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title: "Assurance des garages en 2026 : réparations et surprime CatNat gonflent la facture"
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description: "Assurance auto en hausse de 4 à 5 % en 2026 : inflation des réparations (SRA) et surprime CatNat relevée renchérissent aussi les contrats des garages."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-12T21:11:22.231Z"
updatedAt: "2026-07-12T21:11:22.248Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Assurance des garages en 2026 : réparations et surprime CatNat gonflent la facture

> Pour la troisième année consécutive, les tarifs de l'assurance automobile progressent, de 4 à 5 % en 2026 selon Assurland. L'inflation des coûts de réparation mesurée par la SRA et le relèvement de la surprime CatNat pèsent aussi sur les garages, dont les contrats professionnels se renchérissent.

Les automobilistes français voient leur prime grimper pour la troisième année d'affilée. Selon le comparateur **Assurland**, la facture d'assurance auto devrait progresser de 4 à 5 % en 2026, après une hausse de 6,8 % en 2025. Le cabinet **Facts & Figures** retient une fourchette identique et pointe deux moteurs principaux : la sinistralité et le renchérissement des réparations, tiré par le prix des pièces et de la main-d'œuvre. Ce que les statistiques grand public montrent moins, c'est que la même mécanique frappe les professionnels qui réparent ces véhicules. Pour les 104 000 entreprises du secteur de l'entretien et de la réparation automobile recensées par l'INSEE, l'assurance de l'atelier lui-même devient un poste budgétaire sous tension.

## Un cycle de hausse qui dure depuis trois ans

La progression des primes automobiles n'a rien d'accidentel. Entre 2010 et 2024, elles ont augmenté de 20,6 % selon Facts & Figures. Le rythme s'est accéléré depuis : après 6,8 % en 2025, les projections pour 2026 convergent autour de 4 à 5 %. Sur un contrat tous risques, cela représente une quarantaine d'euros supplémentaires par an pour un particulier. Pour un garage qui assure ses locaux, ses équipements, ses véhicules de courtoisie et sa responsabilité, l'effet cumulé sur un contrat multirisque professionnel est d'un tout autre ordre.

Olivier Moustacakis, cofondateur d'Assurland, résume les forces à l'œuvre : « Davantage de technologies embarquées, davantage de véhicules électriques sur les routes, une main-d'œuvre qui se raréfie... en cas de dommage matériel, les prix de réparation s'envolent. » Chacun de ces facteurs alourdit d'abord l'indemnisation versée par les assureurs, puis, par ricochet, la prime facturée à leurs clients, particuliers comme entreprises.

## La réparation coûte de plus en plus cher

Le nœud du problème est technique avant d'être financier. D'après la **Sécurité et Réparation Automobiles (SRA)**, le coût moyen d'une réparation a encore progressé de 4 % au premier trimestre 2026 sur un an. Le poste pièces représente désormais 53,7 % de la facture, devant la main-d'œuvre (34,4 %). Sur douze mois glissants, les pièces détachées ont augmenté de 5,3 %, la main-d'œuvre de 3,8 % et les ingrédients de peinture de près de 4 %.

La tendance s'inscrit dans la durée. Entre 2021 et 2025, les frais de réparation ont bondi de 29,9 %. Le taux horaire de main-d'œuvre suivi par la SRA a atteint un indice de 149,7 début 2026, contre 138,1 début 2024, tandis que l'indice des ingrédients de peinture est passé de 155,9 à 171 sur la même période. Cette inflation se répercute mécaniquement sur les contrats des garages, dont les plafonds de garantie et les valeurs assurées doivent être réévalués au même rythme sous peine de sous-assurance.

> « Le poste pièces représente désormais 53,7 % du coût total des réparations, devant la main-d'œuvre à 34,4 %. »
> 
> Données Sécurité et Réparation Automobiles (SRA), premier trimestre 2026

## La surprime CatNat relevée pèse sur les contrats

À cette inflation s'ajoute une décision réglementaire. Par un arrêté publié le 22 décembre 2023, l'État a relevé le taux de la surprime destinée au régime des catastrophes naturelles. Depuis le 1er janvier 2025, cette contribution est passée de 6 à 9 % sur les garanties vol et incendie des contrats automobiles, et de 12 à 20 % sur les contrats dommages aux biens des particuliers et des professionnels. Le taux de 12 % était resté stable pendant vingt-cinq ans.

