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title: "Capital-risque : 4,6 milliards levés en France mais les petits tickets décrochent"
slug: capital-risque-46-milliards-leves-en-france-mais-les-petits-tickets-decrochent
category: private-markets
description: "4,6 milliards d'euros levés au premier semestre 2026, mais 280 opérations contre 311. Le crowdfunding en capital reste bloqué à 170 millions."
keywords: [capital-risque France, baromètre EY capital-risque, crowdfunding en capital, financement participatif PME, IR-PME 2026, PEA-PME, agrément PSFP AMF, règlement 2020/1503, investissement non coté, levées de fonds startups]
tags: [capital-risque, crowdfunding, financement participatif, non cote, startups, ir-pme, pea-pme, psfp, amf, ey, esma, private-equity]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/capital-risque-46-milliards-leves-en-france-mais-les-petits-tickets-decrochent"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-30T09:12:16.260Z"
updatedAt: "2026-07-30T09:12:16.280Z"
readingTimeMinutes: 8
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# Capital-risque : 4,6 milliards levés en France mais les petits tickets décrochent

> Les startups françaises ont levé 4,6 milliards d'euros au premier semestre 2026, en hausse de 65 %, mais sur 280 opérations contre 311 un an plus tôt. Sept tours géants absorbent près de la moitié du capital, quand le crowdfunding en capital plafonne à 170 millions par an.

Le capital-risque français a levé **4,6 milliards d'euros** au premier semestre 2026, en progression de 65 % sur un an, selon le baromètre EY du capital-risque publié le 8 juillet. La France signe son troisième meilleur premier semestre depuis 2021. Le nombre d'opérations recule pourtant, de 311 à 280, et le ticket moyen bondit à 16,34 millions d'euros contre moins de 9 millions un an plus tôt.

Sept opérations ont franchi la barre des 100 millions, contre deux au premier semestre 2025. Leur montant cumulé passe d'environ 200 millions à plus de 2 milliards d'euros, soit près de la moitié du total levé. Les logiciels et l'intelligence artificielle captent près de 1,8 milliard d'euros, environ 40 % des sommes investies.

> « Si l'on regarde la partie émergée de l'iceberg, ces chiffres ont de quoi rassurer. Nous signons notre troisième meilleur premier semestre depuis 2021 »
> 
> Franck Sebag, associé chez EY & Associés

## Le haut du marché absorbe le capital

La concentration ne se lit pas seulement dans le ticket moyen. Les opérations inférieures à 10 millions reculent de 9 % en valeur, celles comprises entre 10 et 20 millions de 25 %. L'Île-de-France concentre par ailleurs plus de 80 % des montants levés dans le pays.

La comparaison européenne accentue le décalage. Le Royaume-Uni a levé 14,6 milliards d'euros sur 616 opérations, en hausse de 97 %, et l'Allemagne 5,9 milliards sur 213 opérations, en hausse de 66 %. La France mobilise donc moins de capitaux que ses deux voisins, tout en finançant davantage de sociétés que l'Allemagne.

> « Nous assistons à l'émergence d'un capital-risque de conviction, prêt à financer massivement les entreprises identifiées comme capables de devenir des leaders mondiaux »
> 
> Franck Sebag, associé chez EY & Associés

Le revers concerne les sociétés absentes de cette courte liste. Une entreprise qui cherche 500 000 euros ou deux millions ne relève plus vraiment du capital-risque institutionnel, désormais tourné vers les futurs champions mondiaux, et pas encore de la Bourse. Elle dépend des réseaux d'investisseurs privés et des plateformes de financement participatif.

## Le financement participatif en capital plafonne

Les volumes de ce segment restent modestes. Le baromètre du crowdfunding en France de Forvis Mazars et France FinTech, publié le 12 mars 2026, chiffre la collecte 2025 à 1 763 millions d'euros, en hausse de 1,8 %, dont 170 millions pour l'investissement en capital. Le prêt en représente 1 414,8 millions et le don 178 millions. Depuis 2015, le cumul approche 13 milliards d'euros.

