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title: "Data centers : le coût de construction grimpe de 21 % à 17,6 millions de dollars le mégawatt"
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description: "Cushman & Wakefield chiffre à 17,6 millions de dollars le mégawatt le coût d'un data center neuf, en hausse de 21 % depuis fin 2024. Analyse et impacts."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-03T18:21:13.679Z"
updatedAt: "2026-09-03T18:21:13.718Z"
readingTimeMinutes: 9
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# Data centers : le coût de construction grimpe de 21 % à 17,6 millions de dollars le mégawatt

> Cushman & Wakefield chiffre à 17,6 millions de dollars le mégawatt le coût d'un data center neuf en Amérique du Nord, en hausse de 21 % depuis fin 2024. L'infrastructure électrique pèse 21 % du budget et les transformateurs se livrent en 68 à 113 semaines.

Le conseil en immobilier d'entreprise Cushman & Wakefield a publié le 3 septembre 2026 la nouvelle édition de son guide des coûts de développement des data centers. Construire un mégawatt de capacité informatique en Amérique du Nord revient désormais **21 % plus cher** qu'au quatrième trimestre 2024, date de l'édition précédente.

Le cabinet chiffre à **17,6 millions de dollars par mégawatt** le coût complet d'une construction neuve pour les installations les plus modernes des États-Unis et du Canada, puces et processeurs graphiques exclus. Au taux de référence de la Banque centrale européenne du 3 septembre 2026, soit 1,1615 dollar pour un euro, la facture ressort à environ **15,15 millions d'euros le mégawatt**. La fourchette relevée par le cabinet s'étend de 8,9 à 23,3 millions de dollars, soit 7,66 à 20,06 millions d'euros, selon le marché et selon le type de charge de travail hébergée.

Ramenée à l'édition de fin 2024, la même installation coûtait environ 14,5 millions de dollars le mégawatt, soit 12,5 millions d'euros. La progression dépasse de très loin l'inflation générale, que le guide situe autour de 5 % sur la période. Le cabinet attribue l'écart à quatre facteurs : l'aggravation des contraintes d'approvisionnement, la hausse des salaires dans les métiers qualifiés, l'évolution des fondamentaux du foncier et le renchérissement des composants critiques.

## Les chiffres clés du rapport

-   **21 %** de hausse du coût par mégawatt depuis le quatrième trimestre 2024.
-   **17,6 millions de dollars** le mégawatt en moyenne pour une construction neuve haut de gamme, hors puces et processeurs graphiques.
-   **8,9 à 23,3 millions de dollars** le mégawatt selon les marchés des États-Unis et du Canada.
-   **2 300 milliards de dollars** de pipeline de développement mondial, dont 492 milliards déjà en chantier.
-   **584 000 dollars** le mégawatt pour le foncier déjà électrifié sur les marchés américains principaux depuis le début de 2026.
-   **631 milliards de dollars** de dépenses d'investissement projetées sur les marchés émergents du secteur.

Le périmètre du guide couvre les États-Unis et le Canada. Il examine l'acquisition foncière, les marchés du travail, les coûts de construction et les tendances d'investissement sur quatre catégories de marchés, des places principales aux zones dites frontières.

## L'électrique pèse plus lourd que le béton

La ventilation des coûts déplace le centre de gravité du chantier. L'**infrastructure électrique** constitue le premier poste, avec 21 % du coût total d'une construction neuve. Les **provisions pour aléas** arrivent en deuxième position, un classement que les auteurs du guide expliquent par l'incertitude persistante liée aux délais d'approvisionnement, aux pénuries de main d'œuvre et à un environnement réglementaire mouvant. Le gros œuvre et l'aménagement du site représentent 17 % du total, l'acquisition du terrain 7 %.

Derrière ces pourcentages se trouvent des équipements dont les prix ont dérivé depuis décembre 2021. Les tableaux de distribution électrique ont pris **60 %**, le cuivre **46 %**, les groupes électrogènes et moteurs **33 %**, les équipements de refroidissement **32 %** et les transformateurs **29 %**.

