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title: "OpenAI reporterait son entrée en Bourse à 2027 : le Nasdaq dévisse pour la cinquième séance"
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description: "OpenAI envisagerait de reporter son entrée en Bourse à 2027 pour viser 1 000 milliards de dollars. Le Nasdaq chute, SoftBank plonge de 12 %. Analyse."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-27T06:11:46.676Z"
updatedAt: "2026-06-27T06:11:46.696Z"
readingTimeMinutes: 6
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# OpenAI reporterait son entrée en Bourse à 2027 : le Nasdaq dévisse pour la cinquième séance

> Selon le New York Times, OpenAI envisage de patienter jusqu'en 2027 pour viser une valorisation de 1 000 milliards de dollars. La nouvelle a accéléré le repli des valeurs technologiques : le Nasdaq a cédé 4,6 % sur la semaine et SoftBank a chuté de 12 % à Tokyo.

Le projet d'introduction en Bourse le plus attendu de l'année vacille. D'après le _New York Times_, qui cite trois personnes au fait des discussions internes, **OpenAI** penche désormais pour un report de son entrée sur les marchés jusqu'en 2027. La maison mère de ChatGPT chercherait à laisser mûrir ses comptes et le climat boursier afin d'atteindre une valorisation symbolique de 1 000 milliards de dollars, un seuil défendu avec insistance par son directeur général Sam Altman. L'information, relayée le 25 juin par **Bloomberg**, a agi comme un détonateur sur des marchés déjà nerveux.

Au terme de la séance du 26 juin, le **Nasdaq Composite** a reculé de 0,24 % à 25 297,62 points, signant sa cinquième séance de baisse consécutive et sa pire semaine depuis février, avec un repli hebdomadaire de 4,6 %. L'indice élargi S&P 500 a terminé quasi stable à 7 354,02 points, en retrait d'environ 2 % sur la semaine. Le Dow Jones, moins exposé à la technologie, a limité la casse à 51 876,11 points et a même progressé de 0,6 % sur cinq jours. Cette divergence résume la rotation à l'œuvre : les investisseurs délaissent les vedettes de l'intelligence artificielle au profit de secteurs plus défensifs.

## Un report dicté par le précédent SpaceX

Pour comprendre l'hésitation d'OpenAI, il faut regarder du côté de **SpaceX**. Introduite en Bourse en juin avec plus de 85 milliards de dollars levés et une valorisation initiale de 1 770 milliards, la société d'Elon Musk a vu son cours retomber autour de 150 dollars, loin d'un sommet supérieur à 200 dollars atteint quelques jours après ses débuts. Ce parcours décevant a refroidi les conseillers d'OpenAI, qui redoutent un appétit limité des particuliers dans un marché aussi volatil.

Les chiffres d'OpenAI nourrissent eux aussi la prudence. La dernière levée de fonds privée valorisait l'entreprise entre 730 et 852 milliards de dollars, soit nettement en deçà de l'objectif affiché. Selon le _New York Times_, les conseillers ont présenté à Sam Altman une alternative simple : accepter une cotation dès 2026 à une valorisation inférieure, ou attendre 2027 pour viser le cap des 1 000 milliards. Le dirigeant aurait écarté tout compromis sur ce montant. OpenAI avait déposé un document d'enregistrement confidentiel auprès du régulateur américain le 8 juin, preuve que le dossier reste sur les rails malgré le calendrier mouvant.

## Onde de choc jusqu'à Tokyo

La secousse ne s'est pas arrêtée à Wall Street. À la Bourse de Tokyo, l'action **SoftBank** a plongé de plus de 12 % le 26 juin, perdant jusqu'à 14 % en séance avant de clôturer à 6 226 yens. Près de 5 600 milliards de yens de capitalisation se sont évaporés en une journée. Le conglomérat japonais détient une participation estimée à 65 milliards dans OpenAI, ce qui fait de lui l'un des baromètres les plus sensibles au sort de la société américaine. Sa chute a pesé sur l'ensemble des valeurs technologiques asiatiques et entraîné le Nikkei 225 dans son sillage.

