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title: "La BCE relève ses taux à 2,25 % : première hausse depuis 2023 face au choc énergétique"
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description: "La BCE relève ses taux directeurs de 25 points de base le 11 juin. Le taux de dépôt passe à 2,25 %, première hausse depuis 2023 face au choc énergétique."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-11T12:22:01.244Z"
updatedAt: "2026-06-11T12:22:01.267Z"
readingTimeMinutes: 5
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# La BCE relève ses taux à 2,25 % : première hausse depuis 2023 face au choc énergétique

> La Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base ce 11 juin. Le taux de dépôt passe à 2,25 %, première hausse depuis septembre 2023. La flambée énergétique liée au conflit iranien a poussé l'inflation à 3,2 % en mai.

La **Banque centrale européenne (BCE)** a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base à l'issue de sa réunion du 11 juin 2026, mettant fin à près de trois ans sans resserrement monétaire. Le **taux de la facilité de dépôt**, principal instrument de pilotage, passe de 2,00 % à 2,25 %. Le taux des opérations principales de refinancement s'établit désormais à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. Les nouveaux taux entreront en vigueur le 17 juin.

Il s'agit de la **première hausse depuis septembre 2023**, après une longue séquence de baisses qui avait ramené le taux de dépôt de 4,00 % à 2,00 %. Le Conseil des gouverneurs réuni à Francfort rompt ainsi avec le cycle d'assouplissement entamé mi 2024, sous la pression d'une inflation ravivée par la flambée des prix de l'énergie.

## Un choc énergétique qui rebat les cartes

La décision répond directement à la remontée de l'inflation dans la zone euro. L'indice des prix à la consommation harmonisé a atteint **3,2 % sur un an en mai 2026**, contre 3,0 % en avril, porté par une envolée des prix de l'énergie de 10,9 % sur douze mois. Cette accélération découle de la guerre en Iran et des perturbations sur les routes maritimes du Moyen Orient, qui ont propulsé le baril vers 106 dollars pour la livraison de juillet, soit une progression d'environ 22 % en quelques semaines.

La zone euro, importatrice nette d'énergie, se montre particulièrement vulnérable à ce renchérissement. Plus préoccupant pour la BCE, l'inflation sous jacente, qui exclut l'énergie et l'alimentation, est elle aussi remontée à 2,5 % en mai, tirée par les services dont les prix progressent de 3,5 % sur un an. Ces chiffres alimentent la crainte d'effets de second tour, c'est à dire une diffusion durable du choc énergétique aux salaires et aux autres prix.

> « Nous ne pouvons plus ignorer ce choc. Le risque de désancrage des anticipations d'inflation augmente », a averti Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE.

## Les faits clés de la décision

-   **Taux de dépôt :** relevé de 2,00 % à 2,25 % (+25 points de base)
-   **Opérations principales de refinancement :** 2,40 %
-   **Facilité de prêt marginal :** 2,65 %
-   **Entrée en vigueur :** 17 juin 2026
-   **Première hausse depuis :** septembre 2023
-   **Moteur principal :** choc énergétique et inflation des services

## Des projections révisées dans un sens défavorable

Les nouvelles projections du personnel de la BCE traduisent un environnement plus difficile. La prévision d'inflation pour 2026 a été relevée autour de 2,9 % sur un an, contre 2,6 % anticipés en mars. Pour 2027, la projection passe à 2,2 %, soit au dessus de l'objectif de 2 %. L'inflation sous jacente attendue pour 2026 grimpe à 2,5 %.

Dans le même temps, les perspectives de croissance ont été abaissées. Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro ne progresserait plus que de 0,6 % en 2026, contre 0,9 % auparavant, le coût élevé de l'énergie pesant sur l'activité. La BCE se trouve face à un dilemme classique : combattre l'inflation sans précipiter une économie déjà atone vers la récession.

## Quelle trajectoire pour les prochains mois

La grande inconnue porte sur la suite du cycle. Les marchés restent partagés sur l'ampleur du resserrement à venir. Certains intervenants anticipent un seul relèvement supplémentaire d'ici la fin de l'année, tandis que d'autres en intègrent jusqu'à trois, ce qui porterait le taux de dépôt vers 2,50 % voire au delà.

Christine Lagarde, présidente de la BCE, était attendue pour préserver toute sa marge de manœuvre lors de sa conférence de presse, sans s'engager sur un calendrier précis. Les analystes tablaient sur un ton prudemment restrictif, reconnaissant les risques haussiers sur les prix tout en évitant de préempter les décisions estivales.

> « Par rapport à mars, nous nous attendons à ce que le personnel de la BCE révise à la baisse ses projections de croissance pour 2026 et 2027, et relève ses projections d'inflation, ce qui reflète un choc énergétique plus persistant », analyse Sven Jari Stehn, économiste en chef pour l'Europe chez Goldman Sachs.

## Ce que cela change pour les épargnants français

Pour les détenteurs de capital, ce revirement monétaire a des conséquences concrètes. La remontée des taux directeurs soutient le rendement des placements monétaires et obligataires. Les fonds en euros de l'assurance vie, investis majoritairement en obligations, bénéficient mécaniquement de taux de réinvestissement plus élevés, ce qui pourrait soutenir leur rémunération dans la durée.

Côté crédit, l'effet joue en sens inverse. Le renchérissement du loyer de l'argent tend à pousser les taux des nouveaux emprunts immobiliers à la hausse, après une période de détente. Les ménages ayant un projet d'acquisition surveilleront de près l'évolution des barèmes bancaires dans les semaines à venir.

Quant au **Livret A**, fixé à 1,5 % depuis le 1er février 2026, sa rémunération dépend d'une formule qui combine inflation et taux monétaires. Une inflation plus élevée et des taux courts en hausse plaident pour une révision favorable lors du prochain rendez vous de calcul, sans garantie toutefois compte tenu des arbitrages politiques qui entourent ce produit.

## Ce qu'il faut surveiller

-   Le ton de Christine Lagarde sur la suite du cycle de resserrement
-   La trajectoire des prix de l'énergie et l'évolution du conflit au Moyen Orient
-   Les chiffres d'inflation de juin, attendus début juillet
-   La réaction des taux d'emprunt immobilier et des fonds en euros
-   L'éventuel passage du taux de dépôt à 2,50 % d'ici fin 2026

La BCE entre dans une phase délicate où chaque réunion sera scrutée. Après avoir longtemps lutté contre une inflation trop basse, puis trop haute, l'institution de Francfort doit désormais composer avec un choc d'offre venu de l'extérieur, le plus difficile à traiter pour une banque centrale.
