---
title: "Life settlements : Abacus titrise plus de 400 millions de dollars de polices d'assurance vie"
slug: life-settlements-abacus-titrise-plus-de-400-millions-de-dollars-de-polices-dassurance-vie
category: private-markets
description: "Abacus titrise plus de 400 millions de dollars de polices d'assurance vie rachetées. Le taux d'actualisation a reculé de 22 % à 10 % avant la hausse de la Fed."
keywords: [life settlements, marché secondaire assurance vie, Abacus Global Management titrisation, titrisation polices assurance vie, "taux d'actualisation life settlements", Life Settlement Assets, investissement longévité, fonds life settlements, STOLI, placement alternatif décorrélé]
tags: [life-settlements, assurance-vie, marche-secondaire, abacus-global-management, titrisation, longevite, fed, taux-actualisation, life-settlement-assets, investissements-alternatifs, etats-unis]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/life-settlements-abacus-titrise-plus-de-400-millions-de-dollars-de-polices-dassurance-vie"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-10-04T21:07:25.532Z"
updatedAt: "2026-10-04T21:07:25.573Z"
readingTimeMinutes: 8
---
# Life settlements : Abacus titrise plus de 400 millions de dollars de polices d'assurance vie

> Abacus Global Management a bouclé la plus grosse titrisation de son histoire, adossée à des polices d'assurance vie rachetées et notée en catégorie investissement. Le taux d'actualisation du marché est passé de 22 % à 10 % entre 2023 et 2026.

L'américain **Abacus Global Management** (cotée à la Bourse de New York sous le code ABX) a annoncé le 23 septembre 2026 la clôture de la plus grosse titrisation de son histoire : une structure de plus de 400 millions de dollars adossée à un portefeuille diversifié de polices d'assurance vie rachetées à leurs souscripteurs. Une agence de notation, que la société ne nomme pas, a attribué aux obligations émises une note de **catégorie investissement** (le haut de l'échelle de crédit, réservé aux émetteurs considérés comme les plus solides). Dans une version complétée du communiqué, publiée le 25 septembre, Abacus indique que l'offre a été sursouscrite et que sa taille a été relevée face à la demande.

L'opération porte sur les **life settlements**, ou cessions de contrats d'assurance vie : le titulaire d'une police vend son contrat à un investisseur contre un capital immédiat, supérieur à la valeur de rachat proposée par l'assureur. L'acheteur reprend le paiement des primes et perçoit le capital décès au terme du contrat. Sa rentabilité dépend de la date du décès de l'assuré, une variable sans lien direct avec les marchés actions ou obligataires.

## Deux tranches d'obligations et une part résiduelle

La structure comprend des obligations de **classe A** et de **classe B**, plus un intérêt résiduel, l'ensemble étant valorisé à plus de 400 millions de dollars. Une société ad hoc a émis les titres, garantis par un ensemble de polices dont Abacus conserve la gestion administrative via ses filiales. Le placement a été réservé à des investisseurs accrédités américains, dans le cadre de l'exemption de la section 4(a)(2) du Securities Act de 1933. Les titres ne sont pas enregistrés auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain.

Abacus affectera le produit net au rachat de nouvelles polices et à ses besoins généraux. Sa directrice des investissements, Elena Plesco, présente l'opération comme une stratégie de plateforme : « En conditionnant les actifs liés à la longévité dans des formats que les investisseurs obligataires institutionnels peuvent détenir, nous élargissons et diversifions notre base d'investisseurs. » Le président et directeur général Jay Jackson y voit la confirmation « qu'il existe un marché profond pour les actifs liés à la longévité parmi les plus grands acheteurs obligataires du monde ».

## Le taux d'actualisation divisé par plus de deux depuis 2023

Le prix d'une police rachetée se fixe par un **taux d'actualisation** : le taux auquel l'acheteur ramène à aujourd'hui le capital décès futur, net des primes à payer. Un taux plus bas signifie un prix d'achat plus élevé et un rendement attendu plus faible pour l'acheteur. Dans une lettre aux actionnaires déposée auprès de la SEC le 24 août 2026, Elena Plesco publie la série trimestrielle de la société. Le taux implicite d'Abacus est passé de 12 % fin 2022 à 22 % fin septembre 2023, quand le taux effectif des fonds fédéraux montait de 3,6 % à 5,3 %. Il est redescendu à 10 % fin mars 2026, quand les fonds fédéraux étaient revenus à 3,6 %.

Selon la même lettre, la plus-value moyenne réalisée par Abacus sur ses reventes de polices est restée stable sur la période : 25 % au deuxième trimestre 2026, pour un objectif de long terme de 20 %. Elena Plesco y précise que le taux d'actualisation suit les taux directeurs « avec typiquement quelques trimestres de retard », le temps que les acheteurs répercutent leur propre coût du capital.

## La Fed relève ses taux une semaine avant la clôture

La politique monétaire américaine a changé de sens entre la lettre d'août et la titrisation. Le 16 septembre 2026, le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) a relevé de 0,25 point la fourchette cible des fonds fédéraux, portée entre 3,75 % et 4 %, par 12 voix contre zéro. Le communiqué indique que « l'inflation reste élevée ». D'après la corrélation décalée décrite par Abacus, un cycle de hausse remonterait le taux d'actualisation des prochains trimestres et ferait baisser les prix payés pour les polices. La prochaine réunion du FOMC se tient les 27 et 28 octobre.

