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title: "L'Europe ouvre dans le vert avant le verdict de la BCE"
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description: "Bourses en hausse ce 11 juin avant la BCE, attendue pour un premier relèvement depuis 2023 portant le taux de dépôt de 2,00 % à 2,25 %."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-11T07:53:49.265Z"
updatedAt: "2026-06-11T07:53:49.281Z"
readingTimeMinutes: 5
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# L'Europe ouvre dans le vert avant le verdict de la BCE

> Les Bourses européennes ont ouvert en hausse ce jeudi 11 juin, quelques heures avant une décision de la BCE jugée quasi acquise. Le Conseil des gouverneurs devrait relever son taux de dépôt de 2,00 % à 2,25 %, sa première hausse depuis 2023, dans un climat de détente sur le pétrole.

Les principales places financières du continent ont entamé la séance de ce jeudi 11 juin en territoire positif, les investisseurs reprenant un peu d'allant à l'approche de la décision de la Banque centrale européenne (BCE), attendue à 14h15. Après une veille marquée par l'hésitation et une clôture du CAC 40 en repli de 0,51 % à 8 161,83 points, le rebond matinal traduit surtout un reflux de la prime de risque géopolitique, alors que les cours du pétrole se sont stabilisés.

Le scénario d'un premier tour de vis monétaire depuis 2023 ne fait plus guère de doute pour les opérateurs. Les marchés monétaires intègrent une probabilité proche de 99 % d'une hausse de 25 points de base du taux de dépôt, qui passerait de **2,00 % à 2,25 %**. Le taux de refinancement principal serait porté à 2,40 % et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,65 %.

## Une séance suspendue à Francfort

L'ouverture s'est faite sur une note prudente mais orientée à la hausse, prolongeant le mouvement observé la veille où le CAC 40 avait progressé de 0,43 % en début de matinée. Le contraste avec les séances précédentes est net : lundi 8 juin, les indices avaient ouvert dans le rouge, pénalisés par une nouvelle poussée du brut liée au conflit au Moyen-Orient.

Le changement de ton tient à l'évolution du marché pétrolier. Malgré de nouveaux accrochages entre Washington et Téhéran près du détroit d'Ormuz, le baril a cessé de flamber. Le Brent évoluait autour de 92 dollars et le WTI près de 89 dollars, loin du seuil symbolique des 100 dollars. Une déclaration de Mohsen Rezaei, conseiller du Guide suprême iranien, selon laquelle « la porte des négociations avec les États-Unis n'était pas fermée », a contribué à comprimer la prime de risque.

Ce reflux énergétique profite mécaniquement aux valeurs les plus sensibles à la facture pétrolière, notamment le transport aérien, l'hôtellerie et les matériaux, qui figuraient en tête des hausses sectorielles à Paris.

## Un consensus rare au sein du Conseil des gouverneurs

La hausse attendue cet après-midi repose sur une convergence inhabituelle entre les membres du Conseil des gouverneurs. Même les voix traditionnellement accommodantes, comme l'Italien Fabio Panetta et le Grec Yannis Stournaras, ont laissé entendre qu'elles soutiendraient un resserrement. Cette unité tranche avec les débats plus tendus des trimestres précédents.

Le moteur de cette décision reste l'inflation. La hausse des prix dans la zone euro s'est de nouveau accélérée en mai pour atteindre 3,2 % sur un an, bien au-dessus de la cible de 2 % de l'institution. Les mesures sous-jacentes et les prix des services ont légèrement progressé, signe d'une diffusion graduelle des tensions sur l'ensemble de l'économie.

> « Compte tenu de sa communication récente, la BCE ne peut que relever ses taux », résument les analystes d'Oddo BHF, qui soulignent qu'elle serait « la première parmi les grandes banques centrales à durcir sa politique en réponse au choc pétrolier ».

Pour Patrick Barbe, gérant chez Neuberger Berman, « la BCE devrait privilégier une hausse de 25 points de base de ses taux directeurs lors de cette réunion ». Il anticipe deux relèvements au total sur l'année.

## Les projections, vraie variable de la journée

Au delà du geste sur les taux, largement anticipé, l'attention des opérateurs se portera sur les nouvelles projections macroéconomiques que publiera l'institution. Philip Lane, membre du directoire, a prévenu que ces prévisions « réviseront l'inflation à la hausse et la croissance à la baisse », une combinaison qui rapproche la zone euro d'un scénario de stagflation naissante.

La conférence de presse de la présidente Christine Lagarde, prévue à 14h45, sera scrutée pour évaluer la suite du cycle. Le marché price environ 41 points de base de hausses cumulées sur le second semestre, septembre apparaissant comme l'échéance la plus probable pour un nouveau geste.

## Des trajectoires d'experts qui divergent

Si le mouvement de juin fait l'unanimité, la suite divise nettement les économistes. Nordea se range parmi les plus fermes, tablant sur quatre hausses consécutives de 25 points de base qui porteraient le taux de dépôt à 3 % dès octobre. À l'opposé, UBS estime que deux relèvements suffiront à contenir les anticipations d'inflation.

Cette dispersion reflète l'incertitude sur la persistance du choc énergétique. Près de 40 % des économistes interrogés n'anticipent même pas de second tour de vis en 2026, pariant sur un reflux rapide des prix de l'énergie une fois la tension sur Ormuz dissipée.

## Ce qu'il faut surveiller

Pour l'épargnant français, la décision de cet après-midi marque un tournant. Une remontée des taux directeurs se répercute progressivement sur la rémunération des comptes à terme et des fonds en euros, mais renchérit aussi le coût du crédit immobilier, déjà soumis à la pression des OAT. Le rendement de l'OAT à 10 ans et la réaction de l'euro face au dollar constitueront les premiers indicateurs de l'accueil réservé par les marchés au message de Christine Lagarde.

La séance de ce jeudi pourrait donc se jouer en deux temps : un calme relatif jusqu'en début d'après-midi, puis une volatilité accrue une fois connus le ton de la présidente et l'ampleur des révisions de projections.
