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title: "Assurance vie : 18,8 milliards en juillet, la facture des unités de compte en question"
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description: "Record de 18,8 milliards en juillet 2026 et 42 % vers les unités de compte : ce que coûtent vraiment les frais d'un contrat d'assurance vie en France."
keywords: [frais assurance vie, unités de compte, France Assureurs, collecte assurance vie juillet 2026, frais de gestion, value for money, ACPR, EIOPA, fonds en euros, frais des fonds]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/assurance-vie-188-milliards-en-juillet-la-facture-des-unites-de-compte-en-question"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-01T21:14:23.846Z"
updatedAt: "2026-09-01T21:14:23.887Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Assurance vie : 18,8 milliards en juillet, la facture des unités de compte en question

> France Assureurs a enregistré 18,8 milliards d'euros de cotisations en juillet 2026, un record pour ce mois, dont 42 % dirigés vers les unités de compte. Cette bascule remet au centre le coût des contrats, chiffré à 0,73 % pour l'enveloppe et 1,60 % pour les fonds.

France Assureurs a annoncé le 31 août 2026 que les versements sur les contrats d'assurance vie avaient atteint 18,8 milliards d'euros en juillet, en hausse de 1 % sur un an. La fédération y voit un record pour un mois de juillet. Elle situe la part des unités de compte à 42 % des cotisations du mois et à 40 % depuis janvier, un niveau qui déplace la question centrale du placement préféré des Français vers son coût.

Les prestations versées se sont élevées à 14,1 milliards, en progression de 4 %. La collecte nette ressort à 4,7 milliards d'euros, soit 0,4 milliard de moins qu'en juillet 2025. Sur sept mois, les cotisations cumulées atteignent 127,8 milliards, en hausse de 9 %, et la collecte nette 41,3 milliards, en progression de 8,7 milliards. L'encours des contrats s'établit à 2 174 milliards d'euros, en hausse de 6,3 % sur un an, soit 128 milliards supplémentaires.

> « Avec un record de 18,8 milliards d'euros de cotisations en juillet, l'assurance vie confirme une nouvelle fois sa solidité et son attractivité auprès des Français. »
> 
> **Paul Esmein**, directeur général de France Assureurs

## Un record de juillet porté par les supports non garantis

Le fonds en euros et les unités de compte (UC) ne se facturent pas de la même façon. Sur le premier, l'assureur prélève ses frais de gestion avant d'annoncer le taux servi, si bien que le rendement communiqué est déjà net. Sur les secondes, deux couches se superposent. L'assureur prélève des frais sur l'encours du contrat, puis la société de gestion prélève ses propres frais courants à l'intérieur de chaque fonds référencé.

L'étude publiée le 6 mai 2026 par France Assureurs chiffre ces deux couches pour l'exercice 2025. Le taux moyen prélevé sur l'encours des contrats ressort à **0,73 %** tous supports confondus, stable par rapport à 2024. Il se décompose en 0,66 % sur les fonds en euros et 0,88 % sur les unités de compte. S'y ajoutent les frais des fonds référencés, mesurés à **1,60 %** en moyenne, contre 1,62 % un an plus tôt.

Un épargnant investi en UC supporte donc, en ordre de grandeur, près de 2,5 % de frais annuels avant même de considérer d'éventuels frais sur versement ou frais d'arbitrage. Cette moyenne recouvre des écarts considérables selon la nature du fonds. La ventilation publiée par la fédération situe les fonds monétaires à 0,25 % et les fonds indiciels cotés à 0,33 %, quand les fonds actions ressortent à 1,72 %, les fonds immobiliers à 1,80 % et le capital investissement à 2,01 %.

## Gestion libre et gestion sous mandat : 35 points de base d'écart

Le mode de gestion pèse également sur la facture. Toujours selon France Assureurs, les frais du contrat s'établissent à 0,82 % en gestion libre et à 1,17 % en gestion sous mandat pour 2025. Les deux chiffres reculent d'un exercice à l'autre, respectivement depuis 0,83 % et 1,19 %. La moyenne d'ensemble reste pourtant figée à 0,88 %, parce que les encours se concentrent progressivement sur la gestion déléguée, la plus chère des deux formules.

