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title: "GNL : à 27,23 dollars, l'Asie réduit ses achats et l'Europe capte les cargaisons"
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category: commodities
description: "Le JKM bondit à 27,23 dollars le million de BTU. La demande asiatique recule de 18 % en Chine et l'Europe remplit ses stocks à 68,66 %."
keywords: [prix GNL, JKM, TTF gaz, stockage gaz Europe, "detroit d'Ormuz", importations GNL Chine, BCE taux, inflation energie, Kpler GNL, Livret A inflation]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/gnl-a-2723-dollars-lasie-reduit-ses-achats-et-leurope-capte-les-cargaisons"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-17T01:43:00.402Z"
updatedAt: "2026-09-17T01:43:00.449Z"
readingTimeMinutes: 7
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# GNL : à 27,23 dollars, l'Asie réduit ses achats et l'Europe capte les cargaisons

> Le repère asiatique du GNL a atteint 27,23 dollars le million de BTU le 16 septembre, en hausse de 137 % sur un an. Ce niveau écarte les acheteurs chinois et indiens du marché au comptant et libère des cargaisons pour l'Europe, dont les stockages ne sont remplis qu'à 68,66 %.

Le repère asiatique du gaz naturel liquéfié, le JKM (Japan Korea Marker), s'est établi à **27,23 dollars le million de BTU** le 16 septembre 2026, en progression de 8,00 % sur une seule séance, selon les relevés de Trading Economics. Sur un mois, la hausse atteint 25,95 %. Sur un an, elle ressort à 137,15 %. Le record absolu de la série, 69,96 dollars, remonte à août 2022.

Cette flambée produit un effet que les gouvernements européens n'ont obtenu par aucune mesure administrative : elle écarte du marché les acheteurs asiatiques les plus sensibles au prix, et libère des cargaisons au moment précis où l'Europe entre dans sa saison de chauffe avec des stocks dégarnis.

## Deux repères de prix désormais au coude à coude

Le contrat néerlandais TTF, référence du gaz européen, cotait **77,50 euros le mégawattheure** le 17 septembre, en repli de 0,67 % sur la séance et en hausse de 135,22 % sur douze mois. La veille, il avait approché 80 euros en séance, soit un niveau proche des sommets de 2022.

La comparaison des deux repères exige une conversion. Au taux de change de référence de la BCE (Banque centrale européenne) du 16 septembre, soit 1,1537 dollar pour un euro, et sur la base d'un mégawattheure équivalent à 3,4121 millions de BTU, le TTF ressort à environ **26,20 dollars le million de BTU**. L'écart avec le JKM se limite donc à près de 1,03 dollar, soit 3,9 %.

Cette prime asiatique résiduelle constitue le cœur du mécanisme. Une cargaison de GNL part vers le bassin qui paie le plus. Tant que l'écart reste aussi mince, le fret supplémentaire nécessaire pour rejoindre le Japon ou la Chine cesse d'être rentable, et les navires restent dans l'Atlantique.

## À l'origine du choc, la fermeture du détroit d'Ormuz

Le conflit entre Washington et Téhéran empêche le Qatar et les Émirats arabes unis d'exporter la majeure partie de leur GNL par le détroit d'Ormuz, par lequel transitait environ un cinquième de l'offre mondiale, selon Reuters. Shell, premier négociant mondial de GNL, chiffre la perte : le marché a « perdu environ 36 millions de tonnes de GNL en provenance du Moyen Orient depuis le début de l'année », indique Cederic Cremers, président Integrated Gas du groupe.

Le Golfe arabo persique fournit habituellement près d'un tiers des importations chinoises, relève le cabinet de données maritimes Kpler. La disparition de cette source oblige les acheteurs asiatiques à se reporter sur un marché au comptant déjà tendu.

## L'Asie cède la première

Les volumes le montrent. Les livraisons de GNL vers la Chine ont été estimées à environ **5,2 millions de tonnes en août 2026**, soit 18 % de moins qu'en août 2025, selon Kpler. Le prix asiatique moyen s'est établi à près de 21 dollars le million de BTU sur ce mois, contre 12 dollars un an plus tôt.

> « La hausse des prix a provoqué une destruction de demande significative chez les utilisateurs industriels sensibles au prix. »  
> _Nelson Xiong, analyste senior GNL chez Kpler_

Le mouvement dépasse la Chine. Réunis à Gastech, à Bangkok, les dirigeants du secteur ont décrit un recul généralisé. Deepak Gupta, président de la compagnie gazière indienne GAIL, résume la situation : « Les prix ont crevé le plafond, et cela affecte indiscutablement la demande en ce qui concerne l'Inde. » Interrogé sur une destruction de demande à court terme, Balaji Krishnamurthy, président des activités australiennes de Chevron, a répondu : « Absolument. »

La facture explique ce retrait. L'Inde, le Pakistan, le Bangladesh, la Thaïlande et le Vietnam ont dépensé ensemble **7,4 milliards de dollars** en GNL depuis le début de la guerre, soit le double de leurs montants d'avant conflit. Iqbal Hassan Mahmood, ministre bangladais de l'Énergie, constate que « la hausse des prix a un effet considérable » sur la production électrique et la croissance industrielle. Plusieurs consommateurs industriels ont basculé vers le charbon et le fioul.

