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title: "Capital Group, géant de 2 800 milliards, voit sa couronne de gestion active vaciller"
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description: "Capital Group, premier gestionnaire actif au monde avec 2 800 milliards de dollars, pourrait perdre son titre après la fusion Nuveen Schroders."
keywords: [capital group, gestion active, nuveen schroders, fusion gestion actifs, blackrock vanguard, mike gitlin, société de gestion, actifs sous gestion]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/capital-group-geant-de-2-800-milliards-voit-sa-couronne-de-gestion-active-vaciller"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-21T15:07:23.948Z"
updatedAt: "2026-06-21T15:07:23.964Z"
readingTimeMinutes: 5
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# Capital Group, géant de 2 800 milliards, voit sa couronne de gestion active vaciller

> Premier gestionnaire actif au monde avec environ 2 800 milliards de dollars, Capital Group pourrait perdre son titre. Le rachat de Schroders par Nuveen, validé par les actionnaires et attendu pour la fin 2026, donnera naissance à un rival de près de 2 500 milliards.

**Capital Group** règne sur la gestion active depuis des décennies. La maison américaine, fondée en 1931 et restée farouchement privée, supervise plus de 2 800 milliards de dollars d'actifs et revendique le statut de premier gestionnaire actif au monde. Cette position dominante, bâtie sur près d'un siècle sans publicité grand public, n'a jamais semblé aussi exposée qu'aujourd'hui.

La menace porte un nom : la fusion entre **Nuveen**, filiale d'investissement du fonds de retraite américain TIAA, et le britannique **Schroders**. Annoncée en février 2026 et approuvée à 99,9 % par les actionnaires de Schroders le 16 avril, l'opération doit donner naissance à un mastodonte de la gestion active de près de 2 500 milliards de dollars. La clôture est attendue pour le quatrième trimestre 2026, sous réserve du feu vert des autorités de concurrence.

## Une domination construite dans la discrétion

Capital Group ne ressemble à aucun de ses concurrents. Là où **BlackRock** et **Vanguard** ont conquis le marché grâce à la gestion passive et aux fonds indiciels à bas coûts, la firme de Los Angeles a misé sur la sélection de titres et la conviction de ses gérants. Son modèle repose sur la gamme American Funds, distribuée presque exclusivement par l'intermédiaire de conseillers financiers.

Dirigée depuis 2023 par **Mike Gitlin**, la société emploie une approche dite multigérant, où plusieurs équipes pilotent en parallèle des portions d'un même fonds. Cette architecture a permis de traverser les cycles sans céder à la mode du tout indiciel. Capital Group a réuni plus de 3 300 milliards de dollars au cours de son histoire, un chiffre qui témoigne de la fidélité de sa clientèle.

> « Nous adoptons une approche de long terme et délibérée pour bâtir notre présence mondiale, et nous n'agissons que lorsque nous avons une forte conviction », déclarait Mike Gitlin lors de l'ouverture d'un bureau à Abu Dhabi en mai 2026.

## Le pari de Nuveen sur la taille critique

L'opération Nuveen Schroders valorise le gestionnaire britannique à 9,9 milliards de livres, soit environ 13,5 milliards de dollars. Nuveen, qui pilotait déjà 1 400 milliards de dollars, absorbe les 1 100 milliards de Schroders pour atteindre une masse critique capable de rivaliser frontalement avec Capital Group.

Le rapprochement marque la fin de deux cents ans de contrôle familial sur Schroders. La famille fondatrice a accepté de vendre au comptant, à un prix offrant une prime de l'ordre de 28 % par rapport au cours de Bourse avant l'annonce. Le nouvel ensemble revendiquera une présence dans plus de quarante marchés et une plateforme d'actifs alternatifs portée à 414 milliards de dollars.

Pour les analystes, la logique de la transaction tient en un mot : **échelle**. Dans un secteur où les marges des gérants actifs s'érodent sous la pression des frais des fonds passifs, seuls les acteurs de très grande taille peuvent absorber les coûts de distribution, de conformité et de technologie tout en maintenant leur rentabilité.

## La gestion active sous pression structurelle

Le secteur traverse une vague de consolidation sans précédent. Mike Gitlin lui-même a souligné que l'industrie venait de connaître le plus grand nombre d'opérations de fusion acquisition depuis quarante-cinq ans. Selon lui, les gérants de taille intermédiaire risquent d'être _vidés de leur substance_, pris en étau entre les géants qui captent l'allocation de cœur de portefeuille et les boutiques spécialisées qui survivent sur les poches satellites.

Cette dynamique répond à une réalité de marché. Les fonds indiciels et les fonds cotés en Bourse continuent de drainer l'essentiel des flux, contraignant les maisons actives à justifier leurs frais par une surperformance régulière. La vente de Schroders à Nuveen illustre la pression qui pèse sur des acteurs pourtant solidement établis.

Plusieurs autres rapprochements alimentent ce mouvement, des candidatures conjointes visant Janus Henderson à l'acquisition d'Innovator Capital Management par Goldman Sachs. La carte de la gestion d'actifs se redessine à grande vitesse.

## Ce que cela change pour les épargnants

La perte éventuelle du titre de premier gestionnaire actif relève d'abord du symbole. Capital Group conserverait, même dépassé en taille, une base de clientèle et un palmarès de performance qui font sa réputation. La hiérarchie des géants ne dit pas tout de la qualité d'un fonds.

Pour l'épargnant français, l'enseignement est ailleurs. La consolidation modifie le paysage des sociétés de gestion auxquelles il confie indirectement son **patrimoine financier**, via son assurance vie ou son plan d'épargne. Une fusion peut entraîner la rationalisation d'une gamme de fonds, des changements d'équipes de gestion ou des ajustements de frais. Surveiller la solidité et la stabilité du gérant qui pilote ses unités de compte devient un réflexe utile.

Le débat de fond demeure le même qu'avant cette opération : la gestion active mérite-t-elle ses frais supplémentaires face à des fonds indiciels qui coûtent une fraction du prix ? La réponse dépend de la classe d'actifs, de l'horizon de placement et de la capacité réelle du gérant à battre son indice de référence dans la durée.

## Ce qu'il faut surveiller

-   Le calendrier réglementaire : la clôture de l'opération Nuveen Schroders reste suspendue à l'approbation des autorités de concurrence, attendue au quatrième trimestre 2026.
-   La réaction de Capital Group : ouverture à de nouveaux marchés, lancement de fonds cotés, incursion dans les actifs privés.
-   La poursuite de la vague de fusions, qui pourrait faire émerger d'autres prétendants au sommet de la gestion active.

La couronne de Capital Group n'est pas encore tombée. Elle dépend désormais d'une signature réglementaire et du rythme d'une consolidation qui n'a, semble-t-il, pas dit son dernier mot.
