---
title: "Gigafactories IA : le consortium français AION officialise sa candidature pour 20 milliards d'euros européens"
slug: gigafactories-ia-le-consortium-francais-aion-officialise-sa-candidature-pour-20-milliards-deuros-eur
category: innovations
description: "Le consortium français AION (Scaleway, iliad) candidate à l'appel européen de 20 milliards d'euros pour les gigafactories d'IA. 288 000 GPU H100, 200 MW."
keywords: [AION consortium, Scaleway gigafactory, InvestAI 20 milliards, EuroHPC AI, intelligence artificielle France, souveraineté numérique européenne, datacentre IA, iliad OpCore, GPU H100, Mistral AI campus Paris]
tags: [intelligence-artificielle, gigafactory, scaleway, iliad, union-europeenne, souverainete-numerique, datacentre, investai, eurohpc, nvidia]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/gigafactories-ia-le-consortium-francais-aion-officialise-sa-candidature-pour-20-milliards-deuros-eur"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-05-20T14:05:08.450Z"
updatedAt: "2026-05-20T14:05:08.464Z"
readingTimeMinutes: 6
---
# Gigafactories IA : le consortium français AION officialise sa candidature pour 20 milliards d'euros européens

> Le consortium AION, mené par Scaleway (groupe iliad), formalise sa candidature à l'appel européen pour les gigafactories d'IA. Le dossier prévoit 288 000 GPU H100 équivalents et 200 mégawatts, dans un guichet de 20 milliards d'euros qui retiendra cinq sites d'ici fin 2026.

## Une candidature française pour la plus grande enveloppe IA de l'Union européenne

Le consortium **AION**, conduit par Scaleway, filiale cloud du groupe iliad, a officialisé sa candidature à l'appel à projets de la Commission européenne et de l'entreprise commune EuroHPC consacré aux gigafactories d'intelligence artificielle. L'objectif affiché : capter une partie des 20 milliards d'euros de la facilité _InvestAI_ annoncée par Ursula von der Leyen lors du sommet de Paris en février 2025, et installer en France l'une des cinq méga infrastructures de calcul prévues à l'échelle européenne.

La procédure formelle, gouvernée par le règlement (UE) 2026/150 du Conseil adopté le 16 janvier 2026, doit ouvrir son appel à propositions à partir de février 2026, pour une sélection finale dans la deuxième moitié de l'année. Le ticket d'entrée est élevé : chaque site retenu devra héberger environ 100 000 puces IA de dernière génération, soit quatre fois la capacité des AI Factories déjà déployées sur le continent.

## Les chiffres clés du dossier AION

Le projet présenté par Scaleway et ses partenaires repose sur des engagements techniques précis. Les promoteurs prévoient le déploiement de plusieurs clusters GPU de nouvelle génération, équivalents à plus de **288 000 puces NVIDIA H100 actuelles**, pour une puissance électrique cumulée d'environ **200 mégawatts**. L'infrastructure serait hébergée en France, opérée par OpCore, la coentreprise de centres de données du groupe iliad.

-   **Capacité ciblée :** 288 000 équivalents H100
-   **Puissance :** 200 MW, adossés au mix électrique bas carbone français
-   **Opérateur d'hébergement :** OpCore (joint venture iliad)
-   **Soutiens institutionnels :** GENCI et Inria, copilotes du projet AI Factory France
-   **Partenaires industriels :** VSORA, Kyutai, Sopra Steria, SiPearl, Artefact, Eviden Bull, ZML, Hugging Face, H Company

Le tour de table industriel reflète une volonté de chaîne de valeur intégrée, du silicium souverain (SiPearl pour les processeurs, VSORA pour les accélérateurs) aux modèles ouverts (Kyutai, Hugging Face, H Company), en passant par les intégrateurs (Sopra Steria, Eviden Bull, Artefact).

## Un cadre financier européen exigeant

Le règlement européen impose un schéma de financement précis : la contribution de l'UE est plafonnée à **17 % des dépenses d'investissement éligibles** portant sur le matériel informatique. Les États membres doivent au minimum égaler cet apport, ce qui porte la part publique potentielle à environ 35 %. Le solde, soit 48 % à 65 % du tour de table, doit être financé par les acteurs privés, par apport en capital ou par engagements d'achat de puissance sur cinq ans (modèle _off take_).

