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title: "Assurance vie : 36,5 milliards d'euros de collecte nette au premier semestre, record depuis 2006"
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description: "Collecte nette record de 36,5 milliards d'euros pour l'assurance vie au premier semestre 2026, quand le Livret A décollecte de 5,93 milliards d'euros."
keywords: [assurance vie collecte 2026, collecte nette assurance vie, France Assureurs premier semestre 2026, unités de compte assurance vie, fonds en euros rendement, décollecte Livret A 2026, taux Livret A 1er août 2026, PER assurantiel encours, épargne réglementée, encours assurance vie 2162 milliards]
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-08-01T06:10:42.143Z"
updatedAt: "2026-08-01T06:10:42.159Z"
readingTimeMinutes: 8
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# Assurance vie : 36,5 milliards d'euros de collecte nette au premier semestre, record depuis 2006

> L'assurance vie a capté 36,5 milliards d'euros de collecte nette au premier semestre 2026, du jamais vu depuis 2006. Sur la même période, le Livret A a perdu 5,93 milliards. Son taux remonte à 1,70 % ce 1er août, sous une inflation française estimée à 2,1 %.

L'assurance vie française vient de signer son meilleur semestre depuis vingt ans. Entre janvier et juin 2026, la collecte nette du placement préféré des ménages a atteint **36,5 milliards d'euros**, selon les données publiées le 30 juillet par France Assureurs. Le montant dépasse de 8,9 milliards celui du premier semestre 2025 et n'est devancé, dans toute l'histoire statistique du produit, que par le premier semestre 2006 et ses 40,2 milliards d'euros.

Ce record tombe au moment précis où l'épargne réglementée change de tarif. Ce 1er août, le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) passent de 1,50 % à 1,70 %, première revalorisation depuis 2023. La hausse arrive après six mois de retraits consécutifs, et elle ne comble pas l'écart de rémunération qui a nourri le basculement des six derniers mois.

## Un semestre à 108,8 milliards d'euros de versements

Le détail des flux explique l'ampleur du chiffre. Les cotisations brutes ont totalisé **108,8 milliards d'euros** sur le semestre, en progression de 10 % sur un an. Elles dépassent le précédent point haut du premier semestre 2025 (97,7 milliards), ainsi que ceux de 2024 (92,7 milliards) et de 2023 (81,1 milliards).

Le mouvement tient autant aux entrées qu'à la sagesse des sorties. Les prestations versées se sont établies à 72,3 milliards d'euros, en hausse limitée de 2 % seulement. Quand les versements accélèrent de 10 % et que les rachats ne progressent que de 2 %, l'écart mécanique produit une collecte nette hors normes.

L'encours total suit la même pente. Il s'élève à **2 162 milliards d'euros** au 30 juin 2026, en croissance de 6 % sur douze mois, soit 122 milliards d'euros supplémentaires. Aucun autre véhicule d'épargne français n'approche cet ordre de grandeur.

## Juin, mois charnière

Le sursaut de juin porte une part notable du résultat semestriel. Les cotisations du mois ont atteint 19,3 milliards d'euros, en hausse de 12 % sur un an, un record pour un mois de juin. Les prestations ont progressé de 7 %, à 12,6 milliards. La collecte nette mensuelle ressort ainsi à **6,7 milliards d'euros**, soit 1,3 milliard de plus qu'en juin 2025.

« Avec 19,3 milliards de cotisations en juin 2026, les Français confirment une nouvelle fois leur attachement à l'assurance vie. Cette dynamique, conjuguée au développement des PER assurantiels, est un bon signal : elle permet de répondre aux besoins des Français d'épargner sur le long terme, tout en contribuant au financement de l'économie française et européenne. Concrètement, à fin décembre 2025, 64 % des encours étaient en effet investis en titres d'entreprises et 24 % en obligations souveraines », a déclaré Paul Esmein, directeur général de France Assureurs.

## Les unités de compte captent l'essentiel des flux nets

La composition de cette collecte mérite un examen attentif, car elle raconte une histoire différente du volume brut. Les unités de compte (UC), supports investis en actions, en obligations ou en immobilier et dont le capital n'est pas garanti, ont représenté 39 % des cotisations du semestre et 43 % de celles du seul mois de juin. Le solde, environ six euros versés sur dix, est allé aux fonds en euros à capital garanti.

La photographie s'inverse quand on regarde les flux nets. Les unités de compte affichent une collecte nette de **27,5 milliards d'euros** sur le semestre, contre 8,9 milliards pour les fonds en euros. Autrement dit, les trois quarts de l'argent réellement resté dans les contrats se sont dirigés vers des supports exposés aux marchés. Les fonds en euros reçoivent encore la majorité des versements, mais ils supportent aussi l'essentiel des rachats.

Le contexte de rendement éclaire cet arbitrage. Les fonds en euros ont servi **2,6 % en moyenne** au titre de 2025 selon l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), un niveau supérieur au Livret A mais insuffisant pour retenir les épargnants les plus offensifs après trois années de marchés actions porteurs.

## Le Livret A paie l'addition

Le miroir de ce record est brutal. Le Livret A a enregistré une décollecte de **5,93 milliards d'euros** sur le premier semestre 2026, selon la Caisse des Dépôts. C'est le plus mauvais premier semestre depuis le début de la série statistique en 2009. Seule l'année 2015 avait connu un solde semestriel négatif, à 2,45 milliards d'euros, soit une contre performance deux fois moindre. Le mois de juin, avec 920 millions d'euros de retraits nets, a marqué le sixième mois consécutif de décollecte.

En ajoutant le LDDS, qui a perdu 960 millions d'euros sur la période, ce sont près de 6,9 milliards d'euros qui ont quitté les deux livrets défiscalisés. Le rapprochement avec les 36,5 milliards captés par l'assurance vie donne la mesure du transfert.

