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title: "L'Allemagne prépare une retraite par capitalisation inspirée du modèle suédois"
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category: macro-economics
description: "La commission allemande sur les retraites propose une cotisation investie sur les marchés, façon Suède, pour viser un niveau de pension de 50 % en 2050."
keywords: [retraite allemagne, capitalisation, modele suedois, rentenkommission, friedrich merz, niveau de pension, marches financiers, reforme retraite]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/lallemagne-prepare-une-retraite-par-capitalisation-inspiree-du-modele-suedois"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-21T17:34:15.646Z"
updatedAt: "2026-06-21T17:34:15.660Z"
readingTimeMinutes: 5
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# L'Allemagne prépare une retraite par capitalisation inspirée du modèle suédois

> La commission allemande sur les retraites remet à Friedrich Merz et Bärbel Bas un rapport de 30 recommandations. Au cœur du texte : une cotisation supplémentaire investie sur les marchés, calquée sur le système suédois, pour viser un niveau de pension de 50 % à l'horizon 2050.

La réforme des retraites allemande franchit une étape décisive. La commission d'experts mandatée par le gouvernement, la **Alterssicherungskommission**, a finalisé un rapport de 30 recommandations dont les grandes lignes circulent avant sa remise officielle au chancelier Friedrich Merz (CDU) et à la ministre du Travail Bärbel Bas (SPD), prévue mardi 23 juin 2026. La nouveauté centrale : adosser au régime public par répartition un **pilier de capitalisation** calqué sur le modèle suédois.

## Une cotisation obligatoire investie sur les marchés

Les treize membres de la commission proposent que les cotisants versent un montant supplémentaire placé sur les marchés financiers. Le dispositif démarrerait à **1 % du salaire brut**, avant de monter à 2 %, réparti à parts égales entre employeur et salarié. Ces sommes alimenteraient des comptes individuels gérés par un fonds public par défaut et des fonds privés agréés, sur le modèle de la prime de retraite suédoise (premiepension).

En Suède, 18,5 % du revenu sont consacrés à la retraite, dont 2,5 points dédiés à cette poche de capitalisation. Les épargnants qui ne font aucun choix actif sont orientés vers le fonds public par défaut AP7 Såfa, qui combine actions et obligations selon une logique de cycle de vie, avec une part d'actions plus élevée pour les jeunes actifs. Ce fonds a délivré près de **11 % de rendement annuel moyen entre 2000 et 2025**, pour des frais de gestion de 0,05 %.

## Les faits clés du rapport

-   Treize membres, coprésidés par **Frank-Jürgen Weise**, ancien dirigeant de l'Agence fédérale pour l'emploi, et la professeure de droit social Constanze Janda.
-   Trente recommandations adoptées à l'unanimité et présentées comme un ensemble indivisible, et non comme un menu d'options.
-   Objectif affiché : porter le niveau de pension à **50 % à l'horizon 2050**, grâce au rendement du pilier de capitalisation.
-   Niveau de pension maintenu à 48 % jusqu'en 2031, avant un léger recul à mesure que le facteur de soutenabilité est réactivé.

## Élargir le cercle des cotisants

Le rapport recommande d'intégrer au régime légal des catégories aujourd'hui dispensées d'affiliation obligatoire : les **travailleurs indépendants**, les députés et les membres de directoire des sociétés par actions. Pour les indépendants déjà couverts par une prévoyance privée, la commission étudie une clause de sortie (opt-out).

Les **fonctionnaires** ne seraient pas concernés dans un premier temps, mais les experts préconisent d'aligner l'évolution de leurs pensions sur celle du régime général. Cette extension de l'assiette vise à élargir la base de financement face au défi démographique.

## Âge de départ et fin de la retraite à 63 ans

La commission propose d'indexer l'âge de départ sur l'espérance de vie selon un ratio de deux pour un : chaque année d'espérance de vie gagnée se traduirait par huit mois de travail supplémentaires et quatre mois de retraite en plus. Sur la trajectoire actuelle, le départ glisserait d'environ six mois par décennie, l'âge de 69 ans n'étant atteint qu'aux alentours de 2071.

Le rapport recommande par ailleurs de **supprimer le départ anticipé à 63 ans**, jugé coûteux pour les caisses et facteur de pénurie de main d'œuvre qualifiée.

## Un débat politique encore ouvert

Friedrich Merz défend de longue date un renforcement des piliers de capitalisation. Il estime que la pension légale doit assurer une **sécurité de base** plutôt que le maintien du niveau de vie. Le SPD, partenaire de coalition, refuse pour sa part tout rétrécissement du régime public, qu'il veut « durablement fiable », tout en se disant ouvert au développement d'instruments de retraite par capitalisation.

> « Nous voulons réformer notre pays pour que les générations suivantes aient elles aussi la chance de vivre en liberté », a déclaré le chancelier Friedrich Merz au sujet du chantier des retraites.

L'unanimité des treize membres, parmi lesquels des parlementaires CDU, CSU et SPD, donne au texte un poids politique réel, même si sa traduction législative reste à négocier au sein de la coalition.

## Ce que cela change pour les épargnants

L'Allemagne s'engage sur la voie déjà empruntée par la Suède et explorée ailleurs en Europe : faire cohabiter répartition et capitalisation collective. Pour l'épargnant français, le parallèle est immédiat avec le **plan d'épargne retraite** (PER) et le débat récurrent sur la place des actions dans la préparation de la retraite. La réussite supposée du fonds suédois AP7 nourrit l'argumentaire des partisans d'une exposition longue aux marchés, tandis que ses détracteurs rappellent la volatilité inhérente à ce type de placement.

## Ce qu'il faut surveiller

-   La remise officielle du rapport mardi 23 juin et les premières réactions de la coalition.
-   Le calendrier de transposition législative et le sort réservé au pilier de capitalisation, point le plus disputé entre CDU et SPD.
-   Les modalités de gestion : architecture du fonds public par défaut, plafonnement des frais et liste des fonds privés agréés.

Le passage du rapport d'experts à la loi déterminera l'ampleur réelle de ce virage. Les épargnants soucieux de préparer leur retraite peuvent dès aujourd'hui comparer les solutions disponibles avec notre [simulateur](https://www.france-epargne.fr/simulateur) ou solliciter un accompagnement personnalisé via notre page [contact](https://www.france-epargne.fr/contact).
