---
title: "BNP Paribas prépare un transfert de risque géant sur 16 milliards d'euros de prêts aux entreprises"
slug: bnp-paribas-prepare-un-transfert-de-risque-geant-sur-16-milliards-deuros-de-prets-aux-entreprises
category: companies
description: "BNP Paribas prépare un SRT géant : la première perte de 5 % d'environ 16 milliards d'euros de prêts aux grandes entreprises. Montage, enjeux, risques."
keywords: [BNP Paribas SRT, transfert de risque significatif, titrisation synthétique, BNP Paribas 16 milliards, ratio CET1 BNP Paribas, BCE titrisation, tranche de première perte, résultats BNP Paribas T3 2026, dette privée banques, allègement de capital]
tags: [bnp-paribas, transfert-de-risque-significatif, titrisation-synthetique, srt, fonds-propres, ratio-cet1, bce, banques-francaises, dette-privee, credit-aux-entreprises]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/bnp-paribas-prepare-un-transfert-de-risque-geant-sur-16-milliards-deuros-de-prets-aux-entreprises"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-10-26T16:32:36.327Z"
updatedAt: "2026-10-26T16:32:36.362Z"
readingTimeMinutes: 8
---
# BNP Paribas prépare un transfert de risque géant sur 16 milliards d'euros de prêts aux entreprises

> BNP Paribas prépare l'un des plus gros transferts de risque significatif jamais montés : la première perte de 5 % d'un portefeuille d'environ 16 milliards d'euros de prêts aux grandes entreprises, deux jours avant ses résultats trimestriels.

**BNP Paribas** prépare l'un des plus gros **transferts de risque significatif** (SRT, pour significant risk transfer) jamais montés : une opération adossée à environ **16 milliards d'euros** de prêts accordés à de grandes entreprises. Le projet, révélé lundi 26 octobre 2026 à 17h07 (heure de Paris) et que la banque n'a pas annoncé officiellement, porterait sur la tranche de première perte du portefeuille, soit 5 % de sa valeur. Les conditions peuvent encore évoluer au fil des discussions avec les investisseurs pressentis.

La transaction intervient deux jours avant la publication des résultats du troisième trimestre, attendus mercredi 28 octobre. Les grandes banques européennes recourent de plus en plus à ces montages pour alléger leurs besoins en fonds propres tout en gardant leurs crédits au bilan.

## Le mécanisme d'une tranche de première perte

Un **SRT synthétique** est une titrisation dans laquelle la banque conserve ses prêts au bilan et achète à des investisseurs une protection, sous forme de garantie financière ou de dérivé de crédit, sur une tranche du portefeuille. Si des emprunteurs font défaut, les investisseurs protecteurs absorbent les pertes en premier, jusqu'au montant de la tranche couverte. En échange, la banque verse une prime et obtient une réduction de ses **actifs pondérés par les risques**, donc de ses exigences de capital.

Sur 16 milliards d'euros, une tranche de première perte de 5 % représente environ **800 millions d'euros**. Les investisseurs prendraient en charge les premiers 800 millions d'euros de pertes éventuelles sur ce portefeuille. La banque garderait la partie senior, la moins risquée. Le montant notionnel visé équivaut à près de 17,9 milliards de dollars.

-   Portefeuille de référence : environ 16 milliards d'euros de crédits à de grandes entreprises
-   Tranche transférée : première perte, 5 % du portefeuille, soit environ 800 millions d'euros
-   Statut : projet en discussion avec des investisseurs, conditions non arrêtées

## Les titrisations synthétiques de BNP Paribas depuis 2025

BNP Paribas a fortement accéléré sur ces opérations l'an dernier. Son exposition aux titrisations synthétiques à transfert de risque significatif qu'elle a originées, hors portefeuille de négociation, est passée de 46,5 milliards d'euros fin 2024 à **66,7 milliards d'euros** fin 2025. Elle a progressé de 43 % en un an. Banco Santander, l'autre grand émetteur européen, affichait 74 milliards d'euros fin 2025 contre 73 milliards un an plus tôt.

