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title: Asana rachète StackAI pour 75 millions de dollars et relève ses prévisions annuelles
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description: Asana rachète StackAI pour 75 M$ et relève sa prévision annuelle après un trimestre supérieur aux attentes. Analyse du pari sur les agents IA et des risques.
keywords: [asana stackai, rachat asana, agents ia entreprise, asana resultats, logiciel saas ia, asana action, intelligence artificielle logiciel, consolidation logiciel entreprise]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/asana-rachete-stackai-pour-75-millions-de-dollars-et-releve-ses-previsions-annuelles"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-05-29T06:07:31.938Z"
updatedAt: "2026-05-29T06:07:31.954Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Asana rachète StackAI pour 75 millions de dollars et relève ses prévisions annuelles

> Asana a annoncé le 28 mai le rachat de StackAI, plateforme d'agents IA sans code, pour 75 millions de dollars selon TechCrunch. L'opération accompagne des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et une prévision annuelle relevée. L'action a gagné 3,3 % après la clôture.

L'éditeur américain de logiciels de gestion du travail **Asana** a annoncé le 28 mai 2026 le rachat de **StackAI**, une jeune société spécialisée dans la création d'agents d'intelligence artificielle sans programmation. Le montant de l'opération atteint 75 millions de dollars selon TechCrunch, alors que le média spécialisé SiliconANGLE rapporte des conditions financières non communiquées. L'annonce est intervenue lors de la présentation des comptes du premier trimestre de l'exercice 2027, marqués par des revenus et une rentabilité supérieurs aux attentes du marché.

## Une acquisition qui prolonge le virage vers les agents autonomes

StackAI, issue de la promotion hiver 2023 de l'accélérateur Y Combinator, conçoit une plateforme permettant aux entreprises de construire, tester, déployer et superviser des agents IA personnalisés sans écrire de code. Ces agents se connectent aux applications déjà en place chez les clients (Salesforce, Oracle, AWS, DocuSign ou encore Slack) pour lire et inscrire automatiquement des données dans plusieurs systèmes. Les cas d'usage couvrent l'assistance client, les demandes de service informatique et les contrôles de conformité, notamment dans les services financiers, la santé et les services professionnels.

La société avait levé moins de 20 millions de dollars au total, dont un tour de série A de 16 millions mené par le fonds Gradient. Ses deux fondateurs, **Tony Rosinol** et **Bernard Aceituno**, rejoignent Asana à l'issue de la transaction. Pour le groupe dirigé par Dan Rogers, l'opération ajoute une couche d'exécution qui prolonge ses agents maison, baptisés AI Teammates et AI Studio, vers des systèmes externes tout en conservant un cadre de gouvernance via les approbations et le contexte des projets gérés dans Asana.

> « Cette acquisition accélère notre feuille de route et nous fait entrer dans la prochaine phase du travail entre humains et agents. Nous observons déjà une vraie dynamique avec AI Teammates et AI Studio », a déclaré Dan Rogers, directeur général d'Asana.

Le cofondateur de StackAI a résumé la logique industrielle de la transaction en opposant deux générations d'outils. **Tony Rosinol** estime que « les agents généralistes parlent, les agents spécialisés agissent », ajoutant que le rapprochement avec Asana représente « le moment où notre offre change d'échelle ».

## Les chiffres clés du trimestre

Asana a publié un chiffre d'affaires trimestriel de 205,1 millions de dollars, en hausse de 9,5 % sur un an, légèrement au-dessus du consensus établi à 203,6 millions. Le bénéfice par action ajusté s'établit à 0,10 dollar, contre 0,07 dollar attendu. La marge opérationnelle ajustée a atteint un niveau record de 11,5 %, contre 4,3 % un an plus tôt, un redressement qui traduit l'effort de discipline sur les coûts engagé par la direction.

La base installée continue de progresser, mais à un rythme modéré. Le groupe revendique 26 103 clients dits « cœur de cible », en progression de 7 % sur un an, et 817 clients dépensant plus de 100 000 dollars par an, en hausse de 12 %. Cette dernière catégorie illustre la stratégie de montée en gamme vers les grands comptes, là où se concentre la valeur des abonnements complétés par des fonctionnalités d'IA.

-   **Chiffre d'affaires :** 205,1 millions de dollars (+9,5 % sur un an)
-   **Bénéfice par action ajusté :** 0,10 dollar (consensus : 0,07 dollar)
-   **Marge opérationnelle ajustée :** 11,5 % (4,3 % un an plus tôt)
-   **Grands comptes :** 817 clients à plus de 100 000 dollars par an (+12 %)
-   **Prévision annuelle relevée :** 855,5 à 863,5 millions de dollars de revenus

Forte de ces résultats, la société a relevé sa prévision de chiffre d'affaires pour l'exercice complet dans une fourchette de 855,5 à 863,5 millions de dollars, contre une fourchette précédente de 850 à 858 millions. Le rachat de StackAI devrait apporter environ 50 points de base de croissance supplémentaire. À l'issue de la séance, le titre a gagné 3,3 % dans les échanges après clôture, à 6,88 dollars, à comparer à une fourchette de 5,38 à 19,00 dollars sur les douze derniers mois.