Les délais d'obtention pèsent autant que les prix. Un transformateur sur socle demande aujourd'hui de **68 à 113 semaines**, soit jusqu'à plus de deux ans. Un groupe électrogène réclame de 60 à 100 semaines, un tableau moyenne tension de 38 à 63 semaines. Un promoteur qui commande son électrotechnique en 2026 immobilise donc du capital sur des équipements livrables en 2028, à des prix négociés avant que la demande liée à l'intelligence artificielle ne se stabilise.

## Le foncier électrifié devient l'actif rare

La rareté s'est déplacée vers le terrain déjà raccordé. Sur les marchés américains principaux, le foncier électrifié s'échange en moyenne à **584 000 dollars le mégawatt** depuis le début de 2026, soit environ 502 800 euros. Ce niveau dépasse de **35 %** sa moyenne quinquennale et progresse de **51 %** sur un an.

Le second goulot d'étranglement concerne la main d'œuvre. Les tensions de recrutement dans les métiers de la mécanique, de l'électricité et de la plomberie ont produit une hausse salariale annuelle moyenne de **5 % entre 2021 et 2024**, avec une progression plus marquée encore sur les marchés secondaires et tertiaires. Les zones que le secteur considérait comme des relais bon marché voient donc leur avantage se réduire.

## Un pipeline de 2 300 milliards de dollars

Le guide replace ces coûts dans un volume d'engagements inédit. Le pipeline mondial de développement représente environ **2 300 milliards de dollars** de capitaux, dont 492 milliards en construction et 1 800 milliards de projets planifiés ou précommercialisés. Le cabinet propose un point de comparaison : ce montant excède d'environ 551 milliards d'euros la valeur estimée de l'ensemble de l'immobilier de la ville de New York.

La géographie du secteur se déplace vers les zones frontières, où le conseil anticipe une multiplication par **6,9** des dépenses d'investissement, jusqu'à **631 milliards de dollars**. Le Texas continue de figurer parmi les environnements de développement les moins coûteux, grâce à un cadre réglementaire favorable aux entreprises, à des coûts de main d'œuvre inférieurs et à un tissu d'entreprises générales déjà rodé.

> « Le secteur des data centers entre dans une nouvelle phase où l'accès à l'électricité, au foncier et à la main d'œuvre qualifiée détermine de plus en plus les endroits où la croissance peut se produire. Notre guide 2026 montre que si les coûts de développement ont augmenté significativement, la demande d'infrastructures d'intelligence artificielle et de cloud continue de remodeler les schémas d'investissement en Amérique du Nord. »
> 
> _John McWilliams, responsable des analyses data centers chez Cushman & Wakefield_

## En France, SoftBank affiche 15 millions d'euros le mégawatt

L'ordre de grandeur nord américain trouve un écho direct dans les projets français annoncés. Le groupe japonais SoftBank s'est engagé fin mai 2026 à développer et exploiter jusqu'à 5 gigawatts de capacité de calcul en France pour un montant pouvant atteindre 75 milliards d'euros. Le rapport donne **15 millions d'euros le mégawatt**. La première tranche annoncée, 45 milliards d'euros pour 3,1 gigawatts dans les Hauts de France, ressort à 14,5 millions d'euros le mégawatt.

Ces deux ratios encadrent la moyenne de 15,15 millions d'euros calculée pour l'Amérique du Nord. La convergence suggère que l'inflation des composants critiques, largement mondialisée, frappe les promoteurs français avec la même intensité que leurs homologues américains.

Le contexte hexagonal amplifie toutefois un des risques identifiés par le cabinet. Selon le bilan semestriel publié le 24 août 2026 par le cabinet Trendeo, les centres de données captent **88,3 milliards d'euros** des investissements annoncés en France au premier semestre 2026, première destination du capital devant l'énergie. Face à ce flux, RTE avait réservé fin mai 2026 près de **18 gigawatts** de capacité pour environ 80 projets, contre 5 gigawatts fin 2024, pour des demandes cumulées de 28,6 gigawatts. Le gestionnaire annonce des délais de raccordement compris entre deux et sept ans.

Un promoteur français subit donc l'inflation des équipements sur un chantier dont la mise en service peut intervenir sept ans après la décision d'investissement. L'écart entre le moment où le capital sort et le moment où le premier loyer entre s'allonge au rythme même où le coût unitaire progresse.

