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title: "L'OTAN choisit le GlobalEye de Saab et écarte Boeing pour remplacer ses AWACS"
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category: geopolitics
description: "L'OTAN retient le GlobalEye de Saab pour remplacer ses AWACS E-3, un contrat de 4,5 milliards de dollars pour onze nations. Boeing écarté, l'action Saab bondit."
keywords: [saab globaleye, otan awacs, boeing e-7 wedgetail, defense europeenne, action saab, rearmement otan, avion radar, morgan stanley saab, sommet ankara, nspa]
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-08T06:09:30.020Z"
updatedAt: "2026-07-08T06:09:30.036Z"
readingTimeMinutes: 6
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# L'OTAN choisit le GlobalEye de Saab et écarte Boeing pour remplacer ses AWACS

> Onze pays de l'OTAN vont acquérir jusqu'à dix avions radar GlobalEye du suédois Saab, un contrat estimé à 4,5 milliards de dollars. L'Alliance écarte le Boeing E-7 Wedgetail pour remplacer sa flotte vieillissante d'AWACS E-3, un revers de plus pour l'industriel américain.

L'**OTAN** a franchi une étape décisive dans le renouvellement de ses capacités de surveillance aérienne. Le 7 juillet 2026, en marge du forum de l'industrie de défense du sommet d'Ankara, l'Alliance a annoncé le choix du **GlobalEye** du groupe suédois Saab pour remplacer sa flotte vieillissante d'avions radar. Un consortium de onze nations va négocier l'acquisition de jusqu'à dix appareils, pour un montant estimé autour de 4,5 milliards de dollars. La décision écarte le Boeing E-7 Wedgetail américain, ajoutant un revers de taille au constructeur de Seattle.

## Une flotte d'AWACS à bout de souffle

Depuis 1982, l'OTAN exploite quatorze Boeing E-3A Sentry depuis la base aérienne de Geilenkirchen, en Allemagne. Ces avions radar, reconnaissables à leur soucoupe rotative, forment le coeur de la surveillance aérienne collective de l'Alliance. Leur retrait est programmé aux alentours de 2035, au terme d'une vie opérationnelle de plus d'un demi siècle.

Le programme de succession, baptisé _Alliance Future Surveillance and Control_ (AFSC), est lancé depuis 2016. Dans sa première phase, l'OTAN avait envisagé dès 2023 l'achat de six Boeing E-7A Wedgetail. Ce scénario vient de voler en éclats.

> « Depuis des décennies, l'OTAN s'appuie sur une flotte de systèmes d'alerte et de contrôle aéroportés E-3. Ils arrivent en fin de vie », a déclaré le secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, lors de l'annonce à Ankara.

## Onze nations dans le tour de table

Le consortium réunit la Belgique, le Canada, le Danemark, l'Allemagne, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Roumanie et la Suède. À raison d'environ 450 millions de dollars par appareil, l'enveloppe globale atteindrait 4,5 milliards de dollars pour la dizaine d'avions envisagés.

La prudence reste toutefois de mise sur le calendrier. Saab a précisé qu'aucun contrat n'était signé à ce stade. Le groupe entre désormais en négociations formelles avec l'Agence OTAN de soutien et d'acquisition (NSPA). Les premières livraisons sont attendues à partir de 2030, pour une capacité pleinement opérationnelle visée à l'horizon 2031.

> « GlobalEye est le bon choix pour l'Alliance. Il offre une capacité éprouvée, une adaptabilité et un avantage opérationnel de long terme », a fait valoir Micael Johansson, président et directeur général de Saab.

## Ce que le GlobalEye met sur la table

Le GlobalEye repose sur un avion d'affaires **Bombardier Global 6500**, profondément modifié pour embarquer le radar **Erieye Extended Range**. Cet ensemble permet la détection et le suivi simultanés de cibles aériennes, maritimes et terrestres, une polyvalence recherchée à l'heure où les menaces de drones et de missiles se multiplient. Comparé à la cellule ancienne du E-3, la plateforme suédoise promet des coûts d'exploitation réduits et une disponibilité accrue.

Pour l'industrie européenne de défense, le contrat sonne comme une consécration. Il illustre la volonté de plusieurs capitales de privilégier des équipements produits sur le continent, dans un contexte de réarmement accéléré.

## Un nouveau coup dur pour Boeing

Le revers américain s'inscrit dans un enchaînement défavorable pour le E-7. Le Pentagone avait retiré le financement du programme de son projet de budget 2027, invoquant des interrogations sur la survivabilité de l'appareil sur les champs de bataille modernes. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait évoqué des « systèmes et plateformes non survivables ». Le coût de développement des deux premiers exemplaires avait grimpé à 3,6 milliards de dollars, portant le prix unitaire autour de 724 millions de dollars, tandis que le premier vol glissait à mai 2027.

Ces déboires n'ont pas échappé aux alliés. « Quand le budget américain 2027 est sorti sans un dollar pour le E-7, l'OTAN a regardé ça et s'est dit : si les États-Unis n'en achètent pas, pourquoi le ferions nous ? », résume l'analyste aéronautique J.J. Gertler. Le Congrès américain a depuis rétabli 1,55 milliard de dollars pour maintenir le programme en vie, mais le mal était fait côté européen.

## La France a déjà tranché en solo

Paris n'appartient pas au consortium des onze. La France a fait cavalier seul dès décembre 2025. La Direction générale de l'armement (DGA) a commandé deux GlobalEye, assortis d'une option pour deux appareils supplémentaires, pour un peu plus de 1,1 milliard d'euros, soit environ 12,3 milliards de couronnes suédoises. Ces avions, dont les livraisons s'échelonneront entre 2029 et 2032, remplaceront la flotte française d'AWACS. Cette commande concrétise la lettre d'intention signée au Salon du Bourget en juin 2025, un choix guidé par la préservation d'une capacité de surveillance autonome.

## Saab, valeur phare du réarmement européen

Pour les investisseurs, le dossier Saab illustre la dynamique du secteur de la défense sur le Vieux Continent. À l'annonce, le titre du groupe suédois a progressé d'environ 4,9 % lors de la séance du 7 juillet, surperformant l'indice européen de l'aéronautique et de la défense. Morgan Stanley a relevé sa recommandation de deux crans, à « surpondérer », en portant son objectif de cours à 700 couronnes contre 540 auparavant. Sur la base d'un cours de clôture de 587,70 couronnes le 6 juillet, cette cible laisse entrevoir un potentiel de hausse de près de 19 %.

Les fondamentaux nourrissent cet optimisme. Au premier trimestre 2026, Saab affichait un carnet de commandes record de 274 milliards de couronnes, des ventes de 19,2 milliards en progression de 21,4 % et une marge opérationnelle de 10 %. Le groupe investit entre 8 et 10 milliards de couronnes par an pour élargir ses capacités de production face à une demande soutenue.

## Ce qu'il faut surveiller

Le passage des intentions au contrat ferme constitue le prochain jalon. Les négociations avec la NSPA détermineront le volume exact, le prix final et le calendrier de livraison. Pour l'épargnant exposé aux thématiques de défense européenne, via des fonds sectoriels ou des lignes en actions, la trajectoire de Saab dépendra de la conversion de ce carnet de commandes pléthorique en résultats, dans un secteur où les marges restent sous pression malgré la vigueur des prises de commandes. La montée en puissance des budgets militaires de l'Alliance, désormais orientés vers un objectif de 5 % du PIB à l'horizon 2035, dessine un cycle d'investissement de long terme dont les industriels européens entendent capter une part croissante.