## Un titre sous pression depuis le début de l'année

La hausse ponctuelle ne doit pas masquer une trajectoire boursière difficile. L'action avait reculé d'environ 41 % sur un an à la fin janvier, et son repli depuis le début de 2026 approche les 50 %. Le taux de rétention nette des revenus, indicateur clé pour un éditeur par abonnement, s'est toutefois redressé pour le quatrième trimestre consécutif, à 97 %, après être passé sous la barre des 96 % au cours de l'année écoulée. La croissance de la facturation reste pour sa part modérée, autour de 9 % sur un an, traduisant une dynamique commerciale encore prudente dans un marché logiciel exigeant.

Le mouvement vers l'IA constitue précisément la réponse de la direction à cette érosion. La société met en avant la croissance des revenus récurrents annuels d'AI Studio, supérieure à 50 % d'un trimestre à l'autre fin 2025, et la présence de plusieurs clients dépensant plus de 100 000 dollars par an sur ce seul produit, au-delà de leurs abonnements classiques. Cette monétisation distincte de l'IA reste rare parmi les plateformes concurrentes de gestion collaborative du travail.

## Le pari de l'IA face au risque de banalisation

Tous les observateurs ne partagent pas cet optimisme. Dans une analyse publiée début mai, l'analyste Pat Walravens soutenait que l'intelligence artificielle rend les logiciels plus faciles à concevoir et donc à remplacer, citant Asana parmi les éditeurs d'applications exposés à cette menace. Les sceptiques mettent en avant la pression concurrentielle de Microsoft et de Monday.com, susceptible de plafonner la croissance d'Asana sous la barre des 10 % pendant une période prolongée.

Les partisans du titre objectent que la capacité d'Asana à facturer séparément ses fonctions d'IA représente justement une preuve de valeur que ses rivaux n'ont pas encore démontrée avec la même transparence. Le directeur financier **Aziz Megji** a souligné que le rachat « différencie davantage notre système d'exploitation pour les équipes mêlant humains et agents ». L'argument repose sur l'idée que l'intégration profonde d'Asana dans les processus de travail lui donne accès à un contexte que des outils d'IA génériques ne possèdent pas.

## Une opération qui s'inscrit dans une vague de consolidation

Le rachat de StackAI illustre un mouvement plus large de regroupement dans le logiciel d'entreprise. SAP intègre sa suite de gestion des processus Signavio, son outil d'architecture LeanIX et son agent Joule au sein d'un ensemble unifié. Salesforce rapproche pour sa part sa plateforme d'intégration Mulesoft, sa base de données clients Data360 et son offre d'agents Agentforce. Du côté des laboratoires d'IA, OpenAI a bouclé six acquisitions sur les trois premiers mois de 2026, soit presque autant que sur l'ensemble de l'année 2025.

Ce contexte donne une lecture stratégique au geste d'Asana : acquérir une brique technologique plutôt que la développer en interne pour gagner du temps face à des concurrents mieux capitalisés. Le marché de l'automatisation des flux de travail, estimé à 29,9 milliards de dollars en 2026, pourrait atteindre 87,7 milliards à l'horizon 2033 selon les projections sectorielles, ce qui explique l'intensité des manœuvres en cours.

## Ce qu'il faut surveiller

Pour les investisseurs, trois points méritent attention dans les prochains trimestres. Le premier concerne la capacité d'Asana à transformer ses fonctions d'IA en revenus durables, au-delà des taux de croissance spectaculaires affichés sur une base de départ encore faible. Le deuxième porte sur la confirmation du redressement du taux de rétention nette amorcé ces derniers trimestres, indicateur déterminant pour la valorisation d'un éditeur de logiciels par abonnement. Le troisième tient à l'intégration effective des équipes et de la technologie de StackAI, dont la réussite conditionnera l'apport réel de l'opération.

Pour l'épargnant français exposé à la technologie américaine via des fonds ou des trackers indiciels, le cas Asana rappelle une réalité du moment : la promesse de l'IA ne se traduit pas mécaniquement en performance boursière. Les éditeurs de logiciels traversent une phase de sélection où la rentabilité et la fidélité des clients comptent autant que les annonces de produits. Le rebond récent du titre devra être confirmé par des données fondamentales avant d'être interprété comme un retournement de tendance.
