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title: "Cerebras fixe son IPO à 185 dollars et lève 5,55 milliards au Nasdaq"
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description: "Cerebras Systems a fixé le prix de son IPO à 185 dollars par action, levant 5,55 milliards pour une valorisation de 56,4 milliards au Nasdaq sous CBRS."
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/cerebras-fixe-son-ipo-a-185-dollars-et-leve-555-milliards-au-nasdaq"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-05-13T22:30:47.869Z"
updatedAt: "2026-05-13T22:30:47.885Z"
readingTimeMinutes: 8
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# Cerebras fixe son IPO à 185 dollars et lève 5,55 milliards au Nasdaq

> Le concepteur de puces d'IA Cerebras Systems a fixé le prix de son introduction en bourse à 185 dollars par action, au-dessus de la fourchette annoncée de 150 à 160 dollars. L'opération lève au moins 5,55 milliards de dollars et valorise la société 56,4 milliards.

Cerebras Systems, fabricant américain de puces dédiées à l'intelligence artificielle, a fixé mercredi 13 mai 2026 le prix de son introduction en bourse à 185 dollars par action, soit nettement au-dessus de la fourchette indicative de 150 à 160 dollars communiquée la semaine précédente. L'opération permet à la société de lever au moins 5,55 milliards de dollars et la valorise 56,4 milliards de dollars sur une base entièrement diluée. Le titre commencera à se négocier jeudi 14 mai sur le Nasdaq sous le symbole CBRS.

Cette cotation représente l'une des plus grosses introductions technologiques aux États Unis depuis 2019, lorsque Uber avait levé environ 8 milliards de dollars. Depuis cette date, seule l'opération de Snowflake en 2020 (plus de 3,8 milliards) approchait ces niveaux dans le secteur informatique américain, selon les données rapportées par CNBC.

## Une demande institutionnelle qui a fait basculer le prix

Le parcours de cette IPO illustre une demande hors norme des investisseurs institutionnels. Le 4 mai, Cerebras visait initialement 28 millions d'actions entre 115 et 125 dollars. Une semaine plus tard, le 11 mai, la société portait son offre à 30 millions d'actions et relevait la fourchette à 150-160 dollars. Le carnet d'ordres aurait été sursouscrit environ vingt fois selon des données de marché reprises par Reuters, ce qui a permis au syndicat bancaire de fixer le prix encore au-dessus de cette borne haute.

L'opération est pilotée par **Morgan Stanley, Citigroup, Barclays et UBS Investment Bank** en chefs de file. Mizuho et TD Cowen complètent le syndicat principal, aux côtés des co-managers Needham & Company, Craig-Hallum, Wedbush Securities, Rosenblatt, Academy Securities, Crédit Agricole CIB, MUFG et First Citizens Capital Securities.

À 185 dollars, la participation d'Andrew Feldman, cofondateur et directeur général, ressort à environ 1,9 milliard de dollars selon les calculs de CNBC. Le fonds Fidelity reste le premier actionnaire institutionnel après l'opération avec 11,3 % du capital, devant Benchmark (9,5 %), Foundation Capital (8,3 %), Eclipse (7,3 %) et Alpha Wave Ventures (6,5 %), selon les données reprises par Crunchbase News.

## Un chiffre d'affaires multiplié par 1,76 en un an

Les comptes 2025 publiés dans le prospectus mis à jour expliquent en partie l'appétit des souscripteurs. Le chiffre d'affaires atteint 510 millions de dollars, en hausse de 76 % par rapport aux 290,3 millions de 2024. Les ventes de matériel pèsent pour 358 millions et les services cloud pour 152 millions, signalant un basculement progressif vers un modèle de revenus récurrents.

La société affiche un résultat net comptable de 237,8 millions de dollars en 2025, mais ce chiffre intègre un gain non monétaire de 363,3 millions lié à l'extinction d'un contrat à terme. Hors cet élément, Cerebras enregistre une perte opérationnelle de 145,9 millions et un flux de trésorerie d'exploitation négatif de 10,1 millions, contre 452 millions positifs en 2024.

Le carnet de commandes futures représente 24,6 milliards de dollars, dont environ 3,7 milliards reconnaissables en revenus sur 2026 et 2027 selon les estimations communiquées dans le document de référence. La société emploie 708 personnes au 31 décembre 2025.

## OpenAI, nouveau pilier commercial

Le contrat signé en janvier 2026 avec OpenAI constitue le tournant qui a permis cette deuxième tentative d'IPO. L'accord pluriannuel, d'un montant supérieur à 20 milliards de dollars, prévoit le déploiement de 750 mégawatts de capacité de calcul Cerebras avec une option d'extension à 1,25 gigawatt. OpenAI bénéficie également de warrants pouvant représenter jusqu'à 10 % du capital.

> « Évidemment, Nvidia ne voulait pas perdre l'activité d'inférence rapide chez OpenAI, et nous la leur avons prise », a déclaré Andrew Feldman au Wall Street Journal, résumant la bataille technologique en cours sur le segment de l'inférence.

Cerebras a également signé en mars 2026 un term sheet contraignant avec Amazon Web Services pour intégrer ses puces à l'offre cloud du géant américain, assorti d'un warrant portant sur 2,7 millions d'actions à un prix d'exercice de 100 dollars.

