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title: "Les Bourses européennes progressent à peine, le repli du pétrole compense les craintes géopolitiques"
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description: "STOXX 600 à 660,10 points, CAC 40 en légère hausse : le recul du Brent sous 88,60 dollars compense les tensions autour du détroit d'Ormuz."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-08-13T07:34:35.885Z"
updatedAt: "2026-08-13T07:34:35.907Z"
readingTimeMinutes: 6
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# Les Bourses européennes progressent à peine, le repli du pétrole compense les craintes géopolitiques

> Le STOXX 600 gagne 0,09 % à 660,10 points ce 13 août, le CAC 40 0,11 % et le DAX 0,38 %. Le Brent recule sous 88,60 dollars après six séances de hausse, allégeant la pression inflationniste. Le détroit d'Ormuz reste fermé et l'AIE creuse son déficit à 1,8 million de barils par jour.

Les marchés d'actions européens avancent prudemment ce jeudi 13 août 2026. L'indice paneuropéen **STOXX 600** gagne 0,09 % à 660,10 points, restant à portée de ses records. À Paris, le **CAC 40** progresse de 0,11 % à 8 684,40 points, tandis que le DAX allemand avance de 0,38 % à 26 432,40 points.

Le moteur de cette stabilisation tient en un chiffre : le baril de Brent revient autour de 88,50 dollars, en baisse d'environ 0,5 % sur la séance, après six séances consécutives de hausse. Le brut américain WTI suit le même chemin, à près de 82,85 dollars. Ce reflux desserre l'étau inflationniste qui pèse sur les actions européennes depuis la reprise des hostilités au Proche-Orient.

## Un équilibre instable entre brut et risque géopolitique

La mécanique à l'oeuvre mérite d'être décomposée, car elle joue dans deux directions opposées. Un pétrole plus cher alimente l'inflation, durcit la perspective monétaire et comprime les marges des entreprises consommatrices d'énergie. Un pétrole qui reflue produit l'effet inverse et redonne de l'air aux valorisations.

Face à cela, l'inquiétude géopolitique reste entière. Le **détroit d'Ormuz** demeure fermé au trafic normal et les négociations entre Washington et Téhéran restent bloquées. Donald Trump a affirmé que les États-Unis exerçaient un « total control » sur ce passage stratégique, pendant que l'administration américaine s'oriente vers un durcissement des sanctions et un blocus naval visant les exportations pétrolières iraniennes.

Le résultat est une séance sans direction franche : les deux forces se neutralisent presque exactement, ce qui explique des indices qui progressent de quelques centièmes de point de pourcentage plutôt que de plusieurs dixièmes.

## L'AIE chiffre l'ampleur du choc d'offre

Le rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie, publié le 12 août, donne la mesure du déséquilibre physique du marché. L'agence parisienne attend désormais un **déficit de 1,8 million de barils par jour** sur le troisième trimestre 2026, contre environ 800 000 barils anticipés le mois précédent. Il s'agirait du déficit trimestriel le plus prononcé depuis le quatrième trimestre 2021.

L'offre mondiale devrait reculer de 4,3 millions de barils par jour cette année, soit près de 4 %, contre une prévision de 3,7 millions dans le rapport de juillet. L'AIE justifie cette révision sans détour :

> « Global oil supply has fallen well below demand due to the Strait of Hormuz shutdown, the U.S. blockade of Iranian exports, attacks within the Bab el-Mandeb Strait and reduced Kazakh CPC Blend exports. »
> 
> Agence internationale de l'énergie, rapport mensuel du 12 août 2026

Les chargements du Proche-Orient illustrent cette volatilité : remontés à 20 millions de barils par jour début juillet, un niveau comparable au trafic d'avant guerre, ils sont retombés à 12 millions en fin de mois. La production régionale accusait en juillet un retard de 8,3 millions de barils par jour sur son niveau d'avant conflit, contre 14 millions au pic de la crise.

La demande absorbe elle aussi le choc. L'AIE anticipe une **contraction de 1,6 million de barils par jour** de la consommation mondiale en 2026, contre environ 1 million estimé en juillet. Les prix élevés et la rareté des carburants raffinés pèsent, le naphta et le gazole étant les produits les plus touchés.

