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title: "Fed, BoE, BoJ : trois banques centrales décident en trois jours avec le pétrole à 100 dollars"
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description: "Fed le 29 juillet, BoE le 30, BoJ le 31 : trois décisions de taux. Le Brent au-dessus de 100 dollars relance le pari d'une hausse. Impact pour vos placements."
keywords: [réunion Fed juillet 2026, taux directeurs Fed, "Banque d'Angleterre taux", Banque du Japon taux, pétrole 100 dollars inflation, Kevin Warsh, "Livret A 1,70 %", OAT 30 ans, politique monétaire 2026, crédit immobilier juillet 2026]
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-26T06:12:43.472Z"
updatedAt: "2026-07-26T06:12:43.494Z"
readingTimeMinutes: 8
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# Fed, BoE, BoJ : trois banques centrales décident en trois jours avec le pétrole à 100 dollars

> La Réserve fédérale tranche le 29 juillet, la Banque d'Angleterre le 30, la Banque du Japon le 31. Aucune ne devrait bouger, mais le retour du Brent au-dessus de 100 dollars a inversé le pari des marchés, qui envisagent désormais une hausse des taux plutôt qu'une baisse.

Trois banques centrales du G7 rendent leur verdict en trois jours. La Réserve fédérale américaine tranche le mercredi 29 juillet, la Banque d'Angleterre le jeudi 30, la Banque du Japon le vendredi 31. Aucune des trois ne devrait modifier ses taux. L'enjeu s'est déplacé ailleurs : en une semaine, le baril de Brent est repassé au-dessus de 100 dollars et les investisseurs ont cessé de parier sur des baisses de taux pour commencer à envisager des hausses.

## Trois décisions, un seul calendrier

Le comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) se réunit les 28 et 29 juillet. Sa fourchette cible se situe à **3,50 % à 3,75 %** et les économistes interrogés par FactSet anticipent un cinquième maintien consécutif. Particularité de cette réunion : elle ne s'accompagne d'aucune projection économique trimestrielle, ces dernières étant réservées aux réunions de mars, juin, septembre et décembre selon le calendrier publié par la Fed. La conférence de presse du président **Kevin Warsh** constituera donc l'unique source d'orientation pour les marchés.

La Banque d'Angleterre suit le 30 juillet. Son taux directeur est fixé à **3,75 %** depuis plusieurs réunions. Lors de sa précédente décision, close le 17 juin, le comité de politique monétaire a voté par 7 voix contre 2 le maintien du taux, deux membres plaidant pour un relèvement de 0,25 point à 4 %. L'institution publiera cette fois un rapport complet sur la politique monétaire.

La Banque du Japon clôt la séquence les 30 et 31 juillet, avec une décision et un rapport de perspectives attendus le vendredi. Son taux directeur est de **1,00 %** et les contrats à terme assignent une probabilité proche de 96 % à un statu quo, selon les relevés de Newsquawk.

## Le pari des marchés s'est inversé en une semaine

Le changement notable ne porte pas sur la décision de mercredi mais sur ce qui vient après. La probabilité implicite d'un relèvement des taux américains, mesurée par l'outil FedWatch du groupe CME à partir des contrats à terme sur les fonds fédéraux, est passée d'environ **12 % à près de 38 %** en une semaine. Newsquawk situe pour sa part cette probabilité entre 30 % et 35 %. Les ordres de grandeur diffèrent, la direction non.

Une enquête Reuters auprès des économistes va dans le même sens : la majorité de ceux qui se prononcent sur le risque d'une hausse d'ici la fin de l'année le qualifient désormais d'élevé, alors qu'ils le jugeaient faible le mois précédent. Les marchés intègrent deux relèvements d'ici la fin du premier trimestre 2027.

> « La Fed va trouver le maintien du statu quo plus difficile à justifier qu'il n'y paraissait il y a encore quelques semaines. »  
> Nigel Green, directeur général de deVere Group, dans une note du 23 juillet

Tous les analystes ne partagent pas cette lecture. Gregory Daco, chef économiste d'EY Parthenon, situe le vrai point de bascule plus tard dans l'année.

> « Une hausse dès juillet reste hautement improbable, mais la réunion de septembre pourrait devenir le premier test sérieux de la durabilité de l'amélioration récente de l'inflation. Notre scénario central reste un statu quo sur le reste de l'année, mais c'est une décision à 60 contre 40. »  
> Gregory Daco, chef économiste d'EY Parthenon, dans une note du 22 juillet

## Le pétrole menace de défaire ce que le pétrole avait fait

Cette bascule s'explique par un enchaînement précis. Le 14 juillet, le département du Travail américain a publié une statistique d'inflation nettement meilleure qu'attendu : les prix à la consommation ont progressé de **3,5 % sur un an en juin**, contre 4,2 % le mois précédent, et l'indice a reculé de 0,4 % sur le mois, sa plus forte baisse mensuelle depuis avril 2020. L'inflation sous-jacente est revenue à 2,6 %, contre 2,9 % en mai. Le principal moteur de cette détente était l'énergie, dont la hausse annuelle est tombée à 15,7 % après 23,5 % en mai.