Le groupe dispose pourtant d'un coussin confortable. Son **ratio de fonds propres de base** (CET1, Common Equity Tier 1) atteignait 13,0 % au 30 juin 2026, en hausse de 20 points de base sur le trimestre. BNP Paribas a atteint avec plus d'un an d'avance l'objectif de 13 % qu'elle s'était fixé pour 2027. La cession de la BMCI au Maroc, prévue au quatrième trimestre, doit ajouter environ 15 points de base.

La banque a déjà signé plusieurs transferts de risque avec le groupe Banque européenne d'investissement (BEI). En février 2026, le Fonds européen d'investissement a garanti une tranche mezzanine de 112 millions d'euros sur un portefeuille d'environ 1,5 milliard d'euros de prêts aux entreprises de taille intermédiaire. C'était la sixième opération de ce type entre les deux partenaires depuis 2017. En contrepartie, BNP Paribas s'est engagée à accorder 337 millions d'euros de nouveaux crédits aux PME et ETI françaises sur deux ans. Fin septembre, les deux institutions ont lancé un programme de 700 millions d'euros de garanties destiné aux fabricants d'équipements de réseaux électriques.

> « Dans le cadre de cette sixième opération avec le groupe BEI depuis 2017, nous sommes heureux de nous engager sur 337 millions d'euros de nouveaux prêts pour accompagner les PME et ETI françaises dans leur développement, en particulier dans leurs efforts pour accélérer leur transition énergétique. »
> 
> Clotilde Quilichini, responsable des entreprises clientes de BNP Paribas Banque commerciale en France (traduit de l'anglais)

Le portefeuille visé par le nouveau projet est plus de dix fois supérieur à celui de février. La tranche transférée est la plus exposée : elle encaisse les premiers défauts.

## Le marché européen des SRT et sa supervision

Les émissions de **titrisations synthétiques** des grandes banques de la zone euro ont atteint 258 milliards d'euros en 2025, contre 175 milliards en 2024. Elles ont progressé de 47 % sur un an et de 90 % depuis 2022. L'encours des expositions titrisées par ces établissements est passé de 223 milliards d'euros fin 2022 à 570 milliards fin 2025. À l'échelle mondiale, les émissions ont été multipliées par cinq depuis 2016. Elles protégeaient fin 2024 près de 800 milliards d'euros de prêts. Plus de 100 banques ont déjà émis un SRT.

Le début de 2026 a été plus calme. La Banque centrale européenne (BCE) a observé une tendance baissière des émissions sur les premiers mois de l'année par rapport à 2025, liée à l'environnement géopolitique et à la hausse du coût de la protection. Elle a mis en place en janvier une procédure accélérée d'examen : deux opérations seulement l'ont empruntée sur les quatre premiers mois, chacune traitée en huit jours ouvrés, contre plusieurs mois auparavant.

Les acheteurs de protection sont pour l'essentiel des institutions financières non bancaires : fonds de crédit privé, fonds spéculatifs et, pour la protection non financée, assureurs. La BCE suit trois risques principaux : la difficulté à renouveler les opérations à leur échéance, la défaillance d'un garant et le retour brutal d'exigences de capital sur les tranches senior conservées.

> « Mais lorsqu'il sert d'outil d'allègement du capital pour financer des distributions excessives et que cela va plus vite que le développement des dispositifs de gestion des risques, les banques peuvent être exposées à des risques qu'elles ne peuvent ni pleinement comprendre ni mesurer. »
> 
> Pedro Machado, membre du conseil de surveillance prudentielle de la BCE, discours du 14 mai 2026 à Lisbonne (traduit de l'anglais)

Ces montages restent modestes rapportés aux bilans bancaires. Fin 2024, ils couvraient environ 2 % ou moins de l'ensemble des prêts bancaires dans les quatre grandes juridictions étudiées, dont l'Union européenne et le Canada. Le gain moyen atteignait environ 43 points de base de ratio CET1 chez les banques émettrices. Le ratio de levier, autre filet de sécurité réglementaire, ne reconnaît aucun allègement issu d'une titrisation synthétique.

