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title: "Clause Bénéficiaire PER : Optimisation et Transmission Patrimoine"
slug: clause-beneficiaire-per-transmission-optimisation-2026
category: Épargne retraite
categorySlug: epargne-retraite
description: "Clause bénéficiaire PER : fiscalité avant et après 70 ans, abattement de 152 500 €, démembrement, erreurs à éviter et modèles de clauses prêts à l'emploi."
keywords: [clause bénéficiaire per, transmission per, fiscalité décès per, démembrement per, per succession]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/academy/epargne-retraite/clause-beneficiaire-per-transmission-optimisation-2026"
publishedAt: "2026-01-26T13:11:31.080Z"
updatedAt: "2026-05-25T01:45:03.736Z"
readingTimeMinutes: 23
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# Clause Bénéficiaire PER : Optimisation et Transmission Patrimoine

La **clause bénéficiaire** du **Plan d'Épargne Retraite** (PER) désigne la ou les personnes qui recevront le capital en cas de décès du titulaire avant la liquidation du plan. Bien rédigée, elle transforme le PER en un outil de transmission performant : chaque bénéficiaire profite d'un abattement de **152 500 €** lorsque le décès intervient avant 70 ans (article 990 I du Code général des impôts), contre **30 500 €** d'abattement global tous bénéficiaires confondus après 70 ans (article 757 B du CGI). Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont, quant à eux, totalement exonérés.

Une **clause bénéficiaire** mal pensée produit l'effet inverse : le capital réintègre la succession et perd ces abattements spécifiques, ce qui peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros de droits supplémentaires. Avec la loi de finances pour 2026, qui a supprimé la déductibilité des versements effectués après 70 ans, le calendrier des versements et la rédaction de la clause deviennent deux leviers indissociables d'une stratégie patrimoniale réussie.

Ce guide complet détaille la fiscalité applicable, les techniques d'optimisation comme le démembrement, les cinq erreurs les plus fréquentes et cinq modèles de **clause bénéficiaire** adaptés à chaque situation familiale.

> **À retenir :**
> 
> -   Avant 70 ans, chaque bénéficiaire du PER profite d'un abattement de **152 500 €**, puis d'une taxation de **20 %** jusqu'à 700 000 € et **31,25 %** au-delà (article 990 I du CGI).
> -   Après 70 ans, l'abattement tombe à **30 500 €** global, partagé entre tous les bénéficiaires et toutes les assurances vie du défunt (article 757 B du CGI).
> -   Pour un PER assurantiel, c'est l'âge du titulaire **au décès** qui détermine le régime, et non la date de chaque versement.
> -   Le conjoint et le partenaire de PACS sont **exonérés** de toute fiscalité sur le capital transmis.
> -   La clause démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) peut ramener la fiscalité à **0 €** dans de nombreuses configurations.
> -   La loi de finances pour 2026 a supprimé la déductibilité des versements PER après 70 ans, sans modifier les abattements successoraux.

## Qu'est-ce que la Clause Bénéficiaire d'un PER ?

La **clause bénéficiaire** est la disposition contractuelle qui désigne la personne, ou les personnes, recevant le capital du PER en cas de décès du titulaire avant la liquidation du plan. Elle ne concerne que le **PER assurantiel** (PER souscrit auprès d'un assureur), majoritaire sur le marché, par opposition au PER bancaire qui suit les règles classiques de la succession. Pour comprendre cette distinction structurante, consultez notre comparatif [PER bancaire et PER assurantiel](/academy/epargne-retraite/per-bancaire-vs-assurantiel-comparatif).

### Le rôle juridique de la clause

Le capital d'un PER assurantiel est traité comme un contrat d'assurance vie au décès : il est transmis **hors succession** aux bénéficiaires désignés, dans la limite des règles fiscales propres aux articles 990 I et 757 B du CGI. Cette transmission hors succession est précisément ce qui permet d'échapper au barème classique des droits de mutation et de bénéficier des abattements spécifiques.

**Sans clause bénéficiaire personnalisée**, ou si tous les bénéficiaires désignés sont décédés, le capital réintègre la succession du titulaire. Il est alors soumis aux droits de succession de droit commun, de **5 % à 45 %** en ligne directe, et perd l'abattement spécifique de 152 500 € par bénéficiaire.

