---
title: "La Banque du Japon relève son taux à 1 %, au plus haut depuis 1995"
slug: la-banque-du-japon-releve-son-taux-a-1-au-plus-haut-depuis-1995
category: central-banks
description: "La Banque du Japon relève son taux à 1 % le 16 juin 2026, au plus haut depuis 1995. Vote de 7 contre 1, gouverneur absent et choc énergétique."
keywords: [banque du japon, taux directeur japon, boj 1 pourcent, politique monetaire japon, yen carry trade, inflation japon, kazuo ueda, hausse des taux 2026]
tags: [banque-du-japon, boj, taux-directeur, politique-monetaire, yen, carry-trade, kazuo-ueda, inflation, japon, choc-energetique, nikkei]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/la-banque-du-japon-releve-son-taux-a-1-au-plus-haut-depuis-1995"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-16T18:11:11.382Z"
updatedAt: "2026-06-16T18:11:11.398Z"
readingTimeMinutes: 5
---
# La Banque du Japon relève son taux à 1 %, au plus haut depuis 1995

> La Banque du Japon a porté son taux directeur à 1 % le 16 juin 2026, un sommet inédit depuis trente et un ans. Un vote serré de 7 voix contre 1, une réunion présidée sans le gouverneur Ueda et le choc énergétique iranien en toile de fond.

La **Banque du Japon** a relevé son taux directeur de 25 points de base, à **1 %**, le 16 juin 2026, au terme d'une réunion de deux jours. Le loyer de l'argent atteint son plus haut niveau depuis 1995, soit trente et un ans, et confirme la lente sortie du pays de plusieurs décennies de politique monétaire ultra accommodante.

La décision était attendue. Un sondage Reuters publié avant la réunion montrait que 94 % des économistes anticipaient ce mouvement. Le marché monétaire l'avait largement intégré, ce qui explique la réaction mesurée des actifs japonais après l'annonce.

## Un vote serré et une réunion sans le gouverneur

Le conseil de politique monétaire a tranché par **7 voix contre 1**. Le membre Toichiro Asada s'est opposé à la hausse, jugeant que les risques baissiers pesant sur la production et l'emploi l'emportaient sur les risques de dérapage des prix. Cette voix discordante traduit le débat interne sur le rythme du resserrement.

La réunion s'est tenue dans des circonstances inhabituelles. Le gouverneur **Kazuo Ueda**, hospitalisé le 10 juin pour le traitement d'un kyste hépatique infecté, n'a pas pris part au vote. Il s'agit de la première réunion ordinaire de l'institution sans son gouverneur. Le vice gouverneur Ryozo Himino a présidé les débats, tandis que son homologue Shinichi Uchida, récemment sorti de l'hôpital après un traitement contre une leucémie, a tenu la conférence de presse.

## Le choc énergétique iranien en arrière plan

Le resserrement vise à empêcher que la flambée des prix de l'énergie ne se diffuse à l'ensemble de l'économie. Le conflit entre les États Unis et l'Iran, et les perturbations liées au détroit d'Ormuz, ont bousculé pendant des mois les chaînes d'approvisionnement en matières premières, ravivant les tensions sur les prix.

L'inflation sous jacente japonaise, mesurée par une nouvelle jauge excluant les subventions publiques, s'est établie à **2,8 %** en avril, au dessus de la cible de 2 % de la banque centrale. La faiblesse du yen, qui évoluait autour de 160 pour un dollar à l'approche de la réunion, alimentait par ailleurs le renchérissement des importations.

Dans son communiqué, l'institution a indiqué que l'inflation sous jacente pourrait accélérer au dessus de l'objectif de 2 % sous l'effet de la hausse des coûts énergétiques, et qu'elle continuerait de relever ses taux en fonction de l'évolution de la conjoncture, des prix et des conditions financières.

## Une réaction de marché contenue

Les actifs japonais ont peu varié, signe que la hausse était anticipée. Le yen s'est légèrement raffermi, à environ 160,22 pour un dollar, après avoir brièvement touché 160,05. La devise reste néanmoins proche de ses planchers, loin d'un retournement marqué.

L'indice **Nikkei 225** a progressé de 0,46 % après la décision, frôlant le seuil des 70 000 points. Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt d'État à dix ans a gagné 3 points de base, à 2,615 %, prolongeant la remontée des taux longs observée depuis le début de l'année. La banque centrale a confirmé poursuivre la réduction de ses achats d'obligations souveraines, au rythme de 200 milliards de yens par trimestre, avant d'interrompre cette diminution autour d'avril 2027.

## Le carry trade du yen sous surveillance

Au delà des frontières japonaises, l'attention se porte sur le **carry trade**, cette stratégie qui consiste à emprunter à bas coût en yens pour investir dans des actifs mieux rémunérés ailleurs dans le monde. Chaque resserrement japonais réduit l'attractivité de l'opération et peut provoquer des débouclages de positions, donc des mouvements de capitaux brutaux.

Morgan Stanley estime à environ 500 milliards de dollars l'encours de positions de carry trade encore ouvertes. Le scénario redouté serait celui d'un Japon qui normalise sa politique pendant que d'autres grandes banques centrales restent à l'arrêt, ce qui rétrécirait l'écart de taux ayant fait le succès de ces opérations.

Plusieurs analystes relativisent toutefois ce risque. Même après la hausse, le taux japonais à 1 % demeure très inférieur aux 3,75 % américains. L'écart de rendement reste suffisamment large pour continuer de favoriser les actifs en dollars et limiter un débouclage massif.

## Ce qu'il faut surveiller

Le calendrier des prochaines hausses focalise désormais le débat. Marcel Thieliant, économiste chez Capital Economics, anticipe un nouveau relèvement dès la réunion d'octobre, puis une remontée vers **2 %** d'ici la fin 2027. Hideo Hayakawa, ancien directeur exécutif de la banque centrale, estime que l'institution doit rattraper son retard et juge une nouvelle hausse possible dès octobre.

Pour l'épargnant français, la portée est d'abord indirecte. Une remontée durable des taux japonais soutient le yen, pèse sur le carry trade et peut accentuer la volatilité des marchés actions mondiaux. Elle s'inscrit dans un mouvement plus large de durcissement monétaire, alors que la Banque centrale européenne a elle même relevé ses taux le 11 juin face au choc énergétique. La trajectoire de l'inflation importée par l'énergie restera le principal juge de paix des prochaines décisions.