C'est sur ce créneau que se positionnent les plateformes de [crowdfunding en capital](https://www.france-epargne.fr/products/investissement/crowdfunding-equity-accessible), dont le ticket d'entrée démarre autour de 100 euros et qui ouvrent l'accès à des sociétés non cotées trop petites pour retenir l'attention d'un fonds. Leur poids économique reste sans commune mesure avec celui du capital-risque professionnel.

L'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) donne la mesure du marché à l'échelle continentale. Son rapport publié le 14 janvier 2026, portant sur l'exercice 2024, recense 4,25 milliards d'euros collectés par 181 prestataires. Le prêt pèse 58 % des volumes, la dette 23 % et le capital 12 %. La France arrive au premier rang avec 1,45 milliard d'euros, devant les Pays-Bas (1 milliard) et l'Espagne (0,45 milliard). Les particuliers forment 88 % des investisseurs et 46 % des projets lèvent moins d'un million d'euros.

## Bruxelles rouvre le dossier du plafond de 5 millions

Le règlement européen 2020/1503, applicable depuis le 10 novembre 2021, interdit à un porteur de projet de lever plus de 5 millions d'euros sur douze mois glissants par la voie des plateformes agréées. Son article 45 prévoit une revue périodique par la Commission européenne, et le débat se cristallise aujourd'hui sur ce plafond.

L'European Digital Finance Association plaide depuis février 2026 pour le porter à 12 millions d'euros. Son raisonnement tient en une phrase : les entreprises européennes de la deeptech, de l'énergie et des infrastructures numériques ont besoin de plus de 7 millions pour amener un produit sur le marché, et le plafond actuel les contraint à fractionner leurs tours ou à renoncer au financement participatif.

Eurocrowd, l'association européenne du secteur, défend la lecture inverse. La revue devrait selon elle porter sur la mise en œuvre pratique du texte plutôt que sur une réécriture des dispositions de niveau 1, avec quatre chantiers concrets : amélioration des fiches d'information clés, allègement des contraintes linguistiques, harmonisation des reportings et expérimentations sur le marché secondaire. L'association relève surtout l'absence de demande démontrée pour un relèvement du seuil, dans un marché dont les volumes stagnent.

## La consolidation trie déjà les plateformes

Le tri est engagé du côté français. Depuis novembre 2023, seuls les prestataires de services de financement participatif (PSFP) agréés par l'Autorité des marchés financiers (AMF), après avis de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), peuvent exercer. La liste des retraits d'agrément publiée par le régulateur, mise à jour le 10 juin 2026, en compte six : Koregraf le 20 juin 2025, Lendopolis le 16 décembre 2025, Lymo Finance le 8 janvier 2026, Zaleo le 1er avril 2026, Lumo le 2 avril 2026 et Tylia Invest le 2 juin 2026.

La pression vient surtout de l'immobilier, longtemps moteur du secteur. La collecte du crowdfunding immobilier s'établit à 845 millions en 2025 pour 1 004 projets, contre 861 millions et 1 139 projets en 2024. Bertrand Desportes, associé chez Forvis Mazars, résume le tournant : « La gestion du risque devient un enjeu central pour l'ensemble de l'écosystème. »

## Ce que la fiscalité 2026 change pour l'épargnant

Les souscriptions au capital de sociétés non cotées ouvrent droit à la réduction d'impôt IR-PME. Le taux de droit commun s'élève à 18 % des versements. Il atteint 25 % pour les entreprises solidaires d'utilité sociale (ESUS) et les sociétés foncières solidaires, pour les souscriptions réalisées entre le 28 juin 2024 et le 30 septembre 2026. Les jeunes entreprises innovantes (JEI) donnent droit à 30 %, les jeunes entreprises innovantes de rupture (JEIR) à 50 %, et les jeunes entreprises innovantes à impact (JEII) à 40 % pour les versements effectués du 21 février 2026 au 31 décembre 2028.