### La clause standard proposée par défaut

La plupart des assureurs proposent une **clause type** dont la formulation ressemble à celle-ci :

> "À mon décès, le capital sera versé à mon conjoint non divorcé ou à mon partenaire lié par un PACS, à défaut à mes enfants vivants ou représentés en cas de prédécès, à défaut à mes héritiers."

Cette clause standard présente trois atouts. Elle est **simple**, sans rédaction complexe à valider. Elle est **évolutive**, puisqu'elle s'adapte automatiquement à un remariage ou à la naissance d'un enfant. Elle est **sécurisée**, car elle prévoit des bénéficiaires de second et de troisième rang.

Ses limites tiennent à son absence de personnalisation : aucune répartition spécifique entre les enfants n'est possible, et elle interdit le recours au démembrement. Pour un patrimoine modeste et une situation familiale simple, elle reste néanmoins parfaitement adaptée.

## Fiscalité du PER au Décès : Avant et Après 70 Ans

La fiscalité du capital transmis dépend d'un seul critère pour le PER assurantiel : l'**âge du titulaire au moment du décès**. Ce point distingue le PER de l'assurance vie classique, où c'est la date de chaque versement qui détermine le régime applicable.

> **À retenir :** pour un PER assurantiel, dès lors que le titulaire décède après 70 ans, l'intégralité du capital, primes et gains confondus, bascule sous le régime de l'article 757 B du CGI. La règle du « prime par prime » de l'assurance vie ne s'applique pas au PER (source : Previssima, 2025).

### Décès avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire

Lorsque le décès survient avant le 70e anniversaire du titulaire, c'est l'**article 990 I du CGI** qui s'applique à la totalité du capital. Chaque bénéficiaire profite d'un abattement individuel, puis d'un prélèvement à deux tranches.

Montant reçu par bénéficiaire (après abattement)

Taux de prélèvement

0 à 152 500 €

0 % (exonération)

Part taxable jusqu'à 700 000 €

20 %

Part taxable au-delà de 700 000 €

31,25 %

_Source : article 990 I du Code général des impôts (Légifrance, 2026)._

**Exemple chiffré.** Capital PER de **400 000 €**, décès à 65 ans, deux enfants désignés à parts égales.

-   Part par enfant : 200 000 €
-   Abattement appliqué : 152 500 €
-   Base taxable par enfant : 200 000 − 152 500 = **47 500 €**
-   Prélèvement par enfant : 47 500 € × 20 % = **9 500 €**
-   Capital net reçu par enfant : 200 000 − 9 500 = **190 500 €**

Au total, **381 000 €** parviennent aux deux enfants, soit **95,25 %** du capital. Le prélèvement global s'élève à 19 000 €.

### Décès après 70 ans : abattement global de 30 500 €

Si le décès intervient après 70 ans, l'**article 757 B du CGI** prend le relais. L'abattement n'est plus individuel mais **global** : 30 500 € à partager entre tous les bénéficiaires, et même entre tous les contrats d'assurance vie et PER détenus par le défunt. Au-delà, le capital est soumis aux droits de succession selon le lien de parenté.

Part nette taxable (transmission en ligne directe)

Taux des droits de succession

0 à 8 072 €

5 %

8 072 € à 12 109 €

10 %

12 109 € à 15 932 €

15 %

15 932 € à 552 324 €

20 %

552 324 € à 902 838 €

30 %

902 838 € à 1 805 677 €

40 %

Au-delà de 1 805 677 €

45 %

_Source : barème des droits de succession en ligne directe, gelé jusqu'en 2028 par la loi de finances pour 2026 (Service-Public, 2026)._

**Exemple chiffré.** Capital PER de **400 000 €**, décès à 75 ans, deux enfants. Les enfants bénéficient en parallèle de l'abattement successoral classique de 100 000 € chacun.

-   Abattement global article 757 B : 30 500 €
-   Base soumise aux droits de succession : 400 000 − 30 500 = **369 500 €**
-   Part par enfant : 184 750 €
-   Abattement successoral par enfant : 100 000 €
-   Base taxable par enfant : 184 750 − 100 000 = **84 750 €**
-   Droits par enfant, après application des tranches du barème : environ **15 144 €**

Le prélèvement total avoisine **30 289 €**, soit environ **7,6 %** du capital. La comparaison avec un décès avant 70 ans illustre l'écart de traitement.

