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title: "Le numéro deux de la BCE plaide pour des règles bancaires plus simples, sans baisse du capital"
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category: regulatory-updates
description: "Le numéro deux de la BCE, Boris Vujčić, rejette une baisse des exigences de fonds propres des banques et défend une simplification à capital constant."
keywords: [BCE Vujčić, exigences de fonds propres, simplification bancaire, coussins de capital, union bancaire, compétitivité des banques, EDIS, réglementation bancaire européenne]
tags: [bce, boris-vujcic, regulation-bancaire, fonds-propres, simplification, union-bancaire, edis, commission-europeenne, fbf, zone-euro]
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-10-02T11:41:41.252Z"
updatedAt: "2026-10-02T11:41:41.293Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Le numéro deux de la BCE plaide pour des règles bancaires plus simples, sans baisse du capital

> Boris Vujčić, numéro deux de la BCE, juge « très improbable » qu'une baisse des exigences de capital relance le crédit. Il défend des règles simplifiées à capital constant et mise sur l'union bancaire, avant les propositions de Bruxelles attendues début 2027.

**Boris Vujčić**, numéro deux de la Banque centrale européenne (BCE), a rejeté vendredi 2 octobre 2026 les demandes des banques en faveur d'un allègement de leurs exigences de fonds propres. Devant la dixième conférence annuelle du Comité européen du risque systémique (CERS, ESRB en anglais), réunie à Francfort pour les 15 ans de l'institution, il a défendu des règles **plus simples** à niveau de capital inchangé, et désigné l'intégration financière comme le véritable levier de compétitivité du secteur.

« Il est trop simpliste d'affirmer que les banques de l'UE peuvent devenir plus compétitives simplement en réduisant leurs exigences de capital », a déclaré Boris Vujčić, entré au directoire de la BCE le 1er juin 2026 en succédant à Luis de Guindos. Interrogé sur l'effet qu'aurait une baisse de ces exigences sur le crédit dans les conditions actuelles, il a répondu : « Je considère cela comme très improbable. »

## Un discours qui répond directement au lobby bancaire

Boris Vujčić a d'abord résumé la thèse de la profession : le cadre réglementaire européen pécherait par excès de prudence, les exigences de capital freineraient la distribution de crédit, et les abaisser rendrait les établissements plus compétitifs. En France, la **Fédération bancaire française** (FBF) a chiffré cette revendication le 20 avril 2026 : selon elle, les révisions proposées des règles de capital permettraient aux six plus grandes banques françaises de libérer plus de 1 300 milliards d'euros de capacité de financement, soit 110 milliards d'euros de fonds propres réorientés vers l'économie.

Le numéro deux de Francfort conteste ce raisonnement en revenant au point de départ. Il rappelle que le coût budgétaire médian d'une crise bancaire est estimé à environ **7 % du PIB** dans les économies avancées, sans compter les pertes durables de production, d'emploi et d'investissement. Si les banques étaient entrées dans la crise de 2008 avec les bilans d'aujourd'hui, estime le banquier central, la facture aurait été « considérablement plus faible ».

## Ce que la BCE propose de simplifier

Le dirigeant croate reconnaît toutefois que la conformité aux règles européennes est devenue « de plus en plus compliquée et coûteuse ». Il a rappelé les recommandations adoptées par le Conseil des gouverneurs en décembre 2025, qui nécessitent une intervention du législateur européen :

-   **Deux coussins de capital au lieu de quatre** : un coussin non mobilisable, fusion du coussin de conservation et du coussin pour établissements d'importance systémique ; un coussin mobilisable en période de crise, fusion du coussin contracyclique et du coussin pour risque systémique.
-   **Un ratio de levier allégé**, ramené de quatre éléments à deux : une exigence minimale de 3 % et un coussin unique.
-   **Une résolution harmonisée**, en rapprochant l'exigence européenne MREL (fonds propres et engagements éligibles) de la norme internationale TLAC applicable aux grandes banques systémiques, sans réduire les ressources mobilisables en cas de résolution.
-   **Un régime dédié aux petites banques**, nettement plus simple mais calibré de façon plus conservatrice afin de préserver leur solidité.

Côté supervision, la BCE a engagé ses propres chantiers : Boris Vujčić a indiqué que environ **40 documents d'orientation** sur plus de 100 seront supprimés.

## Des banques déjà rentables et bien capitalisées

L'argumentaire repose sur les chiffres du secteur. Le ratio médian de fonds propres de base (Tier 1) des banques de la zone euro a plus que doublé, passant d'environ 8 % en 2009 à plus de 16 % aujourd'hui. Leur rentabilité des fonds propres atteint des sommets historiques, et le ratio moyen entre cours de Bourse et valeur comptable avoisine 1,5, alors qu'il est longtemps resté sous 1. Les comptes du deuxième trimestre 2026 confirment selon lui une nouvelle amélioration de la rentabilité, portée par le rebond de la marge d'intérêt et des commissions.

