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title: "Appel à ralentir l'IA : SoftBank perd 11,30 % à Tokyo, OpenAI repousse son IPO"
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description: "Amodei appelle à ralentir le développement de l'IA, Altman et Musk approuvent. SoftBank perd 11,30 % à Tokyo, OpenAI repousse son entrée en Bourse."
keywords: [ralentir intelligence artificielle, Dario Amodei essai, SoftBank Tokyo baisse, OpenAI introduction en Bourse, sécurité IA marchés, "concentration S&P 500", ETF MSCI World, unités de compte assurance vie, décision Fed septembre 2026, valeurs technologiques]
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-14T06:13:47.058Z"
updatedAt: "2026-09-14T06:13:47.096Z"
readingTimeMinutes: 8
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# Appel à ralentir l'IA : SoftBank perd 11,30 % à Tokyo, OpenAI repousse son IPO

> Dario Amodei demande aux laboratoires d'IA de freiner la montée en puissance de leurs modèles. Sam Altman et Elon Musk approuvent, OpenAI repousse son entrée en Bourse. Lundi matin, SoftBank cédait 11,30 % à Tokyo et le Kospi 3,38 %.

Dario Amodei, directeur général d'**Anthropic** (le laboratoire d'intelligence artificielle qui édite l'assistant Claude), a publié samedi 12 septembre un essai intitulé « We Must Pace the Frontier » qui demande aux concepteurs de modèles d'IA de freiner volontairement la montée en puissance de leurs systèmes. Sam Altman, patron d'OpenAI, et Elon Musk, fondateur de xAI, l'ont approuvé publiquement dans les heures qui ont suivi.

Lundi 14 septembre, les places asiatiques ont sanctionné les valeurs associées à l'IA. **SoftBank Group**, conglomérat d'investissement japonais fortement exposé au secteur, cédait 11,30 % à 5 801 yens en fin de séance à Tokyo, à 14h48 heure locale, selon les données de cotation relevées via CNBC. L'indice coréen Kospi, que Bloomberg présente comme un baromètre des investissements dans l'IA, abandonnait 3,38 % à 6 676,49 points.

## Un appel à ralentir venu du cœur de l'industrie

L'essai a été mis en ligne sur le site personnel de Dario Amodei et non sur le fil d'actualité d'Anthropic. Sa thèse tient en une phrase : « Nous devons ralentir le rythme auquel nous améliorons les capacités des modèles d'IA. Les progrès sembleront encore rapides, et nous devons faire un usage avisé du temps ainsi gagné. »

Le dirigeant justifie cette demande par l'auto-amélioration récursive, mécanisme par lequel un modèle contribue à concevoir la génération suivante. Il chiffre un scénario de risque précis : dans un délai de six à douze mois, écrit-il, un essaim d'agents autonomes serait capable de « prendre le contrôle de l'intégralité d'internet avec un réseau de machines infectées persistant », pour des dommages qu'il évalue à plusieurs centaines de milliards de dollars.

Trois mesures structurent la proposition. La première ouvre l'accès des systèmes les plus avancés à des **évaluateurs tiers indépendants** disposant de droits comparables à ceux d'un salarié. La deuxième étend l'engagement aux autres laboratoires démocratiques. La troisième vise un accord international incluant la Chine. Amodei reconnaît la limite juridique de l'exercice : « Certaines formes de coordination qui auraient un impact pour réguler le rythme sont juridiquement délicates et nécessiteront un soutien des gouvernements. »

## Altman et Musk se rangent derrière la proposition

Sam Altman a répondu sur X le 12 septembre : « Je suis d'accord avec Dario sur la nécessité de réguler le rythme de la frontière technologique. Le sujet a été au centre de nos discussions chez OpenAI ces dernières semaines. S'engager à ouvrir l'accès à des évaluateurs indépendants dotés de droits comparables à ceux d'un salarié est une excellente idée, et nous ferons de même. » Elon Musk s'est limité à trois mots : « Dario a raison. »

Le même week-end, Altman a écarté toute introduction en Bourse d'OpenAI cette année. Dans un entretien accordé à Alyson Shontell, à la tête de la rédaction de Fortune, et publié samedi, il déclare : « Compte tenu de tout ce qui se passe autour de la sécurité, ce serait un moment mal avisé pour entrer en Bourse, et nous ne ressentons aucune pression sur ce point. » Interrogé sur l'échéance, il précise : « Je dirais que ce ne sera pas 2026. Oui, nous avons beaucoup à faire. »

Cette déclaration intervient un mois après que la directrice financière d'OpenAI, Sarah Friar, eut indiqué une cotation d'ici 2027 au plus tard, rappelle CNBC. France Épargne avait relaté le 27 juin le premier report à 2027 évoqué par la presse américaine, qui avait déjà coûté cinq séances de baisse au Nasdaq.

## Tokyo et Séoul sanctionnent les valeurs liées à l'IA

La correction a frappé les titres les plus exposés sans emporter l'ensemble de la cote japonaise. Le Nikkei 225 reculait de 0,92 % à 63 424,10 points quand le Topix, indice plus large de la place de Tokyo, progressait de 0,52 %. Kioxia, spécialiste des mémoires flash, perdait 5,66 % à 50 970 yens et Advantest, équipementier de test pour semi-conducteurs, 1,73 % à 31 170 yens.

