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title: "BCE : une nouvelle hausse de taux jugée probable sauf amélioration de l'inflation"
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description: "Le compte rendu BCE du 22 et 23 juillet 2026 juge une nouvelle hausse des taux probable. Impact sur le Livret A, l'assurance vie et les crédits."
keywords: [taux BCE, compte rendu BCE juillet 2026, hausse des taux zone euro, "facilite de depot 2,25 %", reunion BCE 10 septembre 2026, inflation zone euro 2026, Euribor 12 mois, "Livret A 1,70 %", politique monetaire europeenne, assurance vie fonds euros]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/bce-une-nouvelle-hausse-de-taux-jugee-probable-sauf-amelioration-de-linflation"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-08-27T12:02:15.402Z"
updatedAt: "2026-08-27T12:02:15.446Z"
readingTimeMinutes: 9
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# BCE : une nouvelle hausse de taux jugée probable sauf amélioration de l'inflation

> Le compte rendu de la réunion BCE des 22 et 23 juillet, publié le 27 août 2026, indique qu'une nouvelle hausse des taux serait probablement nécessaire sauf amélioration nette de l'inflation. Certains membres auraient déjà relevé les taux en juillet.

La **Banque centrale européenne** (BCE) a publié jeudi 27 août 2026 le compte rendu de sa réunion de politique monétaire des 22 et 23 juillet. Le document contient la phrase que les investisseurs guettaient : « bien que les décisions restent dépendantes des données, une nouvelle hausse des taux serait probablement nécessaire à moins que les perspectives d'inflation ne s'améliorent significativement ».

Le 23 juillet, le Conseil des gouverneurs avait maintenu ses trois taux directeurs inchangés, à **2,25 % pour la facilité de dépôt**, 2,40 % pour les opérations principales de refinancement et 2,65 % pour la facilité de prêt marginal. Cette pause suivait le relèvement entré en vigueur le 17 juin 2026, qui avait porté la facilité de dépôt de 2,00 % à 2,25 %. Ce mouvement constituait la première hausse décidée par la BCE depuis le 20 septembre 2023, date à laquelle la facilité de dépôt avait atteint son sommet de 4,00 %.

## Un compte rendu qui ferme peu de portes

Les comptes rendus de la BCE paraissent quatre semaines après chaque réunion et retracent les délibérations sans nommer les intervenants, à l'exception des présentations d'ouverture. Celui du 27 août porte sur une réunion tenue alors que le conflit au Moyen-Orient continuait de faire osciller les prix de l'énergie.

La décision de maintien a été prise à l'unanimité. « Tous les membres ont approuvé la proposition de M. Lane de laisser les trois taux directeurs de la BCE inchangés », indique le document, en référence à Philip Lane, économiste en chef de l'institution. Les membres ont estimé que « les données disponibles plaidaient fortement pour une pause dans les hausses de taux lors de la présente réunion ».

L'inflation avait fourni l'argument principal. Mesurée par l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), elle est retombée à **2,8 % en juin 2026**, après 3,2 % en mai. L'inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, a reculé à 2,4 %, contre 2,6 % le mois précédent. Les services ont ralenti à 3,2 % et les biens à 0,7 %, tandis que l'alimentation revenait de 1,9 % à 1,5 %. Les minutes qualifient cette surprise à la baisse d'« importante et généralisée ».

## Certains gouverneurs auraient accepté de relever les taux dès juillet

Le passage le plus scruté concerne la minorité favorable à une hausse immédiate. « Certains membres ont noté que, les données parvenues depuis la réunion de juin ayant renforcé les arguments en faveur d'un resserrement supplémentaire, ils ne se seraient pas opposés à un relèvement des taux lors de la présente réunion », rapporte le compte rendu.

Ces membres ont insisté sur « la faible probabilité d'une situation dans laquelle une nouvelle hausse ne serait pas justifiée » et ont jugé que « la valeur d'option de l'attente était donc faible ». Ils se sont appuyés sur l'analyse conduite en juin, qui montrait que les taux devaient encore monter dans tous les scénarios des projections, y compris le plus favorable.

