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title: "Inde : la bonbonne de gaz professionnelle bondit de 993 roupies, plus forte hausse jamais vue"
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category: commodities
description: "Indian Oil relève la bouteille de GPL commerciale de 19 kg de 993 roupies au 1er mai 2026. La crise d'Ormuz fait flamber pétrole et gaz, jusqu'en Europe."
keywords: [gpl commercial inde, indian oil bouteille gaz, hausse prix gpl 2026, detroit ormuz petrole, saudi contract price, prix gaz 19 kg, inflation energie 2026, choc petrolier ormuz]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/inde-la-bonbonne-de-gaz-professionnelle-bondit-de-993-roupies-plus-forte-hausse-jamais-vue"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-05-31T20:59:45.328Z"
updatedAt: "2026-05-31T20:59:45.343Z"
readingTimeMinutes: 5
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# Inde : la bonbonne de gaz professionnelle bondit de 993 roupies, plus forte hausse jamais vue

> Indian Oil et les compagnies publiques indiennes ont relevé la bouteille de GPL commerciale de 19 kg de 993 roupies au 1er mai 2026, plus forte hausse mensuelle jamais vue. La crise du détroit d'Ormuz frappe restaurants, hôtels et petites industries.

Les compagnies pétrolières publiques indiennes, Indian Oil en tête, ont relevé de **993 roupies** le prix de la bouteille de gaz de pétrole liquéfié (GPL) de 19 kg destinée aux clients professionnels et industriels, avec effet au 1er mai 2026. Cette révision, la plus forte jamais enregistrée sur un mois, porte le prix de la bonbonne à 3 071,50 roupies à New Delhi, contre 2 078,50 roupies un mois plus tôt, soit une progression de plus de 40 %.

La bouteille de 19 kg, dite commerciale, alimente les cuisines des restaurants, des hôtels, des cantines et de nombreuses petites unités industrielles. La hausse touche donc directement le tissu des très petites entreprises indiennes, déjà fragilisées par l'envolée des coûts de l'énergie depuis le début de l'année.

## Une troisième hausse mensuelle consécutive

La révision de mai s'inscrit dans une série. Au 1er mars 2026, le prix de la bouteille professionnelle avait augmenté de 114,50 roupies, puis de 195,50 roupies au 1er avril. Avec les 993 roupies de mai, la facture cumulée grimpe de 1 303 roupies en trois mois pour les utilisateurs professionnels.

Le mécanisme indien encadre ces ajustements : les compagnies publiques révisent les tarifs du GPL le premier jour de chaque mois, en fonction du prix international de référence et du taux de change roupie contre dollar. Les épargnants français retrouvent ici une logique connue, celle de tarifs administrés mais indexés sur des marchés mondiaux que personne ne contrôle.

Ville

Prix bouteille 19 kg (mai 2026)

Hausse au 1er mai

New Delhi

3 071,50 roupies

+993,00

Bombay

3 024,00 roupies

+993,00

Calcutta

3 202,00 roupies

+994,00

Chennai

3 237,00 roupies

+990,50

## Le détroit d'Ormuz, source du choc

L'origine de la flambée se trouve à plusieurs milliers de kilomètres des cuisines indiennes. Depuis le 4 mars 2026, les forces iraniennes ont déclaré fermé le détroit d'Ormuz, par lequel transitait environ un quart du pétrole maritime mondial et près de 20 % du gaz naturel liquéfié. L'Inde importe environ 60 % de son GPL, dont la majeure partie empruntait précisément cette route.

La conséquence se lit sur le prix de référence saoudien (Saudi Contract Price), qui sert de base au coût d'importation. Ce tarif est passé de 542 dollars la tonne en mars à 780 dollars la tonne en avril, selon le ministère indien du Pétrole. Le baril de Brent, lui, a dépassé 117 dollars de moyenne en avril, contre une soixantaine de dollars avant le conflit.

> Le monde fait face à un défi énergétique et économique majeur, a déclaré Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie.

## Le ménage indien épargné, l'entreprise exposée

Le gouvernement a fait un choix politique clair : protéger le consommateur domestique. La bouteille ménagère de 14,2 kg reste inchangée à 913 roupies à New Delhi depuis mars, malgré la pression sur les coûts. Sujata Sharma, secrétaire adjointe au ministère du Pétrole, a assuré que l'approvisionnement domestique avait été garanti à 100 %.

Ce gel a un coût. Les compagnies pétrolières publiques accusent une perte cumulée estimée à environ 40 484 crores de roupies à fin mai, l'équivalent d'un manque à gagner massif absorbé par les opérateurs plutôt que par les ménages. Le report intégral de la hausse sur les seuls clients professionnels devient ainsi la variable d'ajustement.

L'opposition s'est emparée du sujet. Le leader du Congrès Rahul Gandhi a dénoncé une progression de 81 % en trois mois pour le gaz commercial depuis février, qu'il a qualifiée de facture électorale. Le gouvernement met en avant la protection du pouvoir d'achat des ménages et la stabilité de l'offre.

## Pourquoi un épargnant français doit suivre ce dossier

La hausse indienne n'est qu'un symptôme local d'une onde de choc énergétique qui touche aussi l'Europe. La fermeture d'Ormuz a fait grimper le prix du gaz naturel sur le marché de référence européen, le Title Transfer Facility (TTF), à 14,80 dollars par million de BTU pour la semaine close le 24 avril, soit 35 % de plus qu'avant la crise.

L'Union européenne chiffre à environ 13 milliards d'euros la facture supplémentaire d'importations d'énergies fossiles liée au conflit, avec des prix du gaz en hausse de 70 % et du pétrole de 50 %. La dépendance directe de l'Europe au brut du Golfe reste limitée, mais sa vulnérabilité aux carburants raffinés et au GNL est réelle.

Pour le détenteur d'un portefeuille d'**actions** ou d'un contrat d'**assurance vie** investi en unités de compte, ce contexte se traduit par deux risques de marché. D'abord une reprise de l'inflation importée, qui pèse sur la consommation et les marges des entreprises. Ensuite une volatilité accrue sur les valeurs cycliques et énergétiques. Les secteurs de l'**hôtellerie** et de la restauration, premiers exposés au coût du gaz commercial, figurent parmi les plus sensibles à ce type de choc.

## Ce qu'il faut surveiller

La prochaine révision mensuelle des tarifs indiens intervient le 1er juin 2026. Toute nouvelle hausse dépendra de l'évolution du prix de référence saoudien de juin et du taux de change de la roupie. Tant que le détroit d'Ormuz demeure perturbé, la pression sur les coûts d'importation reste orientée à la hausse.

Trois indicateurs méritent l'attention dans les prochaines semaines : le niveau du Brent autour de 117 dollars, l'état des négociations entre Washington et Téhéran, et le prix du GNL sur le TTF européen. Ces trois variables conditionnent à la fois la facture des entreprises asiatiques et l'inflation que les épargnants européens subiront en bout de chaîne.

Pour faire le point sur l'exposition d'un patrimoine à un choc énergétique de cette nature, un bilan avec un conseiller permet d'arbitrer entre fonds en euros, unités de compte et actifs réels.