## Une concentration client toujours élevée

Malgré ces nouveaux contrats, la dépendance aux Émirats arabes unis reste un point de vigilance majeur. En 2025, deux entités émiriennes pèsent 86 % du chiffre d'affaires : l'université Mohamed bin Zayed d'intelligence artificielle (MBZUAI) à hauteur de 62 % et le groupe G42, adossé à Microsoft, pour 24 %. La part de G42 a fortement reculé depuis 2024, où elle représentait 85 % des revenus, mais MBZUAI concentre désormais 77,9 % des créances clients en fin d'exercice.

Cette concentration avait conduit Cerebras à retirer sa première tentative d'IPO en 2024, le Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS) ayant lancé un examen sur la participation de G42 au capital. La procédure s'est clôturée en octobre 2025 après conversion des titres détenus par G42 en actions sans droit de vote. À l'arrivée en bourse, les fondateurs conservent le contrôle via une structure d'actions de catégorie B à droits de vote multiples, leur octroyant 99,2 % des votes même avec une participation économique réduite.

## Wafer Scale Engine 3 : l'argument technologique face à Nvidia

Le cœur de la proposition de valeur de Cerebras tient à son processeur Wafer Scale Engine 3 (WSE-3), une puce de 46 225 mm² gravée en 5 nanomètres par TSMC, intégrant 4 000 milliards de transistors et 900 000 cœurs d'intelligence artificielle sur une seule plaquette de silicium. Cette architecture supprime les latences de communication entre puces qui pénalisent les grappes multi-GPU traditionnelles.

La société revendique une vitesse d'inférence jusqu'à 15 fois supérieure à celle des solutions Nvidia sur certains modèles open source, ainsi qu'une bande passante mémoire 2 625 fois plus élevée que celle du package B200 de Nvidia. Ces performances ciblent spécifiquement le segment de l'inférence, où la rapidité de génération de tokens devient un facteur économique différenciant.

La concurrence n'est toutefois pas inerte. Nvidia investit plus de 18 milliards de dollars par an en recherche et développement et son écosystème logiciel CUDA, construit depuis plus d'une décennie, constitue une barrière à l'entrée importante. Le secteur compte aussi des concurrents privés comme Groq (valorisé 6,9 milliards), SambaNova et Tenstorrent, sans oublier les accélérateurs maison des hyperscalers (TPU de Google, Trainium d'AWS, MAIA de Microsoft, MTIA de Meta).

## Les angles de lecture pour les investisseurs européens

Pour un épargnant français, l'opération Cerebras présente plusieurs dimensions. Le titre CBRS sera accessible via la plupart des courtiers en ligne offrant un accès au Nasdaq, mais reste éligible uniquement aux comptes-titres ordinaires, pas au PEA. L'exposition indirecte est aussi possible via les ETF répliquant le Nasdaq-100 ou des indices technologiques mondiaux, sous réserve que Cerebras intègre ces indices, ce qui prend généralement plusieurs trimestres après l'introduction.

Les contrats d'assurance vie en unités de compte donnent accès à de nombreux fonds thématiques sur l'intelligence artificielle et les semi-conducteurs. La pondération de Cerebras dans ces véhicules dépendra de la liquidité du titre et des règles internes des sociétés de gestion. Plusieurs gérants français spécialisés sur la tech américaine ont déjà annoncé leur intérêt pour l'opération.

Côté risques, trois éléments méritent une lecture attentive. La valorisation à 56,4 milliards de dollars correspond à environ 110 fois le chiffre d'affaires 2025, un multiple agressif même dans le contexte actuel du marché de l'IA. La concentration client à 86 % sur deux entités émiriennes expose le titre à tout aléa géopolitique ou commercial. Enfin, la dépendance exclusive à TSMC pour la fabrication implique un risque de capacité dans un environnement où les hyperscalers américains se disputent les allocations.

## Ce qu'il faut surveiller dans les prochaines semaines

La première séance, prévue jeudi 14 mai, donnera une indication du niveau auquel le marché secondaire valide le prix d'IPO. Une cotation soutenue au-dessus de 185 dollars confirmerait la thèse de l'inférence comme nouveau moteur de la dépense d'infrastructure IA. À l'inverse, un retour rapide sous la borne haute de la fourchette initiale (160 dollars) alimenterait les inquiétudes sur les multiples extrêmes du segment.

Les premiers résultats trimestriels publiés en tant que société cotée seront déterminants. Les marchés scruteront la dynamique de diversification commerciale au-delà des contrats OpenAI et MBZUAI, la cadence de déploiement des 750 mégawatts promis à OpenAI, ainsi que les annonces concrètes du partenariat AWS. Toute évolution des relations avec G42 et MBZUAI ferait également l'objet d'une attention particulière, compte tenu de la sensibilité réglementaire américaine sur les transferts technologiques vers le Moyen-Orient.

## Conclusion

L'IPO de Cerebras à 185 dollars marque l'opération technologique américaine la plus importante depuis Snowflake et confirme l'intensité de la demande institutionnelle pour les acteurs de l'infrastructure d'inférence. Le succès commercial de la société dépendra désormais de sa capacité à honorer le contrat OpenAI, à diversifier sa base client au-delà du Moyen-Orient et à maintenir son avance technologique face à Nvidia. Pour les investisseurs français, le dossier offre une exposition pure au segment de l'inférence d'IA, à condition d'accepter une volatilité significative inhérente aux valorisations supérieures à cent fois les revenus.
