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title: "Allemagne : la croissance du deuxième trimestre révisée à 0,3 %"
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category: macro-economics
description: "Destatis relève la croissance allemande du T2 2026 à 0,3 %. Exportations en hausse de 2,0 %, investissement et emploi en repli. Analyse et impacts."
keywords: [croissance allemande, PIB Allemagne, Destatis, deuxième trimestre 2026, zone euro, exportations allemandes, conjoncture allemande, BCE taux directeur, Bund 10 ans, économie européenne]
tags: [allemagne, pib, croissance, destatis, zone-euro, exportations, conjoncture, bce, emploi, macroeconomie]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/allemagne-la-croissance-du-deuxieme-trimestre-revisee-a-03"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-08-25T07:10:08.830Z"
updatedAt: "2026-08-25T07:10:08.880Z"
readingTimeMinutes: 9
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# Allemagne : la croissance du deuxième trimestre révisée à 0,3 %

> Destatis a relevé la croissance allemande du deuxième trimestre 2026 à 0,3 %, contre 0,2 % en estimation rapide. Les exportations progressent de 2,0 % quand l'investissement recule et que l'emploi perd 212 000 postes en douze mois.

Le **produit intérieur brut (PIB)** allemand a progressé de 0,3 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au premier, en données corrigées des variations de prix, saisonnières et calendaires. **Destatis**, l'office fédéral de la statistique allemand, a publié ce résultat détaillé le 25 août 2026. La hausse dépasse de 0,1 point de pourcentage l'estimation rapide diffusée le 30 juillet. Sur un an, l'économie allemande gagne 1,0 %, contre 0,9 % dans la première publication.

> « La dynamique de croissance de l'économie allemande observée en début d'année se poursuit. Comme au premier trimestre, la progression tient avant tout à la bonne tenue des exportations. »
> 
> Ruth Brand, présidente de Destatis, le 25 août 2026

## Le détail d'un chiffre revu à la hausse

Deux séries statistiques ont motivé la révision. Les chiffres d'affaires du **commerce de gros et de détail** se sont révélés nettement meilleurs qu'anticipé au moment de l'estimation rapide. Les exportations ont par ailleurs été relevées de façon sensible après l'arrivée de nouvelles données sur le commerce de marchandises du mois de juin 2026.

La séquence trimestrielle allemande s'établit désormais ainsi : 0,3 % au quatrième trimestre 2025, 0,4 % au premier trimestre 2026 et 0,3 % au deuxième. Trois trimestres consécutifs de croissance succèdent à deux années de contraction ou de stagnation.

L'exercice de révision estivale a également porté sur l'historique long. Destatis a retravaillé ses calculs jusqu'en 2011 et a intégré de nouvelles sources issues des statistiques de structure des entreprises. Le résultat le plus notable concerne 2024 : le recul de 0,5 % publié jusqu'ici devient une stagnation à 0,0 %. Pour 2025, le taux annuel reste inchangé à 0,2 %. Sur la période 2011 à 2021, la croissance cumulée ressort 0,8 point de pourcentage plus haut qu'estimé auparavant.

## Les exportations portent seules la croissance

Le commerce extérieur explique la quasi-totalité du résultat trimestriel. Les exportations de biens et services ont augmenté de 2,0 % sur le trimestre, tirées par les marchandises (2,6 %), quand les exportations de services sont restées stables. Les importations ont progressé de 1,5 %, avec 2,1 % pour les marchandises et 0,3 % pour les services.

En glissement annuel, l'écart se creuse davantage. Les exportations gagnent 3,7 % en volume, avec une poussée de 5,0 % pour les seules marchandises. Les produits chimiques, les équipements informatiques, les produits électriques et optiques ainsi que les autres matériels de transport ont porté ce mouvement. Les échanges vers l'**Union européenne (UE)** ont été particulièrement dynamiques. Les importations de marchandises ont augmenté de 4,2 %, en provenance principalement des États-Unis, de Chine et de l'UE.

### Investissement et consommation restent à l'arrêt

La demande intérieure raconte une autre histoire. La **formation brute de capital fixe**, qui mesure l'investissement productif et immobilier, a reculé de 0,2 % sur le trimestre. L'investissement en équipements (machines, appareils et véhicules) a chuté de 1,4 %. La construction gagne 0,1 %, un rebond limité après un début d'année pénalisé par un froid inhabituel.

Les dépenses de consommation ont augmenté de 0,1 %, la consommation privée comme la consommation publique progressant chacune de 0,1 %. En comparaison du deuxième trimestre 2025, la fracture est nette : la consommation des ménages gagne 0,1 % quand celle de l'État bondit de 3,0 %, sous l'effet de dépenses fédérales plus élevées et de prestations sociales en nature accrues, notamment pour l'assurance maladie et l'assurance dépendance obligatoires.