Âge au décès

Prélèvement fiscal

Capital net transmis

Avant 70 ans

19 000 €

381 000 € (95,25 %)

Après 70 ans

environ 30 289 €

environ 369 711 € (92,4 %)

L'écart atteint plus de **11 000 €** sur un capital de 400 000 €, et se creuse fortement à mesure que le nombre de bénéficiaires diminue, puisque l'abattement de 30 500 € reste global quel que soit l'effectif.

### L'exonération totale du conjoint et du partenaire de PACS

Depuis la loi TEPA de 2007, le **conjoint survivant** et le **partenaire de PACS** sont totalement exonérés de fiscalité sur les capitaux d'assurance vie et de PER reçus, quel que soit l'âge du titulaire au décès. Cette exonération en fait des bénéficiaires de premier rang naturels lorsque l'objectif est de protéger le conjoint avant d'organiser la transmission aux enfants.

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## Comment France Épargne Vous Accompagne

La rédaction d'une **clause bénéficiaire** engage votre patrimoine sur plusieurs décennies et touche à des règles juridiques et fiscales en mouvement. Nos conseillers en gestion de patrimoine vous accompagnent à chaque étape :

-   **Analyse de votre situation familiale** : mariage, PACS, union libre, famille recomposée, enfants d'un premier lit.
-   **Rédaction de la clause optimale** : clause standard, démembrée ou à répartition personnalisée, adaptée à vos objectifs.
-   **Simulation de l'impact fiscal** : comparaison avant et après 70 ans, chiffrage du démembrement, arbitrage du calendrier des versements.
-   **Veille réglementaire** : intégration des évolutions de la loi de finances, anticipation des réformes à venir.
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## Loi de Finances 2026 : Ce qui a Changé pour le PER

La loi de finances pour 2026, adoptée le 2 février 2026, a introduit plusieurs mesures qui modifient l'équilibre du PER comme outil de transmission. Distinguer ce qui a réellement été voté de ce qui est resté à l'état de projet est essentiel pour bâtir une stratégie fiable.

### Suppression de la déductibilité des versements après 70 ans

C'est la mesure phare. Depuis le **1er janvier 2026**, tout versement volontaire effectué sur un PER par un titulaire âgé de **70 ans ou plus** n'est **plus déductible** du revenu imposable. Tous les types de plan sont concernés : PER individuel, PER d'entreprise collectif, PER obligatoire et versements des travailleurs non salariés (source : LégiFiscal, 2026).

Concrètement, un versement de 10 000 € à 71 ans, pour un contribuable dont la tranche marginale d'imposition atteint 41 %, ne génère plus aucune économie d'impôt, alors qu'il aurait permis d'économiser 4 100 € avant la réforme. Le PERP et les contrats Madelin, eux, conservent cet avantage après 70 ans, ce qui crée une asymétrie inédite entre les enveloppes.

### Allongement du report des plafonds non utilisés

En contrepartie, la loi de finances pour 2026 a porté de **3 à 5 ans** la durée pendant laquelle le plafond de déduction non utilisé peut être reporté sur les années suivantes. Cet assouplissement profite aux épargnants dont les revenus, et donc le plafond, varient fortement d'une année à l'autre.

### Hausse des prélèvements sociaux

Les gains du PER sont désormais soumis à des prélèvements sociaux portés de **17,2 % à 18,6 %**, sous l'effet d'une augmentation de la CSG. Cette hausse pèse sur la phase de liquidation du plan, sans toucher au capital transmis aux bénéficiaires en cas de décès.

### Ce qui n'a PAS été adopté

Plusieurs projets discutés au cours des débats budgétaires ont finalement été écartés du texte définitif. La **taxation à l'impôt sur le revenu des sommes détenues sur un PER au décès du titulaire**, un temps évoquée, n'a pas été retenue. L'amendement visant à aligner la taxation successive de l'assurance vie sur le barème progressif des donations a lui aussi été abandonné. Résultat : la **fiscalité successorale du PER reste inchangée**, les abattements de 152 500 € et de 30 500 € sont préservés, et le barème des droits de succession en ligne directe est gelé jusqu'en 2028 (source : Club Patrimoine, 2026).

