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title: "Mutuelle famille : les cotisations montent malgré le gel 2026, les foyers avec enfants en tête"
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description: "Cotisations en hausse de 4,3 % malgré le gel LFSS 2026 : les familles avec enfants supportent le plus fort de la note. Décryptage des chiffres DREES."
keywords: [mutuelle famille 2026, hausse cotisations mutuelle, gel tarifs complémentaire santé, LFSS 2026 mutuelle, "taxe 2,05 % complémentaire", reste à charge famille, DREES couverture santé, "100 % santé enfants"]
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-22T09:06:33.193Z"
updatedAt: "2026-07-22T09:06:33.209Z"
readingTimeMinutes: 5
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# Mutuelle famille : les cotisations montent malgré le gel 2026, les foyers avec enfants en tête

> Malgré le gel des tarifs voté dans la LFSS 2026, les cotisations des complémentaires santé progressent de 4,3 % en moyenne cette année. Les familles avec enfants, qui cumulent plusieurs bénéficiaires sous un même contrat, encaissent la hausse de plein fouet.

Les familles françaises abordent la rentrée avec une facture santé alourdie. Alors que la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a instauré un gel des cotisations des complémentaires, la Mutualité Française chiffre à **4,3 %** la hausse moyenne appliquée aux contrats individuels au 1er janvier, et à 4,7 % celle des contrats collectifs. Pour un foyer qui réunit deux adultes et plusieurs enfants sous un même contrat, chaque point de hausse pèse davantage que pour un assuré isolé.

Cette contradiction entre la lettre de la loi et la réalité tarifaire place les ménages avec enfants au coeur du débat. Ils représentent la configuration où la couverture complémentaire coûte le plus cher en valeur absolue, tout en restant celle où le renoncement aux soins a les conséquences les plus lourdes.

## Un gel légal contourné dans les faits

L'article 13 de la LFSS 2026, adopté fin 2025 sur proposition du député Jérôme Guedj, pose un principe clair : aucune cotisation de complémentaire santé ne peut dépasser son niveau de 2025. L'objectif était d'empêcher que la nouvelle contribution exceptionnelle de **2,05 %** prélevée sur les cotisations ne soit répercutée sur les assurés. Cette taxe s'ajoute à la taxe de solidarité additionnelle, fixée à 13,27 % sur les contrats responsables depuis 2016, et doit rapporter près d'un milliard d'euros à la Sécurité sociale.

Le Conseil constitutionnel n'a pas censuré la mesure, si bien qu'elle s'applique depuis le 1er janvier 2026. Le gouvernement a néanmoins saisi le Conseil d'État afin de faire trancher sa légalité, estimant que l'encadrement des prix porte atteinte à la liberté d'entreprendre et à la liberté contractuelle. Les organismes complémentaires justifient leurs hausses par des revalorisations décidées avant le vote définitif du texte, par la progression continue des dépenses de santé et par le vieillissement de la population.

## Pourquoi les familles paient davantage

La structure d'un contrat familial explique l'ampleur de la note. Chaque bénéficiaire supplémentaire ajoute une cotisation, et une hausse en pourcentage se démultiplie mécaniquement à mesure que le foyer s'agrandit. Selon les comparateurs, une couverture pour un couple avec deux enfants oscille en 2026 autour de 137 euros par mois pour une formule économique, de 186 euros pour une garantie intermédiaire et peut dépasser 314 euros pour une couverture renforcée.

Les postes qui concernent le plus les enfants restent parmi les plus onéreux : orthodontie, lunettes, soins dentaires. Une [mutuelle santé pensée pour la famille](https://www.france-epargne.fr/products/mutuelle-sante/mutuelle-famille) couvre l'ensemble du foyer sous un même contrat, avec des garanties calibrées sur ces dépenses spécifiques. Plusieurs assureurs, à l'image de la MACIF ou de Groupama, appliquent d'ailleurs la gratuité de la cotisation à partir du troisième enfant, un levier d'économie précieux pour les familles nombreuses.

## Une couverture désormais quasi généralisée

Le dernier état des lieux publié par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) confirme l'ampleur de la protection complémentaire. Dans son dossier n° 137 paru en avril 2026, la DREES établit qu'en 2023, seules **3,4 %** des personnes résidant en France, hors Mayotte, n'étaient couvertes par aucune complémentaire santé. Autrement dit, près de 96,6 % de la population dispose d'une couverture, le plus souvent une mutuelle familiale.

Ce défaut de couverture n'est pas réparti de façon homogène. Il grimpe à 7 % chez les personnes vivant sous le seuil de pauvreté, une population où figurent de nombreuses familles monoparentales. La DREES attribue ce non-recours à une méconnaissance des dispositifs et à des critères d'éligibilité jugés complexes, deux freins que les hausses tarifaires actuelles risquent d'aggraver.

## Un reste à charge parmi les plus bas d'Europe

La montée des cotisations ne doit pas occulter la position française. D'après les comptes de la santé publiés par la DREES pour 2024, le reste à charge des ménages atteint **7,8 %** de la consommation de soins et de biens médicaux, soit 292 euros par habitant, contre 276 euros un an plus tôt. Sur un périmètre international plus large, ce reste à charge s'établit à 10,2 %, nettement en dessous de la moyenne européenne proche de 14,8 %. La France demeure ainsi l'un des pays où les ménages financent le moins directement leurs soins.

La réforme du 100 % Santé a contribué à cette performance. Sur l'optique, le dentaire et l'audiologie, la part du reste à charge des ménages est passée de 32 % en 2018 à 21 % en 2022. En 2026, le dispositif s'élargit aux prothèses capillaires de classe II, aux fauteuils roulants inscrits sur la liste des produits remboursables et aux couronnes en zircone monolithique sur les molaires. Plus de 95 % des contrats du marché sont responsables et ouvrent donc l'accès à ces paniers sans reste à charge.

## Ce qu'il faut surveiller

Trois échéances vont peser sur les budgets familiaux dans les prochains mois. La décision du Conseil d'État sur la légalité du gel des tarifs déterminera si les hausses déjà appliquées peuvent être maintenues ou devront être corrigées. La trajectoire des dépenses de santé, tirée par le vieillissement et l'innovation médicale, conditionnera les revalorisations de 2027. Enfin, le sort de la contribution exceptionnelle de 2,05 %, présentée comme temporaire, indiquera si la pression fiscale sur le secteur se prolonge.

Pour les foyers, la période invite à réexaminer l'adéquation entre le niveau de garanties et les besoins réels. Comparer les offres, ajuster les postes surdimensionnés et vérifier l'éligibilité aux dispositifs de gratuité pour les enfants restent les leviers les plus efficaces pour contenir une facture qui, malgré le gel affiché, continue de progresser.
