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title: "Darden bat le consensus mais Olive Garden déçoit, le titre recule de 3 %"
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description: "Darden publie un bénéfice supérieur aux attentes au quatrième trimestre 2026, mais Olive Garden ralentit et les prévisions 2027 prudentes font reculer l'action."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-25T12:08:14.595Z"
updatedAt: "2026-06-25T12:08:14.608Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Darden bat le consensus mais Olive Garden déçoit, le titre recule de 3 %

> Le propriétaire d'Olive Garden et LongHorn Steakhouse a publié un bénéfice supérieur aux attentes au quatrième trimestre, mais la croissance plus faible qu'espéré d'Olive Garden et des prévisions 2027 prudentes ont fait reculer l'action de plus de 3 %.

Darden Restaurants, le groupe américain propriétaire des enseignes Olive Garden et LongHorn Steakhouse, a dévoilé le 25 juin 2026 des résultats annuels supérieurs aux prévisions des analystes. La réaction des marchés a pourtant été négative. L'action a cédé plus de 3 % avant l'ouverture de Wall Street, sanctionnée par une croissance plus modeste qu'attendu de son enseigne phare et par des perspectives jugées prudentes pour l'exercice 2027.

Ce décalage entre des chiffres solides et un repli boursier illustre une mécanique désormais classique sur les marchés actions. Quand une valeur de consommation se traite à des multiples élevés, les investisseurs ne récompensent plus la performance passée, ils scrutent la trajectoire à venir. Pour les épargnants français exposés aux actions américaines via leurs fonds, leurs unités de compte ou leurs trackers, le cas Darden offre une lecture concrète de la santé du consommateur outre-Atlantique.

## Un trimestre supérieur aux attentes

Au quatrième trimestre de son exercice clos le 31 mai 2026, Darden a enregistré un chiffre d'affaires de 3,72 milliards de dollars, en hausse de 13,7 %. Cette progression intègre une 53e semaine d'activité, particularité comptable qui revient périodiquement dans le calendrier du groupe et qui a contribué pour 7,6 points à la croissance du trimestre. Hors cet effet calendaire, la dynamique reste portée par une hausse de 4,6 % des ventes à périmètre comparable et par l'apport de 43 restaurants nets supplémentaires.

Le **bénéfice par action ajusté** ressort à 3,66 dollars sur le trimestre, en progression de 22,8 % sur un an. Il dépasse le consensus des analystes, qui tablaient sur 3,64 dollars. La 53e semaine a apporté à elle seule 0,25 dollar de bénéfice par action. Le résultat publié, qui intègre 0,12 dollar de coûts liés à des fermetures de restaurants et à l'intégration de la chaîne Chuy's, atteint 3,54 dollars par action.

Sur l'ensemble de l'exercice 2026, le chiffre d'affaires s'établit à 13,21 milliards de dollars, en hausse de 9,4 %. Le bénéfice par action ajusté annuel atteint 10,64 dollars, en croissance de 11,4 %. Le président et directeur général Rick Cardenas a salué une année où le groupe a, selon ses mots, « nettement surperformé le secteur ».

> « Le quatrième trimestre a clôturé en force une excellente année. Nos équipes en restaurant ont continué d'exécuter à un haut niveau, et cette constance a permis à chacune de nos marques d'afficher une croissance positive des ventes comparables sur le trimestre », a déclaré Rick Cardenas, président et directeur général de Darden Restaurants.

## Olive Garden, le maillon qui déçoit

La déception est venue de l'enseigne la plus emblématique du groupe. Olive Garden, spécialiste de la cuisine italienne abordable et premier contributeur au chiffre d'affaires, a vu ses ventes comparables progresser de seulement 2,4 % au trimestre. Les analystes attendaient une croissance proche de 3,2 %. L'écart paraît mince, mais il pèse lourd pour une chaîne qui représente à elle seule plus de 5,5 milliards de dollars de ventes annuelles.

Le contraste avec les autres marques accentue la déception. **LongHorn Steakhouse**, l'enseigne de grillades du groupe, a affiché une croissance de 9,5 % de ses ventes comparables, confirmant l'appétit persistant des consommateurs américains pour la viande malgré la hausse des prix du bœuf. Le segment de la restauration haut de gamme, qui réunit notamment The Capital Grille et Ruth's Chris Steak House, progresse de 1,9 %.

Cette dispersion des performances raconte une histoire plus large. Le secteur américain de la restauration traverse une phase de polarisation. Les chaînes positionnées sur un rapport qualité prix avantageux captent une clientèle qui délaisse la restauration rapide, devenue moins compétitive après plusieurs années de hausses tarifaires. À l'inverse, les enseignes les plus exposées aux ménages modestes souffrent d'un pouvoir d'achat sous pression.