Leur argumentation s'appuie sur des éléments concrets. Les prix du gaz et les marges de raffinage sont restés au-dessus des hypothèses de juin, y compris pendant le cessez-le-feu. Une demande plus résistante que prévu permet aux entreprises de répercuter une partie de leurs coûts. Le procès-verbal note enfin que « bien que les effets de second tour ne soient pas encore apparus, la politique monétaire devait agir avant qu'ils ne se manifestent », faute de quoi le Conseil risquerait de se retrouver en retard. Ces membres ont également soutenu que les taux devaient entrer « en territoire légèrement restrictif », les niveaux actuels ne freinant pas l'économie, ce que corrobore l'accélération des crédits aux entreprises et aux ménages.

## Pourquoi la majorité a préféré attendre septembre

Les partisans du statu quo ont avancé que la hausse de l'inflation provenait presque entièrement de l'énergie. Selon l'analyse des services de l'institution, la demande globale et la politique budgétaire n'y contribuaient quasiment pas, à la différence de la poussée de 2021 et 2022. D'où l'argument retranscrit dans les délibérations, selon lequel « une hausse des taux ne traiterait pas la cause sous-jacente de la progression de l'inflation ».

Plusieurs indicateurs allaient dans le même sens. Les salaires négociés progressent de 2,6 % cette année, et de 2,7 % attendus au premier trimestre 2027 selon l'indicateur de suivi des salaires de la banque centrale, un rythme compatible avec la cible de 2 %. Les anticipations d'inflation des ménages à un an sont revenues de 3,5 % à 3,0 %. Les mesures de marché de la compensation d'inflation s'établissaient à 2,9 % pour 2026, 2,3 % pour 2027 et 2,0 % pour 2028, à la clôture du 21 juillet. La composante persistante et commune de l'inflation a reculé de 0,2 point, à 2,1 % en juin.

Le Conseil a aussi mis en avant la valeur de l'attente. La réunion de septembre s'accompagnera de nouvelles projections, de l'estimation du produit intérieur brut (PIB) du deuxième trimestre, de données d'inflation supplémentaires et d'éléments actualisés sur les salaires. La synthèse des débats conclut qu'« attendre et réévaluer la situation en septembre représentait une décision raisonnable ».

## Assurance ou robustesse, le débat sur la nature d'une hausse

Le document revient sur une discussion doctrinale entamée plus tôt dans l'année, entre une décision « robuste dans tous les scénarios » et une « hausse d'assurance ». En juin, la BCE avait retenu la première logique. Le texte précise que dans d'autres circonstances, « les considérations d'assurance pourraient passer au premier plan, par exemple pour prévenir une évolution vers des scénarios plus défavorables ».

Un contre-argument a été soulevé. Relever les taux « comporterait une certaine probabilité d'un revirement ultérieur », ce qui ajouterait de la volatilité inutile sur les marchés. Le Conseil a par ailleurs tenu à clarifier sa méthode : une approche réunion par réunion signifie « une réévaluation systématique à chaque réunion, avec un choix clair entre maintenir ou relever les taux ».

Sur la communication, le Conseil s'est fixé deux garde-fous. Il fallait éviter de laisser croire que la pause de juillet marquait la fin du cycle de resserrement. Il fallait aussi s'abstenir de tout engagement anticipé sur une hausse en septembre, afin de préserver la possibilité d'une amélioration des perspectives d'inflation à moyen terme.

## Les marchés monétaires ont déjà pris les devants

Les taux interbancaires anticipent un resserrement supplémentaire depuis plusieurs semaines. L'**Euribor 12 mois** s'est établi à 3,007 % le 26 août 2026, contre 2,727 % le 1er juillet. L'Euribor 3 mois est passé de 2,312 % à 2,554 % sur la même période, soit environ 30 points de base au-dessus du taux de la facilité de dépôt.

