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title: "Banco BPM grimpe de 2,3 % : Crédit Agricole et UniCredit évoquent un partage de la banque"
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description: "Banco BPM monte de 2,3 % : Crédit Agricole (29,3 %) et UniCredit ont évoqué avec Rome un démantèlement de la banque, face à l'offre de Monte dei Paschi."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-25T07:26:57.656Z"
updatedAt: "2026-09-25T07:26:57.692Z"
readingTimeMinutes: 6
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# Banco BPM grimpe de 2,3 % : Crédit Agricole et UniCredit évoquent un partage de la banque

> Banco BPM gagne 2,3 % à Milan après des informations de Reuters : Crédit Agricole et UniCredit ont évoqué avec Rome une opération commune qui partagerait la banque, Crédit Agricole recevant environ un tiers. Aucune offre n'est déposée.

**Banco BPM** gagnait 2,3 % en début de séance à la Bourse de Milan le vendredi 25 septembre 2026, un peu mieux que le secteur bancaire, selon Reuters. Les investisseurs réagissent à une information que l'agence a publiée la veille au soir : **Crédit Agricole** et **UniCredit** ont évoqué auprès des autorités italiennes une possible opération commune sur la banque milanaise, qui aboutirait à son démantèlement entre les deux groupes.

Crédit Agricole, UniCredit et Banco BPM ont refusé de commenter. Aucune offre n'a été déposée à ce stade.

## Le scénario évoqué avec les autorités italiennes

D'après deux personnes proches du dossier que cite Reuters le 24 septembre, les deux banques ont soulevé cette hypothèse lors de conversations récentes avec les autorités italiennes. Elle figure parmi plusieurs scénarios de fusions et acquisitions que chacune étudie dans le cadre de la consolidation bancaire en cours en Italie.

Une des variantes présentées aux autorités prévoit un partage de Banco BPM : UniCredit céderait **environ un tiers** de la banque à Crédit Agricole, selon l'une des sources. Reuters précise que la presse italienne avait fait état la première de ce projet de manœuvre coordonnée.

La position officielle d'UniCredit reste inchangée, selon une personne informée des discussions. Son directeur général **Andrea Orcel** se présente depuis 2025 comme un simple « observateur » des rapprochements italiens. UniCredit pourrait en revanche racheter des agences que des concurrents mettraient en vente à l'occasion de fusions, selon la même personne.

## Crédit Agricole, premier actionnaire avec 29,3 %

La banque verte détient **29,3 % du capital** de Banco BPM. Cette participation lui donne un poids décisif dans toute opération sur la banque milanaise. En 2025, son opposition avait contribué à l'échec de l'offre d'UniCredit sur Banco BPM.

Le groupe français a fait connaître sa préférence pour un rapprochement entre Banco BPM et sa filiale transalpine, **Crédit Agricole Italia**. Selon Reuters, le rachat de la banque milanaise au profit d'un groupe étranger serait un sujet politiquement sensible pour la présidente du Conseil Giorgia Meloni, à l'approche des élections nationales prévues l'an prochain.

La directrice financière de Crédit Agricole, **Clotilde L'Angevin**, a résumé la ligne du groupe sur la chaîne CNBC le mercredi 23 septembre :

> « Nous sommes prudents, nous sommes patients et nous sommes en Italie pour y rester. Nous examinons donc calmement tous les scénarios. \[…\] Nous sommes en position de défendre nos intérêts : rien ne peut se faire sans nous, rien ne peut se faire contre nous. »

L'Italie constitue le premier marché étranger de Crédit Agricole, au terme d'une expansion menée sur une vingtaine d'années. À l'inverse, l'acquisition de Commerzbank fera de l'Allemagne le principal marché d'UniCredit, qui contrôle désormais près de la moitié des droits de vote de la banque de Francfort. Pour garder un rôle en Italie, UniCredit a constitué une participation de **9 % dans l'assureur Generali**.

