---
title: "Aramco signe avec des entreprises françaises pour plus de 3,7 milliards de dollars"
slug: aramco-signe-avec-des-entreprises-francaises-pour-plus-de-37-milliards-de-dollars
category: companies
description: "Aramco a signé à Paris des accords avec des entreprises françaises d'une valeur potentielle supérieure à 3,7 milliards de dollars. Enjeux et analyse."
keywords: [Aramco, Arabie saoudite France, accords Aramco, investissement saoudien, "détroit d'Ormuz", pétrole, Mohammed ben Salmane, partenariat stratégique, Vision 2030, épargne et énergie]
tags: [aramco, arabie-saoudite, france, petrole, energie, mohammed-ben-salmane, investissement, detroit-ormuz, geopolitique, vision-2030]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/aramco-signe-avec-des-entreprises-francaises-pour-plus-de-37-milliards-de-dollars"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-08-24T19:41:16.048Z"
updatedAt: "2026-08-24T19:43:21.207Z"
readingTimeMinutes: 6
---
# Aramco signe avec des entreprises françaises pour plus de 3,7 milliards de dollars

> Le groupe pétrolier saoudien a signé des accords avec des sociétés françaises d'une valeur potentielle supérieure à 3,7 milliards de dollars. La signature intervient à Paris, lors du premier Conseil de partenariat stratégique entre les deux pays.

## L'essentiel de l'annonce

Aramco a signé une série d'accords avec des entreprises françaises dont la valeur potentielle dépasse **3,7 milliards de dollars**, selon une dépêche de Dow Jones Newswires diffusée le lundi 24 août 2026 peu après 21h00 à Paris. Le groupe pétrolier saoudien n'a pas précisé dans l'immédiat la liste des contreparties ni la répartition sectorielle de cette enveloppe.

La formulation retenue mérite attention. Aramco emploie l'expression de valeur potentielle pour désigner des protocoles d'accord dont une large part demeure non contraignante. Le groupe avait annoncé en 2025 des accords avec des sociétés américaines pour une valeur potentielle de 90 milliards de dollars, puis dix sept protocoles supplémentaires évalués à plus de 30 milliards de dollars. Ces montants recouvrent des intentions de coopération dont la conversion en commandes fermes s'étale sur plusieurs exercices.

## Une signature au cœur d'une visite officielle

Mohammed ben Salmane, prince héritier et chef du gouvernement saoudien, est arrivé en France le dimanche 23 août accompagné de sept ministres. Il a coprésidé avec Emmanuel Macron la première réunion du Conseil de partenariat stratégique réunissant les deux pays, une instance destinée à structurer la relation bilatérale dans la durée.

La présidence française avait annoncé la signature d'accords portant sur les technologies, les transports, l'énergie et la santé. Le prince héritier s'est également entretenu lundi avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. Une table ronde sur l'investissement, coprésidée par le ministre saoudien de l'Investissement Fahad Al Saif et le ministre français de l'Économie Roland Lescure, a rythmé la journée.

Fahad Al Saif a évoqué un « fort alignement entre les capacités françaises dans la technologie, l'industrie, la finance et l'innovation et les ambitions de Vision 2030 ». Roland Lescure a pour sa part plaidé pour « la coproduction et des partenariats de long terme », dépassant la simple vente de produits.

## Des flux de capitaux déjà substantiels

La France occupe le quatrième rang des investisseurs étrangers en Arabie saoudite. Le stock d'investissements directs français y atteint **16,3 milliards d'euros**, soit environ 19 milliards de dollars, répartis sur 651 licences et 18 secteurs. L'industrie manufacturière concentre près de 60 % de ce total.

Les échanges commerciaux entre les deux pays se sont élevés à 10,1 milliards d'euros en 2025, en progression de 7,2 % sur un an. Trente neuf entreprises françaises ont installé un siège régional à Riyad, sur plus de 750 groupes internationaux ayant fait ce choix. Dans la région d'AlUla, les sociétés françaises ont décroché plus de 170 contrats.

Le flux inverse pèse lui aussi. Le fonds souverain saoudien a investi **7,36 milliards d'euros** en France entre 2017 et 2024, soutenant près de 29 000 emplois. Un protocole de financement conclu avec Bpifrance porte sur 8,56 milliards d'euros.

