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title: "Canicules de l'été 2026 : 5 764 décès en excès en France, alerte Santé publique France"
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category: macro-economics
description: Santé publique France chiffre à 5 764 la surmortalité des canicules de juin et juillet 2026. Les 65 ans et plus et les décès à domicile en première ligne.
keywords: [surmortalité canicule 2026, 5764 décès France, Santé publique France canicule, vague de chaleur juin juillet 2026, décès personnes âgées canicule, EHPAD surmortalité, dépendance grand âge, plan canicule France]
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-22T14:32:40.922Z"
updatedAt: "2026-07-22T14:32:40.948Z"
readingTimeMinutes: 4
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# Canicules de l'été 2026 : 5 764 décès en excès en France, alerte Santé publique France

> Santé publique France chiffre à 5 764 la surmortalité liée aux vagues de chaleur de juin et juillet 2026, l'un des bilans les plus lourds depuis 2003. Les 65 ans et plus concentrent l'essentiel des décès, avec une flambée observée à domicile et en EHPAD.

Les vagues de chaleur qui ont frappé la France en juin et juillet 2026 ont provoqué **5 764 décès en excès**, selon le bilan communiqué le 22 juillet par Santé publique France. Ce chiffre, établi trois semaines après le dernier épisode caniculaire conformément à la méthodologie de l'agence, place cet été parmi les plus meurtriers depuis la canicule de 2003.

## Un été marqué par trois épisodes caniculaires

La France a traversé trois vagues de chaleur successives entre la fin juin et la mi-juillet 2026. Le 23 juin restera dans les annales comme la journée la plus chaude jamais enregistrée à l'échelle nationale, dépassant le précédent record de 2003. Météo-France a qualifié cet épisode d'exceptionnel sur le plan météorologique, avec une quasi-totalité du territoire placée en vigilance rouge.

Un troisième épisode a débuté au tout début du mois de juillet, la barre des 41,5 °C ayant été franchie le 7 juillet. La succession rapprochée de ces vagues, sans période de répit suffisante pour les organismes fragiles, explique en partie l'ampleur de la surmortalité observée sur l'ensemble de la saison.

## Les faits chiffrés

Au plus fort de la première vague, la semaine du 22 au 28 juin, l'agence sanitaire a recensé **8 973 décès toutes causes confondues**, contre 6 948 la semaine précédente. Cet écart de 2 025 décès représente une hausse de 29,1 % de la mortalité globale, concentrée sur les personnes de 45 ans et plus.

-   **Décès à domicile** : une progression de 91 % par rapport à la normale, la hausse la plus spectaculaire.
-   **Établissements pour personnes âgées (EHPAD)** : une augmentation de 37 %.
-   **Établissements de santé** : une hausse de 19,7 %.

Les 65 ans et plus concentrent 85 % de la surmortalité. Les personnes de plus de 75 ans, isolées ou en situation de précarité, figurent parmi les plus exposées. La forte progression des décès à domicile marque une différence notable avec 2003, où la part des décès survenus au domicile était moins élevée.

## De fortes disparités régionales

L'impact sanitaire s'est révélé très inégal selon les territoires. L'Île-de-France affiche la hausse la plus marquée avec une surmortalité de 62,8 % sur la semaine de pointe, suivie par les Pays de la Loire (62 %), la Normandie (53 %) et le Centre-Val de Loire (47,3 %). À l'inverse, l'Occitanie et l'Auvergne-Rhône-Alpes, régions davantage habituées aux fortes chaleurs, ont été relativement épargnées.

> « Le gros des effets survient dans les deux ou trois jours suivant le pic de chaleur », rappelle Basile Chaix, épidémiologiste à l'Inserm, soulignant l'effet différé de la canicule sur la mortalité.

## Un bilan encore provisoire

Les données publiées reposent sur les certificats de décès électroniques, qui couvrent environ 60 % de la mortalité nationale. Le bilan définitif ne sera connu que dans plusieurs mois, une fois que le Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès de l'Inserm aura analysé l'ensemble des certificats. Le chiffre de 5 764 décès en excès constitue donc une première estimation consolidée, susceptible d'évoluer.

Cette prudence méthodologique n'atténue pas le constat : l'été 2026 s'inscrit parmi les plus lourds sur le plan de la mortalité liée à la chaleur depuis le tournant sanitaire de 2003, année qui avait conduit à la création du plan canicule et à la refonte de la surveillance épidémiologique estivale.

## Ce que révèle la vulnérabilité des plus âgés

La flambée des décès à domicile, particulièrement chez les personnes âgées isolées, replace la question de la protection du grand âge au premier plan. Le vieillissement de la population et la multiplication attendue des épisodes de chaleur extrême renforcent l'enjeu de la couverture des risques liés à la perte d'autonomie et à la dépendance.

Pour les familles, ces épisodes rappellent l'importance d'anticiper l'accompagnement des proches vulnérables, tant sur le plan humain que financier. Les dispositifs de prévoyance et les contrats couvrant la dépendance visent précisément à amortir le coût, souvent élevé, de la prise en charge des personnes fragilisées.

## Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs points méritent l'attention dans les prochaines semaines. D'abord, la consolidation du bilan par l'Inserm, qui pourrait revoir le chiffre à la hausse une fois l'ensemble des certificats traités. Ensuite, les éventuelles annonces des pouvoirs publics sur le renforcement du plan canicule et le repérage des personnes isolées. Enfin, la structuration progressive d'une réflexion sur la couverture assurantielle des risques climatiques et sanitaires, appelés à se répéter.

## Conclusion

Avec 5 764 décès en excès attribués aux canicules de juin et juillet, l'été 2026 confirme la sensibilité extrême des populations âgées aux vagues de chaleur. Le poids des décès survenus à domicile souligne les limites du repérage des personnes vulnérables et pose, en creux, la question de leur protection dans un contexte de dérèglement climatique durable.