Les versements sont retenus dans la limite de 50 000 euros par an pour une personne seule et de 100 000 euros pour un couple marié ou pacsé, plafonds portés à 75 000 et 150 000 euros dans le cas des JEI. Les titres doivent être conservés cinq ans, faute de quoi la réduction est reprise. Le PEA-PME offre l'autre enveloppe possible, avec une exonération d'impôt sur le revenu sur les gains après cinq ans de détention, les prélèvements sociaux restant dus.

## Ce qu'il faut surveiller

-   Le baromètre du crowdfunding du premier semestre 2026 de Forvis Mazars et France FinTech, attendu à la rentrée, qui dira si le segment du capital sort de son étiage.
-   Les suites données par la Commission européenne à la revue prévue par l'article 45 du règlement 2020/1503, et le sort réservé au plafond de 5 millions.
-   Le rythme des retraits d'agrément PSFP publiés par l'AMF, indicateur avancé de la solidité financière des plateformes.
-   La trajectoire de l'IR-PME dans le prochain projet de loi de finances, le taux majoré ESUS expirant le 30 septembre 2026 en l'absence de validation européenne.

Franck Sebag place l'enjeu sur le terrain des politiques publiques : « Nous ne sommes pas loin d'un moment d'inflexion. Ce n'est pas le moment de faire de la France un enfer fiscal ou entrepreneurial. Il faut peser les décisions pour ne pas creuser l'écart avec les autres pays. » Pour l'épargnant, le risque reste entier : un investissement au capital d'une société non cotée est illiquide, sans garantie de rendement ni de récupération de la mise, et la répartition sur plusieurs dossiers demeure la seule protection réellement disponible.

## Sources

-   [EY, Baromètre EY du capital-risque en France, premier semestre 2026](https://www.ey.com/fr_fr/insights/fast-growing-companies/barometre-ey-du-capital-risque-en-france)
-   [Maddyness, Levées de fonds : ce que cache le rebond du premier semestre 2026](https://www.maddyness.com/2026/07/09/levees-de-fonds-ce-que-cache-le-rebond-du-premier-semestre-2026/)
-   [Forvis Mazars et France FinTech, Baromètre du crowdfunding en France 2025](https://www.forvismazars.com/fr/fr/a-propos/communiques-de-presse/communiques-de-presse-2026/cp-mars-2026-barometre-du-crowdfunding-2025)
-   [ESMA, Market Report on Crowdfunding in the EU 2025](https://www.esma.europa.eu/sites/default/files/2025-12/ESMA50-481369926-30854_ESMA_Market_Report_Crowdfunding_in_the_EU_2025.pdf)
-   [AMF, Liste des PSFP ayant fait l'objet d'un retrait d'agrément](https://www.amf-france.org/en/professionals/fintech/my-relations-amf/crowdfunding-service-provider-csp/list-csp-removed)
-   [Service Public Entreprendre, Réduction d'impôt IR-PME pour souscription au capital d'une société](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F37091)
-   [Eurocrowd, ECSPR Article 45 Review: Practical Solutions, Low Policy Cost, and a Stagnating Market](https://eurocrowd.org/ecspr-article-45-review-practical-solutions-low-policy-cost-and-a-stagnating-market/)
-   [LenderKit, Why Raising the EU Crowdfunding Cap to 12 Million Euros Could Reshape Europe's Private Capital Markets](https://lenderkit.com/blog/why-raising-the-eu-crowdfunding-cap-to-e12m-could-reshape-europes-private-capital-markets/)
-   [Crowdfund Insider, ESMA Publishes Report On EU Securities Crowdfunding](https://www.crowdfundinsider.com/2026/01/257381-esma-publishes-report-on-eu-securities-crowdfunding/)
-   [Commission européenne, Crowdfunding policy](https://finance.ec.europa.eu/financial-markets/financial-markets-policy/crowdfunding_en)
-   [France FinTech, Baromètre 2025 du crowdfunding en France](https://francefintech.org/barometre-2025-du-crowdfunding-en-france/)