### L'emploi recule pendant que la production augmente

45,7 millions de personnes travaillaient en Allemagne au deuxième trimestre 2026, soit 212 000 de moins qu'un an plus tôt, un repli de 0,5 %. L'emploi dans les services a reculé pour la première fois depuis la crise sanitaire. L'industrie manufacturière et la construction perdent des effectifs depuis plusieurs trimestres déjà.

Le nombre d'heures travaillées par personne est resté stable d'une année sur l'autre, selon les calculs provisoires de l'Institut de recherche sur le marché du travail (IAB). Le volume total de travail a donc baissé de 0,5 %. La **productivité horaire**, soit le PIB corrigé des prix rapporté à l'heure travaillée, a gagné 1,5 % en douze mois.

La valeur ajoutée brute totale a progressé de 0,4 % sur le trimestre. L'industrie manufacturière a fait mieux avec 0,9 %, portée par la chimie et les équipements électriques. En glissement annuel, sa valeur ajoutée augmente de 1,1 %, sa première hausse annuelle depuis le premier trimestre 2023. Les services financiers et d'assurance forment l'exception du trimestre, avec un repli de 0,7 %.

## Comment l'Allemagne se situe face à ses voisins ?

La performance allemande reste inférieure à la moyenne européenne. L'UE dans son ensemble a crû de 0,5 % au deuxième trimestre, la zone euro de 0,4 %. L'Espagne conserve la tête des grandes économies avec 0,7 %. La France et l'Italie affichent 0,2 % chacune, en deçà de l'Allemagne. Les États-Unis atteignent 0,4 %.

En rythme annuel, l'Allemagne gagne 1,0 %, contre 1,2 % pour l'UE et 1,0 % pour la zone euro. L'Espagne culmine à 2,7 %, les États-Unis à 2,1 %, l'Italie à 1,0 % et la France à 0,7 %. Ces comparaisons proviennent d'Eurostat, reprises par Destatis dans sa publication.

## Les économistes restent divisés sur la suite

Les indicateurs avancés se sont redressés pendant l'été. L'**indice des directeurs d'achat (PMI)** manufacturier calculé par S&P Global et **HCOB** (Hamburg Commercial Bank) est monté à 54,1 en août, contre 52,2 en juillet, son plus haut niveau depuis 51 mois. Le volet services est tombé à 48,5, sous le seuil de 50 qui sépare l'expansion de la contraction, ce qui a ramené l'indice composite à 51,0.

Dans le commentaire accompagnant cette publication du 21 août, S&P Global note que « dans l'industrie, la reprise a repris de l'élan après des signes de stagnation au deuxième trimestre » et que « production, entrées de commandes et exportations ont toutes progressé au rythme le plus fort depuis le début de 2022 ». Le texte attribue ce mouvement à des effets de rattrapage et à la montée des dépenses de défense.

Le baromètre du **Centre de recherche économique européenne (ZEW)** a gagné 7,9 points en août pour atteindre 34,2, sa quatrième hausse consécutive. L'indice du climat des affaires de l'institut **ifo** s'établissait pour sa part à 86,6 en juillet, après 85,7 en juin.

Ce redressement a conduit la fédération des banques populaires et coopératives allemandes (**BVR**) à doubler sa prévision de croissance pour 2026 le 18 août, la portant de 0,5 % à 1,0 %. « Ces derniers mois, les signes d'une reprise de la conjoncture après plusieurs années de faiblesse se sont multipliés », a expliqué Andreas Bley, chef économiste du BVR, qui cite la production industrielle, le bâtiment et des exportations records en juin. La prévision 2027 reste fixée à 1,3 %.

La prudence domine ailleurs. Michael Hüther, directeur de l'Institut de l'économie allemande (**IW**) de Cologne, conteste le vocabulaire employé. « Essor est un mot fort », a-t-il déclaré à t-online le 20 août. Pour lui, un essor suppose une progression vigoureuse et durable de la production et de la valeur ajoutée, quand les données actuelles décrivent une stabilisation. L'économie allemande a pris son élan à plusieurs reprises ces dernières années avant de retomber.

## Quelles conséquences pour les épargnants français ?

L'Allemagne est la première économie de la zone euro et sa trajectoire pèse sur les arbitrages de la **Banque centrale européenne (BCE)**. Le taux de la facilité de dépôt, principal taux directeur de l'institution, s'établit à 2,25 % au 25 août 2026. Des données d'activité qui surprennent à la hausse réduisent mécaniquement la pression en faveur d'un assouplissement monétaire supplémentaire.

