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title: Mercedes menace de fermer deux usines allemandes si les coûts ne baissent pas
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description: "Michael Schiebe annonce la fermeture d'une usine d'assemblage et d'un site moteurs si les coûts allemands ne baissent pas. Dix sites sont concernés."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-22T09:00:56.048Z"
updatedAt: "2026-09-22T09:00:56.089Z"
readingTimeMinutes: 9
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# Mercedes menace de fermer deux usines allemandes si les coûts ne baissent pas

> Michael Schiebe a prévenu les salariés réunis à Sindelfingen : faute d'accord sur les coûts, Mercedes fermera une usine d'assemblage et un site de moteurs en Allemagne. Dix sites sont concernés. L'action vaut 43,13 euros et ne pèse plus que 0,71 % de l'Euro Stoxx 50.

Le directoire de **Mercedes** a chiffré pour la première fois ce que coûterait un échec des négociations sur les coûts en Allemagne : deux usines. Michael Schiebe, membre du directoire chargé de la production, de la qualité et de la chaîne d'approvisionnement, l'a annoncé le lundi 21 septembre 2026 devant les salariés réunis en assemblée du personnel à Sindelfingen. La direction du groupe a confirmé ces propos à l'agence dpa, après une première révélation par la _Stuttgarter Zeitung_ et les _Stuttgarter Nachrichten_.

## Ce que le directoire a dit aux salariés de Sindelfingen

La formulation retenue par Michael Schiebe associe une promesse et une condition. Le dirigeant a d'abord affirmé vouloir préserver l'ensemble des implantations allemandes, avant d'énoncer ce qui se produirait dans le cas contraire.

> « Notre objectif clair est de préserver tous les sites allemands. Pour cela, nous devons nous entendre sur des mesures acceptables par tous afin de réduire les coûts en Allemagne. Si nous n'y parvenons pas, nous devrons fermer une usine d'assemblage allemande ainsi qu'une usine de groupes motopropulseurs allemande. »
> 
> Michael Schiebe, membre du directoire de Mercedes chargé de la production, de la qualité et de la chaîne d'approvisionnement, le 21 septembre 2026 à Sindelfingen

Cette sortie ne constitue pas une décision du directoire. Elle relève de l'avertissement adressé à la représentation du personnel à quelques jours de l'ouverture des négociations salariales de branche. Michael Schiebe occupe ce poste depuis le **1er décembre 2025**, date à laquelle il a succédé à Jörg Burzer après avoir dirigé Mercedes AMG.

## Dix sites allemands entrent dans la balance

Aucun site n'a été désigné, ce qui étend l'incertitude à l'ensemble du dispositif industriel allemand du constructeur. Les usines d'assemblage, où les véhicules sont montés, sont au nombre de trois : **Sindelfingen, Rastatt et Brême**. Le site de Sindelfingen, fondé en 1915, emploie plus de 30 000 personnes selon les chiffres du groupe et produit la Classe S.

Les usines de groupes motopropulseurs, qui fabriquent les organes de transmission et les moteurs, sont au nombre de sept : Untertürkheim, Affalterbach, Berlin, Hambourg, Kamenz, Kölleda et Arnstadt. Aucune grande région industrielle allemande n'échappe donc au périmètre de la menace, de la Saxe à la Thuringe en passant par Berlin, Hambourg et la région de Stuttgart. Dix sites au total entrent ainsi dans la balance.

## Le chiffre qui arme la menace : 49,80 euros de l'heure

L'argument de coût avancé par la direction repose sur un écart mesurable. Selon les données d'Eurostat pour 2025, le coût horaire de la main d'œuvre dans l'industrie allemande atteint **49,80 euros**, contre 41,00 euros en moyenne dans la zone euro et 47,70 euros en France. L'Allemagne se situe ainsi 21,5 % au dessus de la moyenne monétaire commune.

La comparaison devient nettement plus brutale face aux pays vers lesquels Mercedes a déjà déplacé des volumes. La Hongrie affiche 15,80 euros de l'heure, soit 68,3 % de moins que l'Allemagne, et la Roumanie 12,60 euros, soit 74,7 % de moins. La Pologne se situe à 18,20 euros, la Slovaquie à 19,70 euros et la Tchéquie à 20,60 euros.

Ce différentiel s'est déjà matérialisé. Le groupe a inauguré le **13 juillet 2026** l'extension de son usine hongroise de Kecskemét, où environ un milliard d'euros ont été investis dans le cadre du plan d'affaires 2022 à 2026. La capacité annuelle du site a doublé pour atteindre jusqu'à 400 000 véhicules, et l'emprise foncière est passée de 200 à 440 hectares. Kecskemét produit désormais le GLB électrique et la Classe C électrique.

## La riposte syndicale et un calendrier très serré

L'annonce est tombée le jour même où l'industrie automobile allemande se mobilisait. IG Metall avait appelé à une journée d'action nationale le 21 septembre, sous le mot d'ordre « l'avenir plutôt que la coupe claire ». Le syndicat revendique environ **175 000 participants** répartis sur quelque 280 sites. À Sindelfingen, IG Metall comme Mercedes ont dénombré 20 000 salariés mobilisés, et près de 3 000 à Brême selon dpa.

Ergun Lümali, président du comité central d'entreprise, a reproché au directoire d'avoir « perdu tout entendement » pour les salariés et averti que ces derniers savaient se défendre. Barbara Resch, responsable régionale d'IG Metall, a visé la direction dans des termes comparables : « Nous ne nous laisserons pas prendre pour des imbéciles. » Le point de départ du conflit tient à une offensive de productivité par laquelle la direction propose aux salariés allemands de travailler davantage à rémunération inchangée, soit un retour aux 40 heures hebdomadaires. Le comité d'entreprise a répliqué le 17 septembre en avançant une semaine de 30 heures.