## Une croissance deux fois moindre en Europe qu'aux Amériques

La comparaison mondiale des marchés publiée par le cabinet le 29 mai 2026 situe la région Europe, Moyen Orient et Afrique à **11,4 gigawatts** de capacité opérationnelle, 2,7 gigawatts en construction et 12,1 gigawatts planifiés. Le cabinet y anticipe une croissance de la capacité d'un peu plus du double, quand les Amériques devraient voir la leur sextupler.

Francfort illustre la contrainte européenne. La place se classe au troisième rang mondial des marchés à très faible disponibilité de court terme et affiche des taux de précommercialisation élevés sur ses projets. Le cabinet observe qu'elle ne concourt plus principalement par sa capacité d'expansion à grande échelle mais par la solidité de sa position acquise.

## Deux lectures pour l'investisseur

La lecture favorable s'appuie sur la barrière à l'entrée. Un coût de 15 millions d'euros le mégawatt, des délais d'équipement de deux ans et un foncier électrifié en hausse de 51 % sur un an écartent mécaniquement les acteurs sous capitalisés. Les détenteurs d'actifs déjà raccordés et déjà loués voient la valeur de remplacement de leur parc progresser de 21 % sans avoir engagé le moindre euro supplémentaire.

La lecture prudente part du classement des postes de coûts établi par le cabinet lui même. Voir les provisions pour aléas occuper le deuxième rang d'un budget de construction signale que les maîtres d'ouvrage ne parviennent plus à border leurs prix. Un budget dont la deuxième ligne sert à absorber l'incertitude est un budget dont la rentabilité affichée repose sur des hypothèses fragiles. Si la demande de calcul ralentit avant que les capacités commandées n'entrent en service, le surcoût de 21 % restera acquis alors que les revenus attendus, eux, ne le sont pas.

## Comment ont réagi les valeurs cotées

Le marché a accueilli la publication sans inquiétude. L'action Cushman & Wakefield gagnait **4,22 %** à 13,59 dollars en séance new yorkaise le 3 septembre 2026, après une clôture précédente à 13,04 dollars. Les deux grands exploitants cotés progressaient également : Equinix avançait de 0,96 % à 1 029,04 dollars et Digital Realty Trust de 1,24 % à 186,04 dollars.

Cette réaction se comprend : pour un exploitant qui possède déjà ses installations, une hausse du coût de construction neuve protège les loyers existants en retardant l'arrivée de capacités concurrentes.

## Ce qu'il faut surveiller

-   Le prochain point d'étape des délais de livraison des transformateurs et des tableaux électriques, principal déterminant du calendrier des chantiers.
-   L'évolution du prix du foncier électrifié, qui a progressé de 51 % sur un an et constitue le marqueur le plus rapide de la tension du secteur.
-   Les décisions de raccordement de RTE sur les 28,6 gigawatts de demandes cumulées en France, qui arbitreront la faisabilité réelle des 88,3 milliards d'euros annoncés.
-   La capacité des exploitants à répercuter la hausse de 21 % sur les loyers signés, seule variable qui préserve les rendements des véhicules exposés au secteur.
-   La confirmation, ou non, du basculement des chantiers vers les marchés frontières, où le cabinet attend une multiplication par 6,9 des dépenses.

## Sources

-   [Communiqué officiel du 3 septembre 2026, Business Wire](https://www.businesswire.com/news/home/20260903969305/en/)
-   [2026 Data Center Development Cost Guide, le rapport primaire](https://www.cushmanwakefield.com/en/united-states/insights/data-center-development-cost-guide)
-   [Global Data Center Market Comparison 2026](https://www.cushmanwakefield.com/en/germany/news/2026/05/global-data-center-market-comparison)
-   [SoftBank Group, communiqué du 31 mai 2026 sur la France](https://group.softbank/en/news/press/20260531_0)
-   [MarketWatch, Data Center Construction Costs Are Rising Quickly](https://www.marketwatch.com/story/cushman-wakefield-report-says-data-center-construction-costs-are-rising-quickly-up-21-008209b6)
-   [Banque centrale européenne, taux de référence euro dollar du 3 septembre 2026](https://data-api.ecb.europa.eu/service/data/EXR/D.USD.EUR.SP00.A)