## L'offre de Monte dei Paschi sur Banco BPM

Banco BPM est déjà la cible de **Banca Monte dei Paschi di Siena** (MPS). Le 21 août 2026, la banque siennoise a lancé une offre publique d'échange sur Banco BPM, doublée d'une seconde offre sur Banca Generali, pour se défendre contre l'offre d'achat et d'échange qu'**Intesa Sanpaolo** a lancée sur son propre capital. MPS propose 1,567 de ses actions pour chaque action Banco BPM, ce qui valorisait le titre à 16,3 euros après prise en compte d'un dividende exceptionnel, selon Reuters Breakingviews.

La prime reste mince. Les détails de l'offre que MPS a publiés le 14 septembre font ressortir une prime implicite de **3,4 %** sur le cours du 11 septembre pour Banco BPM, contre 12,8 % pour Banca Generali. Le 15 septembre, le quotidien La Stampa rapportait que Crédit Agricole jugeait l'offre de MPS peu attractive et doutait qu'elle crée de la valeur pour les actionnaires.

Le directeur général de MPS, **Luigi Lovaglio**, s'est dit confiant le 23 septembre, lors d'une conférence de Bank of America à Londres, que Crédit Agricole comprendrait la logique industrielle de son projet. Interrogé sur les raisons qui pousseraient les actionnaires de Banco BPM à accepter une offre sans prime, il a répondu qu'ils avaient été les premiers à la proposer. Les actionnaires de MPS doivent approuver l'augmentation de capital nécessaire aux deux offres lors d'une assemblée générale extraordinaire le **29 octobre**. Le ministre italien de l'Économie, Giancarlo Giorgetti, a annoncé que l'État s'abstiendrait lors de ce vote.

## Les obstacles d'un rapprochement avec Crédit Agricole Italia

La solution que privilégie la banque française présente ses propres difficultés. Reuters Breakingviews estime la valeur des activités italiennes de Crédit Agricole à environ 10 milliards d'euros, et Deutsche Bank chiffre les économies annuelles d'une fusion avec Banco BPM à quelque 870 millions d'euros. Selon le chroniqueur Neil Unmack, un échange de titres classique pourrait toutefois porter la part de Crédit Agricole à près de la moitié du capital de l'ensemble.

Crédit Agricole ne pourrait pas prendre part au vote des actionnaires de Banco BPM sur une telle opération, selon Reuters. L'accord des autres actionnaires serait indispensable. La Stampa jugeait le 15 septembre qu'un tel rapprochement restait lointain : il faudrait d'abord fixer des conditions qui conviennent aux autres porteurs et obtenir des garanties auprès du gouvernement italien.

## Les conséquences pour les actionnaires de Crédit Agricole SA

Pour les épargnants français qui détiennent des actions **Crédit Agricole SA**, le dossier italien s'ajoute à un parcours boursier terne. Le groupe a annoncé ce 25 septembre l'achèvement, le 23 septembre, de son programme de rachat d'actions lancé le 10 août : 31 999 995 titres rachetés pour **605,5 millions d'euros**, destinés à être annulés pour compenser l'augmentation de capital réservée aux salariés. L'opération réduit de 14 points de base le ratio de fonds propres CET1 de Crédit Agricole SA. Le titre ne progressait que de 1 % depuis le début de l'année, selon Reuters, alors que l'indice STOXX des banques européennes gagnait 19 %.

Les prochaines étapes à suivre sont l'assemblée de MPS du 29 octobre, la réponse formelle du conseil de Banco BPM à l'offre siennoise et l'enquête que l'autorité italienne de la concurrence a ouverte le 15 septembre sur l'offre d'Intesa Sanpaolo. Une offre conjointe de Crédit Agricole et d'UniCredit supposerait l'aval de Rome. En 2025, le gouvernement italien avait fait usage de son pouvoir de contrôle des investissements stratégiques (« golden power ») face à l'offre d'UniCredit sur Banco BPM.
