---
title: "La BCE laisse ses taux inchangés à 2,25 % mais garde la porte ouverte à une hausse en septembre"
slug: la-bce-laisse-ses-taux-inchanges-a-225-mais-garde-la-porte-ouverte-a-une-hausse-en-septembre
category: central-banks
description: "La BCE maintient son taux de dépôt à 2,25 % le 23 juillet mais laisse la porte ouverte à une nouvelle hausse en septembre. Analyse et impact pour votre épargne."
keywords: [taux BCE, politique monétaire européenne, "taux de dépôt 2,25", inflation zone euro, Christine Lagarde, hausse de taux septembre, banque centrale européenne, euro dollar]
tags: [bce, taux-directeurs, politique-monetaire, christine-lagarde, inflation, zone-euro, taux-de-depot, euro]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/la-bce-laisse-ses-taux-inchanges-a-225-mais-garde-la-porte-ouverte-a-une-hausse-en-septembre"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-23T12:43:18.688Z"
updatedAt: "2026-07-23T12:43:18.706Z"
readingTimeMinutes: 5
---
# La BCE laisse ses taux inchangés à 2,25 % mais garde la porte ouverte à une hausse en septembre

> La Banque centrale européenne a maintenu son taux de dépôt à 2,25 % le 23 juillet, six semaines après sa première hausse depuis 2023. Christine Lagarde conserve une approche réunion par réunion, laissant les marchés anticiper un nouveau relèvement dès septembre.

La **Banque centrale européenne** a maintenu ses trois taux directeurs inchangés le jeudi 23 juillet 2026, à l'issue de la réunion de son Conseil des gouverneurs. Le **taux de la facilité de dépôt** reste fixé à 2,25 %, le taux de refinancement principal à 2,40 % et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. Cette pause intervient six semaines seulement après le tournant du 11 juin, lorsque l'institution de Francfort avait relevé ses taux de 25 points de base, sa première hausse depuis 2023.

La décision était largement anticipée par les marchés, qui l'avaient intégrée à près de 95 % dans leurs prix. Loin de refermer le cycle de resserrement, le Conseil des gouverneurs a pris soin de laisser toutes les options ouvertes. Le communiqué réaffirme une approche fondée sur les données, décidée réunion par réunion, sans engagement sur une trajectoire de taux prédéterminée.

## Une pause de calendrier autant que de conviction

La raison structurelle de ce statu quo tient au calendrier de la BCE. Juillet est une réunion sans projections : l'institution ne publie ses prévisions macroéconomiques actualisées qu'en mars, juin, septembre et décembre. Sans nouvelles projections pour justifier un mouvement, le seuil de déclenchement d'une hausse en juillet était naturellement plus élevé.

Le Conseil des gouverneurs a néanmoins conservé un biais prudent face à un environnement marqué par les tensions géopolitiques. Le communiqué souligne que les perspectives des prix de l'énergie restent proches du scénario de référence des projections de juin, tout en insistant sur la surveillance des effets indirects et de second tour sur l'inflation. L'objectif affiché demeure inchangé : garantir une stabilisation de l'inflation à 2 % à moyen terme.

## Une inflation qui reflue mais reste au-dessus de la cible

Le repli récent de l'inflation offre une marge de manœuvre à la BCE. Selon Eurostat, l'**inflation annuelle de la zone euro** est ressortie à 2,8 % en juin, contre 3,2 % en mai. La composante énergie reste la plus dynamique, à 8,5 % sur un an après 10,8 % en mai, tandis que les services ralentissent à 3,2 % et l'alimentation à 1,5 %.

Les projections publiées en juin dessinent une désinflation graduelle. La BCE anticipe une inflation moyenne de 3,0 % en 2026, 2,3 % en 2027 puis un retour à 2,0 % en 2028. Côté activité, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro est attendue à 0,8 % cette année, 1,2 % en 2027 et 1,5 % en 2028. Ce mélange d'inflation persistante et de croissance atone place l'institution devant un arbitrage délicat.

## La porte reste ouverte pour septembre

Le principal enjeu de la journée résidait moins dans la décision, connue d'avance, que dans le ton adopté par Christine Lagarde lors de sa conférence de presse. Toute allusion à des risques inflationnistes orientés à la hausse ou à une diffusion des pressions énergétiques vers l'inflation sous-jacente est interprétée comme un signal en faveur d'un nouveau relèvement.

Les opérateurs de marché ne s'y trompent pas. Une hausse des taux en septembre était déjà presque entièrement intégrée dans les cours à l'issue de la réunion. Chez ING, les économistes ont qualifié cette réunion de pause à connotation restrictive, la présentant comme une simple parenthèse avant une action potentielle à la rentrée.

> Cette hausse de taux relève davantage d'un geste symbolique destiné à signaler la volonté et la détermination de la BCE à ne pas réagir trop tard.
> 
> Carsten Brzeski, responsable mondial de la macroéconomie chez ING Research, à propos du relèvement de juin

Le facteur déterminant reste la trajectoire des prix de l'énergie. La remontée du pétrole, alimentée par les tensions géopolitiques liées à l'Iran, fait craindre une contamination de l'inflation sous-jacente. C'est précisément cette dynamique qui maintient la perspective d'un durcissement supplémentaire à l'automne.

## Réaction des marchés et de l'euro

La réaction des marchés est restée limitée, la décision étant conforme aux attentes. L'**euro** évoluait autour de 1,1385 dollar au moment de l'annonce, en repli de 0,23 % sur la journée, après un plus haut mensuel de 1,1482 dollar atteint le 15 juillet.

La monnaie unique conserve un biais technique baissier à court terme. Dhwani Mehta, analyste chez FXStreet, observe que la paire évolue sous une série dense de moyennes mobiles, avec une résistance à 1,1510 dollar correspondant à la moyenne mobile à 50 jours et un support autour de 1,1350 dollar. La trajectoire de l'euro dépendra largement du degré de fermeté que Christine Lagarde imprimera à sa communication dans les prochaines semaines.

## Ce qu'il faut surveiller

Pour les épargnants français, cette pause prolonge un environnement de taux relativement élevés, favorable aux placements sécurisés mais pesant sur le coût du crédit immobilier. La réunion du 11 septembre 2026, assortie de nouvelles projections, constituera le prochain rendez-vous décisif. D'ici là, trois indicateurs seront scrutés : l'évolution des prix de l'énergie, les chiffres d'inflation de juillet et d'août, et la résistance de l'activité économique face au ralentissement.

La BCE se trouve dans une position inhabituelle parmi les grandes banques centrales, ayant été la première à relever ses taux après une longue phase de détente. Sa capacité à concilier lutte contre l'inflation et soutien à une croissance fragile déterminera l'orientation de la politique monétaire européenne pour le reste de l'année.
