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title: "Circle décroche sa charte de banque nationale fiduciaire aux États-Unis pour l'USDC"
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category: crypto-blockchain
description: "Circle obtient l'agrément final de l'OCC pour créer une banque nationale fiduciaire et gérer les réserves de l'USDC. Enjeux pour les épargnants."
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/circle-decroche-sa-charte-de-banque-nationale-fiduciaire-aux-etats-unis-pour-lusdc"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-10T23:07:40.811Z"
updatedAt: "2026-07-10T23:07:40.829Z"
readingTimeMinutes: 6
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# Circle décroche sa charte de banque nationale fiduciaire aux États-Unis pour l'USDC

> L'émetteur de l'USDC a obtenu le 10 juillet 2026 l'agrément final de l'OCC pour créer Circle National Trust. Cette charte fédérale lui permettra de gérer directement les réserves de son stablecoin, fort de 73 milliards de dollars en circulation. L'action a gagné près de 5 %.

L'**Office of the Comptroller of the Currency** (OCC), le régulateur fédéral des banques américaines, a accordé le 10 juillet 2026 son agrément définitif à Circle Internet Group pour établir une banque nationale fiduciaire. La nouvelle entité, baptisée **Circle National Trust** et enregistrée sous le nom de First National Digital Currency Bank, N.A., placera sous supervision fédérale directe l'infrastructure du deuxième stablecoin mondial, l'USDC. À l'annonce, l'action Circle a bondi jusqu'à 14 % avant de clôturer sur un gain proche de 5 %.

## Une charte fédérale, pas une licence bancaire classique

La distinction est essentielle pour comprendre la portée de la décision. Une banque nationale fiduciaire (national trust bank) est habilitée à fournir des services de conservation et des prestations fiduciaires, mais elle ne collecte pas de dépôts du public et n'accorde pas de crédits. Circle ne devient donc pas une banque commerciale au sens traditionnel : la charte encadre exclusivement la garde d'actifs numériques et, à terme, la gestion des réserves qui garantissent l'USDC.

Jusqu'à présent, Circle dépendait de banques et de dépositaires tiers pour détenir les liquidités et les bons du Trésor adossés à son stablecoin. L'agrément lui permettra d'internaliser cette fonction sous un régime prudentiel fédéral. _« L'approbation de l'OCC pour établir Circle National Trust marque une étape déterminante pour intégrer la technologie blockchain et les actifs numériques au cœur du système financier américain »_, a déclaré Jeremy Allaire, cofondateur, président et directeur général de Circle.

Le processus s'est étalé sur plus d'un an. Circle avait déposé sa demande le 30 juin 2025, obtenu un accord conditionnel en décembre 2025, avant cette validation finale. Dans un premier temps, la banque fiduciaire assurera la conservation d'actifs numériques pour Circle et ses filiales, avec une extension possible à un nombre limité de clients institutionnels, principalement des banques et des établissements financiers régulés.

## Le cadre du GENIUS Act redessine le marché des stablecoins

Cette charte s'inscrit dans le sillage du **GENIUS Act**, la loi fédérale sur les stablecoins signée par Donald Trump le 18 juillet 2025. Le texte impose que tout émetteur de stablecoin de paiement soit un établissement agréé, adosse ses jetons à une couverture de 100 % en actifs sûrs et liquides comme les bons du Trésor, publie des rapports mensuels sur ses réserves et se soumette à un audit annuel pour les plus gros acteurs. Les règlements d'application doivent paraître au plus tard le 18 juillet 2026, soit dans les jours qui viennent.

Circle n'est pas seule à emprunter la voie de la charte fédérale. L'OCC, sous la direction de son responsable Jonathan Gould, a accordé des agréments ou des accords conditionnels à plusieurs acteurs du secteur, parmi lesquels BitGo, Ripple, Paxos, Fidelity Digital Assets et, plus récemment, Sony. Cette vague traduit une transformation de fond : les entreprises crypto cherchent à passer du statut d'applications financières à celui d'infrastructures financières intégrées au système bancaire.

