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title: "Assurance vie : aux Assises de l'Afer, sept camps présidentiels promettent le statu quo fiscal"
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category: tax-legislation
description: "Aux Assises de l'Afer, sept camps présidentiels excluent de toucher à l'assurance vie mais divergent sur la capitalisation, les donations et les successions."
keywords: [assurance vie présidentielle 2027, "Assises de l'Afer", fiscalité assurance vie, abattement 152 500 euros, retraite par capitalisation, droits de donation, PER dès la naissance, transférabilité assurance vie, droits de succession, Gérard Bekerman]
tags: [assurance-vie, afer, presidentielle-2027, fiscalite, succession, donation, retraite-par-capitalisation, per, pea, transmission]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/assurance-vie-aux-assises-de-lafer-sept-camps-presidentiels-promettent-le-statu-quo-fiscal"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-30T08:52:52.991Z"
updatedAt: "2026-09-30T08:52:53.032Z"
readingTimeMinutes: 8
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# Assurance vie : aux Assises de l'Afer, sept camps présidentiels promettent le statu quo fiscal

> Devant l'Afer, sept candidats ou représentants de candidats à la présidentielle ont exclu mardi de remettre en cause la fiscalité de l'assurance vie. Leurs propositions divergent sur la capitalisation, les donations et la taxation des héritages.

Devant l'**Afer** (Association française d'épargne et de retraite, près de 750 000 adhérents), sept candidats ou représentants de candidats à l'élection présidentielle de 2027 ont exclu mardi 29 septembre de remettre en cause le régime fiscal de l'assurance vie. Réunis à la salle Gaveau, à Paris, pour la dixième édition des Assises de l'association, ils se sont succédé seuls à la tribune, dix minutes chacun, face au président de l'Afer, Gérard Bekerman, et au journaliste de France Télévisions Jean-Paul Chapel.

Dans l'ordre de passage ont pris la parole David Lisnard (Nouvelle Énergie), Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (Les Républicains), Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement national), qui remplaçait Marine Le Pen, Xavier Bertrand, Jérôme Guedj (Parti socialiste) et Édouard Philippe (Horizons). Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann étaient absents. Au-delà de l'assurance vie, les propositions divergent nettement sur la retraite par capitalisation et sur la taxation des héritages.

## Une même question posée aux sept intervenants

Gérard Bekerman a posé à chacun la même question : « Vous président, prendriez-vous l'engagement de ne jamais toucher à l'épargne préférée des Français ? » Aucun intervenant n'a proposé de puiser dans l'épargne des ménages pour réduire la dette publique. La plupart ont mis en avant la baisse des dépenses publiques, selon les comptes rendus des _Échos_ et de _l'Opinion_.

L'**encours** (montant total des sommes placées) des contrats d'assurance vie atteignait 2 174 milliards d'euros fin juillet 2026, en hausse de 6,3 % sur un an, selon France Assureurs. Sur les sept premiers mois de l'année, la collecte nette s'élève à 41,3 milliards d'euros. « Préserver pleinement cette contribution essentielle au financement de l'économie française et européenne constitue un enjeu majeur », écrit Paul Esmein, directeur général de la fédération, dans son communiqué sur les chiffres de juillet.

## Le régime fiscal en vigueur au moment de la transmission

Au décès de l'assuré, les sommes issues de primes versées avant 70 ans bénéficient d'un **abattement de 152 500 euros par bénéficiaire**, selon impots.gouv.fr. Au-delà, la part de chaque bénéficiaire est taxée à 20 %, puis à 31,25 % sur la part taxable qui dépasse 700 000 euros. Pour les primes versées après 70 ans, les sommes entrent dans la succession après un abattement de 30 500 euros.