## Abacus ouvre la classe d'actifs aux particuliers américains

Abacus a publié le 6 août un chiffre d'affaires record de 73,0 millions de dollars au deuxième trimestre 2026, en hausse de 30 % sur un an. Son bénéfice net comptable a reculé à 6,6 millions de dollars, contre 17,6 millions un an plus tôt, sous l'effet des coûts d'acquisitions et de recrutements. Ses fonds de longévité ont collecté 544,2 millions de dollars au premier semestre, contre 604 millions sur toute l'année 2025. Après la clôture du trimestre, la société a lancé l'ABX Longevity Growth and Income Fund (ABXGX), un **fonds à intervalles** (fonds enregistré auprès de la SEC qui n'accepte les rachats qu'à dates périodiques). Il s'agit de son premier véhicule enregistré ouvert aux investisseurs individuels.

Le jour même, Abacus a annoncé que ses trois fondateurs, Sean McNealy, Matthew Ganovsky et Scott Kirby, mettaient fin à leurs **plans 10b5-1** (programmes de cessions d'actions planifiés à l'avance, qui protègent les dirigeants contre les soupçons de délit d'initié). Selon le communiqué, chacun a estimé que conserver sa participation l'emportait sur l'objectif de diversification de ces plans.

## À Londres, le fonds coté LSA continue de se contracter

Le véhicule coté **Life Settlement Assets** (LSA), une société d'investissement fermée de la Bourse de Londres gérée par Acheron Capital, a publié le 22 septembre ses comptes semestriels. Son actif net s'élevait à 96,2 millions de dollars au 30 juin 2026, soit 2,30 dollars par action. Les polices arrivées à échéance au semestre ont rapporté 5,7 millions de dollars, dont 4,2 millions sur des assurés atteints du VIH et 1,5 million sur les autres. Les frais courants atteignent 2,9 % de l'actif net, hors frais de gestion des polices et frais juridiques.

LSA restitue du capital à ses actionnaires par des rachats d'actions et des dividendes exceptionnels. La société a racheté 2 396 966 actions au semestre pour 4 193 339 dollars. Depuis juin 2024, elle en a racheté 8 180 281, soit 16,4 % du capital au 1er janvier 2024. Elle a versé le 14 avril un dividende exceptionnel de 6,7960 cents par action, soit 3,0 millions de dollars. Son président, Michael Baines, indique que le conseil se concentre sur « l'évaluation précise du risque de mortalité » et sur la maîtrise des coûts « dans un environnement de pressions inflationnistes ».

## Un marché étroit sous surveillance juridique

Le cabinet Conning, filiale de Generali qui suit ce marché depuis 1999, a relevé dans son étude de novembre 2025 une baisse du nombre de nouvelles cessions de polices en 2024. Il estime le potentiel brut annuel moyen à 224 milliards de dollars et projette des volumes annuels de 4,6 milliards. « Le marché a peut-être marqué une pause en 2024, mais les forces de croissance de long terme restent intactes », déclarait Scott Hawkins, responsable de la recherche assurance de Conning.

Les acheteurs de polices portent un risque juridique. Le 30 juillet 2026, la cour d'appel fédérale du huitième circuit a confirmé, dans l'affaire Wells Fargo Bank contre Ameritas Life Insurance, la nullité d'une police de 4 millions de dollars. Les juges l'ont qualifiée de **STOLI** (stranger originated life insurance, contrat souscrit à l'initiative d'investisseurs tiers dépourvus d'intérêt assurable), une pratique illégale. Une police déclarée nulle ne verse pas de capital décès à son détenteur.

Au Royaume-Uni, la Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur financier britannique, a restreint depuis le 1er janvier 2014 la promotion des placements en polices d'assurance vie américaines de seconde main auprès des particuliers, en la réservant aux investisseurs avertis et fortunés. L'association européenne du secteur, l'ELSA (European Life Settlement Association), a élu le 15 septembre quatre nouveaux membres à son comité exécutif. L'un d'eux, Neal Jacobs, directeur des marchés de capitaux chez Coventry, dit vouloir « approfondir la compréhension de la classe d'actifs ».

## Liquidité, longévité et dollar pour un épargnant français

Pour un investisseur résident en France, l'exposition passe par des fonds ou des sociétés cotées comme LSA, dont les polices sous-jacentes sont des contrats américains libellés en dollars. Trois paramètres déterminent le résultat : la durée de vie réelle des assurés par rapport aux estimations actuarielles, puisque chaque année supplémentaire impose une prime de plus ; la faible liquidité des portefeuilles, dont les capitaux se libèrent au rythme des décès ; et le taux de change entre l'euro et le dollar. Le fonctionnement, les tickets d'entrée et les risques du [marché secondaire de l'assurance vie](https://www.france-epargne.fr/products/investissements-alternatifs/life-settlements) sont détaillés dans notre fiche consacrée à cette classe d'actifs.

## Le calendrier des prochaines semaines

-   **27 et 28 octobre 2026** : réunion du FOMC, dont la décision orientera le coût du capital des acheteurs de polices.
-   **Troisième trimestre 2026** : Abacus vise un bénéfice ajusté par action de 0,26 à 0,28 dollar. Le rapport trimestriel publiera le taux d'actualisation appliqué après la hausse de septembre.
