la hausse des flux dans le détroit d'Ormuz, leurs niveaux de production restent bien inférieurs aux quotas », a-t-il déclaré à Reuters. « Le marché pétrolier reste donc tendu. »

Les pays consommateurs puisent dans leurs réserves pour compenser. Le G7 a annoncé vendredi 2 octobre une libération coordonnée de 100 millions de barils de gazole et de brut sur quatre mois, sous l'égide de l'**Agence internationale de l'énergie** (AIE). L'AIE a précisé samedi qu'environ 325 millions de barils avaient été libérés depuis le 11 mars, soit 80 % des 400 millions promis à l'origine.

Le Brent est passé sous 99 dollars en séance vendredi, après l'accord des dirigeants européens sur la libération de réserves de gazole. Il a ensuite clôturé à 102,25 dollars, en repli de 6 cents sur la veille. Le **WTI**, la référence américaine, a fini la semaine à 91,11 dollars.

## Quel effet pour les automobilistes et les épargnants en France ?

Le litre de **gazole** s'affichait dimanche à 2,38 euros en moyenne sur les 8 766 stations qui en publient le prix dans le flux officiel du ministère de l'Économie. Le SP95 E10 ressortait à 2,17 euros. Il s'agit de moyennes simples par station : le fichier ne pondère pas les prix par les volumes vendus.

Le pétrole cher alimente l'inflation. Selon l'estimation provisoire de l'**Institut national de la statistique et des études économiques** (Insee) publiée le 30 septembre, les prix à la consommation ont augmenté de 3,0 % sur un an en septembre, après 2,4 % en août. L'institut explique cette hausse par l'accélération des prix des produits pétroliers et du gaz. L'**indice des prix à la consommation harmonisé** (IPCH), la mesure suivie par la Banque centrale européenne pour la zone euro, atteint 3,4 % en France. Au rythme de l'indice des prix de septembre, un placement qui rapporte moins de 3,0 % par an perd du pouvoir d'achat.

## Le calendrier jusqu'à la fin janvier

-   **1er novembre** : prochaine réunion mensuelle des sept pays, consacrée aux objectifs de décembre.
-   **3 novembre** : élections de mi-mandat aux États-Unis. Selon l'AFP, le débat politique américain se concentre sur la hausse des prix à la pompe.
-   **29 novembre** : 69e réunion du JMMC.
-   **Fin janvier 2027** : échéance des quatre mois prévus pour la libération des 100 millions de barils annoncée par le G7.