## Le rendement net tranche autrement

L'Observatoire des produits d'épargne financière, placé auprès du Comité consultatif du secteur financier, a publié le 25 juin 2026 son bilan de l'exercice 2025. Les fonds en euros y affichent une performance moyenne de **2,6 %**, nette des frais de gestion. Ces supports ressortent à **4,7 %**, nettes des frais du contrat et des frais courants des fonds. L'observatoire retient par ailleurs des frais annuels de 0,67 % sur les fonds en euros, de 0,80 % sur les UC en gestion libre et de 1,08 % en gestion pilotée.

Cette moyenne recouvre des trajectoires opposées. Les UC actions progressent de 8,05 % sur l'exercice tandis que les UC immobilières reculent de 2,93 %. France Assureurs, avec sa propre méthodologie, chiffre la performance moyenne des unités de compte à 5,5 % en 2025, après 5,4 % en 2024. Le débat sur les frais se ramène ainsi à une question de dispersion : un surcoût de 50 points de base se rattrape sur un fonds actions performant et se paie très cher sur un support durablement en retrait.

## Les superviseurs construisent leur propre thermomètre

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a inscrit dans son programme de travail pour 2026, présenté en janvier, la poursuite de ses travaux sur la _value for money_. Le superviseur prévoit d'y intégrer les frais de gestion des contrats d'assurance vie, dans le prolongement de discussions engagées avec les acteurs du secteur en février 2025. L'objectif affiché consiste à vérifier que les coûts supportés par le client restent proportionnés aux bénéfices qu'il en retire.

Au niveau européen, l'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) a publié le 6 juillet 2026 une version révisée de sa méthodologie d'indicateurs de référence sur la valeur délivrée aux assurés. Ce texte remplace la version d'octobre 2024 et a été élaboré à partir des retours de la consultation publique et d'un exercice de collecte de données mené dans plusieurs États membres. Il vise à outiller les superviseurs nationaux pour repérer les produits en unités de compte dont le coût paraît disproportionné.

Le Pôle commun de l'ACPR et de l'Autorité des marchés financiers (AMF) a déjà montré ce que cette approche peut produire. Dans une étude publiée le 22 juin 2026 sur les produits structurés, souvent logés dans des contrats d'assurance vie, les deux autorités relèvent que « sur 51 produits analysés, le coût d'entrée total varie fortement d'un distributeur à l'autre, allant de 1,20 % à 13,16 % ». Le coût moyen s'établit à 5,83 % sur la période étudiée. Les autorités notent également que la performance des produits examinés est en moyenne inférieure à celle des marchés entre 2022 et 2024, un écart qu'elles imputent aux coûts et à la protection éventuelle du capital.

## Ce que l'épargnant peut vérifier avant de signer

La transparence tarifaire repose sur un accord de place signé à Bercy le 2 février 2022. Depuis le 1er juin 2022, chaque producteur de contrat d'assurance vie et de plan d'épargne retraite publie sur son site un tableau normalisé qui regroupe les frais par catégorie. Ce document couvre les frais du contrat, ceux des supports et les taux de rétrocession de commissions.

Face à cet empilement, [le détail des frais d'un contrat d'assurance vie](https://www.france-epargne.fr/products/assurance-vie/frais) reste la première variable sur laquelle l'épargnant garde réellement la main. Trois postes méritent une lecture attentive :

-   **Les frais sur versement**, nuls sur la plupart des contrats distribués en ligne mais toujours présents dans certains réseaux traditionnels.
-   **Les frais annuels de gestion du contrat**, à confronter aux 0,73 % relevés en moyenne sur le marché en 2025.
-   **Les frais courants des fonds retenus**, qui varient d'un facteur six entre un fonds indiciel coté et un véhicule de capital investissement.

## Ce qu'il faut surveiller

Deux chantiers structurent la suite. Les discussions entre l'ACPR et les assureurs sur l'intégration des frais de gestion dans le dispositif national de _value for money_ se poursuivent tout au long de 2026. La méthodologie révisée de l'autorité européenne fournit désormais un cadre commun que les superviseurs nationaux peuvent décliner. Aucun texte n'oblige encore un assureur à retirer un support dont le coût dépasse une norme de marché, mais l'outillage statistique qui permettrait de l'identifier existe.

La collecte, elle, ne faiblit pas. Le directeur général de France Assureurs a souligné devant la presse que le millésime 2026 s'inscrivait parmi les meilleurs de l'histoire du placement, la collecte nette cumulée ne cédant qu'à celle de 2006, selon les propos rapportés par MoneyVox. Avec 2 174 milliards d'euros d'encours, chaque dixième de point de frais représente environ 2,2 milliards prélevés chaque année sur l'épargne financière des ménages français.
