---
title: "LDDS : 960 millions d'euros retirés au premier semestre 2026"
slug: ldds-960-millions-deuros-retires-au-premier-semestre-2026
category: funds-investments
description: "Le LDDS a perdu 960 millions d'euros au premier semestre 2026, selon la Caisse des Dépôts. Décryptage avant la hausse du taux à 1,70 % le 1er août."
keywords: [LDDS, livret de développement durable et solidaire, taux LDDS 2026, décollecte livret A, épargne réglementée, plafond LDDS 12 000 euros, Caisse des Dépôts collecte juin 2026, financement transition énergétique, économie sociale et solidaire, "taux 1,70 % 1er août 2026"]
tags: [ldds, livret-a, epargne-reglementee, caisse-des-depots, banque-de-france, transition-energetique, economie-sociale-solidaire, taux-epargne, decollecte, fonds-epargne]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/ldds-960-millions-deuros-retires-au-premier-semestre-2026"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-26T09:10:30.839Z"
updatedAt: "2026-07-26T09:10:30.859Z"
readingTimeMinutes: 7
---
# LDDS : 960 millions d'euros retirés au premier semestre 2026

> Le livret de développement durable et solidaire a enregistré 960 millions d'euros de retraits nets au premier semestre 2026, selon la Caisse des Dépôts. Une rupture après dix années de collecte positive, à quelques jours du passage du taux à 1,70 %.

La Caisse des Dépôts a publié le 22 juillet 2026 les flux d'épargne réglementée du mois de juin, et le verdict ne concerne pas seulement le Livret A. Le livret de développement durable et solidaire (LDDS) a enregistré 250 millions d'euros de retraits nets sur le seul mois de juin. Sur l'ensemble du premier semestre, sa décollecte atteint 960 millions d'euros. Le Livret A, lui, affiche 5,93 milliards de sorties nettes sur la même période, portant le total des deux livrets à 6,89 milliards d'euros.

L'encours cumulé du Livret A et du LDDS s'établit à 608,3 milliards d'euros au 30 juin 2026, dont 164,7 milliards pour le seul LDDS. Le livret d'épargne populaire (LEP), soumis à conditions de ressources, a de son côté perdu 100 millions d'euros en juin, pour un encours de 83,5 milliards.

## Dix années de collecte positive interrompues

Le décrochage est plus significatif pour le LDDS que ne le suggère son montant. Selon les séries annuelles de la Caisse des Dépôts, le livret avait engrangé 1,65 milliard d'euros de collecte nette sur l'ensemble de l'année 2025, et 6,55 milliards en 2024. Il faut remonter à 2016 pour retrouver une année de flux nets négatifs, avec 660 millions de retraits. Autrement dit, la seule décollecte du premier semestre 2026 dépasse déjà l'ampleur du dernier exercice déficitaire du produit.

Le rythme mensuel montre une dégradation progressive plutôt qu'un accident. Après un mois de janvier à 400 millions de retraits, le LDDS avait retrouvé l'équilibre en février puis un léger excédent en mars. Les trois mois suivants ont été négatifs sans interruption : 250 millions en avril, 140 millions en mai, 250 millions en juin.

Cette érosion s'explique d'abord par la rémunération. Le taux du LDDS, aligné réglementairement sur celui du Livret A, est tombé à 1,50 % le 1er février 2026 en application de l'arrêté du 28 janvier 2026, après avoir culminé à 3 % en 2023. Sur la même période, la hausse des prix à la consommation est restée à 1,8 % sur un an en juin selon l'Insee, ce qui place le rendement réel du livret en territoire négatif.

## Un placement dont la vocation dépasse le rendement

Le [livret de développement durable et solidaire](https://www.france-epargne.fr/products/epargne-reglementee/ldds-livret-developpement-durable-et-solidaire) se distingue du Livret A par un plafond nettement plus bas, fixé à 12 000 euros depuis le 1er octobre 2012, et par la possibilité d'affecter une partie de son encours à un don au profit d'entreprises de l'économie sociale et solidaire (ESS).

Sa véritable spécificité tient à l'emploi des fonds. Comme pour le Livret A, 59,5 % de l'encours est centralisé au Fonds d'épargne de la Caisse des Dépôts depuis 2013, où il finance le logement social, la politique de la ville et la transition écologique. Les dépôts centralisés atteignaient 407 milliards fin 2025 et ont permis de financer 46,5 milliards de prêts sur l'année, pour un encours total de 243 milliards.

Les 291 milliards d'euros restés au bilan des banques obéissent à des règles d'emploi précises. L'arrêté du 4 décembre 2008 impose que 80 % de ces fonds non centralisés aillent au financement des petites et moyennes entreprises, et qu'au moins 10 % soient consacrés à la transition énergétique ou à la réduction de l'empreinte climatique. L'arrêté du 10 juin 2020 y a ajouté un plancher de 5 % pour l'économie sociale et solidaire.