## Des prévisions 2027 jugées trop prudentes

Au delà du trimestre, c'est la projection pour l'exercice 2027 qui a refroidi les marchés. Darden anticipe un chiffre d'affaires compris entre 13,60 et 13,75 milliards de dollars, une croissance des ventes comparables de 2,5 % à 3,5 %, et un bénéfice par action ajusté de 11,10 à 11,35 dollars. Le haut de cette fourchette reste inférieur aux 11,38 dollars attendus en moyenne par les analystes.

Le groupe prévoit également d'ouvrir 75 à 80 nouveaux restaurants, d'investir environ 875 millions de dollars et de composer avec une inflation des coûts proche de 3,0 %. Cette dernière prévision résume le défi du secteur : la maîtrise des coûts alimentaires, en particulier ceux du bœuf, et l'impact des droits de douane sur les produits importés continuent de grignoter les marges.

Le directeur financier a pour sa part insisté sur la solidité de la génération de trésorerie du groupe, argument central pour rassurer les actionnaires.

> « Notre modèle opérationnel solide génère des flux de trésorerie significatifs et durables. Depuis 2019, nous avons délivré une croissance annualisée de 9 % de notre excédent brut d'exploitation ajusté », a indiqué Raj Vennam, directeur financier de Darden Restaurants.

## Dividende relevé et rachats d'actions renforcés

Fidèle à sa réputation de valeur de rendement, Darden a accompagné ses résultats d'annonces favorables aux actionnaires. Le conseil d'administration a relevé le dividende trimestriel à 1,62 dollar par action, soit une hausse de 8,0 % par rapport au trimestre précédent. Un an plus tôt, ce même dividende s'élevait à 1,50 dollar. Le versement interviendra le 3 août 2026 pour les actionnaires enregistrés au 10 juillet.

Le groupe a par ailleurs autorisé un nouveau **programme de rachat d'actions** pouvant atteindre 1,5 milliard de dollars, sans date d'expiration. Ce plan remplace l'autorisation précédente et marque une nette montée en puissance par rapport au programme d'un milliard de dollars approuvé l'an dernier. Sur le seul quatrième trimestre, Darden avait déjà racheté pour 138 millions de dollars de ses propres titres.

Le portefeuille du groupe continue par ailleurs de se simplifier. Darden a engagé la fermeture ou la conversion de l'ensemble des restaurants Bahama Breeze, son enseigne aux accents caribéens, dont la disparition s'étalera entre le troisième trimestre 2026 et le quatrième trimestre 2027. Parallèlement, l'intégration de Chuy's, chaîne de cuisine tex mex rachetée récemment, pèse encore sur les comptes mais doit nourrir la croissance future.

## Ce que le cas Darden dit du consommateur américain

Pour un épargnant européen, l'intérêt de ces résultats dépasse le seul sort d'un opérateur de restaurants. Darden fait figure de baromètre de la consommation discrétionnaire aux États-Unis. Quand les Américains continuent de dîner au restaurant, fût-ce en arbitrant davantage leurs sorties, c'est le signe d'une demande intérieure qui résiste. La part croissante des consommateurs qui considèrent désormais un repas au restaurant comme une dépense exceptionnelle plutôt qu'une habitude traduit toutefois une prudence grandissante.

Cette lecture compte à l'heure où la Réserve fédérale scrute le moindre signe de ralentissement pour calibrer sa politique monétaire. Une consommation qui tient bon plaide pour des taux maintenus à un niveau élevé, tandis qu'un essoufflement nourrirait les anticipations de détente. Les valeurs de consommation comme Darden offrent ainsi un signal avancé, observé de près par les gérants de fonds.

La séance du 25 juin rappelle enfin une règle structurante des marchés actions. Une entreprise peut publier de bons résultats et voir malgré tout son cours reculer, dès lors que les perspectives n'égalent pas les attentes. Pour les détenteurs d'unités de compte ou de trackers exposés aux grandes capitalisations américaines, cette sensibilité aux prévisions justifie une approche diversifiée et un horizon de placement long, à l'abri des soubresauts trimestriels.

## Ce qu'il faut surveiller

-   La capacité d'Olive Garden à renouer avec une croissance des ventes comparables plus dynamique sur le premier trimestre 2027.
-   L'évolution des coûts du bœuf et l'impact des droits de douane sur les marges du groupe.
-   Le rythme effectif des rachats d'actions dans le cadre du nouveau programme de 1,5 milliard de dollars.
-   Les prochains indicateurs de consommation américaine, dont les dépenses des ménages, pour confirmer ou infirmer le signal envoyé par Darden.