## Quelles conséquences pour les actionnaires et les épargnants ?

Le capital libéré par un SRT peut servir à prêter davantage ou à rémunérer les actionnaires. Pour les actionnaires de BNP Paribas, l'opération s'ajoute à une marge de manœuvre déjà supérieure à l'objectif. Le titre a reculé de 7,0 % au troisième trimestre puis de 9,6 % depuis la fin septembre. Il reste en hausse de 4,8 % depuis le 1er janvier. Les banques françaises pâtissent de l'élargissement de l'écart de taux entre la dette française et la dette allemande.

> « Si nous voyons peu de place pour des surprises sur le capital ou des relèvements de bénéfices, l'absence de mauvaises surprises sur le crédit, la poursuite des progrès vers les objectifs et des propos rassurants sur les perspectives pourraient suffire à soutenir le titre le jour de la publication. »
> 
> Analystes de Keefe, Bruyette and Woods (traduit de l'anglais)

Les épargnants particuliers n'ont pas accès en direct à ces tranches. Ils peuvent toutefois y être exposés indirectement par l'intermédiaire de fonds de **dette privée** ou d'assureurs, qui figurent parmi les principaux acheteurs de protection.

## Le calendrier des prochaines semaines

-   **28 octobre 2026** : résultats du troisième trimestre. Le consensus compilé par la banque auprès de 14 analystes table sur un produit net bancaire de 13,50 milliards d'euros et un bénéfice net de 3,23 milliards d'euros.
-   **Conditions finales** : prix de la protection, profil des investisseurs retenus et taille définitive de la tranche.
-   **Validation prudentielle** : tout transfert de risque significatif doit être notifié à la BCE, qui vérifie au cas par cas la réalité du transfert.
-   **Cadre européen** : le paquet législatif sur la titrisation, que la BCE soutient, pourrait encore être adopté en 2026. Il recalibrerait les exigences de capital sur les positions senior conservées par les banques.

Les investisseurs attendent mercredi les commentaires de la direction de BNP Paribas sur l'usage des fonds propres que l'opération libérerait.

### Sources

-   [Bloomberg, « BNP Paribas Plans Jumbo SRT Tied to €16 Billion of Company Loans », 26 octobre 2026](https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-10-26/bnp-paribas-plans-jumbo-srt-tied-to-16-billion-of-company-loans)
-   [BCE, supervision bancaire, discours de Pedro Machado « Strengthening the supervisory grip on securitisation », 14 mai 2026](https://www.bankingsupervision.europa.eu/press/speeches/date/2026/html/ssm.sp260514~4917539c35.en.html)
-   [Banque des règlements internationaux, Quarterly Review, « The rise and risks of synthetic risk transfers », 16 mars 2026](https://www.bis.org/publications/qr-202603/rise-and-risks-synthetic-risk-transfers)
-   [BNP Paribas, communiqué des résultats du deuxième trimestre 2026, 23 juillet 2026](https://invest.bnpparibas/en/document/2q26-pr)
-   [Investing.com, « BNP Paribas increases synthetic risk transfer deals by 43% in 2025 », 20 mars 2026](https://www.investing.com/news/economy-news/bnp-paribas-increases-synthetic-risk-transfer-deals-by-43-in-2025-93CH-4572851)
-   [Groupe BEI, communiqué sur la sixième titrisation synthétique conclue avec BNP Paribas en faveur des PME et ETI françaises, février 2026](https://www.eib.org/en/press/all/2026-059-eib-group-and-bnp-paribas-sign-new-securitisation-transaction-to-support-french-small-businesses-and-mid-caps)
-   [Reuters, « EIB and BNP Paribas sign €700 million grid guarantee deal », 29 septembre 2026](https://www.tradingview.com/news/reuters.com,2026:newsml_L1N45L0J3:0/)
-   [Dow Jones Newswires, « BNP Paribas's Response to French Volatility in Focus, Earnings Preview », 26 octobre 2026](https://www.tradingview.com/news/DJN_DN20261026004862:0/)
