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title: "easyJet bascule vers Apollo à 7,15 livres par action et lâche Castlelake"
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description: "Le conseil d'easyJet abandonne Castlelake pour l'offre d'Apollo à 7,15 livres par action, soit 5,7 milliards de livres et une prime de 81 %."
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/easyjet-bascule-vers-apollo-a-715-livres-par-action-et-lache-castlelake"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-11T12:08:32.552Z"
updatedAt: "2026-07-11T12:08:32.569Z"
readingTimeMinutes: 6
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# easyJet bascule vers Apollo à 7,15 livres par action et lâche Castlelake

> Le conseil d'easyJet a retiré son soutien à Castlelake pour se rallier à une offre supérieure d'Apollo, à 7,15 livres par action, soit 5,7 milliards de livres. Une prime de 81 % qui ouvre une bataille boursière autour du transporteur à bas coûts.

La bataille pour le contrôle d'easyJet a changé de camp en une nuit. Le 10 juillet 2026, le conseil d'administration du transporteur britannique à bas coûts a annoncé qu'il n'était **plus disposé à recommander** l'offre du fonds américain Castlelake, à laquelle il s'était rallié quatre jours plus tôt. En cause, une contre-proposition du géant du capital-investissement **Apollo Global Management**, jugée financièrement supérieure. L'action a bondi de près de 14 % à l'ouverture à Londres.

Apollo propose 7,15 livres par action en numéraire, valorisant easyJet à 5,7 milliards de livres, soit environ 7,7 milliards de dollars. Ce montant dépasse les 6,90 livres par action offertes par Castlelake, qui avaient conduit le conseil à se déclarer favorable le 6 juillet. La séquence illustre l'appétit renouvelé des fonds pour les compagnies aériennes européennes, fragilisées par le choc énergétique du printemps.

## Une surenchère qui rebat les cartes

La chronologie s'est accélérée en quelques jours. Castlelake avait d'abord essuyé un refus le 25 juin avec une première approche à 6,50 livres, jugée insuffisante. Le fonds est revenu à 6,90 livres, un niveau que le conseil s'est dit prêt à soutenir le 4 juillet. Apollo a alors surgi le 8 juillet avec une proposition à 7,15 livres, portée à un accord de principe le 10 juillet.

Le prix retenu par Apollo représente une prime de **81 %** par rapport au cours de clôture de 3,94 livres du 28 mai 2026, avant l'émergence des rumeurs de rachat. À titre de comparaison, l'action avait terminé à 5,88 livres le jeudi précédant l'annonce, encore loin du prix offert. L'écart traduit l'incertitude des investisseurs sur l'issue finale d'un dossier qui reste au stade d'une offre possible.

Apollo assortit son offre d'une option dite de participation résiduelle. Les actionnaires qui le souhaitent pourraient convertir leurs titres en parts du véhicule d'investissement destiné à détenir easyJet, tout en conservant leurs droits de vote. Les modalités précises de cette alternative restent à négocier.

> Une restructuration héroïque des coûts et un redressement des bénéfices, bien au dessus de nos prévisions actuelles, seraient nécessaires pour que l'opération ait du sens à ce prix.
> 
> Note d'analyse de Bernstein

## Pourquoi easyJet attise les convoitises

Le transporteur exploite une flotte de 356 appareils, exclusivement de la famille Airbus A320, desservant 1 273 lignes vers 165 aéroports dans 37 pays au 31 mars 2026. Cette homogénéité industrielle réduit les coûts de formation, de maintenance et de pièces détachées, un atout recherché par les acquéreurs financiers.

La compagnie mise aussi sur la montée en gamme de sa flotte, avec le retrait accéléré des A319 et l'arrivée d'appareils plus capacitaires. Sa branche voyages, easyJet Holidays, a dégagé 50 millions de livres de bénéfice avant impôt au premier trimestre, avec une clientèle en hausse de 20 %. Ce relais de croissance séduit des investisseurs à la recherche de marges supérieures à celles du transport aérien pur.

Le contexte sectoriel a néanmoins pesé lourd. Le conflit entre les États Unis et l'Iran a fait flamber le prix du kérosène et désorganisé les plans de vol au printemps. L'action easyJet avait alors perdu plus du tiers de sa valeur, ouvrant une fenêtre d'acquisition à prix décoté. L'Association internationale du transport aérien a de son côté prévenu que les profits mondiaux des compagnies pourraient être divisés par deux sur l'ensemble de l'exercice.

## Le poids de la gouvernance et des règles européennes

Le fondateur d'easyJet, Stelios Haji Ioannou, détient environ 15 % du capital et conserve des droits sur la marque du transporteur. Son adhésion sera déterminante pour boucler toute opération, d'autant qu'il perçoit des redevances liées à l'exploitation du nom. Un rachat ne se fera pas sans négociation avec la famille fondatrice.

La réglementation européenne impose par ailleurs qu'une compagnie opérant dans l'Union reste majoritairement détenue et contrôlée par des intérêts européens. Castlelake s'était associé à des dirigeants irlandais, Peter Bellew et Mark Breen, pour répondre à cette exigence. Apollo, de son côté, s'est engagé à prendre toutes les mesures nécessaires pour obtenir les autorisations requises.

Le conseil dirigé par Kenton Jarvis devra trancher entre la sécurité d'un accord déjà signé et la valeur supérieure d'une offre encore conditionnelle. Les comptes du premier semestre 2026 rappellent la sensibilité du modèle : easyJet a affiché une perte de 377 millions de livres, en recul de 27 % sur un an, pour un chiffre d'affaires de 3,95 milliards de livres, en hausse de 12 %.

## Apollo, un habitué du secteur aérien

Le fonds new yorkais n'est pas un novice dans l'aviation. En novembre 2025, Apollo a bouclé un financement adossé aux créneaux de Virgin Atlantic à l'aéroport de Londres Heathrow, pour 745 millions de dollars, destiné à moderniser la flotte du transporteur. Apollo a également détenu la compagnie américaine Sun Country entre 2018 et 2025, et financé le programme de fidélité Flying Blue d'Air France KLM.

Cette expérience nourrit son argumentaire. Apollo présente easyJet comme l'une des entreprises les plus attractives de l'aviation mondiale, dotée d'un fort potentiel de croissance, et affirme vouloir soutenir la stratégie en place : renouvellement de la flotte, développement des services annexes et montée en puissance de l'activité voyages.

## Ce qu'il faut surveiller

Le calendrier fixe deux échéances proches. Castlelake dispose jusqu'au 3 août 2026 pour présenter une offre ferme, tandis qu'Apollo doit annoncer une intention ferme, ou renoncer, au plus tard le 7 août à 17 heures. Une contre offre de Castlelake reste possible, ce qui prolongerait la surenchère.

Pour les épargnants exposés aux valeurs aériennes, l'épisode rappelle qu'une prime élevée ne garantit pas une transaction. L'aléa réglementaire, la question de la marque et l'incertitude sur les modalités de l'option résiduelle laissent le dossier ouvert. La décote persistante du cours face au prix offert traduit précisément ce scepticisme de marché.

## Conclusion

Le ralliement du conseil d'easyJet à Apollo transforme un rachat quasi acté en véritable bataille boursière. La prime de 81 % offerte sur le cours d'avant rumeurs souligne la valeur stratégique d'un réseau paneuropéen et d'une marque solide, mais les prochaines semaines diront si cette surenchère débouche sur une offre ferme ou sur un nouveau rebond de Castlelake.