## Un modèle économique adossé aux bons du Trésor

Derrière l'USDC se cache une mécanique simple et puissante. L'USDC représente environ 73,2 milliards de dollars en circulation, contre 184,1 milliards pour l'USDT de Tether, le leader du marché. Circle investit les réserves qui adossent ses jetons en bons du Trésor à court terme et en dépôts, et perçoit les intérêts générés par ces placements.

Les chiffres illustrent l'effet de levier du procédé. Sur l'ensemble de l'exercice 2025, le chiffre d'affaires de Circle a progressé de 64 % pour atteindre 2,7 milliards de dollars, dont 96 % provenaient des revenus de réserve. Au quatrième trimestre, ces revenus ont bondi de 69 % sur un an, à 733 millions de dollars, malgré un rendement des réserves ramené à 3,8 % sous l'effet des baisses de taux de la Réserve fédérale. La croissance du volume compense la compression des marges : l'USDC en circulation a terminé 2025 à 75,3 milliards de dollars, en hausse de 72 % sur un an. Le modèle s'apparente pour l'essentiel à un fonds investi en bons du Trésor, greffé à un réseau de distribution.

## Pourquoi les épargnants français doivent suivre ce dossier

Le lien avec l'Europe est plus étroit qu'il n'y paraît. Circle a bâti sa conformité au règlement européen MiCA à travers une licence d'établissement de monnaie électronique obtenue en 2024 auprès de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). En avril 2026, sa filiale française a décroché un agrément supplémentaire de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour des services de conservation et de transfert de cryptoactifs à l'échelle de l'Espace économique européen. Circle pilote donc son activité européenne depuis Paris.

Sur le Vieux Continent, l'EURC, le stablecoin en euros de Circle, s'est imposé comme la référence, avec près de 41 % de la capitalisation du marché des stablecoins libellés en euros, un bond depuis 17 % en un an. Ce quasi-monopole a conduit la Commission européenne à ouvrir une révision des règles de réserve de MiCA, jugées trop favorables à un acteur unique. La capitalisation des stablecoins en euros reste modeste, autour de 450 millions d'euros début 2026, contre 50 millions début 2024, mais sa trajectoire attire l'attention des régulateurs.

Pour l'épargnant français, deux enseignements ressortent. D'abord, l'action Circle (CRCL), introduite au New York Stock Exchange en juin 2025 à 31 dollars et propulsée dès son premier jour, reste un titre volatil dont la valeur dépend largement du niveau des taux d'intérêt : une baisse des taux directeurs érode mécaniquement les revenus de réserve. Ensuite, la solidité d'un stablecoin tient entièrement à la qualité et à la transparence de ses réserves. La montée en puissance de superviseurs comme l'OCC aux États-Unis, l'ACPR et l'AMF en France, renforce ces garanties sans les rendre absolues.

## Ce qu'il faut surveiller

La publication des règlements d'application du GENIUS Act, attendue autour du 18 juillet 2026, précisera les obligations concrètes des émetteurs américains. En parallèle, la révision de MiCA côté européen déterminera si l'EURC conserve son avance ou si de nouveaux acteurs bancaires émergent. La Banque centrale européenne, qui étudie l'effet des stablecoins en euros sur les marchés de dette souveraine, publie régulièrement des analyses sur ces risques systémiques. Enfin, l'écart de capitalisation entre l'USDT de Tether et l'USDC de Circle mesurera l'impact réel d'une supervision fédérale renforcée sur la confiance des investisseurs institutionnels.

Au-delà de Circle, cet agrément marque une bascule : les stablecoins quittent la marge du système financier pour en devenir un rouage régulé. Un mouvement que les épargnants, même prudents face aux cryptoactifs, ont désormais intérêt à comprendre.
