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title: "Incendie de Saumos : 42 000 hectares partis d’un chantier de débroussaillage"
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category: regulatory-updates
description: Le feu de Saumos aurait pour origine un chantier de débroussaillage. Régime de responsabilité et exposition réelle des entreprises du paysage.
keywords: [incendie Saumos, débroussaillage responsabilité, assurance paysagiste, RC exploitation espaces verts, article 1242 code civil incendie, entreprises du paysage Unep, indemnisation incendie Gironde, France Assureurs incendies 2026, obligations légales de débroussaillement, plafond de garantie RC professionnelle]
tags: [incendie, gironde, saumos, debroussaillement, entreprises-du-paysage, responsabilite-civile, rc-exploitation, assurance-professionnelle, enedis, france-assureurs, paysagiste, espaces-verts]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/incendie-de-saumos-42-000-hectares-partis-dun-chantier-de-debroussaillage"
author: Emmanuel d’Ibelin
publishedAt: "2026-08-20T09:18:35.322Z"
updatedAt: "2026-08-20T09:18:35.384Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Incendie de Saumos : 42 000 hectares partis d’un chantier de débroussaillage

> Le feu de Saumos, 42 000 hectares et 220 000 personnes évacuées, aurait pour origine un chantier de débroussaillage mené pour Enedis. L’enquête du parquet de Bordeaux place la branche du paysage, 33 550 entreprises et trois salariés en moyenne, face à son risque le plus lourd.

Un feu parti d'un chantier de débroussaillage a parcouru 42 000 hectares en Gironde et provoqué la plus vaste évacuation organisée en France depuis 1945. Pour les 33 550 entreprises du paysage recensées par leur fédération, le dossier de Saumos matérialise un risque que peu de contrats professionnels sont dimensionnés pour absorber.

## Un chantier d'entretien sous une ligne électrique

Le 22 juillet 2026, en début d'après-midi, un feu se déclare sur la commune de Saumos, au nord du bassin d'Arcachon. Quatre jours plus tard, il a parcouru 42 000 hectares et provoqué l'évacuation de 220 000 personnes. Le 27 juillet, le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, écarte la piste criminelle pour ce départ précis : « Le feu semble bien avoir pour origine ce chantier qui avait débuté juste avant. »

Le chantier en question est une opération d'entretien de la végétation menée sous une ligne électrique par une entreprise prestataire intervenant pour le compte d'Enedis. Selon le récit du propriétaire de la parcelle rapporté par Europe 1, les flammes sont apparues après le passage d'un tracteur, et les ouvriers ont tenté de les éteindre avec l'extincteur de leur véhicule, sans y parvenir. Le gestionnaire de réseau indique que « cette intervention a été réalisée conformément au niveau de vigilance préfectoral alors en vigueur » et souligne qu'« à ce stade, l'origine exacte du feu en Gironde n'est pas établie ».

Le détail compte. Un arrêté préfectoral du 20 juillet imposait l'arrêt des chantiers forestiers à moteur à 13 heures dans le département. D'après les premiers éléments communiqués par le parquet, les ouvriers présents n'avaient pas enfreint la réglementation applicable à cet instant. Une vingtaine d'enquêteurs travaillent sur le dossier, confié au pôle régional environnement du parquet de Bordeaux, à l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, à la section de recherches de la gendarmerie de Bordeaux, à l'Office français de la biodiversité et à l'Office national des forêts. Aucune procédure pour destruction volontaire n'a été ouverte sur ce départ de feu.

## La faute, condition de la responsabilité

Le régime applicable est ancien et exigeant. L'alinéa 2 de l'article 1242 du code civil, issu de la loi du 7 novembre 1922, prévoit que celui qui détient le bien dans lequel un incendie a pris naissance ne répond des dommages envers les tiers que s'il est prouvé que le sinistre est imputable à sa faute ou à celle des personnes dont il doit répondre. La règle déroge au principe général de responsabilité du fait des choses : la victime doit démontrer un manquement précis dans l'exécution des travaux.

La deuxième chambre civile de la Cour de cassation l'a rappelé le 28 novembre 2024, dans le pourvoi n° 23-15674, en censurant une cour d'appel qui avait condamné un gestionnaire de réseau au seul motif que l'incendie était né d'un câble dégradé. **Le constat de l'origine ne suffit pas.** Pour les assureurs des sinistrés, qui exercent ensuite un recours subrogatoire contre le responsable, la démonstration se joue sur des points très concrets : l'heure du chantier, le matériel utilisé, la présence de moyens d'extinction, le respect des arrêtés en vigueur.

## Trois salariés en moyenne, une exposition sans commune mesure

La branche du paysage découvre ici l'ampleur de son risque le plus lourd. Les chiffres clés publiés en novembre 2025 par l'Union nationale des entreprises du paysage (Unep), issus d'une enquête menée par l'institut Xerfi, décrivent un tissu très fragmenté : 33 550 entreprises, 140 300 actifs et 8,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, mais 253 000 euros de chiffre d'affaires moyen par structure et trois salariés en moyenne. 61,5 % des entreprises n'emploient aucun salarié, et les 15 % qui comptent plus de cinq salariés réalisent 76 % du chiffre d'affaires de la profession.