Bloomberg relève un repli de 0,9 % de l'indice MSCI Asie Pacifique et des baisses supérieures à 3,5 % pour SK Hynix et Samsung Electronics, l'agence notant que SoftBank a chuté « jusqu'à 13 % » en séance. Du côté américain, les **contrats à terme** (engagements d'achat ou de vente d'un indice à une échéance future, qui donnent une indication d'ouverture) sur le S&P 500 abandonnaient 0,55 % à 7 684,75 points, ceux sur le Nasdaq 100 environ 1,2 % selon CNBC, ceux sur le Dow Jones 0,13 %.

Ces mouvements prolongent une semaine déjà négative. Le Dow Jones a perdu 1,6 % sur les cinq séances précédentes, sa pire performance hebdomadaire depuis mars, devant le S&P 500 à 0,8 % et le Nasdaq Composite à 0,7 %. Le CAC 40 a clôturé vendredi 11 septembre à 8 179,77 points.

## Que se passe-t-il si la Chine ne ralentit pas ?

L'objection principale vient de la compétition géopolitique, et Amodei l'a lui-même formulée dimanche 13 septembre sur le plateau de l'émission « Face the Nation » de CBS News, face à Jo Ling Kent, de la rédaction de CBS News. « C'est le dilemme le plus difficile. C'est l'aspect le plus ardu de notre situation. Si nous n'étions pas dans cette situation, nous pourrions prendre beaucoup plus de temps », a-t-il répondu à la question de savoir si les États-Unis devaient freiner sans réciprocité chinoise.

Sa réponse opérationnelle porte sur les puces et la sécurité industrielle : « Nous pouvons ralentir à la marge, dans l'enveloppe dont nous disposons, en particulier si nous ne vendons pas de puces aux pays autoritaires et si nous renforçons notre propre sécurité pour que notre technologie ne soit pas volée. » Il chiffre l'horizon d'un accord mondial en années et ajoute ne pas savoir s'il est atteignable.

Le patron de Palantir, Alex Karp, a exprimé la position inverse sur CNBC le 12 septembre : « Si nous n'avions pas d'adversaires, je serais très favorable à une pause complète de cette technologie, mais nous en avons. » Le débat s'était rouvert le 9 septembre avec la démission du chercheur d'Anthropic Jacob Coxon, qui avait travaillé au pré-entraînement des modèles chez OpenAI puis chez Anthropic, et qui accusait les deux sociétés de « jouer avec nos vies ».

## Pourquoi les portefeuilles français sont concernés

L'exposition des épargnants français passe par la concentration des indices mondiaux. Les dix premières capitalisations représentent près de 40 % du S&P 500, contre 17 % en 2015, selon les travaux de Michael Mauboussin et Dan Callahan chez Morgan Stanley et de Michael Cembalest chez JP Morgan, repris le 6 septembre par l'analyste Ben Carlson. Les douze premières sociétés de l'indice pèsent chacune plus de 1 000 milliards de dollars.

Cette concentration se transmet mécaniquement aux supports les plus souscrits en France. Un **ETF** (Exchange Traded Fund, fonds indiciel coté qui réplique un indice) répliquant le MSCI World, indice de référence des grandes et moyennes capitalisations des pays développés, loge l'essentiel de son risque dans les mêmes titres. Ces fonds sont accessibles dans un **PEA** (Plan d'Épargne en Actions) et servent de support aux **unités de compte** des contrats d'assurance vie, la poche investie en fonds dont la valeur suit les marchés sans garantie en capital.

Un ralentissement volontaire du rythme d'innovation, annoncé par les laboratoires eux-mêmes, modifie le profil de rendement attendu de cette poche. France Assureurs a recensé 18,8 milliards d'euros de cotisations en assurance vie en juillet 2026, dont 42 % dirigés vers les unités de compte. Sur les sept premiers mois de l'année, ces supports concentrent 31,3 milliards des 41,3 milliards d'euros de collecte nette, au sein d'un encours total de 2 174 milliards d'euros à fin juillet.

## Fed mercredi, pétrole sous tension

La Réserve fédérale américaine rend sa décision mercredi 16 septembre. L'outil FedWatch du CME, qui traduit les positions sur les contrats à terme de taux, assigne une probabilité d'environ 86 % à une hausse, selon CNBC. Chris Weston, responsable de la recherche chez Pepperstone, situe cette probabilité à 92 % sur le marché des swaps et anticipe 50 points de base de resserrement cumulé d'ici la fin de l'année.

L'énergie ajoute une contrainte. L'Arabie saoudite a fermé son oléoduc Est-Ouest, long de 1 200 kilomètres et reliant les champs de l'est au port de Yanbu sur la mer Rouge, après une attaque de drones lancés depuis l'Irak. Cette infrastructure servait de contournement au détroit d'Ormuz, fermé depuis mars. Le brut léger américain gagnait 2,33 % à 102,38 dollars lundi matin et le Brent 2,2 % à 106,93 dollars selon l'AFP. L'once d'or reculait de 0,82 % à 4 372,60 dollars et le rendement du Trésor américain à dix ans s'établissait à 4,965 %.

## Trois points à surveiller

L'engagement d'Altman sur les évaluateurs indépendants constitue le premier marqueur, seule des trois mesures proposées qui ne dépende d'aucun gouvernement. Le deuxième est la réaction des groupes qui financent l'infrastructure, à commencer par les investissements annoncés dans les centres de données. Le troisième est la décision de la Fed mercredi, qui pèsera sur la valorisation des titres de croissance indépendamment du débat sur la sécurité.

Nvidia, première capitalisation mondiale à 5 261 milliards de dollars, a terminé la séance du 11 septembre à 218,29 dollars, en repli de 0,03 %, à 7,7 % de son plus haut annuel du 14 mai. La réaction de Wall Street à l'ouverture de lundi donnera la première mesure boursière américaine de l'appel lancé par les trois dirigeants.
