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title: "Data centers : la course du private equity à l'infrastructure IA s'accélère"
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description: "Blue Owl, KKR et Blackstone se disputent l'infrastructure IA. 45,7 milliards de dollars investis dans les data centers en 2025. Quel accès pour les HNWI ?"
keywords: [private equity data center, infrastructure IA, FPCI data center, ELTIF 2.0, KKR Helix, Blue Owl Kirkwood, Blackstone data center, investissement HNWI]
tags: [private-equity, data-center, intelligence-artificielle, infrastructure, blackstone, kkr, blue-owl, fpci, eltif, hnwi, capital-investissement, brookfield]
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-24T09:06:04.366Z"
updatedAt: "2026-07-24T09:06:04.385Z"
readingTimeMinutes: 6
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# Data centers : la course du private equity à l'infrastructure IA s'accélère

> Blue Owl a lancé le 8 juillet 2026 Kirkwood Infrastructure Group, quelques semaines après le véhicule Helix de KKR doté de 10 milliards de dollars. Le capital investissement a injecté 45,7 milliards dans les data centers américains en 2025, un record. Un mouvement scruté par le Sénat américain.

La bataille pour financer les infrastructures de l'intelligence artificielle est devenue le nouveau terrain d'affrontement des grands gérants de capital investissement. Le 8 juillet 2026, des fonds gérés par **Blue Owl Capital** ont lancé Kirkwood Infrastructure Group, une entité dédiée au déploiement de fibre optique et de conduits pour raccorder les data centers hyperscale du sud des États-Unis. L'annonce prolonge une séquence dense : en juin, **KKR** a créé Helix Digital Infrastructure, une société adossée à plus de 10 milliards de dollars d'engagements, pilotée par l'ancien patron d'Amazon Web Services Adam Selipsky.

Ces lancements traduisent une conviction partagée par les principaux acteurs du non coté : la rareté ne se situe plus dans les modèles d'IA, mais dans les mètres carrés climatisés et les mégawatts disponibles. Posséder cette infrastructure physique devient l'avantage concurrentiel décisif de la décennie.

## Un record d'investissement en 2025

Les chiffres confirment l'ampleur du basculement. Selon S&P Global Market Intelligence, le capital investissement a injecté **45,7 milliards de dollars** dans les data centers américains en 2025, soit 72 % des 63,35 milliards investis dans le secteur cette année là. Ce montant représente le plus haut niveau depuis au moins cinq ans, en progression de plus de trois fois par rapport aux 13,79 milliards de l'exercice précédent.

Une opération domine ce total : le rachat annoncé d'Aligned Data Centers pour environ 40 milliards de dollars par un consortium réunissant MGX, Global Infrastructure Management, Microsoft, xAI, Nvidia, Temasek, la Kuwait Investment Authority et BlackRock. La concentration du capital autour de quelques méga transactions illustre le ticket d'entrée désormais requis pour peser sur ce marché.

## Blackstone en tête, la concurrence s'organise

Blackstone revendique la position dominante. Lors de sa présentation de résultats d'avril 2026, son président Stephen Schwarzman a chiffré le portefeuille du groupe à **plus de 150 milliards de dollars** de data centers dans le monde, avec 160 milliards supplémentaires en pipeline de développement. Le dirigeant a qualifié Blackstone de « plus grand investisseur mondial dans les infrastructures liées à l'IA ». Le gérant a par ailleurs coté en mai 2026 un véhicule dédié, Blackstone Digital Infrastructure Trust, qui a levé 1,75 milliard de dollars.

Brookfield avance de son côté un fonds AI Infrastructure de 10 milliards de dollars, avec l'ambition de déployer jusqu'à 100 milliards dans les data centers, la production d'énergie et les capacités de calcul. La logique commune de ces plateformes consiste à sécuriser l'électricité en amont : Helix a ainsi désigné Nvidia comme partenaire stratégique et Vistra comme fournisseur d'énergie de référence, afin de contourner le goulet d'étranglement du raccordement au réseau.