## Les seuils réglementaires restent largement dépassés

Le rapport annuel sur l'épargne réglementée, publié par la Banque de France le 15 juillet 2026, permet de mesurer l'écart entre ces minimums et la réalité. Le ratio des crédits aux PME rapportés à l'encours non centralisé des livrets A et LDDS ressort à 254 % en 2025, très au dessus des 80 % exigés. Les flux de nouveaux crédits aux PME ont atteint 134 milliards sur l'année, en progression de 9 %.

Le volet environnemental affiche également des montants sans rapport avec le seuil de 10 %. Fin 2025, l'encours des prêts finançant des logements aux normes RT2012 ou RE2020 s'élevait à près de 219 milliards d'euros chez les établissements distribuant de l'épargne réglementée, dont 60 milliards pour la seule norme RE2020, en hausse de 22 % sur un an. Les prêts destinés aux travaux d'économie d'énergie dans les bâtiments anciens représentaient 35 milliards, en progression de 21 %.

Du côté solidaire, les crédits aux entreprises de l'ESS atteignaient 43,8 milliards en décembre 2025, soit 17,6 % de l'encours non centralisé, pour un flux annuel de 8,6 milliards. La progression de 6,1 % marque toutefois un ralentissement par rapport aux 11,8 % de l'année précédente. Un mécanisme reste marginal : les dons volontaires effectués par les détenteurs de LDDS vers des entreprises de l'ESS ont totalisé 3,1 millions d'euros en 2025.

## Un livret détenu par un Français sur deux

Le même rapport dresse un portrait précis du produit. Au 31 décembre 2025, le nombre de LDDS s'élevait à 27 millions, soit 500 000 livrets supplémentaires en un an, pour un encours de 165 milliards d'euros. Le taux de détention dans la population majeure est resté stable à 48,5 %, très en retrait des 83 % du Livret A.

L'encours moyen progresse sans discontinuer depuis 2009 et atteint 6 174 euros. Plus de 8 millions de livrets ont atteint le plafond de 12 000 euros, soit 31 % du total, et ces seuls livrets concentrent 65 % des encours. La structure de détention vieillit : la part des plus de 65 ans a gagné 9 points en nombre et 11 points en encours depuis 2008, tandis que celle des 25 à 45 ans a reculé de 8 points.

## La hausse du 1er août suffira t elle ?

Roland Lescure, ministre de l'Économie et des Finances, a annoncé le 15 juillet 2026 le relèvement du taux à 1,70 % au 1er août, sur proposition du gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin. « Face à l'inflation contenue mais réelle, et aux incertitudes liées à la crise au Moyen-Orient, j'ai décidé de relever le taux du Livret A à 1,7 % », a déclaré le ministre. Le LDDS suit automatiquement, tandis que le LEP reste à 2,50 %.

La revalorisation reste modeste rapportée aux alternatives. Sur un LDDS au plafond, le gain annuel supplémentaire s'établit à 24 euros. Les fonds en euros de l'assurance vie ont servi en moyenne 2,63 % au titre de 2025, un écart qui explique une partie des arbitrages observés depuis l'automne dernier.

Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne, se montre mesuré sur l'ampleur du rebond attendu. « En règle générale, une revalorisation du taux conduit à un rebond de la collecte », estime l'économiste, tout en jugeant que celui ci pourrait rester limité au vu de la dynamique du semestre.

## Ce qu'il faut surveiller

-   Les chiffres de collecte de juillet et août, que la Caisse des Dépôts publiera fin août et fin septembre, diront si la revalorisation inverse la tendance ou seulement la freine.
-   La trajectoire de l'inflation, seule variable capable de justifier une nouvelle révision au 1er février 2027, la formule combinant hausse des prix et taux interbancaires à court terme.
-   Le comportement des livrets au plafond, qui concentrent 65 % de l'encours du LDDS et constituent le gisement le plus mobile en cas d'arbitrage vers l'assurance vie.
-   L'évolution des ratios d'emploi publiés par les banques, dont les marges actuelles absorbent sans difficulté une contraction des dépôts de l'ampleur observée.

À ce stade, la décollecte du LDDS ne menace pas le financement de la transition énergétique ni celui de l'économie sociale et solidaire : les encours de crédits concernés dépassent de très loin les obligations réglementaires, et l'encours global du livret n'a reculé que de 0,9 milliard d'euros en six mois, soit moins de 0,6 % de son total. Le signal porte davantage sur le comportement des épargnants que sur la solidité du circuit de financement.