> **À retenir :** la stratégie qui se dégage de la loi de finances pour 2026 est claire. Il faut **concentrer les versements avant 70 ans** pour cumuler déductibilité fiscale à l'entrée et abattement de 152 500 € par bénéficiaire à la sortie. Après 70 ans, le PER perd ses deux principaux atouts.

## La Clause Bénéficiaire Démembrée : Usufruit et Nue-Propriété

Le **démembrement de la clause bénéficiaire** est la technique d'optimisation la plus puissante pour les patrimoines structurés. Reconnu par la jurisprudence et l'administration fiscale, il consiste à séparer l'usufruit du capital, attribué le plus souvent au conjoint survivant, de la nue-propriété, transmise aux enfants.

### Le principe du démembrement

L'**usufruitier**, généralement le conjoint, perçoit les revenus générés par le capital ou peut en disposer selon les modalités prévues, sous la forme d'un quasi-usufruit. Les **nus-propriétaires**, généralement les enfants, récupèrent la pleine propriété du capital au décès de l'usufruitier, sans nouvelle taxation, à condition que les droits aient été correctement déclarés au premier décès.

Une **clause démembrée** type prend la forme suivante :

> "En cas de décès avant la liquidation du plan, le capital sera attribué :
> 
> -   en usufruit à mon conjoint \[Nom Prénom, né(e) le JJ/MM/AAAA\] ;
> -   en nue-propriété à mes enfants \[Prénoms\], par parts égales, vivants ou représentés par leurs descendants."

### La valorisation fiscale selon le barème de l'article 669 du CGI

La répartition de la valeur entre usufruit et nue-propriété suit le barème fiscal de l'**article 669 du CGI**, fonction de l'âge de l'usufruitier.

Âge de l'usufruitier

Valeur de l'usufruit

Valeur de la nue-propriété

Moins de 21 ans

90 %

10 %

De 31 à 40 ans

70 %

30 %

De 51 à 60 ans

50 %

50 %

De 61 à 70 ans

40 %

60 %

De 71 à 80 ans

30 %

70 %

De 81 à 90 ans

20 %

80 %

Plus de 91 ans

10 %

90 %

_Source : article 669 du Code général des impôts (Légifrance, 2026)._

### Exemple chiffré d'une clause démembrée

Capital PER de **300 000 €**, décès du titulaire à 68 ans, conjoint survivant âgé de 65 ans, deux enfants.

-   Valeur de l'usufruit du conjoint (65 ans, tranche 61 à 70 ans) : 40 % = **120 000 €**
-   Valeur de la nue-propriété des enfants : 60 % = **180 000 €**, soit 90 000 € chacun

Sur le plan fiscal, l'usufruit transmis au conjoint est **exonéré** en application de la loi TEPA. La part de nue-propriété de chaque enfant, 90 000 €, reste inférieure à l'abattement de 152 500 € : aucun droit n'est dû. Le **prélèvement total est de 0 €**, contre 19 000 € pour une clause classique attribuant l'intégralité du capital aux deux enfants.

Au décès du conjoint, les enfants deviennent **pleins propriétaires** du capital sans droits supplémentaires.

### Avantages civils et limites du démembrement

Au-delà de l'optimisation fiscale, le démembrement protège le **conjoint survivant**, qui conserve la jouissance du capital pour ses besoins courants, tout en **sécurisant la transmission aux enfants**, certains de récupérer le capital à terme et protégés des créanciers du conjoint.

Le démembrement présente toutefois deux limites. Sa rédaction est **technique** et justifie l'intervention d'un notaire pour éviter toute ambiguïté. Il devient **contre-productif après 70 ans**, car l'abattement global de 30 500 € de l'article 757 B se partage alors entre usufruitier et nus-propriétaires, ce qui réduit l'intérêt du montage. Notre guide des [stratégies avancées du PER](/academy/epargne-retraite/strategies-avancees-per-fiscalite-patrimoine-2026) détaille les cas où le démembrement reste pertinent.

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## Cinq Erreurs Fréquentes à Éviter dans la Rédaction

Une **clause bénéficiaire** mal rédigée peut anéantir des années d'épargne optimisée. Voici les cinq erreurs les plus courantes relevées par les professionnels du patrimoine.