Des amendements aux projets de loi de finances pour 2025 et 2026 ont visé ce cadre. L'un d'eux, dans le texte pour 2026, prévoyait une taxation à 45 % de la fraction des capitaux transmis au-delà de 1,8 million d'euros par bénéficiaire (lire aussi : [Assurance vie : le barème à 45 % du CPO entre dans le débat du budget 2027](/news/assurance-vie-le-bareme-a-45-du-cpo-entre-dans-le-debat-du-budget-2027)). Xavier Bertrand propose d'inscrire dans la Constitution le principe de **non-rétroactivité fiscale**, pour que « plus jamais une instruction fiscale ne puisse revenir sur les conditions qui prévalaient au moment de la signature du contrat », a-t-il déclaré.

## Retraite : jusqu'où aller dans la capitalisation ?

La **retraite par capitalisation** (chaque actif accumule sur les marchés l'épargne qui financera sa propre pension) divise les candidats. David Lisnard veut substituer progressivement la capitalisation au système par répartition, qu'il qualifie de « pyramide de Ponzi », et défend une « capitalisation obligatoire ». Il ne conserverait la répartition que comme « filet de sécurité » pour les travailleurs pauvres.

Gabriel Attal plaide pour une transition graduelle. « Si on devait inventer aujourd'hui notre système de retraite, on inventerait un système par capitalisation », a déclaré l'ancien Premier ministre. Il propose un **PER** (plan d'épargne retraite) ouvert dès la naissance, que parents et grands-parents alimenteraient avec le même avantage fiscal que sur leur propre plan. La loi de finances pour 2024 a fermé l'ouverture d'un PER aux mineurs à compter du 1er janvier 2024 : sa proposition reviendrait sur cette règle. Il veut orienter une partie de l'intéressement et de la participation vers l'épargne retraite.

Bruno Retailleau promet un compte personnel de capitalisation et un âge de départ progressivement indexé sur l'espérance de vie. Il annonce 150 milliards d'euros d'économies et 600 000 suppressions de postes publics sur un mandat. Édouard Philippe fixe un objectif de départ à 65 ans avec 45 années de cotisation. Les excédents ainsi dégagés alimenteraient la capitalisation au moyen d'un compte géré par l'Agirc-Arrco (le régime de retraite complémentaire des salariés du privé).

Jean-Philippe Tanguy défend une « forte branche de capitalisation collective » sans bouleverser la répartition. Il chiffre à 20 milliards d'euros la baisse d'impôts accordée aux ménages dès la première année, et au même montant celle des entreprises. Il n'en a pas détaillé les modalités. Jérôme Guedj écarte toute modification du régime par répartition. Il propose de recréer un **Fonds de réserve pour les retraites** (réserve publique lancée sous le gouvernement de Lionel Jospin pour amortir le choc démographique), investi dans la transition écologique et la défense, et évoque un « grand emprunt citoyen ».

## Donations et successions : deux lignes opposées

Presque tous les intervenants se sont déclarés favorables à une baisse des **droits de donation** pour accélérer les transmissions du vivant. Édouard Philippe propose de doubler l'abattement sur les donations aux enfants et aux petits-enfants. Cet abattement s'élève aujourd'hui à 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans, selon impots.gouv.fr.

Bruno Retailleau résume sa proposition pour les entreprises familiales par la formule « no cash, no tax » : l'héritier qui conserve l'entreprise différerait le paiement des droits. Il s'appuierait sur le **pacte Dutreil**, le régime d'exonération partielle des transmissions d'entreprises, en y ajoutant un report d'imposition sans limite de durée sous condition de conservation des titres.

Jérôme Guedj, qui s'est présenté comme le seul candidat de gauche de la soirée, défend la position inverse. « La taxation de l'héritage est l'une des pistes de déconcentration du patrimoine », a-t-il affirmé. Selon le même magazine, il cible la tranche des successions au-delà de 2 millions d'euros pour dégager environ 10 milliards d'euros de recettes supplémentaires, affectées à la branche autonomie de la Sécurité sociale. « Je préfère cela à une récupération sur succession au moment du décès », a-t-il ajouté.