Le marché obligataire raconte la même histoire. Le rendement à dix ans des émetteurs souverains les mieux notés de la zone euro atteignait 3,25 % le 26 août 2026, selon la courbe des taux publiée par la BCE, contre 2,80 % un an plus tôt. La transmission au crédit est déjà visible : les taux des crédits immobiliers en zone euro sont montés à 3,5 % en mai, après 3,4 % en avril, et les taux des prêts aux entreprises se maintenaient à 3,6 %.

## Ce que cela change pour l'épargne des ménages français

Le **Livret A** rémunère 1,70 % depuis le 1er août 2026, taux fixé par l'arrêté du 28 juillet 2026 pour la période allant jusqu'au 31 janvier 2027. Une décision de Francfort le 10 septembre resterait sans effet sur cette rémunération avant la prochaine révision réglementaire. Rapportée à une inflation de 2,8 % en juin en zone euro, la rémunération de l'épargne réglementée demeure inférieure à la hausse des prix.

Les détenteurs d'**assurance vie en fonds euros** se trouvent dans la situation inverse. Les assureurs réinvestissent la collecte en obligations souveraines et d'entreprises : un rendement de référence à dix ans passé de 2,80 % à 3,25 % en un an améliore le rendement des titres achetés aujourd'hui, avec un effet étalé sur plusieurs exercices compte tenu de l'inertie des portefeuilles.

Les emprunteurs subissent l'effet symétrique. Un Euribor 12 mois au-dessus de 3 % renchérit les prêts indexés sur cet indice, et le durcissement des critères d'octroi constaté au deuxième trimestre par l'enquête sur la distribution du crédit bancaire ajoute une contrainte, les banques déclarant une moindre tolérance au risque.

## Le rendez-vous du 10 septembre

La prochaine réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs se tient les 9 et 10 septembre 2026, la décision étant annoncée le 10 septembre selon le calendrier officiel de la BCE. Elle s'accompagnera des projections macroéconomiques trimestrielles, que les gouverneurs désignent comme l'élément déterminant pour trancher entre un choc énergétique temporaire et une dérive plus durable de l'inflation.

Les projections de juin tablaient sur une inflation élevée à court terme, un ralentissement en 2027 et un retour à la cible en 2028. Les minutes de la réunion de septembre seront publiées le 8 octobre 2026. Les réunions suivantes sont fixées aux 28 et 29 octobre, aux 25 et 26 novembre, puis aux 16 et 17 décembre 2026.

Le Conseil des gouverneurs a résumé sa position en une formule : il reste « bien positionné pour naviguer dans l'incertitude causée par le conflit » et « prêt à ajuster l'orientation si les perspectives l'exigent ». Les membres ont souligné la nécessité de communiquer que les risques sur l'inflation sont orientés à la hausse.

## Sources

-   [BCE, compte rendu de la réunion de politique monétaire des 22 et 23 juillet 2026](https://www.ecb.europa.eu/press/accounts/2026/html/ecb.mg260827~f06c21fd54.en.html), publié le 27 août 2026
-   [BCE, décisions de politique monétaire du 23 juillet 2026](https://www.ecb.europa.eu/press/pr/date/2026/html/ecb.mp260723~29f24d99bc.en.html)
-   [BCE, calendrier des réunions du Conseil des gouverneurs](https://www.ecb.europa.eu/press/calendars/mgcgc/html/index.en.html)
-   [BCE, Data Portal : taux directeurs et courbe des taux de la zone euro](https://data.ecb.europa.eu/)
-   [European Money Markets Institute, taux Euribor](https://www.euribor-rates.eu/en/current-euribor-rates/4/euribor-rate-12-months/)
-   [Service public, taux du Livret A et arrêté du 28 juillet 2026](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2365)
-   [Reuters, ECB saw a future hike as likely at July meeting](https://www.reuters.com/business/finance/ecb-saw-future-hike-likely-july-meeting-2026-08-27/), 27 août 2026