### Erreur 1 : désigner des montants fixes plutôt que des pourcentages

Une clause indiquant « 5 000 € pour ma fille Sarah, le reste à mon fils Paul » crée un déséquilibre majeur si le capital final atteint 200 000 € : Sarah perçoit 2,5 % du capital, Paul 97,5 %. La bonne pratique consiste à raisonner en **pourcentages** ou en **parts égales** : « 50 % à ma fille Sarah, 50 % à mon fils Paul ».

### Erreur 2 : omettre les bénéficiaires de second rang

Une clause limitée à « mon conjoint » devient inopérante si le conjoint décède avant le titulaire. Le capital réintègre alors la succession et perd ses abattements. Il faut systématiquement prévoir une cascade : « à mon conjoint, à défaut à mes enfants vivants ou représentés, à défaut à mes héritiers ».

### Erreur 3 : oublier la représentation des descendants

La mention « à mes enfants par parts égales » prive les **petits-enfants** de toute part si l'un des enfants décède avant le titulaire en laissant lui-même des enfants. La formule correcte ajoute « vivants ou représentés par leurs descendants », afin que la souche du prédécédé soit préservée.

### Erreur 4 : nommer le conjoint de façon nominative

Désigner « mon conjoint Michel Dupont » expose à un risque sérieux : en cas de divorce puis de remariage, c'est l'**ex-conjoint** qui recevrait le capital si la clause n'a pas été mise à jour. La formule « à mon conjoint non divorcé au jour de mon décès » suit automatiquement l'évolution de la situation familiale.

### Erreur 5 : ne jamais réviser la clause

Un mariage, un divorce, une naissance, une adoption, le décès d'un bénéficiaire ou une brouille familiale rendent une clause obsolète. Les professionnels recommandent une **révision tous les 5 ans** et, surtout, après chaque événement familial majeur. Notre article sur les [erreurs courantes du PER](/academy/epargne-retraite/erreurs-courantes-per-pieges-optimisation-2026) revient en détail sur ce point.

## Cinq Modèles de Clauses Bénéficiaires Optimisées

Chaque situation familiale appelle une rédaction spécifique. Voici cinq modèles à adapter avec votre conseiller.

### Modèle 1 : couple marié avec deux enfants

Objectif : protéger le conjoint en priorité, puis transmettre aux enfants.

> "En cas de décès avant la liquidation du plan, le capital sera versé :
> 
> 1.  à mon conjoint non divorcé \[Nom Prénom, né(e) le JJ/MM/AAAA\] ;
> 2.  à défaut, à mes enfants \[Prénom 1, né(e) le ..., Prénom 2, né(e) le ...\], par parts égales, vivants ou représentés par leurs descendants ;
> 3.  à défaut, à mes héritiers selon la dévolution successorale légale."

### Modèle 2 : conjoint et enfants avec démembrement

Objectif : assurer des revenus au conjoint tout en garantissant le capital aux enfants.

> "En cas de décès avant la liquidation du plan, le capital sera attribué :
> 
> -   en usufruit à mon conjoint \[Nom Prénom, né(e) le JJ/MM/AAAA\], non divorcé au jour de mon décès ;
> -   en nue-propriété à mes enfants \[Prénom 1, Prénom 2\], nés ou à naître, par parts égales, vivants ou représentés par leurs descendants. À défaut d'usufruitier, la nue-propriété se convertit en pleine propriété au profit des nus-propriétaires. À défaut de nus-propriétaires, l'usufruit se convertit en pleine propriété au profit de l'usufruitier."

### Modèle 3 : répartition personnalisée entre conjoint et enfants

Objectif : avantager le conjoint sans déshériter les enfants.

> "En cas de décès avant la liquidation du plan, le capital sera réparti comme suit :
> 
> -   70 % à mon conjoint \[Nom Prénom, né(e) le ...\] ;
> -   30 % à mes enfants \[Prénom 1, Prénom 2\], par parts égales, soit 15 % chacun, vivants ou représentés. À défaut de conjoint, 100 % aux enfants. À défaut d'enfants, 100 % au conjoint. À défaut, à mes héritiers."

### Modèle 4 : partenaire de PACS et enfants d'une union précédente

Objectif : protéger le partenaire de PACS, exonéré de fiscalité, tout en transmettant aux enfants d'un premier lit.