Trois échéances structurent les prochaines semaines. IG Metall arrête ses revendications régionales le 22 septembre. La première séance de négociation de la métallurgie et de l'électronique se tient le **7 octobre à Ludwigsburg**. Les accords salariaux expirent le 31 octobre, terme de l'obligation de paix sociale, après quoi le syndicat peut appeler à des grèves d'avertissement. Environ 900 000 personnes travaillent dans cette branche dans la région de Stuttgart.

## Une industrie qui a perdu 42 300 emplois en un an

Le bras de fer se déroule sur fond de contraction documentée. L'office fédéral de la statistique (Destatis) a recensé **691 500 salariés** dans l'industrie automobile allemande à la fin du premier semestre 2026, soit 42 300 de moins qu'un an plus tôt et un repli de 5,8 %. Aucune autre grande branche industrielle de plus de 200 000 salariés n'enregistre une baisse aussi forte, et le niveau atteint est le plus faible depuis 2005.

Le détail publié le 14 août 2026 montre où portent les coupes. La construction de véhicules et de moteurs occupe 429 200 personnes, en recul de 6,1 %. Les équipementiers de pièces et accessoires tombent à 219 500 salariés, en baisse de 7,6 %. Seule la fabrication de carrosseries et de remorques progresse, de 10,0 % à 42 800 emplois. L'ensemble de l'industrie manufacturière allemande occupe 5,29 millions de personnes, en repli de 2,7 %.

## Les comptes du constructeur sous pression

Les résultats trimestriels éclairent l'urgence affichée par la direction. Au deuxième trimestre 2026, clos le 30 juin, Mercedes a réalisé un chiffre d'affaires de **32,06 milliards d'euros**, en repli de 3,3 % sur un an, pour un résultat opérationnel de 1,98 milliard et un bénéfice net de 1,07 milliard. Sur l'exercice 2025, le chiffre d'affaires avait reculé de 9,2 % à 132,21 milliards et le bénéfice avait fondu de 49,6 % à 5,14 milliards.

Le programme d'économies « Next Level Performance » vise environ cinq milliards d'euros par an à l'horizon 2027, avec une réduction de 10 % des coûts de production et des frais fixes. Un dispositif de départs volontaires proposé à quelque 40 000 salariés allemands hors production a conduit 5 500 personnes à quitter le groupe entre avril 2025 et fin mars 2026. L'accord de sécurisation de l'emploi conclu en 2025 exclut les licenciements économiques jusqu'à fin 2034, ce qui restreint les leviers classiques de réduction d'effectifs.

## Ce que l'épargnant français détient sans toujours le savoir

L'action Mercedes cotait **43,13 euros** à Francfort le 22 septembre à 10h37, en repli de 1,24 % après une clôture précédente à 43,67 euros. Le titre évolue à proximité de son plus bas sur un an, la fourchette des douze derniers mois allant de 42,63 à 62,34 euros. La capitalisation ressort à 40,32 milliards d'euros pour 923,3 millions de titres, avec un ratio cours sur bénéfice de 8,27 et un dividende de 3,50 euros offrant un rendement de 8,12 %.

Le point qui concerne directement les détenteurs de contrats en unités de compte tient au poids du titre dans les indices. Au 18 septembre 2026, Mercedes représentait **0,71 %** de l'Euro Stoxx 50 selon la composition du fonds indiciel iShares qui réplique l'indice, soit la quarante sixième position sur cinquante. BMW ferme la marche avec 0,45 %. Les deux constructeurs allemands pèsent ensemble 1,16 % de l'indice phare de la zone euro, quand ASML en représente à elle seule 9,84 %.

La comparaison avec Volkswagen donne la mesure du mouvement. Le groupe de Wolfsburg a quitté l'Euro Stoxx 50 le 21 septembre 2026 avec une capitalisation de 37,68 milliards d'euros, remplacé par Engie et Nokia. Mercedes capitalise aujourd'hui 40,32 milliards. Un épargnant exposé à la zone euro par un fonds indiciel loge donc une fraction devenue modeste de son portefeuille dans l'automobile allemande, alors que le secteur représentait un pilier de cet indice il y a une décennie. L'action reste éligible au plan d'épargne en actions, le groupe ayant son siège dans l'Union européenne.

## Ce qu'il faut surveiller

-   La séance de négociation du **7 octobre à Ludwigsburg** et l'expiration des accords salariaux le 31 octobre, qui ouvre la voie aux grèves d'avertissement.
-   La publication des résultats du troisième trimestre, attendue le **28 octobre 2026**.
-   Toute désignation d'un site précis, qui transformerait un instrument de négociation en projet industriel et déclencherait une procédure d'information et de consultation.
-   Les arbitrages d'investissement entre l'Allemagne et l'Europe centrale, seul indicateur fiable des intentions réelles du directoire.

## Sources

-   Dépêche dpa reprise par la _Ludwigsburger Kreiszeitung_, déclarations de Michael Schiebe et confirmation du groupe
-   Radio Bremen (buten un binnen), liste des sites concernés et mobilisation à Brême
-   onvista et dpa AFX, déclarations d'Ergun Lümali et de Barbara Resch, calendrier de la négociation de branche
-   Eurostat, coûts horaires de la main d'œuvre dans l'industrie, données 2025
-   Destatis, communiqué N057 du 14 août 2026 sur l'emploi dans l'industrie automobile
-   IG Metall, communiqué sur la journée d'action automobile du 21 septembre 2026
-   Mercedes, communiqué sur l'extension de l'usine de Kecskemét
-   stockanalysis.com, cours, capitalisation et comptes trimestriels
-   iShares, composition du fonds indiciel Euro Stoxx 50 au 18 septembre 2026