Les semi-conducteurs ont également souffert. **Nvidia** a cédé 1,64 % pour revenir à 192,53 dollars, prolongeant un mouvement de défiance entamé plusieurs jours plus tôt. Le contraste est frappant avec les résultats récents du fabricant de mémoires Micron, supérieurs aux attentes, qui n'ont pas suffi à enrayer la baisse. Le marché ne sanctionne plus des résultats individuels : il réévalue une thématique entière.

## La rentabilité de l'IA au cœur du débat

Derrière ces mouvements se cache une question devenue centrale : les sommes colossales englouties dans les centres de données et les puces produiront-elles des revenus à la hauteur ? Les dépenses d'investissement des géants technologiques dans l'intelligence artificielle sont attendues autour de 725 milliards de dollars pour la seule année 2026. Plusieurs enquêtes menées auprès des entreprises en 2025 et 2026 avancent qu'une large majorité des projets d'IA n'ont encore dégagé aucun retour sur investissement mesurable. La Réserve fédérale américaine a, de son côté, rangé l'intelligence artificielle parmi les risques systémiques à surveiller.

Tous les analystes ne partagent pas ce pessimisme. **Dan Ives**, analyste chez Wedbush Securities, résume le test de l'année en estimant que 2026 sera celle où les dépenses consacrées à l'IA devront commencer à démontrer leur rendement. Les défenseurs du cycle actuel rappellent une différence majeure avec la bulle Internet de 1999 : les entreprises qui investissent aujourd'hui sont déjà rentables, contrairement aux jeunes pousses sans chiffre d'affaires de l'époque. Certains économistes vont plus loin et soulignent que l'investissement lié à l'IA constitue l'un des principaux moteurs de la croissance américaine récente.

## Ce que cela change pour l'épargnant français

Pour les détenteurs de contrats d'assurance vie en unités de compte ou de plans investis en actions internationales, ce regain de volatilité n'est pas anodin. Les indices américains pèsent lourd dans les fonds indiciels mondiaux, et la technologie en représente une part déterminante. Un repli concentré sur les valeurs d'intelligence artificielle se diffuse donc mécaniquement aux portefeuilles européens exposés au S&P 500 ou au Nasdaq via des fonds cotés.

La contagion s'observe déjà sur le Vieux Continent, où l'indice Stoxx 600 a reculé lors des séances précédentes sous l'effet des valeurs de semi-conducteurs. Cette séquence rappelle l'intérêt d'une allocation diversifiée, qui ne fait pas reposer la performance d'un portefeuille sur une seule thématique, aussi porteuse soit-elle. La surperformance du Dow Jones face au Nasdaq illustre concrètement le bénéfice d'une exposition équilibrée entre secteurs.

## Les points à surveiller

Trois éléments rythmeront les prochaines semaines. D'abord, la trajectoire boursière de SpaceX, désormais scrutée comme un indicateur avancé de l'appétit du public pour les méga introductions liées à l'IA. Ensuite, le calendrier d'OpenAI et celui de son rival **Anthropic**, qui a également engagé des démarches confidentielles de cotation. Enfin, la capacité des grands acteurs technologiques à convertir leurs investissements massifs en revenus tangibles lors des prochaines publications trimestrielles. Tant que cette preuve n'est pas apportée, la prime de risque accordée aux valeurs d'intelligence artificielle restera sous tension.

Le report présumé d'OpenAI n'est pas un accident isolé. Il cristallise un changement de regard des marchés, qui passent de l'enthousiasme inconditionnel à l'exigence de résultats. Pour l'épargnant, le message est clair : la révolution de l'intelligence artificielle reste un pari de long terme, dont la valorisation devra tôt ou tard s'aligner sur des comptes réels.