Face à ces ordres de grandeur, l'échelle des dommages d'un feu de forêt change de nature. France Assureurs indique que les incendies de 2022 dans le même massif, environ 30 000 hectares, avaient donné lieu à moins de 2 000 sinistres indemnisés pour un total inférieur à 80 millions d'euros. L'année 2026 avait déjà consumé 115 000 hectares en France au 27 juillet, et les zones évacuées de Gironde abritent 7 000 entreprises artisanales et 6 300 commerces. C'est pourquoi [l'assurance des paysagistes et des entreprises d'espaces verts](https://www.france-epargne.fr/products/assurances-professionnelles/assurance-espaces-verts-paysagistes) se juge moins au prix de la prime qu'au montant du plafond de garantie et au périmètre exact de la responsabilité civile exploitation.

## Décennale ou responsabilité civile exploitation ?

La confusion reste fréquente chez les artisans du végétal. La **garantie décennale** couvre les désordres qui compromettent la solidité d'un ouvrage ou le rendent impropre à sa destination : un muret de soutènement, un bassin, une terrasse. Elle ne répond pas d'un incendie provoqué pendant l'intervention. Ce dommage relève de la **responsabilité civile exploitation**, celle qui indemnise les tiers pour les préjudices causés au cours des travaux.

Les plantations elles-mêmes échappent aux deux garanties. Seule une garantie contractuelle de reprise des végétaux, négociée au devis, protège le client, et elle cède habituellement devant la sécheresse ou tout autre aléa climatique exceptionnel. Un second angle mort tient aux conditions d'exécution. Les arrêtés préfectoraux qui encadrent les travaux à moteur pendant les périodes de risque élevé fixent le standard de comportement au regard duquel la faute sera appréciée. En Gironde, la préfecture a resserré son dispositif dès le lendemain du départ de feu en interdisant tout travail forestier à moteur thermique pendant la vigilance rouge, alors que la règle antérieure autorisait les chantiers jusqu'à 13 heures. La préfète de la région Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde, Sophie Brocas, a de nouveau porté la vigilance au niveau 4 sur 5 à compter du 8 août.

## Le calendrier des indemnisations se resserre

Pour les sinistrés, le compte à rebours court. France Assureurs a annoncé le 27 juillet des mesures exceptionnelles : le délai de déclaration de sinistre est prolongé jusqu'au 31 août 2026, contre cinq jours ouvrés en temps normal, et les frais de relogement des personnes évacuées sur ordre des autorités sont remboursés jusqu'à trois semaines, même lorsque le logement n'a pas été endommagé. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a précisé que « l'ensemble des personnes déplacées verront leurs frais de relogement remboursés selon les termes du contrat, que leur résidence soit endommagée ou non ».

Le 2 août, la préfecture de la Gironde a réuni la fédération, les compagnies et les cabinets d'expertise pour organiser l'accès des experts aux zones sinistrées et ouvrir un point d'accueil au Porge. Près de 3 000 missions d'expertise ont été ouvertes, selon L'Argus de l'assurance. La facture globale demeure inconnue : les assureurs indiquent qu'une première estimation ne peut intervenir qu'une semaine à dix jours après la fin des événements.

## Une activité de prévention devenue activité à risque

Le débroussaillement reste la première mesure de prévention des feux. En lançant sa campagne nationale le 6 janvier 2026, le gouvernement rappelait que « 90 % des maisons détruites lors des feux de forêt se trouvent sur des terrains non débroussaillés », et que 190 constructions avaient été sévèrement endommagées ou détruites en 2025. L'obligation légale concernait alors 48 départements et 7 400 communes, contre 43 départements un an plus tôt. La demande adressée aux entreprises du paysage ne peut donc que croître.

Leur conjoncture s'est pourtant tendue. Le baromètre publié en février 2026 par l'Unep, Valhor et Agrica mesurait une croissance de 4,5 % au second semestre 2025, mais anticipait 2 % seulement au premier semestre 2026, avec des carnets de commandes ramenés à 132 jours d'activité en moyenne. Une prime de responsabilité civile mieux dimensionnée pèserait peu au regard de ces marges. Un sinistre non couvert effacerait, lui, plusieurs décennies de résultats.

## Ce qu'il faut surveiller

-   **Les conclusions de l'enquête** sur le point d'origine et la caractérisation éventuelle d'une faute, seule voie ouvrant un recours contre l'entreprise intervenante et son assureur.
-   **Le niveau des plafonds** de responsabilité civile souscrits par les entreprises du paysage, rarement calibrés pour un sinistre de masse.
-   **La réaction tarifaire des assureurs** sur les activités de débroussaillement et d'entretien en zone forestière, après une saison à 115 000 hectares.
-   **Le durcissement des arrêtés préfectoraux** encadrant les travaux à moteur, qui déplacerait une part du risque vers la perte d'exploitation des entreprises immobilisées.