## Pourquoi les records tiennent malgré tout

La résistance des indices européens à proximité de leurs plus hauts historiques peut surprendre au regard de ce tableau énergétique. Elle s'explique par la solidité de la saison des résultats. Les investisseurs constatent que les entreprises cotées absorbent le choc mieux que les économies dans lesquelles elles opèrent.

Ipek Ozkardeskaya, analyste senior chez Swissquote, résumait cette dissociation cette semaine :

> « Looking at corporate earnings, neither the crisis (in Middle East), nor tariffs, nor overshooting chip prices have derailed companies from doing good business. »
> 
> Ipek Ozkardeskaya, analyste senior, Swissquote

Le bureau d'investissement d'UBS pousse le raisonnement plus loin et anticipe que « Europe's leading companies are delivering much stronger earnings growth than the regional economy », avec des profits des sociétés de la zone euro attendus en progression d'environ 25 % cumulés sur 2026 et 2027 après trois années de stagnation.

Kiran Ganesh, directeur général et responsable mondial de la communication d'investissement chez UBS, décrit pour sa part une phase d'attentisme :

> « Markets are really just in a period of digestion and wait-and-see. »
> 
> Kiran Ganesh, directeur général, UBS

## Le paramètre monétaire reste le vrai enjeu

Pour l'épargnant européen, l'essentiel se joue moins sur le baril que sur ce que le baril déclenche du côté des banques centrales. La **Banque centrale européenne** a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base le 11 juin 2026, sa première hausse depuis trois ans, portant le taux de la facilité de dépôt à 2,25 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %, avec effet au 17 juin. Elle a ensuite maintenu ces niveaux en juillet.

Les projections des services de l'Eurosystème publiées en juin tablent sur une inflation moyenne de 3,0 % en 2026, 2,3 % en 2027 puis 2,0 % en 2028. Christine Lagarde a prévenu que plus les prix de l'énergie resteraient élevés, plus ils risquaient de nourrir l'inflation sous-jacente par des effets indirects et de second tour. C'est précisément ce canal qu'un repli du brut vient tempérer.

Aux États-Unis, l'indice des prix à la consommation de juillet, publié le 12 août, est ressorti en hausse de 0,1 % sur un mois et de 3,4 % sur un an, contre 3,5 % en juin. L'inflation sous-jacente est revenue à 2,5 % sur un an après 0,2 % de progression mensuelle. Ces chiffres conformes aux attentes ont ramené à 42 % la probabilité d'un resserrement de la Réserve fédérale en septembre selon l'outil FedWatch du CME Group.

## Ce qu'il faut surveiller

Trois variables commandent la suite pour un portefeuille exposé aux actions européennes.

-   **La réouverture d'Ormuz.** Toute avancée crédible dans les discussions, y compris la piste omanaise de routes maritimes alternatives, ferait mécaniquement refluer la prime de risque intégrée dans le baril.
-   **La trajectoire des taux.** Un brut durablement plus bas réduit la pression sur la BCE et éloigne l'hypothèse d'un resserrement supplémentaire, un scénario favorable aux valorisations comme aux détenteurs d'obligations.
-   **La tenue des marges.** Les résultats publiés jusqu'ici valident la thèse de la résistance des entreprises. Un décrochage sur les trimestres suivants remettrait en cause le socle qui soutient les indices près de leurs records.

Le stock mondial observé est passé sous 7,9 milliards de barils en juillet pour la première fois depuis avril 2025, après 410 millions de barils de retraits cumulés depuis le début du conflit iranien. L'AIE anticipe toutefois un excédent d'offre de 4,61 millions de barils par jour en 2027, sous réserve d'une désescalade dans les prochains mois. Ce coussin, s'il se matérialise, changerait la donne pour les marchés d'actions du continent.

À court terme, la séance du 13 août rappelle surtout une chose : les indices européens tiennent leurs niveaux non par absence de risque, mais parce que deux risques de sens contraire s'annulent temporairement. Cet équilibre reste par nature réversible.