Les bénéfices mis en réserve ont été le principal moteur de l'accumulation de capital ces dernières années, et l'excédent de capital des banques par rapport à leurs exigences réglementaires a continué de croître. Pour Boris Vujčić, le capital réglementaire n'est « pas actuellement » un facteur limitant pour le crédit. L'enquête de la BCE sur la distribution du crédit va dans le même sens : les banques attribuent le durcissement de leurs conditions d'octroi à la perception du risque et à l'incertitude économique plutôt qu'à leur situation en capital, tandis que la demande de prêts reste atone.

Il cite aussi la crise sanitaire : les banques les mieux capitalisées ont alors davantage prêté que les autres, et les établissements de la zone euro ont traversé sans dommage les turbulences de 2023 liées à la chute de plusieurs banques régionales américaines et de Credit Suisse.

## L'intégration, « l'outil le plus puissant »

Selon Boris Vujčić, la faiblesse des banques européennes tient à leur taille. Les prêts transfrontaliers aux entreprises au sein de la zone euro ne représentent qu'environ **16 %** du crédit aux sociétés, moins que les prêts accordés à des entreprises situées hors de la zone, principalement américaines et britanniques (environ 20 %). La concentration du secteur s'est faite surtout par des fusions nationales.

Il appelle donc à achever l'union bancaire en créant le **système européen d'assurance des dépôts** (EDIS), qu'il qualifie de « pilier manquant », et à progresser vers l'union des marchés de capitaux. Il pointe les 27 régimes de retenue à la source auxquels se heurtent les investisseurs transfrontaliers, la divergence des droits de l'insolvabilité, et plaide pour des régimes de retraite par capitalisation plus développés en Europe afin d'élargir la base d'investisseurs.

## Un débat ouvert jusqu'aux propositions de 2027

L'intervention s'inscrit dans le chantier lancé par la Commission européenne, qui a adopté le 17 juillet 2026 sa communication sur la compétitivité du secteur bancaire et le marché unique dans la banque. Bruxelles y envisage notamment d'assouplir les exigences de capital et de liquidité au sein des groupes transfrontaliers et de clarifier le traitement des crédits immobiliers et des entreprises non notées. Les propositions législatives sont attendues au **premier trimestre 2027**. La BCE dit accueillir favorablement l'initiative, tout en répétant que la simplification « ne doit pas affaiblir la résilience ».

Les défenseurs d'une régulation stricte partagent cette ligne. Le jour de la publication de la communication, l'ONG Finance Watch estimait que Bruxelles posait le bon diagnostic mais proposait le mauvais remède. « Réduire les exigences de capital donnerait aux banques une marge ponctuelle sur leur bilan. Mais cela ne signifie pas davantage d'investissement productif dans l'économie », avait alors déclaré Julia Symon, sa responsable de la recherche et du plaidoyer.

## Ce que cela change pour les épargnants

Pour les déposants, la position de la BCE plaide pour le maintien de banques solidement capitalisées, première protection de l'épargne laissée sur les comptes. En l'absence d'assurance européenne des dépôts, la garantie reste nationale : en France, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) couvre jusqu'à 100 000 euros par déposant et par établissement. Pour les actionnaires des banques, Boris Vujčić souligne que l'amélioration des performances s'est déjà traduite par des dividendes plus élevés, tout en renforçant les fonds propres grâce aux bénéfices mis en réserve.

Les prochains jalons sont connus : la préparation des textes par la Commission d'ici le premier trimestre 2027, puis les négociations avec le Parlement européen et les États membres, où l'arbitrage entre compétitivité et solidité des bilans se jouera.

## Sources

-   [BCE : discours de Boris Vujčić, « Resilience, integration and competitiveness: building the future of European banking », 2 octobre 2026](https://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2026/html/ecb.sp261002_1~419efe18e0.en.html)
-   [BCE : recommandations de simplification du cadre prudentiel, décembre 2025](https://www.ecb.europa.eu/press/pr/date/2025/html/ecb.pr251211~aa5c9271b8.en.html)
-   [Conseil européen : nomination de Boris Vujčić, 19 mars 2026](https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2026/03/19/european-council-appoints-boris-vujcic-as-vice-president-of-the-european-central-bank/)
-   [Commission européenne : communication sur la compétitivité du secteur bancaire, 17 juillet 2026](https://finance.ec.europa.eu/document/download/ffc0d009-f49c-4b79-b100-93a2cd7a27eb_en?filename=260717-banking-sector-competitiveness-communication_en.pdf)
-   [Fédération bancaire française, 20 avril 2026](https://www.fbf.fr/en/restoring-banking-competitiveness-to-increase-the-eus-financing-capacity/)
-   [Finance Watch, 17 juillet 2026](https://www.finance-watch.org/press/eu-banking-competitiveness-report-right-diagnosis-wrong-remedy/)