## Le poids du financement privé de la dette

Au delà du capital, la dette privée nourrit également le cycle. Les gérants d'actifs privés se positionnent sur des financements géants destinés aux opérateurs technologiques, à l'image de l'enveloppe négociée pour bâtir les campus de calcul de Meta, où Pimco et Blue Owl figurent parmi les prêteurs pressentis. Cette imbrication entre fonds propres et dette privée fait des infrastructures numériques l'une des classes d'actifs les plus recherchées du non coté.

Pour l'investisseur, la promesse repose sur des rendements élevés. Les développements hyperscale visent des taux de rendement interne de 25 à 40 % sur des durées de portage de trois à quatre ans selon Accordant Investments, tandis que les actifs stabilisés offrent des TRI de 12 à 18 % nets pour les véhicules institutionnels. Ces performances rémunèrent un risque réel, à commencer par l'obsolescence : le cycle de renouvellement des puces graphiques, proche de dix huit mois, peut réduire la durée de vie utile d'une installation à sept ou dix ans, contre vingt à vingt cinq pour un centre classique.

## Une exposition scrutée par le régulateur

L'engouement suscite aussi des réserves politiques. La sénatrice américaine Elizabeth Warren a adressé en juin 2026 des courriers à KKR, BlackRock, Brookfield et Blackstone pour interroger l'imbrication entre la détention de data centers et celle de producteurs d'électricité, sur fond de hausse des factures des ménages. La consommation électrique des data centers américains est passée de 1,9 % à 4,4 % du total national entre 2018 et 2023, selon une étude citée par la sénatrice, qui n'allègue toutefois aucune infraction.

Ce contexte réglementaire pèse sur l'appréciation du risque, sans freiner les capitaux. Les projections du secteur anticipent que le financement des data centers pourrait mobiliser jusqu'à 350 milliards de dollars de capital investissement d'ici 2028.

## Quel accès pour l'investisseur français ?

Le mouvement dépasse largement les États-Unis. Lors du sommet Choose France 2026, les engagements annoncés ont atteint 93 milliards d'euros, dont une part importante fléchée vers l'IA et les data centers. SoftBank a évoqué une enveloppe de 75 milliards d'euros pour construire des centres en Europe, tandis que Brookfield a porté ses engagements en France à 30 milliards. La France comptait début 2026 environ 350 sites et 714 MW de capacité installée, en hausse de 40 % sur un an.

Pour un particulier fortuné, accéder à cette classe d'actifs suppose de passer par des véhicules dédiés. Un [placement en private equity sur les data centers réservé aux investisseurs fortunés](https://www.france-epargne.fr/products/investissement/investissement-data-center-private-equity-hnwi) prend le plus souvent la forme d'un fonds professionnel de capital investissement (FPCI), dont le ticket minimal atteint 100 000 euros et dont le capital reste immobilisé sur huit à douze ans. Les fonds structurés en ELTIF 2.0, désormais logeables en assurance vie dès 10 000 euros depuis la loi Industrie verte, ouvrent une voie plus accessible.

La fiscalité constitue un autre paramètre décisif. Un FPCI dit fiscal, régi par l'article 163 quinquies B du Code général des impôts, exonère d'impôt sur le revenu les distributions et plus values sous condition de conservation des parts pendant cinq ans et de réinvestissement des distributions. Les prélèvements sociaux de 17,2 % demeurent dus. À défaut, les gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 %.

Les épargnants attentifs surveilleront trois signaux : la cadence des levées dédiées aux infrastructures numériques, l'issue des questions posées par le régulateur américain et les contraintes énergétiques françaises, notamment le décret loi REEN qui conditionnera à partir du 1er janvier 2027 le tarif réduit d'accise sur l'électricité au respect d'objectifs d'efficacité. La liquidité limitée et l'horizon long de ces placements imposent, comme toujours dans le non coté, une allocation mesurée au regard de la situation patrimoniale de chacun.
