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title: "Budget de l'UE 2028 à 2034 : la présidence irlandaise propose 141 milliards d'euros de coupes"
slug: budget-de-lue-six-contributeurs-nets-veulent-reduire-les-1-985-milliards-proposes
category: macro-economics
description: "La présidence irlandaise plafonne le budget européen 2028 à 2034 à 1 622 milliards d'euros, 8 % sous la proposition de la Commission. La PAC reste intacte."
keywords: [budget européen, cadre financier pluriannuel, CFP 2028 2034, contributeurs nets, contribution française UE, coupes budgétaires européennes, ressources propres, rabais budget européen, unanimité Conseil européen, déficit excessif France]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/budget-de-lue-six-contributeurs-nets-veulent-reduire-les-1-985-milliards-proposes"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-10-10T18:06:20.688Z"
updatedAt: "2026-10-10T18:06:20.688Z"
readingTimeMinutes: 11
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# Budget de l'UE 2028 à 2034 : la présidence irlandaise propose 141 milliards d'euros de coupes

> La présidence irlandaise du Conseil a proposé le 10 octobre 2026 de plafonner le budget européen 2028 à 2034 à 1 622 milliards d'euros aux prix de 2025, 8 % de moins que la Commission. Les aides au revenu de la PAC restent intactes. L'Allemagne rejette ce montant.

La présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne a déposé samedi 10 octobre son **cadre de négociation** (« negotiating box », le document de compromis chiffré qui sert de base aux discussions entre les Vingt-Sept) pour le cadre financier pluriannuel 2028 à 2034. Le texte, publié par le secrétariat général du Conseil sous la référence 13922/26, plafonne les engagements à **1 622 milliards d'euros** aux prix de 2025. La Commission en proposait 1 763 milliards : l'économie atteint 141 milliards d'euros, soit 8 %. En prix courants, le plafond descend de 1 985 à 1 826 milliards d'euros, contre 1 245 milliards pour la période 2021 à 2027. Le remboursement de **NextGenerationEU** (le plan de relance européen de 2020, financé par un emprunt commun) reste fixé à 168 milliards d'euros en prix courants.

Les coupes se concentrent sur les nouvelles priorités et ménagent l'agriculture. Par rapport à la proposition de la Commission, aux prix de 2025, le document prévoit :

-   **Cohésion, agriculture, pêche et sécurité** : 914 milliards d'euros (moins 3,4 %). Le plancher des aides au revenu de la **PAC** (politique agricole commune) reste à 261 milliards, soit 293,7 milliards en prix courants. La baisse porte sur la facilité de l'UE (les actions pilotées par l'Union, dont les réserves de crise), ramenée de 56 à 32 milliards.
-   **Compétitivité, prospérité et sécurité** : 456 milliards (moins 12,8 %). Le programme de recherche Horizon Europe descend de 155 à 140 milliards et le volet résilience, sécurité, industrie de défense et espace de 116 à 101 milliards.
-   **Europe dans le monde** : 157 milliards (moins 17,4 %).
-   **Administration** : 95 milliards (moins 8,8 %).

Côté recettes, le texte reprend cinq nouvelles **ressources propres** (recettes versées directement au budget européen). Les cinq figurent entre crochets : aucune n'est arrêtée. Les entreprises réalisant plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires net verseraient une contribution annuelle forfaitaire de 100 000 à 750 000 euros selon leur tranche. L'Union prélèverait 30 % des recettes du système d'échange de quotas d'émission (ETS) et 90 % de celles du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. S'y ajoutent une contribution nationale assise sur le tabac et une autre de 2 euros par kilo de déchets électroniques non collectés. Ces nouvelles recettes rapporteraient environ 55 milliards d'euros par an, selon les estimations citées par Euronews. Le sort des **rabais** (les corrections accordées à certains contributeurs nets sur leur contribution assise sur le revenu national brut) reste ouvert : le document laisse le choix entre leur suppression et leur maintien.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a rejeté samedi le montant global. « Nous sommes encore loin d'un accord. Le montant de la nouvelle proposition ne constitue pas une base d'accord », écrit-il dans un communiqué de la chancellerie. Le budget de l'Union « doit être abordable pour ceux qui portent l'essentiel de son financement », poursuit-il. La ministre suédoise des Affaires européennes, Jessica Rosencrantz, a qualifié le document de « déraisonnable » sur X, selon Euronews. Les rapporteurs du Parlement européen, qui réclament une hausse de 10 % de l'enveloppe de la Commission, refusent d'en faire « le point de départ d'un accord », selon un communiqué cité par RTÉ. Thomas Byrne, ministre d'État irlandais aux Affaires européennes, défend un texte qui « sert à combler les nombreuses divergences entre les États membres », selon Reuters.

Le maintien de l'enveloppe agricole répond aux principales revendications françaises, selon Les Echos. En revanche, la présidence n'a pas repris les trois taxes du Parlement européen sur les géants du numérique, les jeux d'argent en ligne et les cryptoactifs, que la France demandait d'ajouter, selon Politico.

Les ambassadeurs des Vingt-Sept examinent le document dimanche 11 octobre, selon Politico, avant le Conseil européen des 15 et 16 octobre à Bruxelles. Le cadre financier requiert l'unanimité des États membres. Les capitales visent un accord politique d'ici la fin de l'année, avant les élections prévues en 2027 en France, en Italie et en Pologne.