> "En cas de décès avant la liquidation du plan :
> 
> -   en usufruit à mon partenaire de PACS \[Nom Prénom, né(e) le ...\] ;
> -   en nue-propriété à mes enfants issus de mon union précédente \[Prénom 1, Prénom 2\], par parts égales, vivants ou représentés. À défaut, à mes héritiers."

### Modèle 5 : personne célibataire transmettant à ses neveux et nièces

Objectif : transmettre à des collatéraux avec une fiscalité optimisée.

> "En cas de décès avant la liquidation du plan, le capital sera versé à mes neveux et nièces \[Noms Prénoms, nés le ...\], par parts égales, vivants ou représentés. À défaut, à mes héritiers."

L'intérêt du PER éclate ici : un héritage classique transmis à un neveu subit des droits de succession de **55 %**. Via la clause bénéficiaire d'un PER avec décès avant 70 ans, chaque neveu profite d'un abattement de **152 500 €**, ce qui rend la transmission quasi exonérée. Pour approfondir la transmission aux jeunes générations, consultez notre guide [PER et enfants](/academy/epargne-retraite/per-enfants-transmission-strategies-patrimoniales).

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## Démarches Pratiques pour Rédiger ou Modifier sa Clause

La rédaction et la modification d'une **clause bénéficiaire** peuvent emprunter trois voies, selon le degré de complexité recherché.

### Méthode 1 : le courrier à l'assureur

Pour une clause simple, un courrier adressé à l'assureur suffit. Il doit préciser votre **identité complète** (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse), le **numéro du contrat PER**, le **texte intégral de la nouvelle clause**, la **date** et la **signature**. L'envoi en recommandé avec accusé de réception garantit la traçabilité de la demande.

### Méthode 2 : l'acte notarié

Pour les clauses complexes, notamment celles intégrant un démembrement ou des quotes-parts spécifiques, l'intervention d'un **notaire** est recommandée. Elle apporte une sécurité juridique réelle, un enregistrement consultable par les héritiers et un conseil personnalisé sur l'articulation avec le reste de votre patrimoine.

### Méthode 3 : le testament

La **clause bénéficiaire** peut également figurer dans un testament olographe ou notarié. Cette option exige toutefois une vérification préalable : certains assureurs n'acceptent pas les clauses testamentaires, il faut donc confirmer ce point avec votre contrat avant de retenir cette voie.

### La vérification annuelle de la clause

Au moins une fois par an, cinq questions méritent d'être posées. La clause est-elle **à jour** au regard des évolutions familiales ? Les bénéficiaires sont-ils **identifiables** sans ambiguïté ? La **représentation** des descendants est-elle prévue ? Des **bénéficiaires de second rang** figurent-ils dans la cascade ? La clause est-elle **fiscalement optimisée**, avec un démembrement lorsqu'il est pertinent ? Ce contrôle annuel évite la majorité des litiges constatés au dénouement des contrats.

## FAQ : Clause Bénéficiaire du PER

### Qui peut être désigné comme bénéficiaire d'un PER ?

Toute personne physique ou morale peut être désignée : conjoint, partenaire de PACS, enfants, petits-enfants, neveux, nièces, amis ou association. La désignation n'est soumise à aucune contrainte de lien de parenté. Seule la fiscalité applicable varie selon le lien : le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés, tandis que les autres bénéficiaires relèvent des articles 990 I ou 757 B du CGI.

### Peut-on modifier la clause bénéficiaire à tout moment ?

Oui, le titulaire peut modifier librement sa **clause bénéficiaire** tant qu'aucun bénéficiaire n'a accepté formellement le bénéfice du contrat. En cas d'acceptation, la modification requiert l'accord du bénéficiaire acceptant. Pour conserver toute liberté, il est conseillé de ne pas informer les bénéficiaires de leur désignation ou de prévoir une clause à acceptation différée.

### Le conjoint paie-t-il des droits sur le capital du PER ?

Non. Depuis la loi TEPA de 2007, le **conjoint survivant** et le **partenaire de PACS** sont totalement exonérés de fiscalité sur les capitaux reçus d'un PER ou d'une assurance vie, quel que soit l'âge du titulaire au décès. C'est pourquoi le conjoint est souvent désigné bénéficiaire de premier rang.