## Le détroit d'Ormuz redessine les routes pétrolières

Cette séquence diplomatique se déroule sur fond de bouleversement des circuits d'exportation. Le détroit d'Ormuz, par lequel transitait environ 20 % du brut mondial, est fermé depuis le 28 février 2026 et le déclenchement des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. Les primes d'assurance y sont devenues prohibitives et les équipages refusent la traversée.

Le mémorandum d'entente conclu en juin entre Washington et Téhéran a expiré le 17 août sans prolongation. Le responsable iranien de la sécurité nationale a redit le 22 août que le passage resterait fermé tant que Washington ne modifierait pas sa position. Les données préliminaires font état de 73 transits entre le 10 et le 16 août, contre 91 la semaine précédente, alors que le détroit accueillait environ 73 navires par jour avant la crise. Le Brent évoluait autour de 93,61 dollars le 19 août. La signature de lundi intervient donc deux jours après la réaffirmation iranienne de la fermeture.

Aramco étudie l'élargissement de son oléoduc reliant Abqaiq, à l'est du royaume, au port de Yanbu sur la mer Rouge. D'autres itinéraires sont examinés, du pipeline Sumed vers la Méditerranée aux corridors logistiques omanais. Un conseiller d'Emmanuel Macron a déclaré à propos de ces contournements qu'il « existe des options pour éviter les routes habituelles via des réseaux portuaires alternatifs », ajoutant que « ce travail avec les Saoudiens est assez avancé ».

L'armateur marseillais CMA CGM a signé un accord de 500 millions de dollars pour développer des corridors logistiques à Oman. La même source présidentielle estime que cette opération a « contribué de manière significative » aux efforts de contournement. Le sujet figurait au premier rang de l'ordre du jour des entretiens de lundi.

## Deux lectures s'opposent

Les partisans d'une lecture favorable soulignent la profondeur du carnet de commandes que le royaume ouvre aux industriels français. L'Arabie saoudite vise jusqu'à trois gigawatts de capacité dédiée à l'intelligence artificielle en 2030, a délivré 1 660 licences industrielles en 2025 et affiche une notation souveraine A+ assortie d'une perspective stable chez S&P Global. La fermeture du détroit renforce mécaniquement l'intérêt de Riyad pour des partenaires capables de financer et de construire des infrastructures d'exportation.

Les voix prudentes rappellent que le taux de transformation de ces annonces reste incertain. La visite du prince héritier en 2018 avait produit 19 projets de contrats évalués à plus de 18 milliards de dollars, dont une fraction seulement s'est traduite par des réalisations documentées. Le montant de 3,7 milliards annoncé lundi reste par ailleurs modeste au regard des enveloppes signées avec les groupes américains. La prime de risque géopolitique attachée à la région du Golfe demeure élevée tant que le conflit iranien perdure.

## Quelles retombées pour les épargnants

-   **Carnets de commandes industriels.** Les groupes cotés à Paris présents en Arabie saoudite dans l'énergie, l'eau, les transports et la défense figurent parmi les bénéficiaires naturels d'un approfondissement de cette relation. Leur exposition reste toutefois diluée dans des chiffres d'affaires mondiaux.
-   **Facture énergétique.** Toute avancée sur les routes d'exportation contournant Ormuz pèse sur la prime de risque intégrée aux cours du brut. Le prix de l'énergie irrigue l'inflation française, donc le rendement réel des livrets et la trajectoire des taux de la Banque centrale européenne.
-   **Exposition géographique.** Les capitaux saoudiens sont devenus un actionnaire significatif du tissu économique français. Un épargnant détenant des unités de compte investies en actions européennes porte déjà, sans le savoir, une part de cette relation bilatérale.

## Les points à surveiller

La publication par Aramco de la liste détaillée des signataires constituera le premier test de solidité de l'annonce. Le calendrier de conversion des protocoles en contrats fermes, la ventilation entre énergie, technologies et santé, ainsi que le caractère contraignant ou non de chaque volet détermineront la portée réelle de cette enveloppe de 3,7 milliards. La prochaine réunion du Conseil de partenariat stratégique offrira un point de contrôle utile.

Les investisseurs suivront également l'évolution du dossier des oléoducs de contournement. Un financement français de ces infrastructures transformerait une coopération commerciale en engagement stratégique de longue durée.