« Le contraste est saisissant avec le Livret A, qui a enregistré une décollecte de près de 6 milliards d'euros au cours du premier semestre, tandis que l'assurance vie affiche, de son côté, une collecte nette de plus de 36 milliards d'euros », résume Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Épargne, qui attribue le phénomène à la bonne tenue du rendement des fonds en euros et à celle des marchés financiers.

La revalorisation du 1er août modifie le calcul sans le renverser. À 1,70 %, le Livret A reste sous l'inflation française, estimée à **2,1 % sur un an en juillet** par l'Insee dans son estimation provisoire publiée le 31 juillet, après 1,8 % en juin. Le rendement réel du livret demeure donc négatif. Bercy a par ailleurs appliqué strictement la formule de calcul, sans coup de pouce. Le Livret d'épargne populaire (LEP) fait exception : maintenu à 2,50 % jusqu'au 31 janvier 2027 alors que la formule conduisait à 2,20 %, il conserve un avantage réservé aux ménages modestes. Le compte épargne logement (CEL), indexé sur le Livret A, monte à 1,25 %.

## Le PER consolide sa place

L'épargne retraite accompagne le mouvement à une échelle plus modeste. Les versements sur les plans d'épargne retraite (PER) assurantiels, transferts compris, s'élèvent à 9,4 milliards d'euros depuis janvier, en progression de 2 %. Le deuxième trimestre a vu 229 600 nouveaux PER souscrits et 3,2 milliards d'euros de cotisations hors transferts, en hausse de 8 % sur un an, pour une collecte nette de 1,9 milliard.

À fin juin 2026, les PER assurantiels rassemblent **8,5 millions d'assurés** pour un encours de 124,8 milliards d'euros. Les transferts d'anciens contrats vers un PER ont concerné 52 200 assurés et 1,6 milliard d'euros sur le trimestre, signe que la restructuration du paysage de l'épargne retraite se poursuit six ans après la loi Pacte.

## Les angles morts d'un record

Un chiffre de collecte ne dit rien de la qualité de l'allocation. Trois réserves méritent d'être posées.

-   **Le risque a changé de main.** Avec 27,5 milliards d'euros de flux nets dirigés vers les unités de compte, une part croissante de l'épargne des ménages est désormais exposée aux marchés sans garantie en capital. Cette allocation a été gagnante ces dernières années. Elle transformerait un retournement boursier en perte comptable directe pour l'épargnant, là où le fonds en euros absorbe le choc.
-   **Les frais restent opaques sur certains supports.** Dans un rapport conjoint publié le 22 juin 2026, l'Autorité des marchés financiers (AMF) et l'ACPR ont relevé que les épargnants avaient investi 66 milliards d'euros en produits structurés en 2025, dont 80 % via des contrats d'assurance vie. Les deux autorités soulignent que l'épargnant ne peut pas connaître, au moment de son investissement, la part du montant investi qui rémunérera les différents intervenants de la chaîne.
-   **Le circuit du logement social se contracte.** Depuis 2013, 59,5 % des dépôts du Livret A et du LDDS sont centralisés au fonds d'épargne de la Caisse des Dépôts, qui les transforme en prêts de long terme aux bailleurs sociaux et à la transition écologique. Chaque milliard qui quitte les livrets réduit, à la marge, la ressource de ce circuit. La structure du financement reste solide, mais le signal envoyé par six mois de retraits consécutifs n'est pas neutre.

## Ce qu'il faut surveiller

Trois échéances détermineront si le record de juin marque un plafond ou une étape. La rentrée de septembre dira d'abord si la revalorisation du Livret A à 1,70 % suffit à enrayer la décollecte, ou si l'écart de rendement avec les fonds en euros continue de jouer contre les livrets. Les taux servis au titre de 2026, annoncés en début d'année prochaine, pèseront ensuite lourd : le cabinet Good Value for Money anticipe une moyenne proche de 2,90 %, ce qui creuserait encore l'avantage de l'assurance vie.

Le troisième facteur est fiscal. La fiscalité de l'assurance vie n'a pas été modifiée à ce jour en 2026, malgré des débats parlementaires récurrents sur un durcissement de la transmission et sur l'abattement de 152 500 euros par bénéficiaire. Toute inflexion budgétaire dans cette direction changerait l'équation pour les encours les plus élevés, ceux qui portent une large part de la collecte actuelle.

Pour l'épargnant, la lecture pratique tient en une phrase : le basculement des livrets vers l'assurance vie améliore le rendement attendu, mais il déplace le curseur du risque. Arbitrer une trésorerie de précaution vers des unités de compte revient à échanger une garantie contre une espérance de gain. La question n'est pas de savoir si l'assurance vie rapporte davantage que le Livret A, ce que les chiffres établissent, mais quelle part de son épargne doit rester disponible et garantie.

### Sources

-   [France Assureurs, communiqué de presse du 30 juillet 2026](https://www.franceassureurs.fr/espace-presse/les-communiques-de-presse/assurance-vie-juin-2026/)
-   [Cercle de l'Épargne, « Le semestre de tous les records pour l'assurance vie »](https://cercledelepargne.com/le-semestre-de-tous-les-records-pour-lassurance-vie)
-   [Insee, Informations rapides n° 188 du 31 juillet 2026](https://www.insee.fr/fr/statistiques/9032859)
-   [Ministère de l'Économie, épargne réglementée au 1er août 2026](https://presse.economie.gouv.fr/epargne-reglementee-le-livret-a-passe-a-17-et-le-lep-se-maintient-a-25-a-compter-du-1er-aout-2026/)
