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title: "Emploi américain : 162 000 créations en août, la Fed rouvre le dossier d'une hausse"
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category: macro-economics
description: "L'économie américaine a créé 162 000 emplois en août, près du triple du consensus. Le chômage reste à 4,1 % et une hausse de la Fed revient au centre du jeu."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-04T14:57:23.619Z"
updatedAt: "2026-09-04T14:57:23.651Z"
readingTimeMinutes: 6
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# Emploi américain : 162 000 créations en août, la Fed rouvre le dossier d'une hausse

> L'économie américaine a créé 162 000 emplois en août, près du triple du consensus, avec un chômage stable à 4,1 %. Le rendement à deux ans est monté à 4,425 % et les marchés replacent une hausse de la Fed au centre du débat avant la réunion des 15 et 16 septembre.

L'économie américaine a créé **162 000 emplois non agricoles** en août, selon les chiffres publiés vendredi 4 septembre par le Bureau of Labor Statistics. Le consensus des économistes tournait autour de 55 000 postes. Le taux de chômage est resté stable à **4,1 %**.

La publication ravive une question que les marchés avaient mise de côté pendant l'été, celle d'une hausse du taux directeur de la Réserve fédérale le 16 septembre. Le rendement du Treasury à deux ans, le plus sensible aux anticipations de politique monétaire, est monté jusqu'à 4,425 % dans la matinée à New York.

## Un chiffre qui triple les attentes

Le résultat d'août dépasse largement les prévisions. Les économistes interrogés par Bloomberg attendaient 55 000 créations, ceux de LSEG 56 000, ceux de FactSet 65 000. Le chiffre publié représente près du triple de ces estimations et la meilleure performance mensuelle depuis mars 2026 et ses 214 000 créations.

Trois secteurs portent l'essentiel du rebond. La restauration et les débits de boissons ajoutent **59 000 postes**, l'enseignement public local **42 000** et la santé **13 000**. Le secteur de l'information perd en revanche 23 000 emplois. La population active a progressé de 683 000 personnes et le taux de participation est remonté à 61,6 %, contre 61,4 % en juillet.

## Les révisions effacent le trou d'air estival

Le département du Travail a également révisé en hausse de **55 000 postes au total** les mois de juin et juillet. Juillet, initialement annoncé en destruction de 23 000 emplois, ressort désormais à 21 000 créations. La séquence estivale ressemble maintenant à une pause dans l'embauche, avec 31 000 créations en juin et 21 000 en juillet, avant le sursaut d'août.

## Pourquoi le scénario d'un resserrement revient

La Fed maintient sa fourchette cible entre **3,50 % et 3,75 %** depuis le 11 décembre 2025, terme de trois baisses consécutives décidées à l'automne 2025. Le taux effectif des fed funds s'établissait à 3,63 % le 3 septembre. Neuf mois de statu quo ont suivi, sur fond de prix qui refusent de revenir vers la cible.

L'indice des prix à la consommation américain progressait de 3,4 % sur un an en juillet, très au dessus de l'objectif de 2 %. Lors du symposium de Jackson Hole fin août, le président de la Fed **Kevin Warsh** a indiqué qu'il restait du travail à faire si les pressions sur les prix persistaient. Les probabilités implicites d'une hausse en septembre étaient remontées autour de 66 % à la fin du mois d'août, selon l'outil FedWatch du CME Group.

> « Une surprise à la hausse sur les créations d'emplois va probablement raviver les inquiétudes autour d'une hausse des taux. »
> 
> Ellen Zentner, stratège économique en chef, Morgan Stanley Wealth Management

## Les salaires racontent une histoire différente

Le salaire horaire moyen s'établit à 37,75 dollars en août, en progression de 0,3 % sur un mois et de **3,1 % sur un an**. Ce rythme annuel est le plus faible depuis mai 2021. La dynamique salariale continue donc de ralentir alors même que l'embauche accélère, ce qui affaiblit l'argument d'une spirale entre les prix et les salaires.

Plusieurs économistes appellent à la prudence sur l'interprétation d'un mois isolé.

> « Un mois ne fait pas une tendance. Pour l'instant, le marché du travail paraît stable : ni vigoureux, ni en voie d'effondrement. »
> 
> Orphe Divounguy, économiste en chef, Quantitative Research Group

## Ce que les marchés en ont fait

La réaction s'est concentrée sur la partie courte de la courbe obligataire. Le rendement à deux ans est monté à 4,372 %, contre 4,334 % la veille, avec un point haut de séance à 4,425 %. Le cinq ans gagne 3,6 points de base à 4,545 %. Le dix ans progresse plus modestement à 4,772 %, après un sommet à 4,812 %.

Les actions ont reculé. Le S&P 500 cédait 0,35 % à 7 720,76 points en milieu de séance, le Dow Jones 0,51 % à 53 410,37 points et le Nasdaq Composite 0,27 % à 26 512,39 points. L'indice dollar gagnait 0,19 % à 99,095. Le bitcoin décrochait de 3,03 % à 79 080 dollars, repassant sous le seuil des 80 000 dollars.

## La BCE avance sur son propre calendrier

La Banque centrale européenne se réunit le **10 septembre**, six jours avant la Fed. Elle a relevé son taux de facilité de dépôt de 2,00 % à **2,25 %** le 17 juin 2026, avant de marquer une pause en juillet. Le taux des opérations principales de refinancement s'établit à 2,40 %. Les marchés monétaires attribuent une probabilité proche de 87 % à une nouvelle hausse de 25 points de base.

Les taux européens ont peu bougé vendredi. Le Bund allemand à dix ans revenait à 3,3305 %, l'OAT française à 4,1854 % et le BTP italien à 4,1492 %. La France emprunte donc à dix ans plus cher que l'Italie. Le CAC 40 évoluait quasiment à l'équilibre, à 8 284,62 points, quand l'Euro Stoxx 50 gagnait 0,32 %. L'euro s'échangeait à 1,162 dollar.

## Les conséquences pour un épargnant français

Deux banques centrales orientées vers le resserrement entretiennent des rendements obligataires élevés sur les deux rives de l'Atlantique. Pour un détenteur d'assurance vie, cette configuration soutient le rendement des fonds en euros, dont les portefeuilles se réinvestissent progressivement à des taux supérieurs à ceux des années de politique accommodante.

Le revers concerne les actifs longs. Une OAT à dix ans à 4,19 % relève le taux sans risque qui sert de référence à la valorisation des actions et de la pierre. Les porteurs de parts de SCPI et les détenteurs d'unités de compte actions restent exposés à ce mouvement. Les candidats à l'emprunt immobilier voient de leur côté le coût du crédit rester ancré à un niveau élevé.

## Les échéances à surveiller

L'indice des prix à la consommation américain d'août sera publié le **11 septembre**. Il tranchera largement le débat avant la décision de la Fed.

> « Les marchés vont sans doute relever un peu leurs anticipations de hausse en septembre après la publication du jour. Le rapport sur l'inflation de la semaine prochaine devrait toutefois rester le facteur déterminant pour la politique monétaire. »
> 
> Seema Shah, stratège mondiale en chef, Principal Asset Management

Le calendrier se resserre : décision de la BCE le 10 septembre, inflation américaine le 11, puis réunion du comité de politique monétaire de la Fed les 15 et 16 septembre, accompagnée de projections économiques actualisées.