## Ce que l'Europe récupère

Les réserves européennes profitent de ce retrait. Au 15 septembre 2026, les stockages de l'Union européenne atteignaient **68,66 % de leur capacité**, soit 776,9 térawattheures, selon la plateforme AGSI de Gas Infrastructure Europe (GIE).

Le niveau reste faible au regard de l'historique. À la même date, les stockages affichaient 80,83 % en 2025, 93,36 % en 2024, 93,65 % en 2023, 84,97 % en 2022 et 70,93 % en 2021. La moyenne de ces cinq années s'établit à 84,75 %, ce qui place le remplissage actuel **16,09 points en dessous** et en fait le plus bas des six dernières années à cette date.

-   Écart avec 2025 : 12,17 points, soit 143,2 térawattheures de gaz en moins.
-   Ouverture de la saison de chauffe : 1er octobre.
-   Importations européennes de GNL attendues en 2026 : plus de 185 milliards de mètres cubes, un record, selon l'AIE (Agence internationale de l'énergie).

Sans le repli asiatique, ce retard serait plus lourd encore. Chaque cargaison que l'Inde ou la Chine renonce à acheter devient disponible pour un terminal méthanier européen. Le prix élevé que paie l'Europe achète, littéralement, la sécurité de son hiver.

## Un soulagement qui reste fragile

Trois réserves tempèrent ce constat.

La première tient à la durée du choc. « Même si nous observons une normalisation du détroit, je ne pense pas que l'on revienne immédiatement aux flux d'avant guerre », avertit Cederic Cremers. La deuxième tient à l'offre européenne elle même : des opérations de maintenance programmées sur les installations gazières norvégiennes réduisent temporairement les livraisons par gazoduc vers le continent.

La troisième porte sur le retour de l'Asie. Luo Yizhou, directeur général de PetroChina International, anticipe une reprise de la demande des centrales à gaz dès que les prix reviendront dans une fourchette « normale » de 7 à 9 dollars le million de BTU. Deepak Gupta table sur 150 à 200 millions de tonnes de capacités nouvelles mises en service dans quatre à cinq ans. Le répit européen repose donc sur un rationnement par les prix, non sur une résolution du déficit d'offre.

## Ce que cela change pour l'épargnant français

Le canal de transmission passe par la politique monétaire. Le taux de la facilité de dépôt de la BCE est passé de 2,25 % à **2,50 %** avec effet au 16 septembre 2026, selon le portail de données de l'institution. Il s'agit du deuxième relèvement de l'année, après celui entré en vigueur le 17 juin, et l'énergie figure au premier rang des motifs invoqués par les gouverneurs.

Pour un détenteur de contrat d'assurance vie, la conséquence est double. La remontée des taux améliore le rendement des obligations acquises par les fonds en euros, dont les portefeuilles se renouvellent progressivement. En sens inverse, une inflation alimentée par l'énergie rogne le rendement réel de l'épargne de précaution. La formule de calcul du taux du Livret A combine précisément l'inflation hors tabac et la moyenne du taux €STR sur le semestre de référence, ce qui rend la trajectoire du gaz directement pertinente pour la rémunération de l'épargne réglementée.

## Ce qu'il faut surveiller

-   **L'écart JKM contre TTF.** Un élargissement de la prime asiatique redirigerait les cargaisons vers l'Extrême Orient et relancerait la tension européenne.
-   **Le statut du détroit d'Ormuz.** Toute réouverture partielle modifierait l'équilibre en quelques semaines.
-   **La trajectoire de remplissage** d'ici au 1er octobre, et la rigueur des premières semaines de froid.
-   **Le discours de la BCE** sur les effets de second tour, notamment sur les salaires.

## Sources

-   [Trading Economics, cotation du JKM au 16 septembre 2026](https://tradingeconomics.com/commodity/liquefied-natural-gas-japan-korea)
-   [Trading Economics, cotation du TTF au 17 septembre 2026](https://tradingeconomics.com/commodity/eu-natural-gas)
-   [Gas Infrastructure Europe, plateforme AGSI, stockages de l'Union européenne](https://agsi.gie.eu/)
-   [Portail de données de la BCE, taux de la facilité de dépôt et taux de change de référence](https://data.ecb.europa.eu/)
-   [Reuters, dépêche de Gastech Bangkok du 15 septembre 2026](https://boereport.com/2026/09/15/lng-demand-in-china-and-india-expected-to-recover-when-mideast-war-ends/)
-   [Energy Connects, importations chinoises d'août 2026 d'après Kpler](https://www.energyconnects.com/news/gas-lng/2026/august/china-s-august-lng-imports-set-to-drop-as-high-prices-hit-demand/)
-   [Gas Outlook, compte rendu de Gastech 2026](https://gasoutlook.com/analysis/gastech-bullish-talk-angst-over-prices/)
-   [Shell, fiche de direction de Cederic Cremers](https://www.shell.com/who-we-are/leadership/executive-committee/cederic-cremers.html)