Cette amélioration reposait donc sur la composante la plus instable du panier. Le 23 juillet, le Brent a franchi les 100 dollars le baril pour la première fois depuis le 26 mai, gagnant environ 7 % pour clôturer à **100,69 dollars**, tandis que le brut léger américain avançait de près de 6 % à 92,19 dollars. En cause : les alliés houthis de l'Iran ont annoncé avoir visé deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, après avoir décrété un blocus maritime contre Riyad. Sur le mois, le baril a progressé de plus de 30 %. Le vendredi 24 juillet, il refluait autour de 97 dollars.

Kevin Warsh avait anticipé ce risque devant le Congrès américain le 14 juillet, le jour même de la publication de l'indice des prix. Il déclarait alors que l'économie pouvait se trouver « à un point d'inflexion, compte tenu du risque que le choc énergétique se propage à d'autres catégories de prix à la consommation ». Le président de la Fed a répété que l'institution restait engagée sur son objectif de 2 %.

## La BCE a déjà tranché, les autres pas encore

Les épargnants européens connaissent déjà la réponse de leur banque centrale. Le 23 juillet, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a laissé ses trois taux directeurs inchangés : facilité de dépôt à **2,25 %**, opérations principales de refinancement à 2,40 %, facilité de prêt marginal à 2,65 %. La décision intervenait six semaines après le premier relèvement depuis 2023, opéré le 11 juin.

Dans sa déclaration, l'institution a relevé que les perspectives d'évolution des prix de l'énergie, « bien que très volatiles, sont actuellement proches du scénario de référence », tout en soulignant que « l'incidence inflationniste du choc énergétique ne s'est pas encore totalement matérialisée ». L'inflation de la zone euro est revenue à 2,8 % en juin, après 3,2 % en mai, l'énergie restant la composante affichant le taux annuel le plus élevé. Les marchés anticipent un nouveau relèvement dès septembre.

## Ce que cette semaine change pour l'épargnant français

La séquence tombe à un moment précis du calendrier de l'épargne réglementée. Sur proposition du gouverneur de la Banque de France, Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a relevé le taux du **Livret A à 1,70 %** au 1er août, un niveau également appliqué au LDDS. Le taux du LEP est maintenu à 2,50 %. La formule légale a été appliquée strictement, le rebond de l'inflation au premier semestre expliquant l'essentiel de cette hausse.

Un choc pétrolier durable produirait deux effets opposés pour un ménage français. Il pousserait mécaniquement le taux du Livret A à la hausse lors de la révision suivante, celle du 1er février 2027, puisque la formule intègre l'inflation. Il renchérirait en parallèle le coût du crédit. Les taux obligataires français sont restés autour de 3,64 % sur dix ans au début juillet, ce qui a permis aux banques de maintenir des barèmes de crédit immobilier proches de 3,30 % à 3,38 % sur vingt ans selon les courtiers Cafpi et Pretto. La partie longue de la courbe a davantage souffert : le 16 juillet, l'OAT à trente ans a atteint 4,73 %, son plus haut niveau depuis octobre 2008, sur fond d'inquiétudes budgétaires.

Les détenteurs d'unités de compte et de PEA ont un second rendez vous. La Bourse de Paris a terminé la semaine à **8 372,28 points**, en progression de 0,88 %, avant une salve de résultats semestriels. LVMH et Michelin publient lundi 27 juillet, suivis mardi de Safran, Air Liquide, EssilorLuxottica, Orange et Kering. Une révision des anticipations de taux et une facture énergétique alourdie touchent ces publications par deux canaux distincts, les marges d'un côté, la valorisation de l'autre.

## Ce qu'il faut surveiller

-   **Mercredi 29 juillet :** décision de la Fed à 20h00 heure de Paris, puis conférence de presse de Kevin Warsh, seule source d'orientation en l'absence de projections chiffrées.
-   **Jeudi 30 juillet :** décision de la Banque d'Angleterre et répartition du vote, que plusieurs observateurs attendent plus restrictive que le 7 contre 2 précédent. Le même jour, les États-Unis publient l'indice des prix des dépenses de consommation et une première estimation du produit intérieur brut du deuxième trimestre.
-   **Vendredi 31 juillet :** décision et rapport de perspectives de la Banque du Japon, puis estimation rapide de l'inflation de juillet en zone euro, attendue à 2,9 % après 2,8 %, et croissance du deuxième trimestre.

Le scénario dominant reste celui de trois statu quo. Ce qui se jouera cette semaine tient moins aux décisions elles mêmes qu'au vocabulaire employé pour les justifier, et à la vitesse à laquelle un baril proche de 100 dollars se transforme, ou non, en inflation durable.