Le rendement du **Bund** à dix ans, l'emprunt d'État allemand de référence, s'établissait à 3,27 % le 24 août 2026 selon la Bundesbank, après 3,23 % le 17 août. Ce taux sert de socle aux rendements obligataires de la zone euro et détermine en grande partie la rémunération future des fonds en euros des contrats d'assurance vie, investis majoritairement en obligations souveraines et d'entreprises.

Le DAX, indice phare de la Bourse de Francfort, a clôturé à 26 106,60 points le 24 août 2026. L'euro s'échangeait à 1,1656 dollar le 25 août au matin. Les unités de compte exposées aux actions européennes suivent ce cycle industriel, dont la chimie et les équipements électriques constituent les moteurs identifiés par Destatis pour le trimestre écoulé.

Le comportement des ménages allemands offre un dernier repère. Leur taux d'épargne a atteint 9,6 % au deuxième trimestre 2026, contre 9,5 % un an plus tôt. Leurs revenus ont progressé de 3,1 % en valeur, plus vite que leur consommation (2,9 %). Les salaires bruts moyens par salarié ont augmenté de 4,4 % en douze mois, et les salaires nets de 4,7 %. La prudence des ménages persiste malgré des revenus en hausse, ce qui explique la faiblesse de la consommation privée relevée par Destatis.

## Le calendrier des prochaines semaines

-   **L'indice ifo du climat des affaires pour août 2026** est publié le 25 août à 10h30, quelques heures après les comptes nationaux détaillés. Il indiquera si le moral des entreprises prolonge la série de hausses entamée au printemps.
-   **L'écart entre production et emploi** constitue le point de vigilance central. Une croissance de 1,0 % en rythme annuel accompagnée de 212 000 emplois perdus traduit un ajustement des effectifs que les prochaines statistiques mensuelles préciseront.
-   **La demande intérieure** doit prendre le relais des exportations. L'investissement en équipements recule sur le trimestre malgré une hausse de 1,1 % en glissement annuel, portée surtout par les dépenses publiques, dont celles liées à la défense.
-   **Le prix du pétrole** reste un facteur de coût déterminant pour l'industrie allemande. Il évolue autour de 80 dollars le baril après un pic supérieur à 100 dollars pendant le conflit au Proche-Orient, selon l'analyse de Michael Hüther publiée le 20 août.

La révision du 25 août consolide un redressement porté par un seul moteur. Les exportations ont progressé de 2,0 % sur le trimestre quand l'investissement reculait de 0,2 % et la consommation plafonnait à 0,1 %. Le marché du travail a perdu 212 000 postes en douze mois. Le prochain test porte sur la demande intérieure et sur l'emploi, qui n'ont pas encore pris le relais du commerce extérieur.

## Sources

-   [Destatis, communiqué n° 303 du 25 août 2026, PIB du deuxième trimestre 2026](https://www.destatis.de/DE/Presse/Pressemitteilungen/2026/08/PD26_303_811.html)
-   [Destatis, communiqué n° 269 du 30 juillet 2026, estimation rapide](https://www.destatis.de/DE/Presse/Pressemitteilungen/2026/07/PD26_269_811.html)
-   [Deutsche Bundesbank, rendement des emprunts d'État à dix ans](https://api.statistiken.bundesbank.de/rest/download/BBSIS/D.I.ZAR.ZI.EUR.S1311.B.A604.R10XX.R.A.A._Z._Z.A?format=csv&lang=de)
-   [BCE, taux de la facilité de dépôt](https://data-api.ecb.europa.eu/service/data/FM/D.U2.EUR.4F.KR.DFR.LEV?format=csvdata&lastNObservations=6)
-   [Institut ifo, indice du climat des affaires](https://www.ifo.de/en/ifo-business-climate-index)
-   [Finanzmarktwelt, indices PMI allemands d'août 2026 et extraits du commentaire S&P Global et HCOB](https://finanzmarktwelt.de/einkaufsmanagerindex-august-399462/)
-   [Börse Online, le BVR double sa prévision de croissance, 18 août 2026](https://www.boerse-online.de/nachrichten/fonds/kommt-jetzt-der-aufschwung-volkswirte-verdoppeln-wachstumsprognose-fuer-deutschland-20406954.html)
-   [t-online, entretien avec Michael Hüther (IW Köln), 20 août 2026](https://www.t-online.de/finanzen/aktuelles/wirtschaft/id_101395702/deutschlands-wirtschaft-im-aufschwung-oekonom-mit-klaren-worten.html)
-   [InvestingLive, Germany Q2 final GDP, 25 août 2026](https://investinglive.com/news/germany-q2-final-gdp-xx-vs-0-2-q-q-prelim/)
-   [LBBW Research, analyse du PIB allemand du deuxième trimestre 2026](https://www.lbbw.de/artikel/news-und-einschaetzungen/deutschland-bip-im-zweiten-quartal-2026_am74q5adsi_d.html)
