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title: "Le pétrole flambe après deux attaques de pétroliers dans le détroit d'Ormuz"
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description: "Le Brent bondit de 3 % à 74,16 dollars après deux attaques de pétroliers près du détroit d'Ormuz. Washington révoque la licence de vente de brut de l'Iran."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-08T16:21:41.832Z"
updatedAt: "2026-07-08T16:21:41.850Z"
readingTimeMinutes: 4
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# Le pétrole flambe après deux attaques de pétroliers dans le détroit d'Ormuz

> Deux navires, un méthanier qatari et un supertanker saoudien, ont été frappés près du détroit d'Ormuz. Le Brent a bondi de 3 % à 74,16 dollars et s'est envolé vers 76 dollars, Washington ayant révoqué la licence de vente de brut accordée à l'Iran en juin.

Les cours du **pétrole** ont vivement rebondi après que deux navires ont été frappés dans la nuit de lundi à mardi à proximité du détroit d'Ormuz, remettant en cause la fragile trêve conclue fin juin entre Washington et Téhéran. Le méthanier qatari Al Rekayyat et le supertanker saoudien Wedyan ont été touchés par des missiles à environ 15 kilomètres au large d'Oman, à l'est de Limah, selon les autorités des deux pays.

## Deux pétroliers touchés à l'entrée du détroit

Le méthanier qatari Al Rekayyat a été atteint sur son flanc bâbord, déclenchant un incendie dans sa salle des machines. Le supertanker saoudien Wedyan a lui aussi été endommagé. Aucune victime ni pollution n'ont été signalées, l'ensemble des équipages étant décrit comme sain et sauf.

Doha et Riyad ont tenu Téhéran pour responsable. Majed Al Ansari, porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, a jugé que l'incident constituait une **attaque inacceptable contre la sûreté de la navigation maritime internationale** et une violation du droit international, l'Iran étant selon lui **pleinement responsable** des dommages et de leurs conséquences. La télévision d'État iranienne a affirmé que le navire qatari avait été visé après avoir ignoré des avertissements, sans revendiquer directement la frappe.

## Les cours du brut réagissent immédiatement

Le Brent, référence internationale, a clôturé en hausse de 3 % à 74,16 dollars le baril, tandis que le brut américain WTI a progressé de 2,8 % à 70,44 dollars. Dans les échanges qui ont suivi la confirmation des attaques, le Brent s'est envolé de plus de 5 % en séance électronique, approchant les 76 dollars le baril. Ces mouvements marquent un net revirement après le repli d'environ 30 % enregistré lors de l'annonce du cessez-le-feu le mois dernier.

Le détroit d'Ormuz concentre en temps normal près d'un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. Depuis le début du conflit, le trafic y a chuté : il représenterait désormais entre un tiers et un cinquième de son niveau d'avant-guerre.

> Le trafic dans le détroit reste opérationnel, mais fragmenté, les armateurs adoptant des stratégies de routage différentes selon leur propre évaluation du risque, résume Muyu Xu, analyste pétrole senior chez Kpler.

## Washington durcit le ton envers Téhéran

La Maison Blanche a révoqué la licence de vente de brut accordée à l'Iran en juin, dernière concession majeure obtenue par Téhéran dans le cadre du protocole d'accord conclu après le cessez-le-feu. Pour Brett Erickson, associé gérant chez Obsidian Risk Advisors, cette décision équivaut à **une destruction complète du protocole d'entente entre les États-Unis et l'Iran**. Il rappelle que les dérogations aux sanctions pétrolières constituaient **la seule concession notable** accordée à Téhéran.

Les pourparlers indirects entre les deux camps se sont achevés la semaine dernière sans progrès rendu public. La trêve de soixante jours, censée favoriser la diplomatie, avait été conclue fin juin, le président américain Donald Trump ayant averti que Washington obtiendrait un accord ou **finirait le travail**. Les frappes israélo-américaines qui ont ouvert le conflit remontent au 28 février 2026.

## Perspectives et arbitrages pour les investisseurs

Plusieurs économistes estiment que les deux parties conservent un intérêt à contenir l'escalade. Holger Schmieding, chef économiste chez Berenberg, souligne que le président américain souhaite des prix pétroliers bas, tandis que les Gardiens de la révolution à Téhéran convoitent les recettes que leur procurerait un allègement des sanctions. Cette convergence d'intérêts pourrait limiter la durée du choc.

Pour l'épargnant français, la remontée du brut ravive le risque inflationniste, à un moment où la Banque centrale européenne a déjà relevé son taux directeur à 2,25 % le 11 juin. Une flambée durable des prix de l'énergie pèserait sur le pouvoir d'achat et compliquerait la trajectoire de désinflation. Les valeurs pétrolières et parapétrolières, ainsi que les fonds exposés aux matières premières, figurent parmi les principaux bénéficiaires d'un tel contexte, à l'inverse des secteurs sensibles aux coûts énergétiques.

## Ce qu'il faut surveiller

La capacité des armateurs à maintenir le transit dans le détroit, l'issue des négociations nucléaires et la réponse de l'OPEP+ détermineront la trajectoire des cours dans les prochaines semaines. Une interruption prolongée du trafic à Ormuz constituerait, selon l'Agence internationale de l'énergie, l'une des plus importantes ruptures d'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier mondial.