## Orienter l'épargne vers les entreprises françaises

Le même magazine rapporte que David Lisnard veut « libérer complètement » la fiscalité du **PEA** (plan d'épargne en actions) pour favoriser l'« épargne patiente ». Gabriel Attal rappelle que 370 000 PME doivent changer de mains d'ici dix ans et estime qu'une sur deux risque de ne pas trouver de repreneur. Il propose d'assouplir l'**IR-PME**, la réduction d'impôt dite « Madelin » accordée aux particuliers qui entrent au capital d'une PME. Xavier Bertrand souhaite faciliter l'investissement de l'épargne dans les entreprises régionales.

Édouard Philippe exclut tout emprunt obligatoire et mise sur l'union européenne des marchés de capitaux. Sans elle, il redoute, selon le même magazine, « ce désastre absolu d'une épargne européenne au service de l'économie américaine ».

Bruno Retailleau s'est dit favorable à la **transférabilité des contrats** d'une compagnie à une autre. Cette proposition est la plus sensible pour l'écosystème de l'Afer. Depuis la loi Pacte de 2019, un épargnant peut transférer son contrat vers un nouveau contrat du même assureur en conservant son antériorité fiscale. Pour changer de compagnie, l'épargnant doit racheter son contrat puis en ouvrir un autre. Le nouveau contrat démarre alors sans antériorité fiscale. Les assureurs s'opposent depuis des années à une portabilité entre compagnies, qui réduirait selon eux leur capacité à gérer leurs engagements dans la durée.

## Le calendrier des décisions fiscales

Ces engagements de campagne n'ont aucun effet juridique. Le régime fiscal des contrats se décide dans les lois de finances. Le budget pour 2027 sera débattu au Parlement cet automne, avant le scrutin présidentiel. Les deux derniers budgets ont vu passer des amendements sur la transmission des contrats. Les engagements pris devant l'Afer ne lient pas les députés qui déposent ces amendements.

Pour un épargnant, les règles applicables restent celles décrites plus haut : abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, abattement de 100 000 euros sur les donations en ligne directe tous les 15 ans. Les propositions présentées à la salle Gaveau n'en modifient aucune tant qu'elles ne sont pas traduites dans un texte voté.

## Sources

-   [Les Échos, compte rendu des Assises de l'Afer (29 septembre 2026)](https://www.lesechos.fr/patrimoine/retraite/assurance-vie-retraites-transmission-ce-que-les-candidats-a-la-presidentielle-proposent-aux-epargnants-2254163)
-   [Investir, les candidats unanimes sur le statu quo fiscal (30 septembre 2026)](https://investir.lesechos.fr/placements/assurance-vie/assurance-vie-les-candidats-a-la-presidentielle-unanimes-sur-le-statu-quo-fiscal-aux-assises-de-lafer-2254205)
-   [Gestion de Fortune, Assises de l'Afer : un grand oral consensuel](https://www.gestiondefortune.com/assurance-vie/rubriques-assurance-vie/actualites/13360-assises-de-lafer-un-grand-oral-consensuel.html)
-   [L'Opinion, compte rendu des Assises de l'Afer](https://www.lopinion.fr/economie/aux-assises-de-lafer-les-candidats-a-la-presidentielle-promettent-de-ne-pas-toucher-a-lepargne-pour-combler-la-dette)
-   [Le Figaro, l'oral des candidats devant l'Afer](https://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/retraites-assurance-vie-epargne-des-francais-ce-qu-il-faut-retenir-de-l-oral-de-candidats-a-la-presidentielle-devant-l-afer-20260929)
-   [France Assureurs, chiffres de l'assurance vie à fin juillet 2026](https://www.franceassureurs.fr/espace-presse/les-communiques-de-presse/cotisations-assurance-vie-juillet-2026/)
-   [impots.gouv.fr, fiscalité de l'assurance vie au décès](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/je-suis-beneficiaire-dune-assurance-vie-comment-la-declarer)
-   [impots.gouv.fr, abattements sur les donations](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/que-puis-je-donner-mes-enfants-petits-enfants-sans-avoir-payer-de-droits)