### Que se passe-t-il si aucun bénéficiaire n'est désigné ?

En l'absence de **clause bénéficiaire**, ou si tous les bénéficiaires désignés sont décédés sans solution de repli, le capital du PER réintègre la succession du titulaire. Il est alors soumis aux droits de succession de droit commun et perd l'abattement spécifique de 152 500 € par bénéficiaire, ce qui peut alourdir fortement la fiscalité.

### Faut-il privilégier les versements avant ou après 70 ans ?

Les versements **avant 70 ans** sont à privilégier. Ils cumulent la déductibilité fiscale à l'entrée et l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire à la sortie. Depuis le 1er janvier 2026, les versements après 70 ans ne sont plus déductibles, et le capital transmis ne bénéficie alors que de l'abattement global de 30 500 €.

### Le démembrement de la clause est-il toujours avantageux ?

Non. Le démembrement est très efficace lorsque le décès intervient **avant 70 ans**, car il combine l'exonération de l'usufruit du conjoint et l'abattement de 152 500 € sur la nue-propriété des enfants. Après 70 ans, l'abattement global de 30 500 € se partage entre usufruitier et nus-propriétaires, ce qui réduit nettement l'intérêt du montage. Une simulation personnalisée est indispensable avant de retenir cette option.

## Conclusion

La **clause bénéficiaire du PER** est le levier qui détermine l'efficacité de la transmission de votre épargne retraite. Trois principes guident une rédaction réussie.

D'abord, **maîtriser la fiscalité** : avant 70 ans, l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire et la taxation à 20 % puis 31,25 % rendent le PER particulièrement performant ; après 70 ans, l'abattement chute à 30 500 € global. Ensuite, **éviter les cinq erreurs fatales** : montants fixes, absence de bénéficiaires de second rang, oubli de la représentation, désignation nominative du conjoint et défaut de mise à jour. Enfin, **activer les bonnes stratégies** : clause démembrée pour ramener la fiscalité à 0 € dans de nombreux cas, répartition personnalisée pour ajuster la protection du conjoint, et concentration des versements avant 70 ans pour cumuler tous les avantages.

La loi de finances pour 2026 n'a pas touché aux abattements successoraux, mais elle a supprimé la déductibilité des versements après 70 ans : le calendrier de votre épargne et la rédaction de votre clause forment désormais un couple indissociable. Une **clause bénéficiaire** rédigée avec méthode, révisée régulièrement et alignée sur votre situation familiale transforme le PER en l'un des outils de transmission les plus efficaces du droit français.

* * *

**À lire également :**

-   [PER et Décès : Transmission, Clause Bénéficiaire et Fiscalité](/academy/epargne-retraite/per-deces-succession-transmission-beneficiaire-2026)
-   [Stratégies Avancées PER : Optimisation Fiscale et Patrimoniale](/academy/epargne-retraite/strategies-avancees-per-fiscalite-patrimoine-2026)
-   [Erreurs Courantes PER : Pièges et Optimisations à Éviter](/academy/epargne-retraite/erreurs-courantes-per-pieges-optimisation-2026)
-   [PER et Enfants : Transmission et Stratégies Patrimoniales](/academy/epargne-retraite/per-enfants-transmission-strategies-patrimoniales)
-   [PER Bancaire vs Assurantiel : Comparatif](/academy/epargne-retraite/per-bancaire-vs-assurantiel-comparatif)

**Sources :**

-   [Article 990 I du Code général des impôts](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047288653) : Légifrance, consulté en 2026
-   [Article 669 du Code général des impôts](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006310173) : Légifrance, consulté en 2026
-   [PER : quelle fiscalité en cas de décès du titulaire](https://www.previssima.fr/question-pratique/plan-depargne-retraite-per-quelle-fiscalite-sapplique-en-cas-de-deces-du-titulaire.html) : Previssima, 2025
-   [Mesures de la loi de finances 2026 : PER et versement après 70 ans](https://www.legifiscal.fr/actualites-fiscales/4438-mesures-loi-finances-2026-per-versement-70-ans.html) : LégiFiscal, 2026
-   [Droits de succession : montant à payer en 2026](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18843) : Service-Public, 2026
-   [Assurance-vie après les lois de finances 2025-2026](https://www.clubpatrimoine.com/contenus/assurance-vie-post-lois-finances) : Club Patrimoine, 2026
