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title: "La RBA vers sa première pause de 2026 alors que les paris sur une nouvelle hausse s'effacent"
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description: "La RBA devrait maintenir son taux à 4,35 % le 16 juin, sa première pause de 2026, après la flambée du chômage à 4,5 %. Analyse pour les épargnants."
keywords: [taux RBA, "Banque de réserve d'Australie", pause taux 2026, "cash rate 4,35 %", chômage Australie, Michele Bullock, politique monétaire australienne, inflation Australie]
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-14T21:58:30.019Z"
updatedAt: "2026-06-14T21:58:30.037Z"
readingTimeMinutes: 5
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# La RBA vers sa première pause de 2026 alors que les paris sur une nouvelle hausse s'effacent

> La Banque de réserve d'Australie devrait laisser son taux directeur inchangé à 4,35 % le 16 juin, sa première pause de l'année. La flambée du chômage à 4,5 % en avril a refroidi les paris des marchés sur un quatrième tour de vis.

La **Banque de réserve d'Australie** (RBA) s'apprête à interrompre son cycle de resserrement le 16 juin 2026, après trois hausses consécutives qui ont porté le taux directeur à 4,35 %. Les opérateurs de marché, qui pariaient encore récemment sur un quatrième relèvement, révisent désormais leurs anticipations à la baisse. Le déclencheur tient en un chiffre : un taux de chômage qui a bondi à 4,5 % en avril, son plus haut niveau depuis novembre 2021.

## Un revirement dicté par le marché du travail

Le chiffre de l'emploi publié le 21 mai par le Bureau australien de statistiques (ABS) a surpris par son ampleur. Le taux de chômage est passé de 4,3 % à **4,5 %** en avril, alors que le consensus tablait sur une stabilité. L'économie a détruit 19 000 postes sur le mois, dont 11 000 emplois à temps plein, tandis que le nombre de demandeurs d'emploi grimpait de 33 000 pour atteindre 692 500 personnes.

Cette détérioration plus rapide que prévu a immédiatement pesé sur les anticipations monétaires. Les traders ont réduit leurs paris sur une poursuite du resserrement, jugeant que le marché du travail se refroidissait désormais de lui-même. Le taux de sous-emploi est resté quasiment stable à 5,8 %, mais la dynamique d'ensemble traduit un essoufflement de la demande de main d'œuvre.

## Le chemin parcouru depuis février

L'Australie occupe une position singulière dans le paysage monétaire mondial. Première grande banque centrale à inverser la tendance après le cycle d'assouplissement, la RBA a relevé son taux dès février 2026, puis de nouveau en mars et en mai, chaque fois de 25 points de base. Ce mouvement a été motivé par une inflation revenue à **4,6 %**, alimentée notamment par la flambée des prix de l'énergie liée aux tensions au Moyen Orient.

La troisième hausse, en mai, a porté le coût du crédit à un niveau jugé suffisamment restrictif par le conseil de politique monétaire. Le communiqué et la conférence de presse de la gouverneure **Michele Bullock** ont laissé entendre que les taux étaient désormais assez élevés pour offrir au conseil la marge nécessaire à une pause d'observation.

> Les signes que la dernière hausse affecte déjà l'économie plaident pour un maintien lors des prochaines réunions, estiment la plupart des économistes interrogés.

## Un consensus écrasant pour le statu quo

Le verdict des prévisionnistes ne souffre guère d'ambiguïté. Selon une enquête menée auprès des économistes du marché, environ 97 % d'entre eux anticipent un maintien du taux à 4,35 % le 16 juin. Seuls 3 % misent encore sur une nouvelle hausse, en s'appuyant sur une inflation toujours supérieure à la cible et sur le risque d'un ancrage des anticipations de prix.

Les économistes de la Commonwealth Bank maintiennent leur scénario central d'un taux figé pour le reste de l'année 2026, le temps que les trois relèvements diffusent pleinement leurs effets dans l'économie réelle. La National Australia Bank est allée plus loin : elle a retiré sa prévision d'une hausse en août et juge désormais que le prochain mouvement du taux directeur sera plutôt orienté à la baisse, sans en préciser le calendrier.

## Les voix discordantes subsistent

Le consensus n'est pas total pour autant. Westpac campe sur une position plus restrictive et continue d'anticiper deux relèvements supplémentaires en 2026, avant un éventuel pivot vers des baisses qui n'interviendrait pas avant 2028. Cette divergence illustre l'incertitude qui entoure la trajectoire des prix, dans un contexte où le conflit au Moyen Orient continue de peser sur le marché de l'énergie.

La RBA elle même a maintenu une approche strictement dépendante des données. Le conseil a répété qu'il resterait attentif à l'évolution de l'économie mondiale, des marchés financiers, de la demande intérieure et des perspectives d'inflation et d'emploi. Une pause en juin ne fermerait donc pas la porte à un nouveau geste si les pressions inflationnistes venaient à se raviver.

## Ce que cela signifie pour les épargnants

Pour les investisseurs français, le cas australien dépasse largement les frontières du Pacifique. Il rappelle qu'aucune trajectoire de taux n'est linéaire et que les banques centrales peuvent suspendre leur action sans préjuger de la suite. À l'heure où la Banque centrale européenne a elle même relevé ses taux le 11 juin, la divergence des cycles monétaires mondiaux nourrit la volatilité sur les marchés obligataires et de change.

Cette configuration invite à la diversification et à une lecture attentive du couple rendement risque. Les arbitrages entre placements sécurisés et supports plus dynamiques gagnent à être pensés à l'échelle internationale, sans se limiter au seul horizon européen.

## Ce qu'il faut surveiller

-   La décision du conseil de politique monétaire de la RBA le 16 juin 2026 et le ton du communiqué.
-   La prochaine publication de l'inflation australienne, déterminante pour valider ou invalider la pause.
-   L'évolution du marché du travail après le choc d'avril, et notamment la confirmation du retournement de l'emploi.
-   Les prix de l'énergie, sensibles aux tensions géopolitiques, qui restent le principal aléa haussier sur les prix.

La réunion du 16 juin marquera ainsi un tournant de méthode plus que de cap. En passant du resserrement à l'observation, la RBA entre dans une phase où chaque donnée comptera double, sous le regard attentif des marchés mondiaux.