> « L'Europe ne peut plus se permettre d'externaliser les fondations de son avenir dans l'intelligence artificielle. Avec AION, nous offrons bien plus qu'une infrastructure : nous voulons contribuer à l'indépendance, à la résilience et au leadership de l'écosystème européen. »
> 
> Damien Lucas, directeur général de Scaleway

La Banque européenne d'investissement (BEI) accompagne désormais les candidats. Le 4 décembre 2025, sa présidente Nadia Calviño et la vice présidente exécutive de la Commission Henna Virkkunen ont signé un protocole d'accord prévoyant un appui en conseil financier pour transformer les projets en dossiers « bancables », et un volet de prêts complémentaires aux subventions InvestAI.

## Une compétition européenne dense

L'appel à manifestation d'intérêt préliminaire, clos le 20 juin 2025, a recueilli **76 réponses émanant de 16 États membres et portant sur 60 sites différents**. Les répondants envisagent au total l'acquisition d'au moins **trois millions de processeurs spécialisés de dernière génération**, soit largement plus que les cinq sites finalement subventionnés ne pourront en héberger.

Outre AION, plusieurs concurrents sont déjà identifiés. En Espagne, Telefonica prépare sa proposition finale. Des projets allemands, italiens, néerlandais, autrichiens et tchèques ont également déposé un dossier. La concurrence intra européenne s'annonce vive, d'autant que les États membres devront formaliser un engagement écrit de soutien à un site sur leur territoire avant l'ouverture officielle du guichet.

## Un environnement français en mouvement

La candidature AION s'inscrit dans un paysage français où les annonces d'infrastructures IA se multiplient. La coentreprise réunissant Bpifrance, Mistral AI, NVIDIA et le fonds émirati MGX prévoit un campus de **1,4 gigawatt** à Fouju (Seine et Marne), avec une première tranche de financement de 8,5 milliards d'euros et un investissement total compris entre 30 et 50 milliards d'euros sur la durée du projet. Le démarrage des travaux est prévu pour le second semestre 2026 et la mise en service à partir de 2028.

Plus largement, le baromètre français des investissements en centres de données IA a dépassé les **109 milliards d'euros** annoncés en avril 2026, selon les recensements sectoriels, dont une majorité d'engagements privés. Cette dynamique s'appuie sur deux atouts structurels : un mix électrique fortement décarboné (nucléaire et renouvelables) et un réseau de transport haute tension réputé fiable.

## Ce que cela change pour les épargnants

La conclusion de l'appel européen aura plusieurs conséquences directes pour les particuliers exposés aux thématiques technologiques. L'octroi d'une gigafactory en France solidifierait la souveraineté numérique du pays et soutiendrait la valorisation d'un écosystème d'entreprises cotées ou pré cotées (Sopra Steria, Atos via Eviden, NVIDIA pour la partie matérielle), souvent présentes dans les unités de compte des contrats d'assurance vie thématiques « tech » ou « IA ».

À l'inverse, un échec de la candidature française au profit d'autres pays signalerait un essoufflement relatif du pôle parisien dans la course aux infrastructures critiques. Les fonds spécialisés sur la transition numérique européenne ajusteront leur allocation géographique en conséquence.

### Calendrier à surveiller

-   **Février 2026 ou ultérieur :** ouverture officielle de l'appel à propositions par EuroHPC
-   **Mi 2026 :** échéance de dépôt des dossiers consolidés (date précise à fixer par le conseil d'administration de l'EuroHPC)
-   **Second semestre 2026 :** évaluation par un panel d'experts indépendants et une institution financière accréditée
-   **Fin 2026 :** décision finale, sélection de jusqu'à cinq projets et liste de réserve éventuelle

## Points de vigilance

Trois interrogations restent ouvertes. La première concerne la disponibilité effective des puces : la demande européenne cumulée représente plusieurs fois la production annuelle des fondeurs spécialisés, ce qui pose la question des délais de livraison et des prix d'achat. La deuxième touche aux capacités de raccordement électrique : 200 MW sur un seul site exigent une coordination étroite avec RTE et un placement géographique optimisé. La troisième porte sur la rentabilité du modèle _off take_ : la viabilité dépend du carnet de commandes de modèles européens à entraîner, encore réduit face à l'écosystème américain.

La décision finale, attendue avant la fin 2026, marquera l'un des arbitrages industriels les plus structurants de la décennie pour la souveraineté technologique européenne. Pour les épargnants français, elle constituera également un signal sur la capacité du pays à transformer son avance énergétique en valeur économique de long terme.