L'objectif affiché est de combler un déficit cumulé de 1,9 milliard d'euros accumulé par le régime depuis 2015 et de dégager une capacité de couverture supplémentaire estimée à 1,2 milliard d'euros par an. L'année 2026 marque la pleine application de ce relèvement, à mesure que les contrats se renouvellent. Pour un atelier, la surprime s'applique à la fois sur la couverture de ses locaux et sur celle des véhicules qui lui sont confiés, deux briques centrales d'un contrat multirisque garage.

La pertinence de cette hausse n'est pas purement théorique. L'orage de grêle qui a frappé la région parisienne en mai 2025 a généré plus de 61 000 déclarations de sinistres automobiles pour un coût estimé à 196 millions d'euros, illustrant l'exposition croissante du parc et des professionnels aux événements climatiques extrêmes.

## Le véhicule électrique redessine le risque en atelier

La bascule vers l'électrique transforme le profil de risque des garages. Plus d'un million de véhicules électriques circulent aujourd'hui en France, et ils représentaient 27 à 29 % des nouvelles immatriculations de voitures particulières en début d'année 2026. Or la batterie pèse de 30 à 50 % de la valeur d'un véhicule électrique et son remplacement se chiffre entre 8 000 et 20 000 euros, ce qui renchérit d'autant les sinistres pris en charge.

Pour l'atelier, l'enjeu est double. Intervenir sur des systèmes haute tension exige une habilitation spécifique (norme NF C 18-550), et un sinistre survenu sans cette certification peut être écarté par l'assureur. Les équipements de diagnostic haute tension et les bornes de recharge, dont la valeur va de 15 000 à 80 000 euros par poste, doivent par ailleurs figurer explicitement dans les garanties, faute de quoi ils risquent d'être exclus ou plafonnés trop bas.

## Une pression aggravée par la pénurie de main-d'œuvre

La rareté des techniciens qualifiés amplifie le phénomène. D'après une enquête de la filière relayée lors des rencontres Moove On 2026, 80,8 % des entreprises déclarent des difficultés de recrutement en mécanique et en carrosserie, alors que l'âge moyen des mécaniciens avoisine 45 ans. France Travail estime à près de 15 000 le nombre de postes à pourvoir dès 2026 dans les métiers liés à la mobilité durable. Cette tension pousse les salaires à la hausse et allonge les délais d'immobilisation des véhicules, deux facteurs qui gonflent le coût des sinistres et, à terme, les primes.

Pour le garagiste, chaque semaine de fermeture après un sinistre majeur se traduit par des charges fixes non couvertes si la garantie perte d'exploitation est sous-dimensionnée. La combinaison d'un contrat mal calibré et d'un délai de remise en état allongé peut fragiliser durablement une petite structure.

## Comment les garages peuvent contenir la facture

Face à cet empilement de coûts, la marge de manœuvre des professionnels reste réelle mais suppose une lecture fine des contrats. Le cadre légal impose la responsabilité civile professionnelle à tous les garages au titre de l'article R211-3 du Code des assurances, mais la couverture multirisque, elle, se négocie. Cinq critères déterminent la qualité réelle d'une offre : les plafonds garantis pour les équipements, la franchise applicable par sinistre, la durée de la garantie perte d'exploitation, les exclusions liées aux interventions sur véhicules électriques ou au gaz, et la qualité de l'accompagnement en cas de sinistre.

C'est précisément sur ce terrain que se joue l'optimisation. Comparer les offres de plusieurs assureurs, réévaluer chaque année la valeur des équipements diagnostiques et vérifier que les nouvelles obligations liées à l'électrique sont bien couvertes permet d'éviter la double peine d'une prime en hausse et d'une protection insuffisante. Les garagistes qui souhaitent auditer leur situation peuvent s'appuyer sur [l'assurance garage et atelier automobile](https://www.france-epargne.fr/products/assurances-professionnelles/assurance-garage-atelier) proposée par France Épargne, qui met en concurrence une douzaine d'assureurs professionnels et chiffre les écarts de couverture avant tout engagement.

## Ce qu'il faut surveiller

Trois signaux méritent l'attention des professionnels dans les mois qui viennent. D'abord, la publication des prochains indices SRA, qui dira si l'inflation des réparations se stabilise autour de 4 % ou repart à la hausse. Ensuite, le comportement des assureurs au renouvellement 2026, alors que la surprime CatNat produit son plein effet sur les contrats professionnels. Enfin, la montée en compétence des ateliers sur l'électrique, qui conditionnera à la fois l'accès à de nouveaux marchés et le maintien de garanties adaptées. Dans un secteur où les marges nettes se situent le plus souvent entre 3 et 8 %, la maîtrise du poste assurance n'est plus un détail de gestion mais un levier de pérennité.
